François Hollande ressemble au Boeing malaysien. On sait qu’il a changé de direction mais, depuis, il a disparu des radars. A-t-il explosé en vol, a-t-il atterri secrètement sur une île déserte ? Personne n’en sait rien et toutes les hypothèses les plus folles circulent.
L’Europe vient de vivre un événement considérable, l’annexion par la Russie d’un beau morceau de l’Ukraine, la Crimée, et il est vraisemblable que les ambitions de Moscou ne vont pas s’arrêter en si bon chemin. Que fait le président de la République française ? Rien.
La France est submergée par une vague de scandales qui achèvent de discréditer totalement tout le personnel politique du pays. Certes, il n’est pour rien (du moins veut-on le croire) ni dans l’affaire Copé ni dans l’affaire Buisson mais, et même si la presse toujours complaisante n’a pas voulu le souligner, il est évidemment au cœur de l’affaire des écoutes de Sarkozy puisque personne ne peut croire un seul instant que Christiane Taubira soit à l’origine de cette opération d’espionnage de l’ancien président futur candidat en 2017. Que fait le président ? Rien.
Aujourd’hui même, les syndicats descendent en masse dans les rues pour s’insurger contre le Pacte de responsabilité, « la » grande idée présidentielle, qui selon eux fait des cadeaux aux patrons sans qu’aucune contrepartie ne soit réellement envisageable. Que fait le président ? Rien
On imagine, naturellement, qu’il file le parfait amour dans une bonbonnière proche de l’Elysée, avec sa « connaissance », comme on disait sous la IIIème République. Mais il n’a pas été élu uniquement pour cela.
Bien sûr, on ne voit pas ce que pourrait faire, tout seul avec ses petits bras, ce président ignoré pour ne pas dire méprisé par la terre entière, en face du nouveau tsar de Toutes les Russies qui veut récupérer, morceau par morceau, le vieil empire d’antan.
Trottinant derrière les autres et notamment Angela Merkel, il avait maladroitement envoyé Fabius à Kiev pour féliciter les insurgés de la place Maïdan, sans se rendre compte que ces nationalistes ukrainiens purs et durs qui voulaient intégrer l’Europe et interdire l’usage de la langue russe offraient à Poutine la meilleure des excuses pour courir au secours des russophones en brandissant les grands principes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
S’imaginant qu’il jouait la bonne carte, comme ceux qui avaient cru malin d’acclamer le printemps arabe, il a sauté à pieds joints dans le piège qu’il s’était lui-même, avec l’Europe et les Etats-Unis, préparé.
Aujourd’hui, tout penaud, il laisse les autres évoquer des menaces, des sanctions et se demande, en prenant le thé avec sa Julie, s’il faut toujours inviter Poutine aux cérémonies du Débarquement et surtout s’il faut perdre un contrat d’un milliard d’euros en annulant la livraison de deux bateaux de guerre commandés par Moscou.
Pour ce qui est des scandales et de la pourriture qui gangrène toute notre vie politique, il s’est mis aux abonnés absents et fait le dos rond sous sa couette. Moi-président, pas-vu-pas-pris. Comme Ayrault, Taubira et Valls, il n’était courant de rien. Finalement, il n’y avait que la directrice de cabinet de la ministre de la Justice (et peut-être un huissier et le cuisinier de la garde des Sceaux).qui savaient qu’un ancien président de la République, patron incontesté de l’opposition, avait été mis, pendant des mois, sur écoutes Il pourra dormir sur ses deux grandes oreilles tant que personne n’aura le courage de dire que de telles écoutes n’avaient, évidemment, pu être ordonnées qu’« au plus haut niveau de l’Etat ».
Quant aux réactions des syndicats devant son Pacte de responsabilité, il ne les apprendra sans doute que demain matin en lisant la presse tout en prenant son petit déjeuner (avec les croissants apportés par son garde du corps) rue du Cirque, si bien nommée.
Pendant longtemps, on s’est demandé s’il y avait un pilote dans l’avion. Maintenant, on voit que c’est l’avion qui a disparu.
Il est difficile de résister à l’envie d’imaginer ce que de Gaulle aurait fait dans de telles circonstances. Il aurait, sans guère de doute, rappelé immédiatement notre ambassadeur à Moscou, viré sur le champ Taubira et n’aurait sûrement jamais sorti un tel Pacte d’irresponsabilité.
Mais il est totalement absurde de vouloir comparer Hollande avec un vrai chef d’Etat…

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