Encore un qui nous prend pour des imbéciles. Et ce n’est pas la première fois.
Pourtant tout était très simple. Le Point a reproché à Jean-François Copé d’avoir pistonné deux de ses meilleurs copains, patrons d’une curieuse société « événementielle », Bygmalion, pour qu’ils obtiennent des contrats particulièrement juteux de l’UMP lors de la campagne présidentielle et pour différentes grandes manifestations publiques. Et les deux copains auraient, naturellement, surfacturé leurs prestations au-delà du raisonnable.
En clair, Le Point accuse le président (contesté) de l’UMP d’avoir organisé, avec deux complices, une gigantesque escroquerie au préjudice de son propre parti. Entre les lignes, on peut comprendre que Copé lui-même en a aussi « croqué », comme on dit dans ce milieu.
Copé ayant désormais une détestable réputation de tricheur et n’ayant jamais caché son goût pour l’argent et ses fréquentations avec des milliardaires plus ou moins véreux, les révélations de l’hebdomadaire (classé pourtant à droite) n’ont pas surpris grand monde. Il fallait donc que celui qui se voit déjà le candidat de la droite à la présidentielle de 2017 se défende.
Ce n’était pas compliqué. Il n’avait qu’à rendre publics les devis de la société Bygmalion et les photocopies des chèques que l’UMP lui avait versés. On aurait pu voir si les sommes demandées et obtenues par les deux copains correspondaient à peu près aux tarifs généralement pratiqués pour ce genre de travail, tout en sachant parfaitement que les fausses factures, les dessous de table et les pires combines sont… monnaie courante dans l’organisation des campagnes électorales. On aurait d’ailleurs pu demander à Richard Attias qui avait organisé toute la campagne de Sarkozy en 2007 avant d’enlever Cécilia, ce qu’il en pensait.
Mais au lieu de répondre, point par point et chiffres à la main, aux accusations (terribles) qui étaient portées contre lui, Copé a préféré essayer de noyer le poisson, ignorant sans doute que les poissons savent nager. Pris avec de la confiture plein les doigts et même jusqu’aux coudes, le sale gosse n’a même pas tenté de nier les faits. Il s’est mis à parler de la pluie et du beau temps.
Il est prêt à publier tous les comptes de l’UMP… à la condition que tous les autres partis politique en fassent autant et même que tous les journaux et tous les journalistes rendent publics, eux aussi, leur comptabilité. Il va présenter deux propositions de loi dans ce sens qui n’ont, bien sûr et il le sait, aucune chance d’être jamais adoptées.
Deux détails ont échappé au bonhomme. D’abord, les comptes de campagne sont déjà rendus publics. Ensuite, on ne voit pas pourquoi les journalistes devraient être considérés comme des élus, même si Copé veut, parait-il, la peau de Franz-Olivier Giesbert qui n’est d’ailleurs plus le directeur du Point depuis quelques semaines.
En jouant avec une petite mine les victimes, monté sur ses grands chevaux de l’indignation, parlant de « chasse à l’homme », de « vendetta » et d’« inquisition », Copé refuse qu’il y ait « deux poids et deux mesures », qu’on s’en prenne à l’UMP et pas aux autres.
L’ennui pour lui c’est que, jusqu’à preuve du contraire, c’est lui et lui seul qui est accusé. Imagine-t-on un braqueur de banques pris sur les faits s’indigner d’être dans le box sous prétexte que d’autres braqueurs de banques courent encore dans la nature ?
Copé devrait changer de méthode de défense. Mais il est vrai qu’il est déjà condamné. Cela fait longtemps qu’il a rejoint le peloton de nos politicards qui ont dégoûté les Français de la politique.
Cela dit, reste à savoir qui, à l’UMP, a balancé tout cela au Point…

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