Pour annoncer (et fustiger) la grande manifestation qui doit rassembler aujourd’hui à Paris et à Lyon ceux qui entendent s’opposer aux réformes « sociétales » du gouvernement, Le Monde d’hier titrait sur toute sa « une » : « Le réveil de la France réactionnaire ».
Certes, le mot « réactionnaire » peut parfois avoir une connotation péjorative dans la bouche de cet organe qui n’est plus « de référence » depuis quelques années. Mais pour le reste, le titre était assez exact.
Il s’agit bel et bien du « réveil » d’un certain nombre de Français qui, pendant des décennies, ont avalé couleuvre sur couleuvre sans piper et qu’on aurait pu croire résignés et agonisants. Cela fait plus de trente ans que droite et gauche leur affirment péremptoirement que la France n’existe plus, qu’elle n’a d’ailleurs plus de frontières, plus de monnaie et qu’il faut se soumettre aux diktats de Bruxelles et à ceux des agences de notation encore plus lointaines. Trente ans qu’on leur répète aussi qu’ils doivent avoir honte de leur passé de collaborateurs, de tortionnaires, de colonialistes, d’esclavagistes. Trente ans qu’ils voient le pays sombrer inexorablement dans le chômage, dans l’endettement, dans la précarisation, avec un ascenseur social qu’on appelait « la méritocratie » et qui faisait leur fierté et leur espoir, tombé en panne à tout jamais.
Abrutie par la propagande tyrannique de la pensée unique et du politiquement correct, cette France qu’on qualifie avec condescendance de « profonde » a tout accepté, se contentant de virer systématiquement, à chaque scrutin, tous ceux qu’elle avait élus en s’imaginant naïvement qu’ils avaient changé le temps d’une disgrâce.
Mais il y a eu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase à moins que ce ne soit l’étincelle qui va mettre le feu aux poudres. On le saura rapidement. Encore plus mauvais que ses prédécesseurs dans la gestion des grands dossiers (l’emploi, les comptes de la nation, les prélèvements exorbitants, la déliquescence de l’Etat, etc.) Hollande a voulu s’attaquer aux fondements de notre société pour distraire les Français de ses échecs en cascade et tenter de remobiliser son électorat qui se débandait.
En imposant le mariage des homosexuels, en tournant autour de la Procréation Médicalement Assistée et de la Gestation Pour Autrui, en flirtant avec la Théorie du genre, en banalisant davantage encore l’avortement, en voulant ouvrir le dossier de l’euthanasie (qu’on finira par écrire euthanazie), Hollande pensait se sauver. Il savait que l’opposition bafouillait sur tous ces sujets et n’oserait jamais prendre une position claire, de peur d’effaroucher les vierges folles des beaux quartiers parisiens. Sur ce plan-là, Hollande a eu raison. La droite n’a pas bronché.
Mais en s’attaquant bille en tête à la famille, à la vie, à la mort, Hollande franchissait une ligne rouge. La France « d’en bas », comme disait Raffarin, avait tout accepté, le déclin du pays sur le plan économique, social, culturel, son effacement sur le plan international, la suppression d’un bon nombre de libertés, la disparition des classes moyennes, tout, mais là c’en était trop.
Ces gens qui vont descendre dans la rue tout à l’heure sont-ils, comme le prétend Le Monde, des « réactionnaires » ? Sûrement au sens étymologique du mot. Ils réagissent à ce qui leur semble insupportable, inadmissible, intolérable. Mais le mot a pris depuis longtemps un tout autre sens. Etre réactionnaire c’est être un « vieux con », un fasciste, un abominable conservateur, un « réac » qui s’oppose au progrès et aux progressistes.
Se pose alors la question de fond qu’on oublie trop souvent. Qu’est-ce que « le progrès » aujourd’hui, en ce début de XXIème siècle en France ? Les progressistes à la sauce hollandaise nous disent que le progrès c’est le mariage des sodomites, les ventres des mères porteuses mis à l’encan, les usines d’avortements qui tournent à plein régime et l’assassinat sans pitié des incurables.
Est-ce vraiment être un individu nuisible à la société que d’imaginer un progrès tout différent où l’on respecterait (et aiderait) les couples (hétérosexuels), les mères de famille, la vie sous toutes ses formes. Pendant longtemps, le progrès c’était de faire reculer la maladie et la mort. Aujourd’hui, on nous dit qu’achever les grands malades serait un progrès…
Réagir à ces délires de politicards égarés qui, pour tenter de gagner les prochaines élections, sont prêts à tout faire sauter n’est pas forcément être un fasciste et Manuel Valls aurait tort, après avoir menacé ces gens, de lâcher contre eux sa police politique.
Le ministre de l’Intérieur parle de « risques de débordements » et « des valeurs de la République ». Mais ce sont ses amis qui ont débordé au-delà du tolérable en oubliant précisément les valeurs de la République…

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