On a tort d’accabler ce régime. Certes, il accumule depuis des mois les échecs, les erreurs, les dérapages, les cafouillages et les pires vilenies mais il est tout de même en train de réussir un véritable exploit. Il est sur le point de rendre Michèle Alliot-Marie… sympathique.
Dieu sait si cette harpie décolorée, pète-sec et bébête, a tout pour être rejetée à tout jamais dans le magasin des inutilités qu’on a trop vues sans même jamais avoir eu envie et les regarder. Elle a toujours tout raté et a été mauvaise partout. Mauvaise présidente du RPR, mauvaise ministre de la Défense, de l’Intérieur, de la Justice, des Affaires Etrangères. Un record dans le genre. Et si peu féminine qu’on peut se permettre de dire qu’en plus elle avait plutôt une sale gueule.
Le grand public ne se souvient que d’une chose : ses vacances en Tunisie pendant la révolution de Jasmin, payées par Ben Ali, avec toute la famille et papa-maman qui traficotaient là-bas dans l’immobilier. Tout cela l’incitant un jour à proposer froidement à l’Assemblée Nationale d’envoyer nos CRS à Tunis pour mater la révolte. Inconsciente, pas nette et, en plus, idiote !
Que la justice ait décidé d’enquêter sur ses éventuelles magouilles en tous genres à Saint-Jean-de-Luz, à Paris et ailleurs, n’est donc pas surprenant et si tout le monde la considère, bien sûr, comme présumée innocente, personne ne pleurera sur son sort au cas où elle serait déclarée coupable de quelques détournements de fonds.
Mais ce qui est stupéfiant c’est que ce soit à cinq jours des élections municipales que nos magistrats (évidemment totalement indépendants du pouvoir politique) aient décidé de procéder à des perquisitions, à Paris et à Saint-Jean-de-Luz, avec tambours et trompettes, chez cette tête de liste UMP pour les élections européennes.
On nous dira que le temps judiciaire n’a rien à voir avec le temps politique et qu’il s’agit là d’une « pure coïncidence ». Mais qu’auraient fait nos petits magistrats –« les bâtards » comme dirait Sarkozy- s’ils avaient voulu transformer une présumée coupable en véritable victime d’un acharnement politique et démontrer, une fois de plus, qu’ils étaient à la solde du gouvernement dès qu’il s’agissait de démolir une personnalité de l’opposition ?
Ce gouvernement n’a donc toujours pas compris qu’en déclenchant, en période électorale, les foudres de la justice contre ses adversaires, il se déconsidérait tout en déshonorant la justice en laquelle les Français ne font plus aucune confiance et qu’il transformait les pires de ses opposants en malheureuses victimes d’un régime prêt à tout pour tenter de faire oublier sa déliquescence et ses propres turpitudes.
Le cas de MAM n’est évidement qu’anecdotique. Il y a bien longtemps que plus personne ne pense à elle comme éventuelle candidate à l’Elysée. C’est Sarkozy qui fait les gros titres.
Ce matin, Médiapart sort de nouvelles écoutes des conversations téléphoniques entre l’ancien président de la République et son avocat, Thierry Herzog. Personne ne se demande qui a transmis ces écoutes (totalement illégales) à Médiapart. La réponse est pourtant facile. Ce ne peuvent être que des magistrats ou des policiers ayant, selon toute vraisemblance, reçu des ordres ou de Christiane Taubira ou de Manuel Valls.
Tout le monde s’indigne que, dans ces conversations, Sarkozy traite les juges de Bordeaux de « bâtards » et évoque un très haut magistrat qui pourrait intervenir en sa faveur.
Or, on connait le vocabulaire de l’ancien président, le peu de considération qu’il a toujours eu pour les hommes en robe et il n’y a rien de surprenant à ce qu’il se raccroche aux quelques magistrats de droite qu’il a pu fréquenter au moment où ses ennemis lancent contre lui leurs copains magistrats de gauche.
On peut se demander envers qui les Français vont être les plus sévères. Envers un ancien président qui traite les magistrats de « bâtards » et cherche désespérément à en savoir un peu plus sur ce que manigancent contre lui le pouvoir et la justice ? Ou envers un pouvoir qui, pour abattre un adversaire, s’acharne contre lui, multiplie les opérations de justice, fait pratiquer des écoutes illégales et organise en permanence des fuites dans la presse ?
En accablant ainsi à outrance et par tous les moyens Sarkozy, Hollande va, là aussi, finir par réussir l’exploit d’en faire la victime d’un régime déjà rejeté par une écrasante majorité des Français.
Hollande était sans doute le seul capable de rendre Sarkozy soudain sympathique aux yeux des Français…

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