Archives par moismars 2014



Non, Valls ne sauvera pas Hollande !

 Battu, défait, vaincu, ratatiné, écrabouillé, ridiculisé par ces municipales, François Hollande voudrait tenter « quelque chose » -et éventuellement n’importe quoi- pour essayer de reprendre pied. A force de s’enfoncer dans les sondages et les sables mouvants de ses incohérences, le bonhomme se noie et s’agite dans tous les sens comme un pauvre diable.
Après une telle défaite, un vrai démocrate (comme il n’y en a plus guère, il est vrai) aurait, évidemment, ou démissionné, à la manière de de Gaulle, en 1969, le soir même de son échec au référendum, ou, au moins, prononcé la dissolution de l’Assemblée, ce qu’avait fait Chirac en 1997, devant la crise de régime provoquée par les maladresses de Juppé.
Mais Hollande préfère s’accrocher et faire mine de croire que la gigantesque claque que viennent de lui administrer les Français s’adressait, en fait, plus à Jean-Marc Ayrault et à certains de ses ministres qu’à lui-même. Alors qu’en ce début de « printemps français », les électeurs, en déposant leur bulletin dans l’urne, lui ont crié un « Dégage ! » tonitruant, il répond à leur colère en changeant de Premier ministre et en remaniant son gouvernement. C’est, bien sûr, dérisoire et pitoyable.
En nommant Manuel Valls, c’est-à-dire son contraire et son ennemi programmé, à Matignon, Hollande fait un peu penser à Pompidou nommant Chaban, en 1969, ou à Mitterrand nommant Rocard, en 1988.
En 1969, les Gaullistes reprochaient au nouveau président de n’avoir pas été résistant pendant la guerre et, plus encore, d’avoir trahi de Gaulle avec son fameux « appel de Rome ». Pour les faire taire, Pompidou avait donc appelé un Compagnon de la Libération pur jus, Chaban. En 1988, réélu mais contesté, Mitterrand avait appelé celui qui le contestait le plus, Rocard. Dans un cas comme dans l’autre, les choses s’étaient très mal terminées pour ces deux Premiers ministres que leur séjour à Matignon avait définitivement mis hors-jeu. Pompidou et Mitterrand étaient des malins ; ce n’est pas le cas de Hollande, de toute évidence.
Hollande veut croire que, par leurs votes, les Français lui ont demandé de donner un « coup de barre » à droite. Il leur offre donc ce qu’il a de mieux dans le genre. Il pense ainsi les calmer tout en rêvant, bien sûr, de tuer à tout jamais ce petit ambitieux qui se voit déjà candidat en 2017.
Il est évident que Valls à Matignon va, effectivement et très rapidement, voir sa cote insolente de popularité s’effondrer et perdre ainsi toutes ses chances pour 2017, même s’il tente de mener la vie dure à son président. Dans deux mois, ce sera d’ailleurs lui qui apparaitra comme le responsable officiel de la nouvelle déculottée que la gauche va prendre lors des élections européennes. Valls sera carbonisé dans les deux mois.
Mais Valls ne sauvera pas Hollande pour autant. Sous la Vème République, et, a fortiori, depuis l’instauration du quinquennat, l’homme de Matignon n’est qu’un second couteau et, quoi qu’on dise et quoi qu’il fasse, le président est seul sur le devant de la scène, avec les mains dans le cambouis.
Il y a bien longtemps que tout le monde a oublié l’article 20 de la Constitution : « Le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation ».
Ce soir, Hollande nous a d’ailleurs rappelé que c’était lui, et lui seul, qui « déterminait » la politique de la Nation en nous répétant qu’il allait mettre en œuvre « son » Pacte de responsabilité (auquel plus personne ne comprend plus rien) et en ajoutant qu’il y aurait désormais, aussi et en même temps, un autre pacte, le Pacte de solidarité dont il n’a d’ailleurs pas précisé le contenu. De pacte en pacte, le président continue à se bercer d’illusions et à nous raconter des balivernes.
La nomination de Valls va sans doute nous débarrasser de Cécile Duflot et on veut croire que Christiane Taubira avec laquelle le nouveau Premier ministre entretient des relations exécrables sera si ce n’est renvoyée dans sa Guyane natale du moins reléguée dans le magasin des accessoires inutiles, voire nuisibles.
Mais on peut craindre le pire puisqu’il parait que Ségolène Royal fera une entrée triomphale dans le gouvernement et qu’Arnaud Montebourg, Benoit Hamon et Najat Vallaud-Belkacem auront de l’avancement. Le « coup de barre » à droite risque donc de se réduire à un nouveau grand écart totalement incohérent.
On nous dit que Hollande veut ménager sa majorité parlementaire. Qu’il n’ait aucune inquiétude. Il n’a rien à craindre. Les députés, de droite comme de gauche, sont, par définition, des godillots. Même ceux qui osent émettre certaines réserves dans leur circonscription devant leurs électeurs furieux, voteront comme un seul homme la confiance à n’importe quel gouvernement, les pactes les plus farfelus et les volte-face à répétition qu’on leur présentera.
Ce qui compte aujourd’hui ce n’est ni ce nouveau Premier ministre, ni ce gouvernement qu’on va nous sortir demain, ni les états d’âme de cette majorité. C’est de savoir si le président de la République va enfin décider d’abandonner ses lubies, son sectarisme, sa médiocrité pour devenir un homme d’Etat.
Mais qui peut croire un seul instant que, même après avoir reçu une telle raclée, Hollande puisse soudain se métamorphoser ainsi ?

31 Mar 2014 | Comments (12)

Les zigzags du funambule

Personne n’a pu être surpris par cette soirée du second tour des municipales. Comme prévu, les socialistes ont pris la déculottée qu’ils méritaient ; du coup, comme prévu et selon la fameuse règle des vases communicants, la droite a remporté, sans aucun mérite, un grand nombre de villes et notamment celles qu’elle avait perdues la dernière fois ; et, comme prévu, le Front National a gagné une dizaine de mairies. Enfin, comme prévu aussi, Gaudin a gardé Marseille et Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas gagné Paris.
Il est inutile de s’appesantir sur la défaite des uns et les victoires des autres. Cela fait des mois –en fait depuis le lendemain même du jour où ils les avaient élus- que les Français rejettent, avec une violence souvent inouïe, Hollande et ses amis qui se sont montrés, dès le premier jour, totalement incapables de tenir la moindre de leurs promesses et de faire face à la situation de plus en plus dramatique du pays. Sans rien faire d’autre que de se déchirer, la droite ne pouvait que bénéficier de ce rejet. Et il était évident que Marine Le Pen ne pouvait, elle, que ramasser les miettes de cette crise politique gravissime.
Ce scrutin, le premier depuis la présidentielle, ne fait que confirmer, en grandeur réelle, tous les sondages qui se sont accumulés ces vingt derniers mois.
Le chiffre le plus éloquent et le plus grave est ailleurs. C’est celui de l’abstentionnisme qui bat tous les records de la Vème République et qui prouve, à l’évidence, que les Français ne veulent plus entendre parler de cette faune politique, droite et gauche réunies, responsable, depuis des décennies, du déclin de la France. Ce sont ces abstentionnistes qu’il faudra bien qu’un jour la droite, le centre ou la gauche parviennent à récupérer. Faute de quoi la démocratie n’aura plus de sens dans ce pays.
Mais, à très court terme, la question qui se pose, dans l’urgence, est de savoir ce que François Hollande va bien pouvoir faire pour continuer à présider pendant les trois ans qui lui restent encore en vertu d’institutions qui n’avaient pas imaginé qu’un chef de l’Etat puisse être rejeté à ce point par les citoyens.
A voir la tête que faisait Jean-Marc Ayrault, ce soir, en reconnaissant la défaite, on peut croire qu’il savait son sort scellé. Selon son programme officiel révélé par l’Elysée, Hollande va maintenant recevoir Manuel Valls et Laurent Fabius. Est-ce pour nommer le premier à Matignon et le second à Bercy ? Peut-être.
A l’Elysée, on nous laisse entendre que le président veut retrouver « le peuple de gauche » qui lui a manqué. Mais le tout est de savoir si ce « peuple de gauche » existe encore. Depuis longtemps déjà, c’est le Front National qui est le premier parti des ouvriers, pour le peu qu’il en reste. Quant aux classes dites « moyennes », elles ont compris qu’elles étaient les premières victimes de la politique socialiste d’aujourd’hui. Ne subsistent, sans doute et encore, que les « bobos » des grandes villes ce qui explique évidemment le succès d’Anne Hidalgo.
En fait, nous avons maintenant un président « de gauche », élu parce que les Français ne voulaient plus d’un président de droite qui s’était trop droitisé, et qui, après des mois de sectarisme et d’échecs, a lui-même annoncé qu’il avait viré vers la social-démocratie et qui cherche aujourd’hui à retrouver un électorat… qui a disparu depuis belle lurette.
L’inexistence de Mélenchon et de ses candidats démontre jusqu’à l’absurde qu’un « coup de barre à gauche », comme certains le suggèrent au PS, serait voué à l’échec. Sans parler des conséquences catastrophiques qu’aurait immédiatement un tel virage.
Un « coup de barre à droite », comme la nomination de Valls pourrait le symboliser, provoquerait, bien sûr, l’éclatement de la majorité déjà chancelante, avec une insurrection des Ecolos et des amis de Martine Aubry qui s’imaginent encore que la lutte des classes pourrait réveiller les foules.
Hollande aime zigzaguer mais, sur son fil de funambule, au moindre pas à gauche ou à droite, il tombe. Mais il est vrai que son pouvoir, pour ne pas dire sa légitimité, ne tient même plus à un fil…

31 Mar 2014 | Comments (13)

Virez Bricq immédiatement !

 Cela s’appelle « cracher dans la soupe ». Cela ne se fait pas. Même si on est ministre, même si on est socialiste et même si on est ministre socialiste.
Il parait que François Hollande passe son week-end à réfléchir pour savoir quels sont les ministres qu’il va pouvoir virer du gouvernement pour nous faire croire qu’il a entendu « le message » (sous forme d’une claque retentissante) que nous lui avons adressé lors de ces municipales et qu’il est bien décidé à repartir du bon pied vers des lendemains enchanteurs, lui qui prétendait –on l’a oublié- « ré-enchanter le rêve français ».
On l’a dit et répété, ici et ailleurs, les Français n’exigent pas un remaniement ministériel. Ils s’en moquent totalement. Ce dont ils rêvent c’est de se débarrasser de Hollande lui-même qui, en deux ans, a fait toutes les preuves de son incompétence et de son sectarisme d’une autre époque. Mais ce qu’ils veulent à minima c’est que Hollande change lui-même et, par la même occasion change de politique. Les Français veulent que « le changement » soit « maintenant », pour reprendre un slogan qui avait eu son petit succès il y a quelque temps.
Mais ils ne se font pas d’illusions. Avec les socialistes, on ne change ni un général qui perd toutes les batailles et est rejeté par 70% des Français ni une politique qui fait augmenter le chômage et accroitre tous les déficits, tout en divisant le pays.
Donc Hollande va essayer de nous distraire avec ce remaniement « à la con » qui va occuper les commentateurs pendant trente-six ou quarante-huit heures et il cherche qui sacrifier sur l’autel de la démagogie. En fait, vu le niveau de son gouvernement et le nombre d’inconnus qui sillonnent Paris dans des voitures officielles à cocarde, il a l’embarras du choix.
Mais il y en a une qu’il fait virer impérativement immédiatement, et avant même tout remaniement. C’est Nicole Bricq.
Personne ne la connait. Ancienne députée de Seine-et-Marne -elle avait battu Jean-François Copé dans une triangulaire- puis sénatrice de Seine-et-Marne -elle avait été battue par Copé- elle avait été nommée ministre de l’Ecologie dans le premier gouvernement Ayrault. Elle n’y était restée qu’un mois. L’idiote avait, en effet, suspendu les autorisations de forage d’hydrocarbure au large de la Guyane. Laurence Parisot et Christophe de Margerie avaient immédiatement obtenu sa tête. On l’avait alors recasée au Commerce extérieur.
Depuis plus personne n’avait jamais entendu parler d’elle, au point qu’on n’évoquait même pas son nom à chaque fois qu’on apprenait que notre balance du commerce extérieur devenait de plus ne plus catastrophique.
A-t-elle voulu faire un coup d’éclat pour rappeler son existence à la veille du remaniement ? C’est bien possible. Toujours est-il qu’elle a cru de bon ton de déclarer, en sortant du grand dîner officiel offert à l’Elysée au président chinois que « la bouffe était dégueulasse ».
Stupéfiant, honteux, inadmissible, on a le choix des mots.
Que Nicole Bricq n’ait pas apprécié « la gourmandise de foie gras truffé » accompagnée d’un Château Yquem 1997 (220 € la bouteille), « la volaille landaise rôtie avec sa viennoise de champignons et son moelleux de pommes de terre forestière », accompagnée d’un Château Laffitte Rothschild 1999 (460€ la bouteille), le plateau de fromages et « la nuance chocolat et caramel, glace acidulée » est une chose. Mais de là à dire que cette « bouffe » était « dégueulasse », il y a un gigantesque pas qu’elle n’aurait évidemment jamais dû franchir
Qu’un membre du gouvernement de la République française utilise ce vocabulaire ordurier est impardonnable. Qu’il se permette de critiquer publiquement la cuisine française qui fait partie de nos valeurs les plus sûres à l’étranger et qui lui a été servie par l’un de nos meilleurs chefs et à l’une des plus prestigieuses de nos tables est intolérable.
Certains diront qu’il s’agit d’un « couac » et que ce gouvernement nous y a habitués. Mais c’est plus qu’un couac. C’est une énorme connerie, ridicule, méprisable, grotesque. Ces socialistes qui, pour faire les malins, tordent le nez sur le Château Yquem et le Château Laffitte Rothschild deviennent insupportables.
Allez, virez-nous tous ces jean-foutre !

29 Mar 2014 | Comments (10)

Le sommet de la « ridiculitude »

Ceux qui prétendent « savoir » sous prétexte qu’ils seraient dans le secret des Dieux et dans les petits papiers du prince sont formels : Ségolène Royal va faire son entrée dans le gouvernement. Ils précisent même que la madone de la « bravitude » aura un gigantesque ministère regroupant l’Education Nationale, la Jeunesse, les Sports, la Petite enfance et même l’Adolescence, voire la Puberté.
Personne ne sait encore si Jean-Marc Ayrault va sauter et sera remplacé par Valls, Sapin ou un autre, si Christiane Taubira passera de la Justice à la Culture ou si Cécile Duflot aura de l’avancement, mais il parait que l’arrivée de la mère des quatre enfants du président de la République est « actée ».
C’est fou ! Hollande se rend-il compte de ce qu’il fait ? Méprise-t-il les Français au point de croire qu’il peut tout se permettre et tout leur imposer ? Se prend-il pour un souverain absolu, un dictateur ou un roi nègre, une réincarnation de Louis XIV, de Ceausescu ou de Bokassa ? Imagine-t-il une seule seconde la stupéfaction puis les éclats de rire du monde entier quand le secrétaire général de la présidence annoncera, sur le perron de l’Elysée, la nomination de l’ancienne compagne du chef de l’Etat ?
Ségolène Royal au gouvernement, Anne Hidalgo à la mairie de Paris, on finit par s’attendrir sur le sort de Valérie Trierweiler qui n’a toujours pas eu le moindre fromage ni la moindre ambassade et on se demande ce que le potentat va offrir à Julie Gayet. Il est vrai que Mitterrand avait bien nommé Edith Cresson à Matignon.
Dans « l’entourage », on nous dit que Ségolène Royal est « incontournable », que les Français l’adorent, qu’elle symbolise le renouveau, la fraicheur, qu’elle a parfaitement réussi comme présidente de la région Poitou-Charentes. Qu’elle ait été battue à la présidentielle de 2005, battue lors des législatives de 2012 à La Rochelle et que cette reine du Chabichou se soit maintes fois ridiculisée avec des propositions farfelues et des sorties stupéfiantes n’aurait aucune importance. C’est le choix du monarque.
En principe, ce remaniement ministériel devrait démontrer que le chef de l’Etat a « entendu » la colère des Français et qu’il tire immédiatement la leçon que cette claque retentissante des municipales vient de lui donner. Le taux d’abstention, les victoires de l’UMP et la montée du Front National prouvent qu’après deux ans de pouvoir socialiste marqués par une accumulation d’échecs plus cuisants les uns que les autres et une série de couacs, de bafouillages et de volte-face, le peuple de gauche a déserté et que le peuple de droite s’est radicalisé.
En constatant cette évidence, le capitaine de pédalo devrait évidemment donner un coup de barre. Il a le choix. Soit à droite, soit à gauche.
A droite, il nommerait Valls Premier ministre. Mais il ferait alors éclater sa pseudo majorité, les Ecolo claqueraient la porte, la gauche de la gauche monterait aux rideaux. Et surtout il mettrait superbement en selle le pire de ses adversaires, celui qui se voit déjà à l’Elysée en 2017. Si ce n’est qu’il pourrait aussi se dire que nommer son ennemi à Matignon serait le meilleur moyen de le tuer définitivement. C’est ce qu’avait fait Mitterrand en nommant Rocard.
Un coup de barre à gauche, ce serait abandonner la posture de la social-démocratie, renoncer plus ou moins au fameux Pacte de responsabilité et se lancer dans l’aventure, sans pour autant reconquérir l’opinion.
Le connaissant comme on le connait, il est vraisemblable qu’il ne donnera aucun coup de barre et qu’il continuera à se laisser couler dans la tempête. Et avec lui le pays. Bafouillage et cafouillage restent ses deux mamelles.
Ressortir Ségolène-la-bravitude de la naphtaline est peut-être la seule idée qu’il ait eue. Un gadget pour amuser la galerie et faire jaser les commentateurs. Quitte à se rendre grotesque, comme un gamin qui prend son scooter pour rejoindre sa poule.
On veut croire que les Français auront encore assez le sens du ridicule pour s’insurger contre une telle pantalonnade vaudevillesque et qu’ils sauront y répliquer dès les élections européennes.
On veut surtout espérer que François Hollande sera assez lucide pour changer d’avis au cours du week-end même si aucun de ses conseillers n’osera, bien sûr, lui faire remarquer la « ridiculitude » insupportable de cette idée.

28 Mar 2014 | Comments (12)

Le sourd qui prétend entendre et ne veut pas écouter

François Hollande affirme qu’il a « entendu » le message que lui ont adressé les Français lors de ce premier tour des municipales. Il faut dire que ce message était très clair et même tonitruant. Les Français ne veulent plus de lui, de son gouvernement, de sa politique, de ce socialisme d’une autre époque qui s’imagine que, pour lutter contre le chômage, il suffit de créer des emplois aidés et que, si on soulage un peu les entreprises du poids faramineux des charges qui les paralysent, il faut exiger de leur part des contreparties impossibles. Les Français ne veulent plus de cette idéologie délirante qui voudrait qu’on détruise la famille, l’école, la société pour créer un monde nouveau.
En s’abstenant ou en votant UMP, voire Front National, les Français ont poussé un gigantesque cri de colère à la fois contre l’absence de cap de ce pouvoir incompétent, contre cette politique qui fait encore monter les chiffres du chômage, contre ce sectarisme qui fait marier les homosexuels, contre ces deux années totalement perdues qui ont accéléré la dégringolade du pays, contre tout. Lors de ces municipales, les Français n’ont pas choisi leurs maires ; ils ont hurlé leur immense ras-le-bol et ont rejoint qui les militants de la manif pour tous, qui les bonnets rouges, qui les pigeons, en fait l’immense foule de tous les mécontents qui deviennent furieux.
Mais « entendre » la rumeur n’est pas « écouter » la colère. Il va sans doute y avoir un remaniement ministériel. Hollande va, peut-être, remplacer Jean-Marc Ayrault par un autre de ses hommes de main et jouer, sans doute, aux chaises musicales autour de la table du Conseil des ministres, histoire d’amuser la galerie, de tromper son monde et de permettre aux commentateurs de bavasser pendant quarante-huit heures. Mais ce n’est pas ce que les Français exigent aujourd’hui.
Or, Hollande a bien précisé qu’il n’était pas question pour lui de « changer de cap » alors pourtant qu’on reproche précisément au capitaine de pédalo de ne pas avoir de cap. Peut-être, laisse-t-on entendre à l’Elysée, « quelques petits aménagements », « quelques inflexions », mais rien de plus. On a souvent dit que cet ancien premier secrétaire du PS ressemblait comme deux gouttes d’eau à Guy Mollet. Il faut donc, une fois de plus, rappeler la seule phrase de Mollet qui est restée dans l’histoire : « Ce n’est pas parce que notre politique est mauvaise que nous allons en changer ». Hollande signe et persiste. Rien n’y fait. Ni cette déculottée des municipales, ni ces derniers chiffres encore catastrophiques du chômage, ni le sourire méprisant du président chinois en visite en France. Il va continuer comme si de rien n’était. Il n’a rien compris.
Il est persuadé que son pseudo virage à la social-démocratie, voire au social-libéralisme va finir par porter ses fruits et séduire les Français. Mais il ne veut pas voir que son Pacte de responsabilité qu’il nous présente comme « la » solution miracle n’est que de la poudre aux yeux, de la poudre de perlimpinpin et que les Français ne sont pas dupes de cette nouvelle usine à gaz.
Cela dit, que pourrait-il faire d’autre que de continuer à avancer tête baissée, les yeux fermés et les oreilles bouchées sur son fil de funambule au-dessus du précipice ? Reconnaitre qu’il nous avait raconté n’importe quoi pour se faire élire, qu’il a désespérément pataugé depuis deux ans en accumulant erreur sur erreur et que le socialisme, à quelle que sauce qu’on le mette, n’est sûrement pas la solution ? Ce serait déjà une bonne idée. A condition qu’il continue en nous annonçant qu’il est passé du social-libéralisme au… libéralisme-social.
Hélas, Hollande n’est pas seulement sourd et aveugle il est aussi entêté comme une mule et comme le sont tous les idéologues.

27 Mar 2014 | Comments (5)

Du pili-pili dans de la ragougnasse

On nous dit que François Hollande va, dès le début de la semaine prochaine et après avoir analysé en détail sa déroute des municipales, repartir à l’assaut de l’opinion publique. Il préparerait une grande intervention à la télévision au cours de laquelle il nous annoncerait un vaste remaniement ministériel tout en nous présentant, point par point et sous son meilleur jour, son fameux Pacte de responsabilité.
On ne peut pas reprocher au président de la République de se débattre comme un vilain diablotin qui se noie et de tout essayer pour refaire surface. Mais il est bien dommage qu’entre ses activités professionnelles et sa vie privée le chef de l’Etat n’ait pas pris le temps de parcourir un peu tous les rapports que lui ont adressés les préfets et même la presse, voire aussi –pourquoi pas ?-ce modeste blog et les commentaires de ses amis.
Il y aurait appris, d’abord, que chaque fois qu’il est apparu à la télévision, depuis son élection à l’Elysée, il a, à tous les coups, perdu des points dans tous les sondages. Il ne « passe » pas bien sur le petit écran. Ce mélange de pépère tranquille et sûr de lui, rad.-soc de la IIIème République, et d’idéologue sectaire de la SFIO de la IVème nous est devenu totalement insupportable. Non seulement il n’est plus crédible depuis longtemps mais, avec ses éternelles promesses de lendemains qui chanteront, il est devenu carrément ridicule.
Il aurait, ensuite, appris que c’est à lui, et à lui seul, que les Français ont voulu donner une claque retentissante lors de ces élections municipales. La Vème République est ainsi faite que c’est le président qui est l’unique responsable et donc l’unique coupable de tous les malheurs du pays. Sarkozy avait raison de traiter son Premier ministre de simple « collaborateur ».
Les remaniements ministériels n’ont d’ailleurs jamais redonné le moindre souffle à aucun président. Souvenons-nous, quand Giscard a remplacé Chirac par Barre, quand Mitterrand a remplacé Mauroy par Fabius, ou Rocard par Cresson puis Cresson par Bérégovoy ou quand Chirac a remplacé Raffarin par Villepin, aucun d’entre eux n’y a gagné grand-chose. Et même quand, avec la nomination de Fabius, il s’est agi d’un véritable changement de politique. Tous les cuisiniers vous le diront, ce n’est pas parce qu’on met du pili-pili dans de la ragougnasse et qu’on touille un peu que le plat devient plus appétissant.
Que Hollande nomme Valls, Sapin, Le Drian ou un autre sorti de son chapeau à Matignon ce sera toujours lui qui sera à l’Elysée et c’est ce dont les Français ne veulent plus. La ragougnasse aura le même goût…
Enfin, le président devrait comprendre, depuis le temps que nous le lui répétons, que personne ne croit un seul instant en son Pacte de responsabilité. Cette usine à gaz est doublement absurde puisqu’il s’agit, d’une part, de baisser les charges des entreprises alors qu’il faut trouver 50 milliards d’euros d’économies et, d’autre part, de troquer ces allégements de charges avec des « contreparties » –un ou deux millions d’embauches- pour lesquelles les patrons ne peuvent évidemment pas s’engager avant que l’économie n’ait réellement redémarré. Hollande se mord la queue !
Hollande espérait visiblement sauver le peu de meubles qui lui restait avec le « Front républicain ». Il s’imaginait, bien naïvement, qu’au milieu de la débandade générale ses troupes seraient sauvées par les électeurs de droite qui oublieraient le bilan de ces deux années catastrophiques de socialisme pour faire face au « péril fasciste ». Ca n’a visiblement pas marché.
« L’union sacrée » ne se fait plus contre le Front National. D’abord, parce que « l’épouvantail » ne fait plus peur à personne. Ensuite, parce que, même si la presse n’a parlé que des quelques succès des amis de Marine Le Pen, la vague « bleue marine » est encore loin de submerger les 36.000 communes de France.
Si « union sacrée » il y a, elle se fait désormais contre Hollande et le socialisme. Il va être diablement intéressant d’observer les reports des voix des électeurs de gauche pour ce second tour. Choisiront-ils l’abstention, l’UMP ou le FN ?

26 Mar 2014 | Comments (7)

Un remaniement totalement inutile

On ne sait plus quel terme employer. Les gens « bien élevés » évoquent un « sérieux avertissement », voire une « cuisante défaite », parfois même une « Berezina ». Les autres parlent d’une « claque retentissante », d’une « épouvantable correction», d’une « formidable dégelée ». Quoi qu’il en soit, depuis ce premier tour des municipales qui était le premier scrutin depuis son élection à l’Elysée, François Hollande, après avoir été KO debout, puis à genoux, est maintenant groggy, allongé sur le dos, les bras en croix, au milieu du ring. Et son drame est de savoir que le coup de gong libérateur ne retentira que dans trois ans. « Putain encore trois ans » murmure-t-il entre ses lèvres tuméfiées.
Evidemment, ce poids plume amateur a eu tort de vouloir boxer chez les poids lourds professionnels. Il ne pouvait qu’en prendre que « plein la gueule ».
Désespéré, totalement perdu et complètement affolé, il est rentré précipitamment d’un G7 (où il ne comptait d’ailleurs que « pour beurre ») afin d’envisager avec ses derniers fidèles ce qu’il pourrait bien faire pour se remettre debout sur ses petites pattes flageolantes.
Comme il ne veut ni démissionner (ce qui serait pourtant une bonne idée car la place n’est plus si bonne que ça) ni dissoudre l’Assemblée (ce qui provoquerait une nouvelle Berezina) il ne lui reste plus qu’à… remanier, c’est-à-dire virer une très bonne moitié de son gouvernement de branquignoles et remplacer Ayrault par Valls, Sapin ou un autre. C’est du moins ce que lui conseillent… Valls, Sapin et quelques autres car, l’espèce humaine étant ce qu’elle est, on trouve toujours des ambitieux prêts à jouer les kamikazes pour entrer dans l’histoire, ne serait-ce que par la petite porte.
Le problème de ce roi tout nu n’est plus maintenant le chômage, la dette ou la dégringolade générale du pays mais de savoir s’il doit remanier avant ou après le second tour, avant ou après les Européennes. Faut-il tenter de sauver les meubles en affirmant qu’on a entendu le message du brave peuple en colère et balancer immédiatement par la fenêtre tous ces paltoquets inutiles mais nuisibles ou vaut-il mieux les laisser cramer jusqu’au bout afin de ne pas carboniser la relève dès ses premiers pas avec de nouvelles dégelées ?
Mais tout cela est enfantin. Restons dans les comparaisons sportives. La politique n’est pas un sport d’équipe. Elle n’a rien à voir avec le rugby ou le football où, à la mi-temps, on peut changer un trois-quarts aile ou un avant-centre pour essayer d’inverser le mauvais score. La politique est un sport individuel. Le chef de l’Etat est, en effet, un boxeur seul au milieu du ring, parfois acculé dans le coin des cordes. Ou éventuellement un coureur de fond. En tous les cas, il est toujours seul, désespérément seul et ses copains, ses entraineurs, ses soigneurs, ses managers restent, par définition, dans les vestiaires.
Dimanche dernier, dans leurs isoloirs, les Français n’ont demandé ni la tête de Jean-Marc Ayrault, ni celles Marisol Touraine, de Michel Sapin ou de Jean-Yves Le Drian, ni même celles de Victorin Lurel, de Sylvia Pinel, de Valérie Fourneyron, de Thierry Repentin, de François Lamy ou d’Hélène Conway-Mouret dont ils ignorent totalement l’existence. Certes, que Hollande leur présente demain, au haut de quelques piques ruisselantes de sang, les têtes de Vincent Peillon, de Christiane Taubira, de Cécile Duflot ou d’Arnaud Montebourg leur ferait un petit plaisir, mais sans plus.
Dimanche dernier et dimanche prochain c’est à Hollande, et à lui seul, que les Français s’en sont pris et s’en prendront. Qu’ils aient voté UMP ou Front National, leurs bulletins voulaient dire très clairement… « Hollande dégage ! » C’est lui qui est plombé, rejeté, vitrifié, vomi. Pas ses sous-fifres ni ses lampistes.
Ce remaniement n’aura donc strictement aucune importance et ne fera pas remonté d’un point Hollande dans les sondages. Mais il est vrai que de ne pas remanier serait pire encore…

25 Mar 2014 | Comments (16)

La gauche s’abstient, la droite bascule

Les commentateurs en rajoutent toujours un peu, les soirs d’élections. A fortiori quand ils se sont lourdement trompés dans leurs pronostics. Tout en restant prudents, ils nous avaient annoncé une forte participation, -les Français voulant exprimer leur rage contre le pouvoir socialiste-, à Marseille, la défaite de Gaudin -qui commence à se faire vieux-, à Paris, la victoire d’Hidalgo -NKM ayant raté sa campagne- et une vraisemblable et nouvelle « percée » du Front National.
Or, l’abstention a battu tous les records historiques de la Vème République et même tous les records de l’histoire des municipales, Gaudin va être facilement réélu pour un quatrième mandat, NKM sera, sans doute, battue mais a obtenu plus de voix qu’Hidalgo et le FN n’a pas seulement réussi une « percée », il commence à s’imposer désormais très sérieusement dans la cour des grands.
Du coup, nos commentateurs sont stupéfaits et parlent d’un véritable « tsunami ». Or, tout était parfaitement prévisible.
Le taux d’abstention qui grimpe inexorablement, d’un scrutin à l’autre, prouve, une fois de plus et de plus en plus, que les Français sont totalement dégoûtés de tout le personnel politique, droite et gauche confondues. En principe, les municipales sont des élections de proximité. On se choisit un maire pour gérer au quotidien la commune. Cela n’a donc pas grand-chose à voir avec le combat politique national. Mais les électeurs ne veulent même plus entendre parler de leurs pseudos gestionnaires.
Les scrutins intérimaires sont toujours mauvais pour le pouvoir. Vu le rejet actuel du chef de l’Etat, du gouvernement et de la gauche en général, les résultats de ce premier vote depuis la présidentielle ne pouvaient qu’être catastrophiques pour eux. Et même si on ne peut pas dire que, dans son rôle d’opposant, la droite ait fait des merveilles depuis deux ans, elle aurait dû bénéficier mathématiquement, selon le vieux principe des vases communicants, du rejet des autres.
Seulement voilà, ce vieux principe ne fonctionne plus tout à fait comme par le passé. Il y a maintenant « un troisième vase » qui siphonne les deux autres, le parti de Marine Le Pen qui, n’ayant jamais été au pouvoir, recueille les voix de tous ceux que l’alternance des incapables a fini par écoeurer.
En simplifiant un peu les choses, on pourrait d’ailleurs dire que les abstentionnistes sont surtout des électeurs de gauche déçus, voire désespérés par leur propre camp et que les voix qui se portent sur le FN sont, pour l’essentiel, celles d’électeurs de droite tout aussi déçus et désespérés par leur camp.
On comprend aisément que ceux qui avaient voté pour François Hollande et qui s’étaient, bien naïvement, imaginé qu’avec lui ils allaient connaitre des lendemains radieux soient totalement écoeurés et préfèrent aller pêcher à la ligne, même par mauvais temps. On comprend tout aussi bien que les gens de droite qui avaient déjà, souvent, été échaudés par le quinquennat de Sarkozy n’aient pas tous retrouvé la foi devant le spectacle affligeant que leur ont imposé les duettistes maudits Fillon-Copé.
Si les déçus de gauche ne sont tentés ni par les amis de Cécile Duflot ni par ceux de Mélenchon et ne peuvent tout de même pas se renier au point de voter pour ceux de Marine Le Pen, les déçus de droite n’ont pas ces mêmes scrupules.
Cela dit, parler d’un « tsunami » qui chamboulerait le paysage politique français est évidemment absurde. Le FN va, peut-être, gagner trois ou quatre mairies et, sans doute, jouer (un peu) les arbitres dans quelques dizaines de seconds tours. Rien de plus. On est loin d’un tsunami ravageur.
L’important est de savoir si la gauche et la droite vont entendre cette leçon que les électeurs viennent de leur donner.
Hollande va-t-il répondre au désarroi des abstentionnistes en changeant de gouvernement et surtout de politique ? Les patrons de l’UMP vont-ils entendre le cri de rage lancé par leur clientèle en se choisissant un vrai chef (et Sarkozy s’impose, semble-t-il), en se mettant en ordre de bataille et en présentant, enfin, un programme alternatif et plausible ?
Les connaissant comme on les connait, on peut parier que leur aveuglement n’aura d’égale que leur surdité et qu’ils vont, les uns et les autres, continuer à aller allègrement, chacun de leur côté, droit dans le mur, forts de leurs certitudes d’avoir toujours raison.
Ils vont maintenant, les uns et les autres, attendre, l’arme au pied et la fleur au fusil, les Européennes. Puis ce seront les régionales et, en 2017, la présidentielle. La France continuera à dégringoler, les Français seront de plus en plus furieux et l’abstentionnisme et le FN engrangeront de plus en plus de voix jusqu’au jour où…
Où quoi d’ailleurs ? On ne sait pas…

24 Mar 2014 | Comments (12)

Quand Beuve-Méry se retourne dans sa tombe

Dans le concours de mauvaise foi qui a été ouvert il y a quelques jours à propos de toutes les affaires qui ont éclaté, comme par hasard, contre la droite à la veille des élections municipales, le journal Le Monde a de très fortes chances de l’emporter haut-la-main, même si certains estiment qu’il devrait être mis hors concours dans cette compétition depuis déjà longtemps, en tous les cas depuis le jour où il a applaudi à l’entrée des Khmers rouges dans Phnom Penh avant de se réjouir, peu après, du triomphe de l’ayatollah à Téhéran.
Que Hollande, Ayrault, Taubira, Valls et leurs petits copains se soient étranglés en lisant, dans Le Figaro, la prose de Sarkozy qui comparait les méthodes de basse police dont il est victime depuis des mois aux méthodes de la Stasi et les moeurs du régime actuel à celles des dictatures bananières n’est pas surprenant.
Ce n’est jamais agréable, surtout quand on joue les parangons de la morale, de se faire pincer à écouter aux portes comme de vulgaires petits malfrats. Certes, c’est là une vieille tradition des socialistes. On sait que Mitterrand se régalait, chaque matin, avec une curiosité malsaine, en lisant les comptes rendus des écoutes téléphoniques du tout Paris que faisait pour lui, en toute illégalité, sa police personnelle. On ne l’appelait pas « le Florentin » pour rien.
Mais rien ne prouve, jusqu’à présent, qu’il ait fait écouter son prédécesseur à l’Elysée, Giscard, ou ses adversaires pour la prochaine présidentielle, Chirac et Barre. Pour Mitterrand c’était simplement par vice et pour protéger sa (double) vie privée et l’existence cachée de sa fille adultérine. Sur ce plan là, il semble que Hollande n’ait plus grand chose à cacher.
Mais ce qui est plus surprenant c’est que l’ancien journal d’Hubert Beuve-Méry que certains veulent encore considérer comme un journal « de référence » entonne les mêmes cris d’orfraie que la gauche au pouvoir et se lance à corps perdu dans une défense de l’indéfendable, en reprochant à la victime indéniable d’être le coupable évident.
Pour démontrer que, dans sa diatribe contre ce régime fliqué, Nicolas Sarkozy est « quelque peu outrancier », Le Monde écrit froidement : « Il a utilisé un téléphone sous un faux nom depuis 2012 et son entourage a confirmé qu’il l’a fait car il se savait écouté sur son téléphone officiel. Difficile donc de croire qu’il n’était pas au courant, sinon du fait que sa seconde ligne, sous un faux nom, était elle aussi écoutée » (sic !)
Ainsi, selon Le Monde, Sarkozy serait doublement coupable. D’abord, d’avoir pris, sous un faux nom, un second téléphone portable sachant que le premier était sur écoutes, ensuite, de n’avoir pas imaginé que ce second téléphone était lui aussi sur écoutes.
Pas un mot pour s’étonner que « Moi-Président » qui nous avait juré ses grands dieux qu’avec lui nous aurions enfin une République au-dessus de tout soupçon en soit si vite arrivé à avoir recours aux méthodes de… la Stasi.
Cela faisait longtemps que Le Monde s’était discrédité. Cette fois, il se déshonore.
Beuve-Méry s’est sûrement retourné dans sa tombe. Mais il commence à en avoir l’habitude.

22 Mar 2014 | Comments (6)

Mais bien sûr que Sarkozy a raison !

Qu’on apprécie ou non Sarkozy et même qu’on l’ait détesté pendant cinq longues et interminables années, n’y change rien. On ne peut, aujourd’hui, que lui donner raison. Chacun a même envie de dire qu’à sa place il en aurait fait tout autant.
Depuis des mois, il est pourchassé, traqué, persécuté par la justice et donc, disons-le très clairement, car tout est là, par le pouvoir. Evoquer « l’indépendance des magistrats » quand il s’agit de faire tomber un ancien président de la République qui, de plus et surtout, représente aujourd’hui le seul véritable adversaire de l’actuel chef de l’Etat c’est, bien sûr, se moquer du monde.
Personne ne peut croire un seul instant que François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Christiane Taubira et Manuel Valls aient ignoré que de petits juges avaient mis Sarkozy sur écoutes.
Pire, personne ne peut croire un seul instant que ces petits juges se soient permis d’enfreindre la loi avec ces écoutes illégales et de les transmettre à la presse en violant ainsi les droits fondamentaux de tous les citoyens et le secret de l’instruction, sans en avoir reçu l’ordre de l’Elysée, sans doute par le truchement de la chancellerie et/ou de la place Beauvau.
On dira que Sarkozy est un citoyen « comme les autres », qu’il est, bien sûr, « présumé innocent » mais qu’il est parfaitement normal que les juges enquêtent sur les affaires Bettencourt, Karachi, Tapie, Kadhafi, etc., où son nom apparait à chaque page.
D’abord, Sarkozy n’est pas un citoyen « comme les autres », tout simplement –excusez du peu- parce qu’il a été le chef de l’Etat pendant cinq ans et qu’il sera, de toute évidence, l’adversaire de Hollande en 2017, deux particularités qui font de lui un citoyen, tout de même, un peu à part qu’on le veuille ou non.
Ensuite, s’il est « présumé innocent », comment se fait-il que la presse soit abreuvée à profusion d’informations faisant de lui une crapule, informations dont ne disposent, en fait et par définition, que les magistrats et leur hiérarchie. Ce ne sont pas les journalistes qui violent le secret de l’instruction mais ceux qui détiennent ce secret et le distillent savamment. Si Le Monde, le Canard enchainé ou Médiapart peuvent publier de telles informations c’est tout simplement parce que quelqu’un de très haut placé les leur a procurées.
Enfin, s’il est parfaitement normal que les juges enquêtent sur toutes ces affaires où apparait la silhouette de Sarkozy –qui est tout sauf au-dessus de tout soupçon- il ne faut pas oublier qu’il a obtenu un non-lieu dans l’affaire Bettencourt et il est plus que vraisemblable qu’il en obtiendra d’autres dans toutes les autres affaires car il est malin, le diable !
Nous sommes tous convaincus qu’il n’est pas « blanc-bleu » dans tous ces dossiers louches mais nous sommes tous convaincus, aussi, qu’il n’a jamais signé le moindre reçu ni à Takieddine, ni à Tapie, ni même à Kadhafi dont les témoignages seront d’ailleurs douteux si ce n’est impossibles à obtenir.
Hollande sait parfaitement que toutes ces affaires finiront en eau de boudin, avec des non-lieux. Il lui faut donc, en attendant, en profiter pour faire étaler au grand jour tous les soupçons qu’on peut avoir tout en sifflotant l’air de la calomnie.
Cela dit, le problème n’est plus de savoir si Sarkozy est un voyou, voire même une racaille. On le saura peut-être un jour. Aujourd’hui, le problème est de savoir s’il est admissible, dans une démocratie comme la France, que le pouvoir fasse suivre, écouter, espionner, enregistrer pendant des mois une personnalité quelle qu’elle soit par sa police… politique. Personnalité, précisons-le, qui n’est soupçonné ni d’assassinats multiples, ni de préparer des attentats terroristes ni même d’être au cœur d’un important trafic de drogue.
Par sa tribune de ce matin dans Le Figaro, Sarkozy a très habilement déplacé l’affaire. Ce n’est plus lui le présumé coupable de scandales politico-financiers qu’on traine dans la boue. C’est Hollande et lui il n’est pas seulement présumé. Il est accusé, preuves à l’appui, d’avoir instauré en France des mœurs qu’on croyait révolues et qui s’étaient surtout pratiquées de l’autre côté du Rideau de fer à la grande époque.
L’allusion à la Stasi est évidemment… percutante. Un peu excessive, diront certains. Nous ne sommes pas dans une dictature et, mis à part ses échecs économiques et son sectarisme idéologique, Hollande n’a rien à voir avec Honecker. Mais on sait qu’il a désormais sa police politique qui, comme la Stasi ou le KGB d’autrefois, espionne les opposants. C’est totalement inadmissible et Sarkozy a eu parfaitement raison de monter sur ses grands chevaux, de sonner la charge et de tirer à l’arme lourde.
La gauche aime donner des leçons d’économie, de civisme, de morale à tout le monde. Il est bon, quand elle commet l’intolérable, qu’elle en reçoive une et se fasse moucher.
Ce qui est scandaleux aujourd’hui ce n’est pas que l’ancien président ait comparé les méthodes du régime à celles de la Stasi, c’est que le régime ait adopté ces méthodes.
Et personne ne pourra reprocher à Sarkozy d’en avoir profité pour se rappeler au bon souvenir de tout le monde.

21 Mar 2014 | Comments (9)

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