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La France, une proie facile que l’on peut coloniser

L’agonie d’Alstom à laquelle nous assistons est, bien sûr, dramatique mais, ce qui est pire encore, elle est révélatrice de la France d’aujourd’hui.
Alstom était une très grande entreprise française et l’une de nos fiertés puisque elle construisait le TGV. Cependant elle battait de l’aile depuis déjà quelques années. Mauvaise gestion, sûrement, perte de compétitivité due au système français, sans doute. Sarkozy l’avait sauvée. Mais Alstom a replongé.
On le savait depuis des mois. Il a cependant fallu qu’on apprenne, la semaine dernière, que les Américains de la Général Electric allaient s’en emparer pour que le gouvernement s’affole brusquement, que Hollande convoque en urgence, un dimanche soir, les ministres concernés et qu’Arnaud Montebourg, ministre de l’Economie et chargé depuis deux ans du Redressement productif, se remette à ouvrir sa « grande gueule », à faire des moulinets avec ses petits bras, à parler de « patriotisme économique » et à sortir de ses poches trouées des plans plus farfelus les uns que les autres.
Il voulait sauver Arcelor des griffes de Mittal. Cette fois, il veut sauver Alstom des griffes de la Général Electric. Pour Arcelor, il avait annoncé une nationalisation ; pour Alstom, il sort Siemens. Il parait que M. Mittal en personne rigole encore des menaces montebourgeoises de nationalisation. Et personne, aujourd’hui, n’a fait remarquer à ce ministre au nationalisme économique exacerbé que Siemens n’était pas… une entreprise française mais allemande.
Que ce soit la Général Electric ou Siemens qui l’emporte, Alstom ne sera plus une entreprise française et ce seront des Américains ou des Allemands qui décideront de tout, de la stratégie, des délocalisations, des licenciements.
En fait, le problème est ailleurs. Il est de savoir pourquoi tant de nos entreprises ont disparu ou, au mieux, ont été rachetées par des capitaux étrangers. On peut citer le textile, l’habillement, la métallurgie, l’aluminium, les chantiers navals, l’industrie alimentaire, etc. Des pans entiers de notre économie.
Sans parler d’Arcelor-Mittal ou de l’entrée des Chinois dans le capital de PSA-Peugeot-Citroën, 674 entreprises, plus ou moins importantes, ont été rachetées par des étrangers au cours des deux dernières années. Les Américains ont racheté Yoplait, Ducros, Rossignol, les Japonais ont racheté Priceminister, Princesse Tam-Tam, les Danois ont racheté Kronembourg, Unilever a racheté Amora-Maille, etc., etc.
Ces centaines d’entreprises étaient-elles toutes particulièrement mal gérées par leurs patrons français ou y a-t-il un problème pour les entreprises en France qui les rendrait incapables d’affronter la mondialisation et la concurrence étrangère ?
François Hollande reçoit, aujourd’hui, successivement le patron de la Général Electrique et celui de Siemens pour savoir lequel de deux sera le moins catastrophique pour notre indépendance énergétique et l’emploi. Mais cela fait deux ans qu’il aurait dû prendre des mesures pour sauver non seulement Alstom (qui est une entreprise privée) mais toutes les entreprises françaises asphyxiées par des charges excessives et une règlementation abusive qui leur interdissent de pouvoir jouer dans la cour des grands en investissant et en innovant.
Le rôle du gouvernement n’est pas de choisir entre deux acheteurs étrangers, il est de faire en sorte que les entreprises françaises puissent survivre en restant françaises.
Certains ont le culot de nous dire que cette invasion des capitaux étrangers prouve que la France reste « attractive ». Elle démontre en fait que notre pays est devenu une proie facile que les étrangers peuvent coloniser pour mieux la dépouiller de ses dernières richesses.

28 Avr 2014 | Comments (55)

Valls au Vatican: l’Elysée vaut bien une messe

Manuel Valls est aujourd’hui au Vatican à la tête de la délégation française qui assiste à la canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II. Le Premier ministre s’est fait copieusement siffler par des fidèles français qui n’ont toujours pas oublié son attitude lors des manifestations contre le mariage pour tous alors qu’il était ministre de l’Intérieur. Or, si Valls a fait ce voyage c’est évidemment pour tenter de se faire pardonner par l’électorat catholique cet épisode et essayer de se réconcilier avec la France dite profonde.
A Paris, certains s’insurgent que le Premier ministre d’une République « laïque » puisse participer officiellement à une telle cérémonie. C’est évidemment absurde et c’est, une fois de plus, brandir le mot « laïcité » en dépit du bon sens.
La fameuse laïcité dont on nous rebat les oreilles depuis quelques années ce n’est pas nier qu’il y ait des religions, c’est au contraire permettre à tous les citoyens de pratiquer leur foi –quand ils en ont une- en toute liberté, comme ils l’entendent et sans que l’Etat se permette de s’immiscer dans ce domaine essentiellement privé.
Il est d’ailleurs curieux que ceux qui ont le mot laïcité en permanence à la bouche ne brandissent cet étendard que lorsqu’il s’agit de la religion catholique. En France, on applaudit les ministres quand ils vont à la mosquée pour l’Aït el Kébir ou qu’ils se rendent au dîner du CRIF mais on s’indigne qu’ils aillent dans une église pour Pâques.
Même si aujourd’hui l’Islam est la deuxième religion de France, souvent la plus voyante, voire même parfois la plus dangereuse, il serait bon de rappeler, de temps en temps, que le catholicisme est encore la première religion de notre pays et que nos cathédrales tout comme les plus modestes églises de nos moindres villages prouvent, à l’évidence, que la France qui n’est peut-être plus « la fille ainée de l’Eglise » a bel et bien des « racines chrétiennes », ce que nos politiciens, avec une lâcheté stupéfiante, n’ont pas voulu le reconnaitre officiellement.
Franc-maçon et entouré de francs-maçons, Manuel Valls croit sans doute au Diable mais sûrement pas en Dieu. Il est cependant assez malin pour tenir compte de certaines réalités et pour savoir que « le vote catho » pèse encore lourd lors des élections et notamment lors de la présidentielle. Or, il a compris que les électeurs catholiques venaient massivement de changer de camp.
Pendant des années, sous l’influence d’une hiérarchie et d’un « bas clergé » qui avaient perdu pied et ne savaient plus à quel saint se vouer pour faire revenir au bercail le troupeau qui s’était égaillé dans la nature, les fidèles, déboussolés, croyaient que « le message du Christ » devait les inciter à voter à gauche.
Le mariage pour tous, c’est-à-dire pour les homosexuels, semble les avoir remis sur le droit chemin en leur faisant brusquement comprendre que cette gauche, incapable de résoudre les grands problèmes économiques auxquels était confronté le pays, voulait, pour faire oublier son incompétence, s’attaquer à des questions « sociétales », en clair détruire une société, une morale, une civilisation que quelques siècles de chrétienté avaient façonnées.
Mariage pour tous, projets sur la procréation assistée ou pour autrui, débats sur la famille, sur « le genre », libéralisation accrue de l’avortement, projets sur l’euthanasie, etc., les socialistes veulent systématiquement saper tous les fondements mêmes de notre vieille société en s’en prenant aux lois les plus évidentes de la nature sanctuarisées par l’Eglise qui rappelle que « le Créateur » a voulu qu’un homme et une femme soient indispensables pour fonder une famille, avoir des enfants et que la vie était sacrée, aussi bien celle de l’embryon que celle des vieillards incurables.
Tout cela pour nous faire oublier le chômage, des déficits, le poids des prélèvements, la déliquescence de l’Etat, de l’Ecole, de tous les systèmes de protection sociale.
Ayant observé que nos églises et nos séminaires étaient désertés depuis des décennies, nos dirigeants socialistes, souvent soixante-huitards attardés et parfois nostalgiques des rad.-soc. francs-maçons bouffeurs de curés du petit père Combes, s’étaient imaginé que leurs chamboulements de la société combleraient d’aise des bobos parisiens et passeraient comme une lettre à la poste dans le pays abruti par des décennies de dictature du politiquement correct et de la pensée unique.
Jamais, ils n’auraient pu imaginer que cette loi Taubira qui ne concernait, en fait, que quelques poignées de sodomites des alentours du Marais parisien ferait descendre dans les rues des centaines de milliers de Français généralement dociles, soumis et silencieux.
On pourrait presque dire que cette loi du mariage pour tous a réveillé la foi des croyants, toutes religions confondues d’ailleurs puisque les musulmans qui, eux aussi, votaient en grande majorité à gauche furent les premiers à rejoindre les cortèges organisés par les chrétiens.
Valls sait tout cela. En allant au Vatican, le Premier ministre espérait recevoir l’absolution pour tous ses péchés et ceux de ses complices habituels. Sous les huées, il a compris que certains catholiques français avaient la rancune tenace. L’Elysée vaut bien une messe mais il faudra à Valls davantage qu’une messe pour récupérer l’électorat catholique…
Cela dit, personne ne pourra lui reprocher, même au nom de la laïcité, d’avoir été rendre hommage à Jean XXIII et à Jean-Paul II, deux personnages qui auront sans conteste joué un rôle considérable dans l’histoire mondiale du XXème siècle.

27 Avr 2014 | Comments (7)

La malédiction de Matignon

Il y a deux types d’hommes politiques. Il y a ceux qui ont des idées et qui veulent entrainer le peuple derrière eux. Ils sont rarissimes. Et il y a ceux qui ont des mandats et veulent les conserver en tentant de suivre le peuple, en fait en trottinant derrière lui. Mais ces derniers qui sont, de loin, les plus nombreux ont parfois un problème. Ils ne savent pas toujours ce que souhaite réellement le peuple en question. C’est ici qu’on s’aperçoit que la démagogie est beaucoup plus difficile qu’on ne le croit généralement.
Prenez Hollande par exemple. Depuis la débâcle des municipales, il se demande si son électorat lui reproche d’être « trop à gauche » et de ne pas avoir eu les résultats promis, notamment en matière de chômage, ou si, au contraire, ses électeurs l’ont abandonné parce qu’ils l’accusent de mener une politique qui n’est « pas assez à gauche » et qui ne protège pas les plus modestes.
Le « peuple de gauche » lui reproche-t-il de ne pas avoir fait les réformes structurelles qui s’imposent pour relancer l’économie et créer de vrais emplois ou lui reproche-t-il d’avoir fait des « cadeaux aux patrons » en oubliant totalement les classes dites « laborieuses » ?
Quand Hollande se fait huer à Carmaux, sur les terres de Jaurès, c’est la gauche, dans ce qu’elle peut avoir de plus archaïque, qui lui rappelle bruyamment qu’elle ne l’avait pas élu pour faire de la social-démocratie et encore moins du social-libéralisme. Quand la grande majorité des députés socialistes acclame Valls présentant son programme de politique générale à l’Assemblée, c’est la gauche qui se veut moderniste et qui accuse, rétrospectivement, Hollande et Ayrault d’avoir perdu deux années sans oser rien faire.
On dira que la gauche ne sait plus ce qu’elle veut. Rêve-t-elle d’un redressement du pays qui suppose l’abandon de la fameuse exception française avec son Etat-providence ou s’accroche-t-elle désespérément et jusqu’à ce que mort s’en suive à cet Etat-providence en faillite depuis si longtemps ?
Hollande hésite. Le vieil apparatchik sait qu’il ne faut brusquer personne et que, pour durer, on doit ménager la chèvre et le chou. Moi-président, je le suis et je veux le rester, je ne vais donc pas bouger d’une oreille et je vais suivre le peuple dès que je saurai ce qu’il veut.
Valls, lui, n’a pas d’états d’âme. Il fait peut-être partie de cette minorité qui a des idées et qui veut les imposer. Il ne se pose pas de question sur le désarroi du peuple de gauche parce que, pour lui, en période de crise, avec un chômage épouvantable et un pays en complète déliquescence, il n’y a plus de peuple ni de gauche ni de droite mais seulement des braves gens qui n’en peuvent plus et qui sont prêts, pour que le pays sorte de ce marasme et eux avec lui, à n’importe quoi et notamment à jeter aux ordures toutes les idéologies, tous les phantasmes, toutes les fumisteries sur lesquels nous nous entredéchirons depuis un bon siècle.
Valls veut réussir c’est-à-dire devenir président de la République, quitte à tout casser. Mais il est tout de même obligé de faire attention.
Certes, le Premier ministre sait que, grâce à sa fabuleuse cote de popularité dans tous les sondages, il est aujourd’hui beaucoup plus fort que le président qui l’a nommé à contrecœur et qui ne pourra pas le virer avant longtemps, même après la nouvelle raclée que va prendre la gauche lors des élections européennes.
Il sait aussi qu’il est plus fort que les quelques députés socialistes qui font semblant de vouloir ruer dans les brancards car il lui suffira de murmurer le mot de « dissolution » pour qu’ils rentrent tous, bien sagement et bien vite, dans les rangs, le petit doigt sur la couture du pantalon.
Valls n’a rien à craindre ni de l’Elysée ni de l’Assemblée, mais il n’est pas à l’abri de… la rue. Il connait par cœur l’histoire de Matignon et sait parfaitement qu’un certain nombre de ses prédécesseurs ont été balayés simplement parce que quelques centaines de milliers de mécontents étaient descendues dans la rue, de Mauroy avec l’Ecole libre, à Villepin avec le CPE en passant par Chirac avec les manifestations contre la Loi Devaquet et par Juppé et sa réforme des statuts spéciaux.
Alors il arrive –déjà !- au Premier ministre de faire du… Hollande. C’est-à-dire de reculer prudemment. Il annonce qu’il va reculer pour les petites retraites, il a ordonné à Hamon de reculer sur les rythmes scolaires. Surtout ne pas avoir l’air d’être « droit dans ses bottes » et donc ne pas avoir l’air de faire de la provocation en refusant toute concession.
Mais reculer est un art délicat. On sait comment cela commence, on ne sait pas comment cela fini. Aujourd’hui, on recule sur les retraites les plus modestes ; demain, il n’y aura pas de raison pour ne pas reculer sur les fonctionnaires.
Valls a construit sa réputation en jouant les matadors prêts à terrasser au milieu de l’arène les taureaux les plus redoutables. S’il recule devant la première vachette venue, il est mort. Il le sait.
Valls ressemble de plus en plus au Sarkozy de 2007. Comme Sarkozy, il veut présenter le président en roi fainéant. Comme Sarkozy, il veut incarner non pas le changement mais bel et bien la rupture.
Mais Sarkozy était à Bercy ou place Beauvau. Pas à Matignon. Et Valls sait que jamais un Premier ministre n’a réussi à passer directement de la rue de Varenne à la rue du Faubourg Saint Honoré, ni Chirac en 1988, ni Balladur en 1995, ni Jospin en 2002. Il y a ce qu’on appelle « la malédiction de Matignon ». Valls ne pense qu’à ça…

26 Avr 2014 | Comments (3)

L’ancienne femme du détraqué

Nous sommes tout de même un drôle de peuple. Plus de 5 millions de Français ont regardé, hier soir, France 2. Pendant plus de deux heures et demie d’horloge, la chaine publique nous racontait, avec une complaisance assez stupéfiante, la vie d’Anne Sinclair, un peu comme s’il s’était agi de celle de Mère Térésa, de Nelson Mandela ou de Greta Garbo. Rien de nous fut épargné.
On nous « révélait » qu’elle était d’une famille richissime, son grand-père ayant été un très grand marchand de tableaux (ce que nous savions tous), qu’elle était juive et pratiquante (ils ont sans doute un peu trop insisté là-dessus), qu’elle avait épousé Yvan Levaï (ce que nous savions mais qu’il tenait lui-même à rappeler à maintes reprises dans le rôle difficile à tenir du premier mari qui a toujours apprécié le second), qu’elle avait des yeux bleus et qu’elle avait été de gauche dès son plus jeune âge (ce qui avait toujours été évident) et surtout qu’elle avait été l’une des plus grandes journalistes de tous les temps (ce que nous ne savions pas).
Mais, bien sûr, il ne s’agissait là que d’un interminable prologue. Le plat de résistance c’était DSK, le grand amour de la dame, sans doute un peu décevant à l’usage.
Et c’est vrai que nous voulions tous savoir, avec, il faut bien le reconnaitre, une bonne dose de voyeurisme malsain, comment elle avait pu vivre pendant des années avec ce détraqué sexuel, si elle n’avait pas été un brin complice, ce qu’elle avait vraiment su, comment elle avait appris l’affaire du Sofitel de New-York et accessoirement celle du Carlton de Lille, combien les démêlés avec la justice américaine de ce mari un peu volage lui avaient finalement coûté en tableaux de maître.
En prime, nous aurions aussi aimé savoir si le couple se voyait déjà à l’Elysée et si, comme elle avait fait mine de le laisser entendre au début de l’affaire, elle pensait toujours que son mari, en se jetant comme une bête sur la pauvre femme de chambre new-yorkaise, était tombé dans un vulgaire guet-apens tendu par les services français à la solde de Sarkozy.
Soyons justes, Anne Sinclair s’en est plutôt bien sortie et la partie n’était pourtant pas facile. L’habitude des caméras de télévision permet, évidemment, de pouvoir raconter n’importe quoi avec l’aplomb le plus naturel.
Elle nous a affirmé qu’elle n’avait jamais rien su des turpitudes de son mari, qu’elle était tombée des nues quand elle les avait apprises et elle n’a pas vraiment exclu l’hypothèse du complot. Mieux encore, elle nous a juré qu’elle n’avait jamais souhaité se retrouver un jour première dame de France à l‘Elysée. Bref, elle nous a menti de la première à la dernière ligne avec le professionnalisme d’un véritable homme politique.
Mais c’est bien fait pour nous ! Qu’avions-nous besoin de regarder cette émission. Comme si on ne nous en avait pas déjà assez parlé pendant des semaines.
Cela dit, les vrais coupables sont évidemment les responsables de la chaine publique qui, pour tenter de « faire de l’audience », n’hésitent plus à nous proposer des programmes plus que racoleurs. A quand la soirée consacrée à l’enfance, à l’adolescence, aux premières amours de Valérie Trierweiler ou mieux encore à la vie détaillée de Julie Gayet ?

23 Avr 2014 | Comments (12)

Hollande a même déçu les Islamistes…

Décidemment, François Hollande aura réussi, avec une sorte de génie suicidaire, à décevoir tout le monde, même et surtout ceux qui semblaient lui être tout acquis et à tout jamais. L’exemple des islamistes est particulièrement révélateur
Jusqu’à présent, nos compatriotes musulmans constituaient pour la gauche un superbe réservoir de voix répondant présent avec enthousiasme à toutes les élections. La droite ayant la réputation d’être plutôt hostile au « multiculturalisme » et parfois même islamophobe et la gauche celle de prôner la diversité et toutes les formes de communautarisme, les « fidèles d’Allah » n’hésitaient jamais, votant pratiquement comme un seul homme pour le candidat socialiste quel qu’il soit.
On sait que nous avons maintenant au bas mot six à sept millions de musulmans sur notre sol dont une bonne moitié a fini par acquérir, d’une manière ou d’une autre, la nationalité française et donc le droit de vote. Ce vote musulman (sans doute environ trois millions de bulletins) pèse évidemment lourd dans les scrutins.
Même si aucun spécialiste n’a osé, de peur de se faire taxer de racisme ou d’islamophobie, étudier avec précision ce vote musulman lors de la dernière présidentielle, il est évident que François Hollande a été élu, en grande partie, grâce à nos compatriotes « mahométans ». On se souvient qu’il ne l’a emporté sur Nicolas Sarkozy que de 1.139.983 voix.
Quand on étudie les résultats dans les zones à très forte population musulmane, on s’aperçoit que c’est ici que Hollande a creusé l’écart, y arrivant très largement en tête. L’exemple de la Seine-Saint-Denis est frappant : Hollande y a obtenu 65% des voix.
En annonçant qu’il allait lutter contre le chômage (dont ils sont victimes plus encore que les autres), contre toutes les formes de discrimination et qu’il voulait accorder pour les élections locales le droit de vote aux étrangers (et donc essentiellement aux immigrés en provenance des pays du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne) le candidat du PS ne pouvait que séduire les électeurs musulmans en face d’un président sortant qui les avait choqués à maintes reprises et notamment avec quelques discours maladroits comme celui de Dakar ou surtout celui de Grenoble.
Mais en deux ans tout a changé. Le 31ème congrès de l’Union des Organisations Islamistes de France qui s’est tenu ce week-end au Bourget l’a clairement démontré. Les musulmans, du moins les plus radicaux, n’apprécient plus du tout François Hollande.
L’UOIF qui regroupe 250 associations et rassemble plus de 100.000 personnes pour son congrès, représente l’aile dure de nos musulmans. Ils se disent d’ailleurs « islamistes » et non pas « musulmans », ne cachent pas leur proximité avec les Frères musulmans égyptiens et ont pour habitude d’inviter comme orateur vedette le très contestable et très contesté Tariq Ramadan.
Or, cette année, la rupture a été consommée avec Hollande. On aurait pu s’attendre à des critiques à propos du Mali ou de la Centrafrique, deux pays où Hollande a fait intervenir nos troupes contre des musulmans, voire à un rappel de la promesse de faire voter les étrangers. Mais on s’est aperçu que si ces islamistes étaient soudain vent debout contre Hollande c’était à propos… du mariage des homosexuels. La loi Taubira semble les avoir scandalisés beaucoup plus encore qu’elle n’a choqué les milieux catholiques les plus traditionnels.
La famille et l’éducation étaient au cœur des débats de ce 31ème congrès. Makhlouf Mamèche, vice-président de l’UOIF, a ouvert les débats en rappelant que pour les musulmans « L’enfant appartient à la famille, pas à l’Etat, pas à la République » et que « Si l’Ecole transmet les valeurs, la première école c’est la famille » avant de s’écrier : « Sur le plan des valeurs, où va-t-on aujourd’hui en France ? »
Et c’est Amar Lasfar, le président de l’UOIF, qui a lancé un véritable « appel à résister au bouleversement du modèle familial, avec cette loi sur le mariage pour tous et ces projets sur l’avortement et l’euthanasie ». Et pendant trois jours tous les orateurs s’en sont pris sans pitié au mariage des homosexuels, à la théorie du genre et à cette volonté du pouvoir socialiste de bafouer les lois de la nature et celle de la République.
Certains souriront en voyant les adeptes de la polygamie s’opposer farouchement au mariage pour tous et les lecteurs pointilleux du Coran et de la Charia défendre ainsi la famille « bourgeoise » de la civilisation judéo-chrétienne.
Mais François Hollande n’imaginait sans doute pas qu’en faisant plaisir au petit lobby parisien des homosexuels il perdrait d’un coup toute sa clientèle musulmane…

22 Avr 2014 | Comments (11)

Le sourire impudique de François Hollande

Tout le monde se réjouit, bien sûr, de la libération des quatre journalistes français retenus en otages depuis des mois en Syrie. Leur joie, ce matin, débarquant d’un hélicoptère à Villacoublay, faisait plaisir à voir ainsi que celle de leurs familles.
Naturellement et comme toujours, nous n’avons eu aucun détail sur les conditions de cette libération. Laurent Fabius a répété, une fois de plus, que la France ne payait jamais de rançon, tout en précisant cependant que « les négociations » avaient été longues et difficiles. On peut donc se demander ce que nos services secrets ont bien pu « négocier » avec ces preneurs d’otages si ce n’est, justement, le montant de la rançon. Si Paris ne peut, bien sûr, pas l’avouer pour ne pas provoquer une immédiate multiplication de ces prises d’otages, personne n’est dupe, la France finit toujours, évidemment, par payer pour récupérer ses otages. En espèces sonnantes et trébuchantes et/ou en matériel de guerre.
Dans les bribes de confidences qu’ils nous ont faites, nos ex-otages nous ont révélé que certains de leurs geôliers parlaient français. La chose est importante. Le groupe d’islamistes qui les détenait est d’origine irakienne. Les Irakiens ne parlent pas le français, contrairement aux Syriens ou aux Libanais. On peut donc penser que nos otages étaient détenus (et maltraités) par des « Français » -ici les guillemets s’imposent- partis faire le djihad. Fabius l’a presque laissé entendre.
On sait qu’il y aurait maintenant plusieurs centaines de jeunes issus de nos banlieues dans les rangs des groupes islamistes les plus radicaux guerroyant en Syrie. Ces jeunes – du moins ceux qui n’auront pas été tués dans les combats- rentreront un jour dans nos banlieues avec évidemment l’envie de poursuivre le djihad chez nous…
Mais cette heureuse libération remet aussi le drame syrien en pleine lumière. Le Mali, la Centrafrique, l’Ukraine, sans parler des petites péripéties de notre vie politique, politicienne, politicarde, avaient fini par nous faire oublier qu’à l’autre bout de la Méditerranée, ils continuaient à s’entretuer dans une guerre sans merci. Ils auraient même, selon les chiffres « officiels », dépassé maintenant les 150.000 morts.
Sur le tarmac de Villacoublay, François Hollande était visiblement satisfait. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas pu afficher un tel sourire devant toutes les caméras de toutes nos chaines de télévision qui retransmettaient en direct l’arrivée des ex-orages.
Mais ce sourire avait quelque chose d’impudique, de choquant. En effet, François Hollande s’est ridiculisé, déconsidéré et même déshonoré dans toute cette affaire syrienne et personne ne peut l’avoir oublié.
Hollande s’est ridiculisé et déconsidéré en jouant les matamores, en faisant des moulinets avec ses petits bras et son sabre de bois, quand il s’est mis à menacer Assad, en annonçant qu’il allait le « punir », le châtier », et qu’il a mis l’armée française sur le pied de guerre dans un grand branlebas général, et puis… en attendant que les autres, Cameron et surtout Obama, l’accompagnent pour partir dans cette invraisemblable croisade vengeresse. Mais les autres ne sont pas venus. On se souvient à quel point la France avait été alors, par la faute de Hollande, grotesque dans cette mise en scène à grand spectacle.
Le président de la République française ignorait visiblement que la Syrie était un grand pays, avec une puissante armée –rien à voir avec le Mali ou la Centrafrique-, que Béchar al Assad était totalement soutenu par la Russie, la Chine et l’Iran –rien à voir avec Kadhafi- et que cette région du monde était, depuis des décennies, considérée comme un baril de poudre. Visiblement aussi il n’avait jamais lu les journaux et ne savait donc pas –contrairement à Cameron et Obama- ce qui s’était passé en Afghanistan ou en Irak quand les meilleures armées de l’Occident avaient voulu aller y imposer la démocratie ou du moins leurs propres lois.
Mais, plus grave encore, Hollande ne s’est pas contenté, en jouant les chefs de guerre d’opérette, de vouloir éliminer le dictateur alaouite qui lui déplaisait. Et c’est ici qu’il s’est déshonoré. Il a, en prétendant jouer les fins stratèges, apporté le soutien total, massif, diplomatique et militaire de la France à des fous furieux, à des fanatiques islamistes voulant instaurer la Charia et le Califat sur tout le Proche-Orient et déclarer la guerre sainte à l’Occident.
N’ayant jamais lu le Guide Bleu de la région et ayant –à l’école de Sarkozy- choisi Bernard-Henry Lévy comme conseiller, Hollande a confondu des fanatiques redoutables avec de braves démocrates. En prétendant vouloir aider des démocrates contre un dictateur, il a soutenu, aidé, légitimé des fanatiques qui voulaient remplacer une dictature laïque par une théocratie archaïque et sanguinaire bien pire encore.
On apprendra peut-être avant longtemps que ces « fous d’Allah » qui s’étaient emparé de nos quatre otages et les avaient maltraités pendant de si longs mois étaient non seulement des enfants de l’immigration élevés dans nos banlieues mais qu’en plus ils avaient bénéficié de l’aide de la France que Hollande leur avait envoyée pour faire la guerre au dictateur de Damas et… à l’Occident.
Ce sourire de satisfaction avait quelque chose d’impudique. La Syrie restera comme l’une des (innombrables) grandes erreurs de ce quinquennat pitoyable.

20 Avr 2014 | Comments (6)

Hollande, l’instant de lucidité…

Hier, en visitant les usines Michelin à Clermont-Ferrand, François Hollande a eu un instant de lucidité. Ils sont assez rares pour qu’on ne puisse que s’en réjouir. Cela dit, ce qu’il a lâché, en étant ainsi touché par la grâce, est tout de même assez surprenant. A la fois d’une naïveté stupéfiante et d’une roublardise machiavélique.
Le président de la République a, en effet, déclaré textuellement : « Si, en 2017, la courbe du chômage ne s’est pas inversée, ce ne sera pas la peine que je me représente et d’ailleurs je serais battu ». Il a parfaitement raison. Après nous avoir juré pendant les deux premières années de son quinquennat ses Grands Dieux et sur tous les tons qu’il allait, avant la fin de 2013, inverser cette fameuse courbe du chômage (qui n’a fait qu’augmenter) il évoque maintenant 2017.
En fait il continue, comme sœur Anne, à scruter désespérément l’horizon, en priant le ciel qu’une reprise de la croissance mondiale puisse lui permettre de nous faire croire que sa politique -à laquelle plus personne ne comprend plus rien- a finalement provoqué l’amorce timide du vague début d’un faible frémissement d’une petite reprise d’une modeste croissance.
Nous espérons, naturellement, tous que la fameuse « conjoncture internationale » nous fasse d’ici à 2017 bénéficier de quelques miettes. Mais les experts n’y croient pas et l’opinion non plus.
D’ailleurs, qu’il ne se fasse pas la moindre illusion. Même si, par miracle, le chômage diminuait soudain d’une manière significative, il serait battu et sans doute à plates coutures. Les Français ne veulent plus de lui. Il répète qu’il veut être jugé sur ses résultats. Mais les Français l’ont déjà jugé… sur pièces et condamné à tout jamais.
Il devrait aussi se souvenir que son ami Lionel Jospin qui pouvait pourtant se vanter d’avoir (grâce à la conjoncture internationale) fait baisser considérablement le chômage (un million de chômeurs en moins) a été éliminé, dès le premier tour, lors de la présidentielle de 2002. Les spécialistes dirent alors qu’il payait là à la fois les 35 heures et les divisions de la gauche (les candidatures de Chevènement et de Christiane Taubira). En 2017, il est vraisemblable que Hollande aura à payer cash non seulement le mariage pour tous (sa grande et unique réforme qui a gravement divisé le pays) et, lui aussi, les divisions de la gauche qui ont dès maintenant éclaté au grand jour mais surtout sa médiocrité et son incapacité à tenir le rôle de président. En fait, chômage ou non, ce ne sera pas la peine que Hollande se présente.
Il n’en reste pas moins que cette déclaration est tout de même incompréhensible. En nous menaçant de ne pas se représenter veut-il faire peur au patronat pour l’inciter à embaucher à tour de bras ? On voit mal les membres du Medef recruter massivement simplement pour garder Hollande à l’Elysée.
Non. On a plutôt l’impression que cette sortie inattendue s’adresse essentiellement à ses « amis », à son Premier ministre, aux membres de son gouvernement, à sa majorité parlementaire. Il fait mine d’en avoir assez, d’être prêt à jeter l’éponge pour voir les ambitieux, les comploteurs, les mécontents sortir du bois.
En réalité, il provoque surtout Valls et le pousse à la faute. A peine nommé, ce Premier ministre aux dents si longues organise de vrais Conseils des ministres à Matignon, convoque, pour le virer, le conseiller du président et parle de plus en plus haut, les sondages lui ayant donné des ailes au-delà du raisonnable.
Quelle va être son attitude en face d’un président qui évoque soudain et benoitement l’éventualité de ne pas se représenter de peur d’être battu ? Quelle va d’ailleurs être l’attitude de tous ces élus socialistes qui commencent à ruer dans les brancards et qui parlent ouvertement et déjà de primaires pour désigner un candidat crédible pour 2017 ?
Rejeté massivement par l’opinion, contesté par une grande partie de sa majorité, et sans doute bientôt en conflit ouvert avec son Premier ministre, Hollande n’a plus qu’une carte à jouer. Faire mine d’être prêt à se retirer pour laisser les siens, son Premier ministre, d’un côté, et la gauche du PS, de l’autre, s’entredéchirer sans pitié, et pouvoir ainsi apparaitre avant longtemps comme l’arbitre suprême et indispensable.
C’est comme cela que François Hollande a régné pendant dix ans à la tête du PS. C’est le célèbre « Retenez-moi ou je m’en vais et sans moi vous êtes perdus ». Mais qui peut croire un instant que Valls soit sensible à ce genre de vieux truc…

19 Avr 2014 | Comments (8)

Une tuile de plus !

Une tuile de plus vient de tomber sur la tête de François Hollande. On sait qu’il commence à en avoir l’habitude et il parait d’ailleurs que cela ne lui fait plus ni chaud ni froid. Mais tout de même… A force, il ne va y avoir beaucoup de tuiles (ni d’ardoises, en fait) sur le toit de l’Elysée.
Grâce à Médiapart qui est donc devenu, dans notre vie politique pourrie, le seul policier et le dernier juge en qui nous puissions encore avoir confiance pour débusquer les malfrats et condamner des truands, la France entière a appris, hier, que le plus proche collaborateur du président de la République (qui avait le bureau voisin du sien au premier étage de l’Elysée) était si ce n’est un escroc patenté du moins un voyou incontestable.
Brillant sujet, ancien interne des Hôpitaux de Paris et même ancien élève de l’Ena, Aquilino Morelle avait pendant longtemps partagé sa vie entre le militantisme socialiste de choc et les fromages de la haute fonction publique. Tantôt plume de Jospin à Matignon (1997-2002) mais battu aussi bien aux municipales (à Nontron, en Dordogne, en 2001), qu’aux législatives (en Seine-Maritime, en 2002 et en 2007), tantôt à l’Inspection Générale des Affaires Sociales (la célèbre IGAS où vient d’être recasée Dominique Voynet) où il s’était notamment occupé de l’affaire dramatique du Médiator.
Après avoir servi Laurent Fabius, puis Arnaud Montebourg, il avait mis sa plume au service de François Hollande pendant la campagne présidentielle ce qui lui avait particulièrement réussi puisque, Hollande une fois élu, il était devenu le conseiller occulte, le maitre à penser, le gourou et l’âme damnée du nouveau président, le véritable « maire du palais ».
A l’Elysée, tout le monde rigolait (sous cape, bien sûr) des goûts de luxe délirants de ce fils de très modeste réfugiés espagnols qu’on surnommait « le petit marquis » et qui se pavanait dans son grand bureau donnant sur les jardins élyséens, en recevant ses collaborateurs tout en se faisant cirer ses chaussures et couper les cheveux par un cireur et un coiffeur (de luxe) venus de l’extérieur, le tout accompagné des meilleures bouteilles qu’il faisait monter de la cave présidentielle. Grotesque, puant, insupportable mais tout puissant.
Tant de morgue ne pouvait, bien sûr, à la longue, que provoquer un certain agacement chez ceux qu’il écrasait de son mépris de parvenu et qui avaient quelques archives bien tenues. On sait que la délation est le sport le plus pratiqué en France. Médiapart a donc reçu des informations très précises signalant qu’en 2007 l’inspecteur des Affaires Sociales dénommé Aquilino Morelle avait été payé (12.500 €) par le laboratoire danois Lundbeck pour « faciliter les choses » entre ce laboratoire et l’administration française. Cela s’appelle, au choix, de la « corruption passive de fonctionnaire » ou de la « prise illégale d’intérêt » ou de la « petite crapulerie » et ce n’est pas… autorisé. C’est même puni par la loi de 5 ans d’emprisonnement et 75.000 € d’amende ce qui n’est pas rien.
A dire le vrai, on avait déjà entendu parler de cette affaire en 2011 mais Morelle était encore un inconnu et les fuites sur ses indélicatesses émanaient alors des laboratoires Servier, au cœur de l’affaire du Médiator. On en avait donc conclu qu’il s’agissait simplement d’une opération visant à discréditer celui qui suivait le dossier à l’IGAS. Il n’en était rien. Morelle était bel et bien un fonctionnaire véreux.
Hier, quelques heures après la publication par Médiapart des preuves l’accablant, Morelle a cru devoir publier un long démenti affirmant, bien sûr, qu’il était totalement innocent et qu’il avait eu l’autorisation de sa hiérarchie d’effectuer ce petit travail pour ce laboratoire étranger. Le corrompu aggravait son cas en mentant ! L’IGAS démentait d’ailleurs immédiatement avoir été au courant des « ménages » de son ancien collaborateur. Tout cela rappelait furieusement l’affaire Cahuzac. Les yeux dans les yeux !
Manuel Valls, pourtant vieux complice de Morelle (ils ont été tous les deux au cabinet de Jospin en 1997) a convoqué le « présumé » coupable ce matin à Matignon et lui a « conseillé » de donner immédiatement sa démission « pour mieux assurer sa défense ». Ce que le malheureux a bien dû faire quelques instants plus tard.
Qu’il y ait quelques crapules dans les couloirs du pouvoir et même dans ceux de l’Elysée n’est pas nouveau. La justice n’a toujours pas apuré les comptes fantastiques de Claude Guéant. Ce qui est nouveau et plutôt une bonne nouvelle c’est que nous ayons à Matignon, faute de l’avoir à l’Elysée, un type qui a compris que les Français ne supportaient plus cette faune où, par exemple, le conseiller du président, Aquilino Morelle, vit avec la directrice de cabinet de la ministre de la Culture, Laurence Engel, ancienne normalienne, ancienne énarque, qui va être nommée directrice du musée Picasso lequel va sans doute fusionner avec le Centre Pompidou et que la ministre de la Culture en question, Aurélie Filippetti, ancienne normalienne (de Fontenay-Saint Cloud seulement), elle, vit avec un ancien secrétaire d’Etat de… Raffarin, Frédéric de Saint Sernin.
Les Français en ont sûrement assez de tout ce petit monde-là de copinage, de combines, qui danse, au cours de folles soirées bien arrosées au meilleur champagne, la rumba sur un volcan sans même s’en rendre compte.

18 Avr 2014 | Comments (2)

Moi-président, je recase Dominique Voynet !

Après avoir été députée européenne en 1991, candidate à la présidentielle en 1995 (3,31% des voix), députée du Jura en 1997, ministre de l’Ecologie dans le gouvernement Jospin en 1997, sénatrice de la Seine Saint Denis en 2004, de nouveau candidate à la présidentielle en 2007 (1,57% des voix) et enfin maire de Montreuil en 2008, Dominique Voynet, l’une des grandes figures des Verts, a décidé d’abandonner la politique en se déclarant « dégoûtée par la dégradation de la vie politique française ». Elle aura mis le temps ! Vingt ans pour s’apercevoir que la politique n’est bien souvent que magouilles, compromissions, combines et coups fourrés.
En réalité, si Dominique Voynet ne s’est pas représentée aux dernières municipales de Montreuil c’est tout simplement parce qu’elle savait qu’elle serait laminée. Voynet a toujours tout raté et n’a jamais été capable de se faire réélire nulle part. Elle a même été une déplorable ministre de l’Ecologie. On se souvient de sa guerre contre les chasseurs quand elle a instauré « une journée sans chasse », on se souvient surtout de ses bien malencontreuses déclarations lors de la marée noire consécutive au naufrage de l’Erika, quand, devant le désastre catastrophique, cette péronnelle se contenta de lâcher : « Ce n’est pas la marée noire du siècle ».
On s’imaginait donc qu’en quittant la scène politique, Dominique Voynet allait se faire oublier en reprenant son poste d’anesthésiste-réanimatrice à l’hôpital de Dôle qu’elle n’aurait jamais dû quitter. C’était bien mal connaitre notre faune politique avec ses magouilles, compromissions, combines et coups fourrés qu’elle dénonçait elle-même.
Hollande vient, en Conseil des ministres, de la nommer inspectrice générale des affaires sociales. Un fromage, une planque, une sinécure, un parachute, un placard doré, une prime à l’échec. Bien sûr, ce n’est pas grand-chose à coté du poste de secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, offert à Harlem Désir pour le récompenser d’avoir été nullissime pendant deux ans à la tête du PS. Mais tout de même cela devrait faire tousser.
Pour l’instant, il n’y en a qu’un à avoir toussé : Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale qui écrit froidement -mais à juste titre- sur son blog qu’il s’agit là d’« un accroc à la République irréprochable » (suivez mon regard) et qu’il est bien dommage de récompenser ainsi « le triste itinéraire d’une enfant gâtée de la République qui a laissé Montreuil en ruines et la gauche divisée comme jamais ». On ne peut que partager l’indignation du troisième personnage de l’Etat.
L’ennui, bien sûr, c’est que Bartolone est bien mal placé pour donner de telles leçons de morale au chef de l’Etat. D’abord, parce que, question magouilles, combines et népotisme, il devrait se montrer beaucoup plus discret lui qui a embauché sa propre femme, Véronique, à son cabinet en la nommant sans rigoler « chargée de mission auprès du président de l’Assemblée nationale, chargée des interventions et des droits des femmes ».
Ensuite, parce que, pour Bartolone, il s’agit moins de s’ériger en moraliste que de régler des comptes purement personnels dans le marécage souvent nauséabond de la Seine Saint Denis. Bartolone et Voynet se sont toujours affrontés avec une violence souvent inouïe dans le 9.3. Voynet a d’ailleurs expliqué son départ en déclarant que Bartolone était « le parrain du département », et en précisant « je me refuse da baiser la bague de ce parrain ». On a quelques fois la dent un peu dure entre « camarades de gauche ».
Cela dit, le seul coupable dans cette affaire c’est, bien sûr, Hollande lui-même. Moi-président je recase les copains quand ils perdent leur boulot.
Si on étudie les résultats des dernières municipales et si on en croit les pronostics pour les prochaines européennes, le chef de l’Etat va avoir énormément de travail et c’est à tour de bras qu’il va devoir faire tourner le tour extérieur des nominations. Il va y avoir des régiments entiers de parachutés. C’est tout de même honteux et on comprend la montée de l’abstentionnisme et des extrêmes…

17 Avr 2014 | Comments (13)

Valls: n’est pas Churchill qui veut…

Cela n’aura pas duré longtemps, mais c’était prévisible.
Mise à part la gauche de la gauche, tout le monde avait applaudi à la nomination de Manuel Valls à Matignon. D’abord, parce que le couple Hollande-Ayrault n’était plus supportable, ensuite, parce qu’on pouvait penser que Valls allait non seulement remplacer Ayrault mais aussi s’emparer rapidement de tous les pouvoirs en imposant à Hollande sa propre politique et en reléguant le président de la République dans le rôle de potiche inaugurant les chrysanthèmes.
On imaginait volontiers qu’on allait assister à une sorte de coup d’état institutionnel. Les deux premières années du quinquennat couronnées par les élections municipales avaient définitivement abattu le président alors que les sondages avaient transformé Valls en homme providentiel capable de sauver non pas Hollande mais la France elle-même. Certains nous annonçaient déjà la candidature et même le succès de Valls en 2017 à la présidentielle.
Bref, Valls que Hollande avait nommé à contre cœur était le maitre du jeu et pouvait mépriser aussi bien le chef de l’Etat que la majorité présidentielle qui le détestait, les deux n’ayant plus aucune légitimité comme le prouvaient aussi bien les municipales que les sondages.
Mais, en fait, aussi déterminé, aussi flamboyant qu’il soit, Valls n’était maitre… de rien du tout. Il était, comme Fillon et comme un bon nombre de ses autres prédécesseurs à Matignon, « à la tête d’un pays en faillite ». Il pouvait faire des effets de manche en nous promettant qu’il allait terrasser le chômage, relancer l’économie, chambouler la carte administrative du pays et redonner la confiance à chacun, il lui fallait d’abord et avant tout et sans baragouiner ni barguigner trouver, de toute urgence, 50 milliards.
Présentant sa politique générale devant l’Assemblée, il avait pu faire le beau, avec des roulements de tambour sur le redressement du pays, un peu de violoncelle sur la justice sociale et un coup de clairon sur son amour de la France mais, en redescendant de la tribune, sous les applaudissements (modérés) de ses « amis », il savait très bien qu’il ne pouvait promettre aux Français que « de la sueur et des larmes ». On le prenait pour un nouveau Sarkozy, il se prenait pour un jeune Bonaparte prêt à faire son 18 brumaire, mais il se retrouvait dans la situation de Churchill, toutes proportions gardées. Mais n’est pas Churchill qui veut…
A l’Assemblée, il avait joué les candidats en campagne annonçant qu’on allait raser gratis. Hier, au Conseil des ministres, il a bien été obligé de reconnaitre que les réalités étaient épouvantables, les créanciers sans pitié, qu’il lui fallait payer cash et qu’il n’avait pas un sou en poche.
Il a donc dû commencer à parler « gros sous », à détailler les mesures qu’il voudrait prendre pour colmater de toute urgence les trous, les brèches qui font couler le rafiot. De la sueur et des larmes. Tout le monde va « déguster », les classes moyennes, les fonctionnaires, les familles, les retraités, les malades, les collectivités. On s’attendait un peu à ce que ce hussard se transforme en dragon pour sabrer dans les dépenses. Mais c’est un bucheron armé d’une hache et même d’une tronçonneuse qui est arrivé !
Depuis hier, plus personne ne lui trouve le moindre charme. Son état de grâce n’aura pas duré longtemps. La droite qui lui faisait les yeux de Chimène, la gauche qui faisait mine de le considérer comme l’un des siens, les syndicats qui l’attendaient au tournant, tout le monde se déchaine. A croire qu’on s’imaginait que le Catalan-aux-dents-longues qui avait été assez malin pour devenir un héros national en roulant l’opinion allait pouvoir, avec quelques tours de muleta et de passe-passe, faire disparaitre ces fameux 50 milliards et donner l’estocade au taureau, sans faire couler une goutte de sang.
Du coup, on ne pense plus ni à Bonaparte, ni à Sarkozy, ni à Fillon, et encore moins à Churchill mais au pauvre Juppé, droit dans ses bottes, au milieu de la tempête.
De deux choses l’une : ou Valls remet ses projets et ses ambitions dans sa poche et tout continue à couler, ou il part au combat contre la gauche, contre la droite, contre le président, contre les syndicats, voire contre la rue. Cela fait beaucoup. On dit souvent que les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent. Mais on oublie qu’il arrive parfois que les dirigeants ont des peuples qu’ils ne méritent pas.
La seule question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les Français qu’on dit toujours prêts à faire la révolution et à descendre dans la rue sont aussi prêts à verser de la sueur et des larmes. On peut en douter…

17 Avr 2014 | Comments (2)

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