Dans le concours de mauvaise foi qui a été ouvert il y a quelques jours à propos de toutes les affaires qui ont éclaté, comme par hasard, contre la droite à la veille des élections municipales, le journal Le Monde a de très fortes chances de l’emporter haut-la-main, même si certains estiment qu’il devrait être mis hors concours dans cette compétition depuis déjà longtemps, en tous les cas depuis le jour où il a applaudi à l’entrée des Khmers rouges dans Phnom Penh avant de se réjouir, peu après, du triomphe de l’ayatollah à Téhéran.
Que Hollande, Ayrault, Taubira, Valls et leurs petits copains se soient étranglés en lisant, dans Le Figaro, la prose de Sarkozy qui comparait les méthodes de basse police dont il est victime depuis des mois aux méthodes de la Stasi et les moeurs du régime actuel à celles des dictatures bananières n’est pas surprenant.
Ce n’est jamais agréable, surtout quand on joue les parangons de la morale, de se faire pincer à écouter aux portes comme de vulgaires petits malfrats. Certes, c’est là une vieille tradition des socialistes. On sait que Mitterrand se régalait, chaque matin, avec une curiosité malsaine, en lisant les comptes rendus des écoutes téléphoniques du tout Paris que faisait pour lui, en toute illégalité, sa police personnelle. On ne l’appelait pas « le Florentin » pour rien.
Mais rien ne prouve, jusqu’à présent, qu’il ait fait écouter son prédécesseur à l’Elysée, Giscard, ou ses adversaires pour la prochaine présidentielle, Chirac et Barre. Pour Mitterrand c’était simplement par vice et pour protéger sa (double) vie privée et l’existence cachée de sa fille adultérine. Sur ce plan là, il semble que Hollande n’ait plus grand chose à cacher.
Mais ce qui est plus surprenant c’est que l’ancien journal d’Hubert Beuve-Méry que certains veulent encore considérer comme un journal « de référence » entonne les mêmes cris d’orfraie que la gauche au pouvoir et se lance à corps perdu dans une défense de l’indéfendable, en reprochant à la victime indéniable d’être le coupable évident.
Pour démontrer que, dans sa diatribe contre ce régime fliqué, Nicolas Sarkozy est « quelque peu outrancier », Le Monde écrit froidement : « Il a utilisé un téléphone sous un faux nom depuis 2012 et son entourage a confirmé qu’il l’a fait car il se savait écouté sur son téléphone officiel. Difficile donc de croire qu’il n’était pas au courant, sinon du fait que sa seconde ligne, sous un faux nom, était elle aussi écoutée » (sic !)
Ainsi, selon Le Monde, Sarkozy serait doublement coupable. D’abord, d’avoir pris, sous un faux nom, un second téléphone portable sachant que le premier était sur écoutes, ensuite, de n’avoir pas imaginé que ce second téléphone était lui aussi sur écoutes.
Pas un mot pour s’étonner que « Moi-Président » qui nous avait juré ses grands dieux qu’avec lui nous aurions enfin une République au-dessus de tout soupçon en soit si vite arrivé à avoir recours aux méthodes de… la Stasi.
Cela faisait longtemps que Le Monde s’était discrédité. Cette fois, il se déshonore.
Beuve-Méry s’est sûrement retourné dans sa tombe. Mais il commence à en avoir l’habitude.

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