Il a osé ! C’est invraisemblable, incroyable, intolérable ! Ils avaient beau nous le laisser entendre depuis quelques jours pour nous y préparer, on ne voulait pas le croire tant la chose semblait absurde et scandaleuse. Mais si, c’était vrai.
Dans quel pays vivons-nous ? Avec quel mépris nous traite-t-il ! A-t-il pensé une seule seconde à l’image de la France qui va, aujourd’hui encore, en prendre un sérieux coup ? Le monde entier rigole plus fort encore de nous depuis ce matin !
Le président de la République française, le successeur de de Gaulle, a nommé son ancienne compagne (l’une de ses anciennes compagnes), la mère de ses quatre enfants, numéro 2 du gouvernement ! Pas un roi nègre –ni Bokassa, ni Idi Amin Dada- n’aurait osé faire ça ! Même en Corée du nord la chose aurait été impossible.
Et personne n’a l’air scandalisé. La France, le pays qui se croit le plus intelligent du monde, le pays de Voltaire et surtout de Courteline et de Jarry avale la nouvelle sans piper. La gauche trouve cela très bien, la droite trouve cela normal. Sur tous les écrans de télévision, on nous fait même l’éloge de Ségolène Royal. La madone du chabichou, l’héroïne de la « bravitude », la battue de la présidentielle de 2007, la battue des législatives de 2012 a soudain toutes les qualités. Elle va sauver son « ex » de la noyade et, sans doute, la France avec lui…
François Hollande sait depuis longtemps, et d’expérience, qu’en France le ridicule ne tue plus personne. Mais aujourd’hui notre roi Ubu a poussé le bouchon encore plus loin. On attend maintenant les nominations des ministres délégués et des secrétaires d’Etat. Valérie Trierweiler et Julie Gayet vont-elles avoir droit à un petit quelque chose ?
La situation de la France est catastrophique, avec un chômage dévastateur qui continue inexorablement à monter, des déficits qui se creusent de plus en plus et au-delà du tolérable, une commission européenne qui ne veut plus nous donner de sursis et des « pactes » de ceci et de cela plus farfelus les uns que les autres. Dans leur malheur, les Français n’en peuvent plus et sont au bord de l’explosion. Ces dernières élections municipales l’ont démontré. Jamais aucun gouvernement, aucun président, aucun régime n’avait été rejeté avec une telle violence.
En nommant Manuel Valls Premier ministre, Hollande semblait l’avoir compris. On pouvait croire qu’il capitulait en installant au pouvoir le plus à droite, le moins socialiste de tous les socialistes. On imaginait qu’on allait avoir une cohabitation d’un type nouveau avec un président qui se contenterait désormais d’inaugurer les chrysanthèmes et de faire du tourisme à travers la planète et un patron du gouvernement qui tenterait tant bien que mal de remettre le pays à l’endroit.
La composition du gouvernement prouve que rien n’a changé et même que les choses se sont plutôt aggravées. Personne ne pleurera les départs de Moscovici et de Peillon qui avaient, l’un et l’autre, fait abondamment la preuve de leur incompétence. Mais, et à part l’arrivée fracassante de Ségolène Royal, que dire de la stupéfiante nomination de Benoit Hamon à l’Education Nationale -l’extrême-gauche du PS chargée de l’éducation de nos enfants-, de la promotion d’Arnaud Montebourg à l’Economie -l’homme qui rêve encore de nationaliser les entreprises en difficultés-, ou du maintien de Christiane Taubira –la pétroleuse indépendantiste guyanaise du mariage pour tous- à la Justice ? Hollande fait de la provocation !
On croyait que François Hollande allait tirer les leçons évidentes de la claque tonitruante qu’il venait de recevoir et tout faire pour tenter de se raccrocher aux basses branches. En fait, avec ce remaniement a minima, il se contente d’amuser la galerie avec la revanche inattendue de son ancienne concubine et d’envoyer à la boucherie celui qui apparaissait déjà comme son plus redoutable adversaire à gauche pour la présidentielle de 2017.
Dans quelques jours, les Français réaliseront sans doute que la nomination de Ségolène est intolérable et que Valls à Matignon s’est fait piéger et n’est déjà plus d’une potiche encadrée, surveillée, paralysée par les « Hollandais » de choc, les Sapin, Le Foll, Le Drian et autres Rebsamen.
Et tout va continuer comme si de rien n’avait été. Hollande s’assoit sur le vote des Français. Mais les votes sont comme les baïonnettes. On peut tout en faire sauf s’asseoir dessus.