Ils nous prennent vraiment, une fois de plus, pour des imbéciles. Cela fait trois jours maintenant que tout le monde fait semblant de se demander si François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Christiane Taubira et Manuel Valls savaient que la police écoutait depuis des mois le téléphone portable de Nicolas Sarkozy.
Depuis que Le Monde a publié l’information, ils nous racontent n’importe quoi et se prennent d’ailleurs les pieds dans le tapis. Taubira jure ses grands dieux qu’elle ne savait rien, Ayrault reconnait qu’elle et lui savaient vaguement quelque chose et Valls prétend toujours qu’il a tout découvert en lisant la presse. Ils auraient pu, au moins, se concerter avant de patauger comme cela.
Bien sûr, personne n’est dupe. Qui pourrait croire une seule seconde que de modestes policiers auraient osé, même à la demande de modestes magistrats, mettre sur écoutes l’ancien président de la République sans en référer aux plus hautes autorités de l’Etat et sans les mettre, minute par minute, au courant de ce qu’ils avaient pu découvrir ?
Christiane Taubira, elle-même, a d’ailleurs donné ordre à tous les procureurs de France et de Navarre de faire « remonter » jusqu’à la place Vendôme toutes les informations sur tous les dossiers sensibles. Les dossiers de Nicolas Sarkozy font évidemment partie des dossiers les plus sensibles.
Soyons justes, depuis la nuit des temps, tous les pouvoirs ont toujours essayé, par tous les moyens, de savoir ce que pouvaient penser, dire ou préparer leurs opposants. De tout temps et sous tous les régimes, il y a toujours eu des cabinets noirs, des polices politiques, des services de renseignements pour suivre, écouter, espionner, compromettre les adversaires du souverain.
Et sans remonter à la plus haute antiquité, souvenons-nous que tous nos présidents nouvellement élus nous ont tous affirmé qu’ils interdisaient désormais les écoutes téléphoniques, preuve donc qu’il y en avait toujours eu… avant eux.
Peut-on d’ailleurs reprocher à un pouvoir de vouloir être au courant de ce qui se passe dans le pays ? En nous mentant effrontément Christiane Taubira et plus encore Manuel Valls voudraient nous faire croire qu’ils sont encore plus incapables que nous ne le pensions. Comment un ministre de l’Intérieur peut-il se vanter de n’avoir appris que par la presse ce que faisaient ses propres services ?
Bien sûr qu’ils savaient tous et à commencer par François Hollande, le plus intéressé de tous, et bien sûr que c’est l’Elysée qui a donné ordre aux policiers d’écouter Sarkozy et pas seulement sur les dossiers en cours. Certes, quelques détails nouveaux sur les affaires Bettencourt, Karachi ou Kadhafi pourraient permettre à compromettre davantage encore Sarkozy mais ce qui intéresse plus encore Hollande ce sont les intentions de son ennemi juré pour 2017.
Seulement, bien sûr, il ne faut pas se faire pincer. Ce qui est nouveau sous ce régime ce ne sont pas ces méthodes de « flicage », c’est le fait que tout sorte au grand jour et s’étale sur la place publique. Contrairement à ce que prétendent certains ce n’est pas de la faute de (ou grâce à) la presse qui ne fait ici que son travail. Si la boue déborde aujourd’hui à flots des coulisses du pouvoir c’est parce que ce pouvoir, cet Etat est en pleine déliquescence, que les collaborateurs deviennent des mouchards, les complices des traitres, que tous les rats quittent les navires, aussi bien le radeau de Hollande que celui de l’opposition car ils sont tous les deux à la dérive..
Des copains de Copé l’ont balancé avec l’histoire de Bygmalion, Buisson le gourou maléfique a trahi son maitre bienfaiteur et on va bientôt savoir qui à l’Elysée, à Matignon, place Vendôme ou place Beauvau a donné les détails sur les écoutes de l’ancien président. Du coup, Copé qui ne dément rien dans l’affaire Bygmalion demande la tête de Taubira, Sarkozy qui ne récupérera pas ses agendas attaque Buisson en justice et Ayrault, Taubira et Valls nous mentent comme des arracheurs de dents.
Les Chinois disent que le poisson pourrit toujours par la tête…

Mots-clefs :