François Hollande fait des progrès. Non seulement il vient de se débarrasser de l’odieuse Valérie Trierweiler, non seulement il vient de virer sa cuti et de devenir libéral ou presque, mais il a enfin compris que quand 200, 300 ou 400.000 Français descendaient dans la rue pour crier leur mécontentement contre tel ou tel projet, il valait mieux reculer sur la pointe des pieds et remettre ce projet dans sa poche avec son mouchoir par-dessus.
Personne donc ne reprochera au chef de l’Etat d’avoir, dès le lendemain de « la manif pour tous », renvoyé son projet de loi sur la famille aux calendes grecques. Personne si ce n’est, bien sûr, les électeurs de gauche les plus radicaux mais il semble qu’il y en ait de moins en moins.
En avalant son chapeau –et ce n’est pas la première fois- Hollande a fait preuve de lucidité. Pendant longtemps il avait cru que ses réformes « sociétales » lui permettraient de faire oublier tous ses échecs économiques et sociaux et de laisser croire à son électorat qu’il était toujours un socialiste pur et dur. Il s’imaginait en accordant aux homosexuels le droit de convoler en justes noces, qu’on lui pardonnerait la montée inexorable du chômage, l’aggravation accélérée des déficits, la déchéance dramatique des classes moyennes et l’augmentation épouvantable de la délinquance.
Il n’avait décidément rien compris aux Français, à croire vraiment que la rue Solferino où il a passé tant d’années est bel et bien un bunker totalement coupé des réalités du pays. S’il était un peu sorti en ville il aurait deviné que les Français sont désormais plus ou moins résignés devant l‘incompétence de leurs dirigeants à traiter les grands problèmes du pays mais qu’il y a une chose qu’ils ne tolèreront jamais –et à laquelle aucun de ses prédécesseurs n’avait jamais osé s’attaquer- c’est la remise en cause de leur civilisation, de leur culture, de leur vie quotidienne.
Voulant amuser le tapis et épater la galerie en faisant une petite gâterie aux lobbies homosexuels, Hollande s’en est, sans s’en rendre compte, pris à l’essentiel, au fondamental, au sacré.
Qu’il n’ait pas pu –pas mieux que ses prédécesseurs- inverser la courbe du chômage, qu’il ait dû finir par reconnaitre pitoyablement ce que tout le monde savait depuis toujours, à savoir que seules les entreprises pouvaient éventuellement créer des emplois, qu’il doive lamentablement supplier ses maitres bruxellois de lui accorder de nouveaux répits pour respecter leurs diktats n’était pas le plus grave.
Il a voulu s’attaquer aux lois éternelles de la nature, aux règles séculaires de notre vie, de notre société. Sous prétexte qu’il avait une majorité au Parlement, il a voulu, comme le pire des apprentis-sorciers maléfiques, Frankenstein aux petits pieds, créer une nouvelle race d’individus, en accouplant les gens du même sexe, en bricolant les règles de la procréation, en banalisant l’avortement, en abrégeant l’agonie des incurables. Preuve que, même en Corrèze, il n’était jamais entré dans une ferme ou n’avait jamais discuté, sur un marché, avec les braves gens.
Sa loi sur le mariage pour tous est passée à l’Assemblée et au Sénat et tous les bobos parisiens l’ont applaudie. Mais elle n’est pas passée dans l’opinion et pour un bon nombre de nos compatriotes Hollande restera à tout jamais comme « le président des pédés ».
Il a, hier, compris qu’il était allé beaucoup trop loin et il a capitulé en rase campagne. Il ne touchera plus à la Procréation Médicalement Assistée, ni à la Gestation Pour Autrui, ni à l’avortement, ni à l’euthanasie. Il a enterré dans un tiroir tous ses projets « sociétaux ».
On dira que la baudruche s’est, une nouvelle fois, dégonflée et que ce type n’est décidément pas digne d’être chef de l’Etat. C’est vrai. Mais ce type s’était lancé, par idéologie, dans le pire des délires. Si la baudruche ne s’était pas dégonflée, les Français l’auraient fait exploser.

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