Notre paysage politique est devenu, cette semaine, un vaste champ de mines qui explose sous les gros sabots de tous nos ténors de la politicaille, de droite ou de gauche. Affaire Copé, affaire Buisson, affaire Sarkozy devenue rapidement affaire Taubira, voire affaire Ayrault, Valls ou même Hollande, on s’y perd et ce tourbillon effréné donne la nausée au point d’avoir envie de vomir.
Les experts se demandent, avec beaucoup de naïveté, si cette actualité nauséabonde aura des conséquences, dimanche prochain, sur le scrutin des municipales. Evidemment.
Les Français étaient déjà écoeurés par l’incompétence crasse de leurs « responsables ». Incompétence de ceux qui sont au pouvoir, incapables d’affronter tous les problèmes qui ont jeté à terre le pays, le chômage, les déficits, les prélèvements, le système de protection sociale, la compétitivité, la déliquescence de l’Etat, etc. Incompétence de l’opposition, infoutue de s’organiser, de se trouver un chef et surtout de présenter un programme cohérent offrant une alternance crédible.
Et voici maintenant que, chaque matin, la presse révèle au grand public ou plutôt lui confirme qu’« ils » sont bel et bien « tous pourris », qu’ils magouillent à-qui-mieux-mieux, qu’ils tapent dans la caisse en bandes organisées, qu’ils écoutent aux portes, qu’ils mentent sans vergogne comme des arracheurs de dents, en nous regardant les yeux dans les yeux. C’est truands contre escrocs, voyous contre canailles.
Ce quinquennat qui a suivi un quinquennat marqué déjà par d’innombrables affaires louches, véreuses ou étouffées, qui été précédé par l’affaire DSK et qui a commencé avec l’affaire Cahuzac devrait, s’il y avait une justice dans ce pays, se terminer par une gigantesque rafle qui remplierait d’un coup la Santé et Fleury-Mérogis.
Alors il est évident que, dimanche prochain, pour peu qu’il fasse beau, quelques millions d’électeurs iront, avec ou sans permis, pêcher à la ligne ou même chasser les papillons. Tout plutôt que donner sa voix à ces braillards sans foi ni loi.
On attend, bien sûr, avec curiosité les résultats de Paris et de Marseille pour savoir jusqu’à quel point NKM, avec la complicité efficace de ses « meilleurs amis », aura pu rater sa campagne et si Gaudin aura réussi à sauver sa vieille peau. Mais il sera aussi intéressant d’observer le scrutin de Grenoble dont on a bien peu parlé. Sur la liste UMP on trouve, en effet, le nom d’un certain… Alain Carignon.
Toute honte bue, cet ancien maire de la ville (de 1983 à 1995), ancien ministre de l’Environnement de Chirac (de 1986 à 1988) et de la Communication de Balladur (de 1993 à 1994) a le culot de se présenter alors qu’il a fait 29 mois de prison, après avoir été condamné à 5 ans dont 4 ans ferme, pour, excusez du peu, « corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins »
Certains diront qu’« il a payé ». Mais c’est le cas de la plupart des truands qui ont passé quelques années derrière les barreaux. Tous les anciens tôlards ont « payé ». Cela leur donne-t-il la moindre légitimité pour revendiquer les suffrages de leurs concitoyens ?
Cette présence de Carignon sur la liste UMP de Grenoble prouve à l’évidence l’inconscience de notre personnel politique qui n’a toujours rien compris à l’écoeurement des Français. Elle démontre aussi à quel point la faune politique méprise et la morale et les électeurs.
Tant que les partis politiques nous ressortiront de tels personnages, les électeurs auront parfaitement le droit d’aller pêcher à la ligne, et même de voter Front National. Et il faudra que l’Académie « des Sciences morales et politiques » change de nom…

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