Il parait que Manuel Valls n’a pas voulu annoncer la composition de son gouvernement aujourd’hui parce que nous sommes… le 1er avril. La peur du poisson !
Il va donc nous falloir patienter encore vingt-quatre heures avant de connaitre le « casting » exact de cette nouvelle équipe « de combat » (dixit Hollande himself) qui doit, en principe, s’attaquer au chômage, aux déficits, à la désindustrialisation du pays, à la perte de compétitivité de nos entreprises, à la faillite de notre système de protection sociale, à l’effondrement de l’Ecole, à la déliquescence de l’Etat, aux problèmes de l’insécurité et de l’immigration et à la désespérante crise morale qui dévaste notre société, le tout avec, bien sûr, comme premier objectif, de requinquer un peu le président de la République le plus impopulaire de l’Histoire.
François Hollande a donné une « feuille de route » à Manuel Valls. Le nouveau Premier ministre n’a qu’à la suivre point par point pour… aller droit dans le mur.
Le président vient, en effet, de se surpasser dans les incohérences. Au « Pacte de responsabilité » déjà incohérent puisqu’il soumet les baisses de charges (indispensables) pour les entreprises à des « contreparties » irréalisables, Hollande ajoute maintenant un « Pacte de solidarité » dont on ne sait encore rien si ce n’est qu’il ne pourra que plomber davantage encore notre économie et nos finances.
Hollande veut davantage de justice sociale, ce qui serait très bien, une baisse des impôts pour les entreprises et les particuliers, ce qui serait très bien, un retour vers les équilibres budgétaires comme l’exigent l’Europe et nos créanciers, ce qui serait très bien. Mais cela s’appelle vouloir « le beurre, l’argent du beurre et la crémière ». Incohérent !
Autres incohérences en vue, la composition de ce gouvernement telle que des fuites, savamment organisées, nous la laisse entrevoir. En nommant à Matignon le plus « à droite » de ses camarades de parti, Hollande qui venait déjà de passer du socialisme à la social-démocratie fait un pas de plus et devient maintenant social-libéral.
Mais si, comme on nous l’affirme aujourd’hui, Benoit Hamon, le plus « à gauche » de ses camarades de parti, Arnaud Montebourg, le plus iconoclaste de la bande, ont de grosses promotions et deviennent des ministres clés, sans parler d’un retour de Ségolène Royal, la plus incontrôlable du harem, cette armée mexicaine deviendra explosive et le « libéral » Valls aura dans son équipe une ribambelle de francs-tireurs qui pourront lui tirer dans le dos en permanence.
Hollande, l’homme de tous les compromis et de toutes les compromissions, a toujours pensé qu’il fallait diviser pour régner. C’était sans doute vrai rue Solferino. C’est évidemment absurde au 55 de la rue du Faubourg Saint Honoré.
En mélangeant ainsi sa droite et sa gauche, les durs et les mollassons, les idéologues et les réalistes, pour ne pas dire les serviettes et les torchons, l’ancien premier secrétaire du PS s’imagine qu’il va calmer les inquiétudes de sa majorité, regagner la confiance des Français et paralyser les velléités ambitieuses d’indépendance de son Premier ministre.
Il ne comprend pas que ce que les Français lui reprochent le plus depuis deux ans c’est d’avoir été totalement incapable de fixer un cap précis, de définir une ligne claire et de s’y maintenir. L’ambiguïté, les zigzags, les faux semblants, les volte-face sont insupportables dans la tempête.
Depuis son élection, Hollande a déclaré la guerre aux patrons et affirmé que seules les entreprises pouvaient créer des emplois, attaqué le monde de la finance et fait les yeux doux aux investisseurs, appelé au dialogue social et méprisé les partenaires sociaux, prôné l’union nationale et tout fait pour diviser les Français comme, par exemple, en imposant le mariage pour tous. Toujours la technique de la chèvre et du choux, du lard et du cochon.
Cette fois, il est au pied du mur et le peloton d’exécution est en face de lui. Il sait que « l’opération Valls » est sa dernière chance de repêchage. S’il n’en profite pas en laissant le jeune homme à la manœuvre, il coule à jamais dans les profondeurs avec le poisson pourri de l’incompétence accroché à son dos…

Mots-clefs : ,