Cela s’appelle « cracher dans la soupe ». Cela ne se fait pas. Même si on est ministre, même si on est socialiste et même si on est ministre socialiste.
Il parait que François Hollande passe son week-end à réfléchir pour savoir quels sont les ministres qu’il va pouvoir virer du gouvernement pour nous faire croire qu’il a entendu « le message » (sous forme d’une claque retentissante) que nous lui avons adressé lors de ces municipales et qu’il est bien décidé à repartir du bon pied vers des lendemains enchanteurs, lui qui prétendait –on l’a oublié- « ré-enchanter le rêve français ».
On l’a dit et répété, ici et ailleurs, les Français n’exigent pas un remaniement ministériel. Ils s’en moquent totalement. Ce dont ils rêvent c’est de se débarrasser de Hollande lui-même qui, en deux ans, a fait toutes les preuves de son incompétence et de son sectarisme d’une autre époque. Mais ce qu’ils veulent à minima c’est que Hollande change lui-même et, par la même occasion change de politique. Les Français veulent que « le changement » soit « maintenant », pour reprendre un slogan qui avait eu son petit succès il y a quelque temps.
Mais ils ne se font pas d’illusions. Avec les socialistes, on ne change ni un général qui perd toutes les batailles et est rejeté par 70% des Français ni une politique qui fait augmenter le chômage et accroitre tous les déficits, tout en divisant le pays.
Donc Hollande va essayer de nous distraire avec ce remaniement « à la con » qui va occuper les commentateurs pendant trente-six ou quarante-huit heures et il cherche qui sacrifier sur l’autel de la démagogie. En fait, vu le niveau de son gouvernement et le nombre d’inconnus qui sillonnent Paris dans des voitures officielles à cocarde, il a l’embarras du choix.
Mais il y en a une qu’il fait virer impérativement immédiatement, et avant même tout remaniement. C’est Nicole Bricq.
Personne ne la connait. Ancienne députée de Seine-et-Marne -elle avait battu Jean-François Copé dans une triangulaire- puis sénatrice de Seine-et-Marne -elle avait été battue par Copé- elle avait été nommée ministre de l’Ecologie dans le premier gouvernement Ayrault. Elle n’y était restée qu’un mois. L’idiote avait, en effet, suspendu les autorisations de forage d’hydrocarbure au large de la Guyane. Laurence Parisot et Christophe de Margerie avaient immédiatement obtenu sa tête. On l’avait alors recasée au Commerce extérieur.
Depuis plus personne n’avait jamais entendu parler d’elle, au point qu’on n’évoquait même pas son nom à chaque fois qu’on apprenait que notre balance du commerce extérieur devenait de plus ne plus catastrophique.
A-t-elle voulu faire un coup d’éclat pour rappeler son existence à la veille du remaniement ? C’est bien possible. Toujours est-il qu’elle a cru de bon ton de déclarer, en sortant du grand dîner officiel offert à l’Elysée au président chinois que « la bouffe était dégueulasse ».
Stupéfiant, honteux, inadmissible, on a le choix des mots.
Que Nicole Bricq n’ait pas apprécié « la gourmandise de foie gras truffé » accompagnée d’un Château Yquem 1997 (220 € la bouteille), « la volaille landaise rôtie avec sa viennoise de champignons et son moelleux de pommes de terre forestière », accompagnée d’un Château Laffitte Rothschild 1999 (460€ la bouteille), le plateau de fromages et « la nuance chocolat et caramel, glace acidulée » est une chose. Mais de là à dire que cette « bouffe » était « dégueulasse », il y a un gigantesque pas qu’elle n’aurait évidemment jamais dû franchir
Qu’un membre du gouvernement de la République française utilise ce vocabulaire ordurier est impardonnable. Qu’il se permette de critiquer publiquement la cuisine française qui fait partie de nos valeurs les plus sûres à l’étranger et qui lui a été servie par l’un de nos meilleurs chefs et à l’une des plus prestigieuses de nos tables est intolérable.
Certains diront qu’il s’agit d’un « couac » et que ce gouvernement nous y a habitués. Mais c’est plus qu’un couac. C’est une énorme connerie, ridicule, méprisable, grotesque. Ces socialistes qui, pour faire les malins, tordent le nez sur le Château Yquem et le Château Laffitte Rothschild deviennent insupportables.
Allez, virez-nous tous ces jean-foutre !