Décidemment, François Hollande aura réussi, avec une sorte de génie suicidaire, à décevoir tout le monde, même et surtout ceux qui semblaient lui être tout acquis et à tout jamais. L’exemple des islamistes est particulièrement révélateur
Jusqu’à présent, nos compatriotes musulmans constituaient pour la gauche un superbe réservoir de voix répondant présent avec enthousiasme à toutes les élections. La droite ayant la réputation d’être plutôt hostile au « multiculturalisme » et parfois même islamophobe et la gauche celle de prôner la diversité et toutes les formes de communautarisme, les « fidèles d’Allah » n’hésitaient jamais, votant pratiquement comme un seul homme pour le candidat socialiste quel qu’il soit.
On sait que nous avons maintenant au bas mot six à sept millions de musulmans sur notre sol dont une bonne moitié a fini par acquérir, d’une manière ou d’une autre, la nationalité française et donc le droit de vote. Ce vote musulman (sans doute environ trois millions de bulletins) pèse évidemment lourd dans les scrutins.
Même si aucun spécialiste n’a osé, de peur de se faire taxer de racisme ou d’islamophobie, étudier avec précision ce vote musulman lors de la dernière présidentielle, il est évident que François Hollande a été élu, en grande partie, grâce à nos compatriotes « mahométans ». On se souvient qu’il ne l’a emporté sur Nicolas Sarkozy que de 1.139.983 voix.
Quand on étudie les résultats dans les zones à très forte population musulmane, on s’aperçoit que c’est ici que Hollande a creusé l’écart, y arrivant très largement en tête. L’exemple de la Seine-Saint-Denis est frappant : Hollande y a obtenu 65% des voix.
En annonçant qu’il allait lutter contre le chômage (dont ils sont victimes plus encore que les autres), contre toutes les formes de discrimination et qu’il voulait accorder pour les élections locales le droit de vote aux étrangers (et donc essentiellement aux immigrés en provenance des pays du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne) le candidat du PS ne pouvait que séduire les électeurs musulmans en face d’un président sortant qui les avait choqués à maintes reprises et notamment avec quelques discours maladroits comme celui de Dakar ou surtout celui de Grenoble.
Mais en deux ans tout a changé. Le 31ème congrès de l’Union des Organisations Islamistes de France qui s’est tenu ce week-end au Bourget l’a clairement démontré. Les musulmans, du moins les plus radicaux, n’apprécient plus du tout François Hollande.
L’UOIF qui regroupe 250 associations et rassemble plus de 100.000 personnes pour son congrès, représente l’aile dure de nos musulmans. Ils se disent d’ailleurs « islamistes » et non pas « musulmans », ne cachent pas leur proximité avec les Frères musulmans égyptiens et ont pour habitude d’inviter comme orateur vedette le très contestable et très contesté Tariq Ramadan.
Or, cette année, la rupture a été consommée avec Hollande. On aurait pu s’attendre à des critiques à propos du Mali ou de la Centrafrique, deux pays où Hollande a fait intervenir nos troupes contre des musulmans, voire à un rappel de la promesse de faire voter les étrangers. Mais on s’est aperçu que si ces islamistes étaient soudain vent debout contre Hollande c’était à propos… du mariage des homosexuels. La loi Taubira semble les avoir scandalisés beaucoup plus encore qu’elle n’a choqué les milieux catholiques les plus traditionnels.
La famille et l’éducation étaient au cœur des débats de ce 31ème congrès. Makhlouf Mamèche, vice-président de l’UOIF, a ouvert les débats en rappelant que pour les musulmans « L’enfant appartient à la famille, pas à l’Etat, pas à la République » et que « Si l’Ecole transmet les valeurs, la première école c’est la famille » avant de s’écrier : « Sur le plan des valeurs, où va-t-on aujourd’hui en France ? »
Et c’est Amar Lasfar, le président de l’UOIF, qui a lancé un véritable « appel à résister au bouleversement du modèle familial, avec cette loi sur le mariage pour tous et ces projets sur l’avortement et l’euthanasie ». Et pendant trois jours tous les orateurs s’en sont pris sans pitié au mariage des homosexuels, à la théorie du genre et à cette volonté du pouvoir socialiste de bafouer les lois de la nature et celle de la République.
Certains souriront en voyant les adeptes de la polygamie s’opposer farouchement au mariage pour tous et les lecteurs pointilleux du Coran et de la Charia défendre ainsi la famille « bourgeoise » de la civilisation judéo-chrétienne.
Mais François Hollande n’imaginait sans doute pas qu’en faisant plaisir au petit lobby parisien des homosexuels il perdrait d’un coup toute sa clientèle musulmane…

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