Tout le monde s’étonne, ce matin, du gigantesque fossé qui sépare, dans tous les sondages, François Hollande et Manuel Valls. Le Premier ministre a 40 points de mieux que le président de la République. 58/18. Du jamais vu dans l’histoire de la Vème République. Il est vrai qu’on n’avait jamais vu non plus un président aussi bas dans toutes les enquêtes d’opinion et que le Premier ministre n’en est qu’à sa première semaine.
Que François Hollande soit rejeté avec cette violence et poursuive son inexorable descente aux enfers n’a rien de surprenant. En moins de deux ans, non seulement il a tout raté, mais il a fait en permanence la preuve qu’il n’était pas digne du « job ».
Le chômage, les déficits, la désindustrialisation du pays, la perte de compétitivité de nos entreprises, le poids des prélèvements de toutes sortes, la dégradation de la vie quotidienne d’une écrasante majorité des citoyens, les problèmes de l’insécurité se sont considérablement aggravés sans parler de la déliquescence de l’Etat, de l’Ecole, des hôpitaux, du système de protection sociale, etc.
Et en même temps, avec ses hésitations, ses volte-face, ses atermoiements, ses reniements, sa pseudo conversion à la social-démocratie et ses vadrouilles casqué et à scooter, Hollande a démontré jusqu’à l’absurde qu’en votant pour lui les Français avaient fait une monstrueuse erreur de « casting ».
Jusqu’à présent Hollande n’aura réussi qu’à imposer le mariage des homosexuels et qu’à faire la « une » de Closer. C’est un peu… peu..
Sa sexualité mise à part, ses rondeurs et son incapacité font inévitablement penser à… Louis XVI dont on connait la fin tragique. Et d’ailleurs on a souvent dit, ces derniers mois, que l’ambiance dans le pays, avec de premières jacqueries en Bretagne et ailleurs, avait quelque chose de prérévolutionnaire qui sentait la poudre.
Devant tous ses échecs et les grondements des campagnes, Louis XVI avait dû se résigner, en août 1788, à rappeler Necker qu’il n’aimait pas mais que réclamait à cor et à cri l’opinion. Necker était étranger (genevois), pragmatique, partisan de l’interventionnisme d’Etat en matière économique, trouvait qu’il y avait beaucoup trop d’impôts, de dépenses, de fonctionnaires et même un trop grand nombre de provinces. Il voulait tout réformer et il admirait Colbert, s’étant d’ailleurs fait connaitre en écrivant un « Eloge de Colbert ».
Si on se met à comparer Hollande à Louis XVI, on est obligé de penser à Necker à propos de Valls. Venu d’Espagne, imposé au souverain par l’opinion publique, détesté par la Cour, pragmatique, voulant diminuer les impôts et les dépenses, favorable à l’action de l’Etat en matière économique, souhaitant réduire le nombre des régions, il veut tout réformer et admire Clemenceau comme l’autre admirait Colbert.
On comprend qu’il soit plus populaire que le roi bedonnant, même si on sait parfaitement que son état de grâce ne va pas durer bien longtemps.
On connait aussi l’histoire. Necker ne put rien contre la Cour, les privilégiés, le monde de la finance et l’entêtement de ce souverain à l’effroyable médiocrité. Le roi renvoya Necker le… 11 juillet 1789. Trois jours avant le 14 juillet.
Le tout est de savoir si l’histoire ne se répète jamais ou si elle bégaie et repasse toujours les mêmes plats. Mais il faut avouer que la comparaison est tentante et ne rend pas optimiste pour l’avenir du royaume…

Mots-clefs : ,