François Hollande avait, hier, une occasion inespérée de nous prouver qu’il commençait, enfin, à devenir un chef d’Etat digne de ce nom, après presque deux années de bafouillage, de barbotage, de pataugeage.
C’était très simple. Il recevait, comme prévu depuis longtemps, Christiane Taubira. Un face-à-face, seul-à-seul dans le bureau présidentiel. Avec un président « normal », l’entretien ne pouvait être qu’une « explication de gravures » et il était évident qu’à l’issue de cette rencontre l’Elysée aurait dû publier un communiqué de quelques lignes annonçant que le président de la République avait accepté la démission de la garde des Sceaux.
Cela aurait permis de démontrer que le président savait trancher dans le vif et de mettre sèchement un terme à l’incroyable feuilleton de l’affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy qui pourrit l’ambiance depuis une semaine et qui déshonore totalement le régime.
Cette histoire est, en effet, beaucoup plus grave qu’on ne nous le raconte. Car le problème n’est pas de savoir « quand » Taubira, Valls, Ayrault et, bien sûr, Hollande lui-même ont appris que la police avait, soit disant à la demande de la justice, mis l’ancien président de la République sur écoutes. Cela c’est de « l’enfumage » pour reprendre le nouveau mot à la mode que tous nos ministres ont, comme par hasard et comme un seul homme, employé ces jours derniers.
Le problème, évident, est que c’est l’Elysée qui a demandé, il y a des mois, ces écoutes non pas pour savoir si Sarkozy et son avocat avaient plus ou moins magouillé quelque chose dans un dossier bien précis mais pour être au courant, dans les moindres détails, de ce que pouvait bien manigancer l’ancien président et tous ses amis de l’opposition pour préparer la grande revanche de 2017.
Il faut avoir l’honnêteté pour ne pas dire le courage de reconnaitre l’évidence. Ces écoutes, quoi qu’on nous raconte, n’ont évidemment rien à voir avec les affaires en cours. Disons les choses comme elles sont. Elles étaient organisées pour espionner en permanence le seul véritable adversaire de Hollande pour la prochaine présidentielle. Elles dépassent donc de beaucoup les dossiers Karachi, Bettencourt, Kadhafi et autres. Elles n’ont aucun rapport avec la justice et sont purement politiques.
On dira que tous les pouvoirs ont toujours voulu savoir ce que leurs opposants pensaient, disaient, préparaient. C’est sûrement vrai. Les cabinets noirs, les hommes de l’ombre, les servies plus ou moins secrets, les renseignements généraux quels que soient leur nom, ont toujours écouté aux portes, déposé des micros et trafiqué les lignes téléphoniques. Mais il ne faut pas se faire pincer.
Foccart, Juillet, Grossouvre, Villepin, pour ne citer que les plus célèbres de ces pères Joseph qui se sont succédé dans les arrière-cuisines de l’Elysée, ont toujours su travailler sans se faire prendre et, question écoutes en tous genres, Mitterrand-le-florentin a, sans doute, et de loin, été le meilleur, même s’il lui est arrivé de se faire prendre. On se souvient de l’affaire… des écoutes.
Hollande avait donc hier une superbe occasion de nous faire croire qu’il désapprouvait totalement ces méthodes, qu’il n’était en rien responsable de cette affaire, en faisant porter le chapeau à Taubira et en la sacrifiant sur l’autel de la République.
Mais il est bien connu que, dans « le milieu », on ne « balance » pas ses complices.
Il est vrai aussi que, grâce au mariage des homosexuels, Christiane Taubira est devenue une idole de la gauche bobo et que personne n’oserait évoquer ni son passé sulfureux d’indépendantiste guyanaise ni ses réformes stupéfiantes au ministère de la Justice. Le lobby homo est devenu plus puissant que le lobby franc-maçon, l’un n’empêchant d’ailleurs pas l’autre.
Personne ne s’est étonné de la nomination, la semaine dernière, de Mathieu Gallet comme patron de Radio-France. Or ce « célibataire mondain » comme le dit pudiquement le Nouvel Observateur, n’avait qu’une seule « compétence » pour l’emporter. Il était parrainé par trois homosexuels fiers de l’être et le revendiquant : Frédéric Mitterrand, Bertrand Delanoë et Jean-Paul Cluzel (l’ancien PDG de Radio-France que le même Delanoë vient de marier à Nicolas Droin, patron de l’orchestre de chambre de Paris).
Dans un tel contexte, il était évidemment difficile de virer « la madone des homos ». Hollande qui nous raconte des balivernes depuis son entrée à l’Elysée était d’ailleurs bien mal placé pour lui reprocher d’avoir menti.
Un jour, les historiens découvriront sûrement que ce quinquennat aura été celui du triomphe des homosexuels, celui des mensonges institutionnalisés et celui des pires méthodes de basse police.

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