Archives par moisfévrier 2014



Des coups de pied au cul qui se perdent…

Arnaud Montebourg veut maintenant donner « des coups de pied aux fesses » aux patrons de la grande distribution qui ne jouent pas le jeu du « made in France ».
Nous sommes habitués aux dérapages de ce ministre aussi incompétent que farfelu et donc personne ne s’étonnera que, pour prôner « la préférence nationale » (ce qui est une bonne idée mais, en principe, interdit par nos textes absurdes) un membre de ce gouvernement ose affirmer que les lois sont inutiles et qu’il vaut mieux recourir aux châtiments corporels.
Cela dit, il faut reconnaitre que l’idée du coup de pied au cul n’est pas mauvaise. On a d’ailleurs l’impression qu’un très grand nombre de Français aimeraient bien donner des coups de pied au cul à un très grand nombre de nos responsables. Et pas forcément aux dirigeants des groupes de grande distribution.
Aujourd’hui, par exemple, François Hollande est à Bangui et Jean-Marc Ayrault lance, à Matignon, les premières discussions sur le pseudo Pacte de responsabilité. Deux superbes occasions de donner des coups de pied au cul. Un bourbier et une escroquerie.
Dans la capitale centrafricaine, notre généralissime d’opérette va passer en revue nos parachutistes en gonflant sa poitrine, tout étonné lui-même d’avoir pu d’un mot, comme César en personne, envoyer sa légion pacifier des tribus sauvages au bout du monde. Mais, en fait, il va évidemment constater que ceux qui, moins courtisans que les autres, lui avaient déconseillé de se lancer dans cette expédition néocoloniale vouée à l’échec avaient parfaitement raison.
En prétendant arrêter les tueries et mettre un terme à une guerre civile ethnico-religieuse dans un pays qui, en réalité, n’a jamais existé, Hollande a plongé tête baissée dans le pire des bourbiers. Ignorant tout de l’Afrique, il s’est imaginé qu’en envoyant un petit détachement de nos troupes d’élite il calmerait des haines ancestrales, il apaiserait l’éternel conflit qui oppose dans cette partie de l’Afrique musulmans et chrétiens.
Grisé par son succès au Mali où nos Rafales avaient pu facilement détruire les colonnes de jeeps des islamistes qui fonçaient vers Bamako, il a cru que quelques centaines de bérets verts ou rouges pourraient sans problème mener une opération de police pour désarmer quelques dizaines de milliers de fanatiques s’entretuant, au nom de leur Dieu respectif, à coups de machette et de coupe-coupe.
Le conflit centrafricain où une moitié de la population veut exterminer l’autre moitié et vice-versa n’a rien à voir avec le conflit malien où quelques bandes d’étrangers plus ou moins organisés voulaient s’emparer du pays pour y imposer la Charia. On notera d’ailleurs au passage que les islamistes en question commencent à revenir à Gao et à Tombouctou.
Bref, il va falloir recommencer au Mali et on n’est pas sortis de l’auberge centrafricaine. Une fois de plus on se demande ce que la France est allée faire dans ces galères. Voilà qui mérite bien un coup de pied au cul présidentiel.
Quant au Premier ministre dont on annonce une fois de plus le prochain licenciement sans indemnités et qui devait lancer une gigantesque réforme de notre fiscalité qu’on a déjà oubliée, il est maintenant de corvée pour animer des discussions entre les partenaires dits « sociaux » sur le Pacte dit « de responsabilité » qu’on nous présente désormais comme l’idée géniale (et un peu tardive) du quinquennat qui va relancer l’économie et juguler le chômage.
Or, avant même de s’asseoir à la table de Matignon, le Medef, la CGT et FO ont très clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas dupes de cette escroquerie qui consisterait à échanger des baisses de charges des entreprises contre des promesses d’embauches par ces mêmes entreprises.
Tout le monde sait que les baisses de charges sont indispensables et au plus tôt si on veut éviter la mort programmée et définitive de toutes nos entreprises et tout le monde sait que ces entreprises ne pourront embaucher que quand -et si- ces baisses de charges leur auront permis d’investir, d’innover et de retrouver un minimum de compétitivité. C’est-à-dire dans quelques années.
En voulant faire croire que ce pacte est du « donnant-donnant », je baisse vos charges ce soir et demain matin à l’aube vous embauchez un ou deux millions de chômeurs, Ayrault mérite, lui aussi, un superbe coup de pied au cul…

28 Fév 2014 | Comments (10)

La politique et l’andouillette

Le chômage continue à augmenter, nos troupes s’enlisent en Centrafrique, on est au bord de la guerre en Crimée mais la presse de ce matin se demande si Jean-François Copé n’aurait pas, avec deux de ses copains, tapé dans la caisse (de l’UMP), si Serge Dassault n’aurait pas acheté des voix pour se faire élire maire de Corbeil et si Claude Goasguen n’aurait pas flirté avec l’extrême-droite dans sa lointaine jeunesse.
Autant dire que la campagne pour les municipales bat son plein et que les socialistes qui redoutent de recevoir la déculotté qu’ils méritent font feu de tout bois. C’est un grand classique dans notre vie politique. Les « affaires » sortent (ou ressortent) en période électorale. Au lieu d’ouvrir les grands débats ce qui pourrait mettre mal à l’aise tout le monde, on préfère rester au niveau des pâquerettes, c’est-à-dire patauger dans la boue.
En fait, il n’y a rien de très nouveau dans le déballage d’aujourd’hui. Tout le monde sait que le patron (contesté) de l’UMP qui passe ses vacances sur le yacht d’un marchand d’armes aime passionnément l’argent, en bon petit sarkoziste qu’il est, que le sénateur-avionneur-milliardaire de l’Essonne n’a jamais hésité à donner de sa personne et de sa fortune comme le faisait déjà son père et comme commence à le faire son fils et que le député-maire du XVIème n’incarne pas vraiment la gauche en mouvement.
On peut simplement s’étonner que ceux qui balancent ainsi les boules puantes n’aient toujours pas compris le tort qu’ils se faisaient aussi à eux-mêmes. Il y a bien longtemps que les Français sont convaincus qu’« ils sont tous pourris », de droite comme de gauche. Quand les anciens amis de Cahuzac (ou éventuellement de DSK) s’attaquent à l’honnêteté de Copé ils ne redorent pas pour autant leur blason. Ils font simplement le jeu du Front National qui, n’ayant jamais été au pouvoir, est le seul à avoir le droit de jouer les vierges effarouchées et les donneurs de leçons.
Manuel Valls ayant lancé l’offensive contre Goasguen, étant, comme Dassault, élu de l’Essonne et sachant qu’il aura vraisemblablement Copé comme adversaire lors des prochaines compétitions, les « experts » le soupçonnent fort d’être derrière cette offensive tous azimuts. Depuis Fouché duc d’Otrante, le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs toujours été le grand maître des basses œuvres, des coups tordus, des cabinets noirs de la République.
Mais comme on n’est jamais si bien trahi que par ses amis, on peut aussi imaginer que certains proches de Copé, de Dassault et de Goasguen se soient fait un plaisir, si ce n’est un devoir, d’informer discrètement Le Point, Libération et le Tout-Paris.
Cela dit, le problème n’est pas qu’il y ait des délateurs dans notre pays. On sait que la dénonciation est, avec la blanquette de veau et le boeuf gros sel, une spécialité française. Le problème est que, dans leur très grande majorité, les Français sont convaincus que Copé, Dassault et Goasguen sont coupables de ce dont la rumeur les accuse. Et qu’ils n’ont peut-être pas tort…
Edouard Herriot qui s’y connaissait disait souvent : « La politique c’est comme l’andouillette. Ca doit sentir la merde… mais pas trop ». C’est le « trop » qui est devenu insupportable.

27 Fév 2014 | Comments (9)

Unanimité pour une sale guerre perdue d’avance

La Constitution exige que le Parlement soit consulté dès lors qu’une opération militaire extérieure dépasse les quatre mois. Mais l’usage interdit à nos députés d’avoir l’air de désavouer nos soldats qui se battent au bout du monde. Du coup, hier, l’Assemblée a approuvé par 428 voix contre 14 la prolongation de l’opération Sangaris en Centrafrique.
De peur d’être accusé de tirer dans le dos de nos parachutistes qui guerroient dans l’ancien empire de Bokassa au milieu de la pire des guerres tribales entre musulmans, chrétiens et animistes, personne n’a osé monter à la tribune pour déclarer solennellement que cette opération n’avait que trop duré, qu’elle était absurde, qu’elle était de toute évidence vouée à l’échec et que la France n’avait strictement rien à faire là-bas dans ce « combat de nègres ».
Sous prétexte qu’il avait réussi, au Mali, à faire stopper l’avancée des fanatiques islamistes vers Bamako et à les faire disperser dans l’immensité du désert, Hollande, grisé par sa victoire, a cru pouvoir se lancer immédiatement dans une autre expédition, cette fois en Centrafrique. On sait depuis Jules Ferry, Léon Blum et Guy Mollet que les « gens de gauche » sont des nostalgiques de l’empire colonial et des adeptes des expéditions militaires lointaines. Mais personne n’avait imaginé que Hollande puisse un jour se transformer en chef de guerre et faire de sa victoire éphémère « le plus beau jour de sa vie » comme il a osé le déclarer. Hollande à Bamako, ce fut pire encore que Sarkozy à Benghazi. Nous n’avons décidément pas de chance avec nos petits guerriers !
Ayant perdu toutes les batailles en « Métropole » -le chômage, les déficits, la dette, la croissance, la sécurité, etc.- Hollande pensait pouvoir se requinquer avec des victoires… outre-mer. Il s’en est fallu d’un rien –un mot d’Obama et un froncement de sourcil de Poutine- qu’il ne lance nos troupes d’élite (ou ce qu’il en reste) sur le chemin de Damas.
L’opération Sangaris est évidemment idiote. Il ne s’agit pas comme au Mali d’arrêter deux ou trois colonnes de rebelles relativement bien équipés fonçant sur une piste et qu’il suffit de bombarder avec l’aviation puis d’achever sur le terrain. En Centrafrique, ce n’est pas une opération militaire qu’il faut mener mais une gigantesque opération de police puisqu’il s’agirait de s’interposer au milieu d’une guerre civile, d’une guerre de religion, entre les deux moitiés de la population qui veulent s’entretuer les unes les autres au couteau et à la machette.
Déguisé en généralissime d’opérette, Hollande nous avait affirmé que l’opération ne durerait pas longtemps et qu’en un rien de temps nos trois régiments sauraient ramener tout le monde à la raison. Quatre mois plus tard, il est bien obligé de reconnaitre que nos paras n’ont pas réussi à mettre un terme aux tueries, que rien ne s’est arrangé dans ce pays maudit, que tout va s’éterniser et qu’il faut envoyer de nouveaux renforts à Bangui. Autant dire que la France s’enfonce dans le bourbier centrafricain comme nous avions été un certain nombre à le redouter et comme c’était d’ailleurs plus que prévisible.
Au lieu de reconnaitre cet échec cuisant et d’annoncer, avec la mauvaise foi, qu’on lui connait que opération Sangaris a réussi sa mission, que le calme est pratiquement revenu en Centrafrique et qu’il est temps de remettre le destin de ce beau pays aux Centrafricains eux-mêmes, Hollande s’entête, nous raconte contre toute évidence que le monde entier approuve sa politique courageuse et que l’Europe va venir nous aider.
Il est bien dommage que, mis à part Laurent Vauquiez et Bruno Le Maire, aucun ténor de l’opposition n’ait eu le courage de fustiger l’inconscience de ce chef de guerre de pacotille qui jette ses soldats dans un chaudron sans fond.
S’opposer à une prolongation de cette opération absurde ce n’était pas tirer dans le dos de nos hommes c’était leur éviter de s’enliser éternellement dans une sale guerre qui se terminera, dans quelques années, le jour où les uns et les autres se réconcilieront pour s’en prendre aux Français et à leur néo-colonialisme…

26 Fév 2014 | Comments (7)

La manie du remaniement

Comme toutes les trois semaines depuis des mois, nos commentateurs politiques nous ressortent le scénario du remaniement ministériel.
Tout le monde est d’accord –même à gauche- pour reconnaitre, d’une part, que Jean-Marc Ayrault a depuis longtemps très largement dépassé les limites de son incompétence et, d’autre part, que ce gouvernement est devenu totalement incohérent pour ne pas dire grotesque, entre les ambitions prématurées de Valls et celles démesurées de Montebourg, le sectarisme insupportable de Taubira et celui dérisoire de Hamon et les délires à répétition de Cécile Duflot. On ne sait plus si « Moi-Président 1er » règne sur la cour du roi Ubu ou celle du roi Pétaud. Un peu des deux sans doute.
Certes, notre système qui s’est de plus en plus présidentialisé exige que le chef de l’Etat choisisse un médiocre d’entre les médiocres pour le mettre à Matignon afin qu’il ne lui fasse aucun ombre, quitte à ce qu’il ne puisse plus lui servir de fusible. Certes, le système des primaires oblige le vainqueur à faire une place à ses adversaires d’hier pour sauvegarder un semblant d’unité en effaçant les cicatrices des combats fraternels. Certes, la gauche qui se veut unie, diverse, plurielle ou multiple est contrainte de former des majorités qui ressemblent aux pires auberges espagnoles. Mais tout de même…
Le bilan désastreux de cette équipe de bras cassés après plus d’un an et demi de pouvoir, les chiffres épouvantables de tous les sondages d’opinion qui rejettent sans pitié le président, son Premier ministre et sa majorité, ainsi que l’ambiance délétère qui règne dans le pays et le mine totalement, tout cela voudrait qu’il se passe… « quelque chose ».
Et d’autant plus que tout s’est encore aggravé ces derniers jours. L’affaire de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes vient, une nouvelle fois, d’éclater au visage d’Ayrault, avec les incidents de Nantes. Comme l’a gentiment souligné son ministre de l’Intérieur, l’entêtement du Premier ministre à imposer son vieux rêve de maire de Nantes a provoqué… « une guérilla urbaine » dans sa bonne ville, ce qui, bien sûr, ne peut que lui donner le coup de grâce final. Jusqu’à présent, on lui reprochait d’être un redoutable médiocre, maintenant on l’accuse d’être un imbécile dangereux.
Et en même temps Cécile Duflot qui, elle aussi, doit se démener pour se démarquer et exister, faisant mine d’oublier qu’elle était ministre pour mieux le rester, s’en prend bille en tête au même Ayrault et à son aéroport maudit, après, il est vrai, s’en être déjà pris à Valls à propos des Roms ou des immigrés, voire même à Hollande en personne à propos du nucléaire.
Il faudrait donc, en effet, qu’il se passe « quelque chose »
D’ailleurs, pour peu qu’on ait un peu de mémoire, on s’aperçoit que, depuis qu’il est entré à l’Elysée, François Hollande n’a pas cessé de nous promettre qu’il allait… se passer « quelque chose ». Il allait inverser la courbe du chômage, il allait lancer « un grand pacte de simplification », lancer « une vaste réforme de nos institutions », lancer « une gigantesque réforme fiscale »… Or, il ne s’est jamais rien passé. Il n’a pas réussi à inverser la courbe du chômage qui continue à augmenter et, pour le reste, tous ses pactes de ceci, toutes ses réformes de cela ont sombré dans les sables de l’oubli le plus complet depuis belle lurette.
Aujourd’hui, il nous jure qu’il s’est reconverti en social-démocrate sans nous préciser ce qu’il entend par là au point que certains ont compris qu’il était devenu social-libéral. Et il nous annonce à grands renforts de roulements de tambour « un pacte de responsabilité » qui fait rigoler les uns et indigne les autres. Les premiers se demandent où il trouvera les 50 milliards dont il aura besoin ; les seconds se scandalisent qu’un président dit « de gauche » fasse de tels cadeaux aux patrons puisque personne ne croit une seule seconde à cette histoire de « contreparties ».
En fait, Hollande ne peut plus rien promettre ou annoncer. Il a tout épuisé dans le registre du « demain on rasera gratis ». Et pourtant il lui faut coute que coute « faire quelque chose ». D’où l’idée d’un remaniement ministériel, voire même d’un changement de Premier ministre.
On pensait que ce serait après les claques annoncées qu’il va recevoir lors des municipales et des européennes pour que ce soit Ayrault qui porte le chapeau et que la nouvelle équipe puisse partir d’un bon pied. Mais certains –à commencer par Jacques Attali, grand visiteur des soirées élyséennes- nous affirment que Hollande pourrait bien procéder au changement avant ces deux scrutins, avec l’espoir de sauver un peu les meubles. Pourquoi pas ?
Et on cite déjà le nom des « médiocres » possibles qui se bousculent au portillon. Valls si longtemps grandissime favori semble être pour l’instant hors course. L’affaire Dieudonné lui coûte cher. Restent Bartolone, Sapin, Le Drian. Re-pourquoi pas ?
Pour les ministres, là aussi, Hollande a l’embarras du choix. La difficulté n’est pas de trouver des volontaires pour devenir ministres mais de savoir qui on peut virer du gouvernement. Jamais Hollande n’aura le courage de remercier Valls, Montebourg, Hamon, Duflot ou Taubira, c’est-à-dire ceux qui posent problème.
Mais d’ailleurs le problème n’est pas là. Pas du tout ! Si les Français sont évidemment affligés par la médiocrité du Premier ministre et le « bordel » ambiant qui règne autour de la table du Conseil des ministres, le vrai problème, le seul, l’unique c’est Hollande lui-même.
Et là, rien n’est prévu pour l’instant avant 2017… Alors ce n’est pas en remplaçant Ayrault par Le Drian ou en faisant entrer Rebsamen au gouvernement que le président redorera son blason.

25 Fév 2014 | Comments (9)

De Kiev à Nantes…

Les images passent en boucle, se répètent, se confondent. On ne sait plus si on est sur la grand place de Kiev ou dans les avenues de Nantes. C’est violent. Des foules en colère.
Là-bas, ils veulent la peau d’un dictateur démocratiquement élu mais qui parle mieux le russe que l’ukrainien. Ici, ils veulent qu’un Premier ministre inexistant renonce à son vieux rêve d’enfant de construire un aéroport totalement inutile.
Là-bas, ils ont eu gain de cause puisque le tyranneau a pris la poudre d’escampette et qu’on leur a même donné en prime une vieille idole aux étonnantes tresses blondes dont, semble-t-il, ils ne veulent pas davantage. Ici, ils vont vraisemblablement l’emporter puisque le Premier ministre qui agonisait pitoyablement depuis des mois est maintenant plongé dans un coma profond.
Là-bas, c’est une insurrection populaire qui a triomphé sans qu’on comprenne bien comment. Les ministres des Affaires étrangères français, allemand et polonais avaient naïvement cru pouvoir imposer, au nom de l’Europe, un accord prévoyant une période transitoire. La foule les a ridiculisés sans même les avoir entendus. On pensait que Poutine soutiendrait mieux que cela son homme de paille. Certes, il fallait attendre la fin des Jeux Olympiques de Sotchi mais Moscou n’a sûrement pas dit son dernier mot et d’autant plus que personne n’est capable d’imaginer la suite du scénario.
On nous dit que les uns, à l’ouest du pays, ukrainophones et catholiques, regardent vers l’Occident et notamment vers la riche Allemagne et que les autres, tout l’est du pays, russophones et orthodoxes, nostalgiques de l’URSS d’hier, n’ont d’yeux que pour Moscou. C’est vrai. Du coup, les uns et les autres regardent surtout vers la Tchécoslovaquie, un pays qui, dès la fin de l’Europe de l’Est, n’a pas hésité à éclater, sans que cela ne produise de catastrophe.
A Kiev personne n’ose évoquer officiellement la moindre sécession et l’explosion du pays. Mais tout le monde y pense… depuis des décennies. Et cela pourrait bien finir par arriver. Ce serait d’ailleurs sans doute la seule solution pour mettre un terme à cette éternelle rivalité entre les deux communautés ukrainiennes.
A Nantes, c’est, bien sûr, tout autre chose. Manuel Valls qui perd pied depuis quelque temps parle… « de guérilla urbaine ». On voit bien qu’il n’a pas beaucoup voyagé et que ce petit Catalan n’a même rien lu sur la guerre d’Espagne. Le « premier flic de France » a évidemment tout à fait tort d’employer une telle expression, même s’il veut se faire mousser en affolant les populations. C’est à Kiev qu’il y a eu des morts, pas à Nantes !
En fait, à Nantes, hier et comme d’habitude, quelques centaines de casseurs « professionnels » ont profité de cette grande manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes –et donc contre Jean-Marc Ayrault- pour s’en donner à coeur joie au moment de la dissolution du cortège et tout saccager sur leur passage.
Comme toujours aussi, certains vont s’étonner que les forces de l’ordre ne soient pas intervenues immédiatement pour maitriser ces groupuscules. D’autant plus que Valls nous affirme que la police les connait depuis longtemps et les suit à la trace à travers l’Europe. On en vient donc à se demander si le pouvoir n’aurait pas laissé faire, voire même un peu provoqué ces incidents pour discréditer les opposants à « l’aéroport Ayrault ». On a déjà vu pire.
Même si l’on rejette au loin cette hypothèse on sait que Valls est un pompier pyromane. On l’a vu avec l’affaire Dieudonné. Il allume un incendie, souffle sur les flammes, puis, tel Zorro, arrive sur son cheval, affublé d’un casque de pompier.
Il devrait cependant commencer à comprendre qu’il va finir par se bruler les moustaches. En se déguisant en ténor de la lutte antiracisme, il a transformé un comique au public limité en héros national, symbole de la liberté d’expression. Aujourd’hui, en parlant de « guérilla urbaine » à propos de ces « incidents », il fait de l’affaire de l’aéroport Ayrault une affaire d’Etat et de ses opposants, toutes catégories confondues, une véritable menace pour la République. Ils n’en demandaient pas tant.
Et on en vient alors à se demander si, en dramatisant ainsi à outrance cette histoire d’aéroport, Valls ne souhaite pas tout simplement… avoir la peau de Jean-Marc Ayrault. Là aussi on a déjà vu pire.
Un Premier ministre qui provoque une « guérilla urbaine », une ministre du Logement qui soutient les « guérilleros », un président rejeté par 80% de la population et qui a tiré ses dernières cartouches en forme de pacte de ceci ou de cela et qui ont, toutes, fait flop, pschitt ou badaboum, tout cela peut, évidemment, donner des idées à un jeune ambitieux…

23 Fév 2014 | Comments (16)

Un intrus au Mont Valérien

N’est pas Malraux qui veut et il est sûrement difficile de manier l’art oratoire dès qu’il s’agit d’évoquer les soldats de l’Armée des ombres, les héros de notre Histoire, les martyrs de la Résistance.
François Hollande a voulu s’y essayer aujourd’hui au Mont Valérien à l’occasion du 70ème anniversaire de l’assassinat par les nazis des jeunes résistants de l’Affiche rouge.
Ce fut lamentable. Aucune envolée, aucun lyrisme, pas une seule formule un peu émouvante. Le président lisait péniblement un texte sans doute préparé par un sous-officier de gendarmerie.
Sarkozy n’était déjà pas à l’aise au Mont Valérien. Hollande y a carrément l’air d’un intrus. Ce n’est pas de sa faute ! Déjà, quand il est à l’Elysée, personne n’aurait l’idée de voir en lui un successeur de de Gaulle, alors, quand il est au Mont Valérien, qu’il s’incline devant les drapeaux des Anciens combattants et que retentit le Chant des Partisans, il ne peut que faire figure d’imposteur.
Mais au-delà de la banalité affligeante du discours interminable quelque chose choquait. A entendre le chef de l’Etat, la Résistance se serait presque limitée à quelques étrangers, juifs et communistes de préférence.
Certes il y eut des étrangers dans la Résistance ainsi que dans les Forces Françaises Libres : les FTP de la Main d’œuvre Immigrée, comme Manouchian et ses amis, les Espagnols du capitaine Dronne qui, en avant-garde de la 2ème DB, furent les premiers à libérer Paris ou le prince géorgien Amilakvari qui fut tué à la tête de ses légionnaires à Bir-Hakeim. Et il est bien de leur rendre hommage. Mais il y eut aussi des Français et même parfois des Français « de souche » qui surent sauver l’honneur.
Ceux-là Hollande les passa, ce matin, sous silence. Du coup, son laïus fadasse se mettait à ressembler à un vulgaire discours politicard visant à l’arme lourde le Front national. Avec ses gros sabots, Hollande n’évoquait plus ce jour tragique du 21 février 1944, il préparait ostensiblement la campagne des municipales du mois prochain.
Hollande a décidément le génie de tout gâcher. Aujourd’hui -et par sa faute en grande partie- les Français sont divisés, haineux, repliés sur leurs innombrables communautés. Rappeler ce que fut la Résistance quand de Gaulle sut rassembler derrière lui royalistes et communistes, catholiques et francs-maçons, juifs et protestants, serait évidemment une occasion inespérée d’inciter à de grandes retrouvailles nationales.
Mais le sectarisme imbécile du chef de l’Etat lui fit préférer choisir sa clientèle.
Quant aux quatre personnages que le président fait entrer au Panthéon, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay, si personne n’osera contester que la patrie peut « leur être reconnaissante », comme l’affirme le fronton du Panthéon, on remarquera tout de même qu’il s’agit de jouer à tout prix la fameuse « parité » hommes-femmes, que les deux hommes furent, comme par hasard, des dignitaires francs-maçons et que ce quatuor était « de gauche », y compris la nièce du Général.
Hollande ignore visiblement tout de l’histoire de la Résistance. Sinon, il aurait ouvert toutes grandes les portes du Panthéon à Henri Frenay, fondateur du premier réseau de résistance, « Combat », à Georges Bidault, successeur de Moulin comme président du Conseil National de la Résistance ou à Jacques Soustelle, patron des services secrets de la France Libre.
Mais ces hommes qui jouèrent un rôle autrement plus important que le malheureux Jean Zay (dont le seul mérite est d’avoir été assassiné par la milice) étaient ou devinrent « de droite ». Ils n’ont donc pas leur place dans le Panthéon, très personnel, de l’actuel chef de l’Etat.
Quel dommage que ce chef de l’Etat ne sache pas, même dans ces circonstances, s’élever un peu au-dessus de la mêlée.

21 Fév 2014 | Comments (11)

L’inexistence de l’Europe et le triomphe du tsar

Les événements dramatiques qui se passent en ce moment à Kiev prouvent, en tous les cas, deux choses : d’abord, que l’’Europe n’existe pas, ensuite, que l’empire des Tsars a retrouvé toute sa puissance. A dire vrai, on pouvait se douter de ces deux évidences depuis bien longtemps.
Entre d’innombrables balivernes, les Eurolâtres nous avaient raconté que l’Union européenne garantirait à tout jamais la paix sur tout notre vieux continent. Or, cette fameuse Europe n’a rien pu faire pour empêcher des années de tueries dans l’ex-Yougoslavie ni pour arrêter le massacre des Tchétchènes par les troupes de Poutine. Elle assiste aujourd’hui, impuissante, les bras ballants, à une répression particulièrement sanglante et à un début de guerre civile en Ukraine.
Le regard embué par leurs larmes de crocodile habituelles, François Hollande et Angela Merkel brandissent ce matin des menaces de sanctions et font des moulinets avec leurs sabres de bois, sans se rendre compte à quel point ils sont ridicules. On imagine l’éclat de rire que ces dérisoires rodomontades du couple franco-allemand ont pu provoquer aussi bien à Kiev qu’à Moscou, chez le dictateur ukrainien Viktor Ianoukovitch et chez son maitre et protecteur russe Vladimir Poutine.
En substance, si Ianoukovitch n’arrête pas immédiatement de faire tirer à l’arme lourde sur ses opposants dans les rues de sa capitale, lui et ses amis ne pourront plus… obtenir de visas pour venir faire leurs courses en Occident. Et encore faudra-t-il que toutes les capitales de l’Union se mettent d’accord pour adopter une telle sanction.
L’Europe est grotesque dans cette affaire. Et elle l’est d’autant plus que « la crise » ukrainienne a éclaté précisément à cause de l’Europe, parce qu’une moitié des Ukrainiens (en gros, les populations de l’ouest du pays) souhaite se rapprocher de l’Europe, pour ne pas dire s’y rattacher, alors que l’autre moitié (les gens au pouvoir, Ianoukovitch, sa clique et les populations de l’est) nostalgique de l’URSS d’autrefois, veut au contraire se mettre davantage encore sous la domination de Moscou.
Et l’Europe est incapable de voler au secours de ses propres partisans ! On peut penser que l’attitude actuelle des capitales européennes va calmer l’europhilie de ces Ukrainiens qui se font massacrer aux cris de « Nous sommes européens ».
Naturellement, personne ne souhaite que des troupes européennes se précipitent à Kiev pour arrêter la répression. Il n’y a d’ailleurs pas de troupes européennes. Mais les naïfs auraient pu imaginer que les grandes capitales européennes -Paris, Berlin, Londres, Varsovie, par exemple- avaient assez de poids, d’autorité, d’influence pour imposer à Ianoukovitch un cessez-le-feu et l’amorce de négociations.
Mais l’Europe n’a ni armée, ni diplomatie, ni la moindre influence. Elle n’est finalement qu’une coquille creuse, qu’un ramassis de technocrates sans légitimité qui ne peuvent qu’imposer des normes souvent absurdes à leurs vassaux, avec, pour faire bonne mesure, des politiques qui eux, de sommet en sommet et de conférence et conférence, ne peuvent faire que des ronds de jambe, des communiqués fumeux et des déclarations d’intention vides de sens, tout en ingurgitant des petits fours.
Le petit tyranneau ukrainien peut donc s’asseoir confortablement sur toutes les déclarations, toutes les condamnations, toutes les menaces des Européens. Non seulement il sait que l’Europe n’existe pas -même si c’est l’Allemagne d’Angela Merkel qui en a pris ostensiblement, résolument, implacablement le commandement- mais qu’en plus et surtout il a le soutien inconditionnel du tsar Poutine qui entend, bien évidemment, reconstituer l’empire de jadis et reprendre en main, petit à petit, toutes les « colonies » d’autrefois que l’Occident s’imaginait naïvement pouvoir récupérer. Après la Géorgie, c’est le tour de l’Ukraine.
Comme Assad en Syrie, Ianoukovitch en Ukraine sait parfaitement que Poutine ne l’abandonnera jamais et que toutes les puissances occidentales, après avoir fait mine, au nom de la démocratie, de soutenir ses opposants finiront par capituler piteusement dès que le maitre du Kremlin froncera un peu les sourcils.
Quand à Poutine lui-même, il sait qu’à Washington, Londres, Paris et Berlin on préfère regarder pudiquement les JO de Sotchi plutôt que ce qui se passe à Alep ou à Kiev.
Ces JO d’hiver ont un petit quelque chose qui rappelle étonnement les JO de 1936. Mais il ne faut sûrement pas le dire…

19 Fév 2014 | Comments (22)

La danse du ventre avec la corde au cou

La danse du ventre est un exercice particulièrement difficile et qui demande beaucoup plus de talent que le tango, la valse ou le charleston.
Jusqu’à présent, François Hollande nous avait interprété des numéros de tango, un pas en avant, deux (ou trois) pas en arrière, avait tenté de nous entrainer dans des tourbillons viennois les plus fous en nous enivrant sur le thème du « changement » et s’était parfois déchainé comme un nègre de la Nouvelle-Orléans en jouant des claquettes avec toute une batterie de pactes les plus divers. Il faut bien dire que le public n’avait pas été conquis.
Hier, il s’est essayé à la danse du ventre, une chorégraphie qu’il avait tenté de mettre au point au cours de sa tournée américaine, la semaine dernière.
Le principe est simple. On réunit un certain nombre de grands patrons et le président de la République, à moitié nu et tout sourire, apparait sous les projecteurs et se contorsionne comme il peut, avec des gestes langoureux, des attitudes provocantes et la lippe prometteuse. Comme dans les bouges orientaux, si les spectateurs sont contents de la prestation, ils glissent des billets de banque dans la petite culotte de la danseuse.
En fait, hier matin à l’Elysée, Hollande reprenait un vieux truc, lancé en 2003 et oublié depuis belle lurette, le « Conseil stratégique de l’attractivité ». L’idée (de Chirac et Raffarin) n’était pas absurde en elle-même puisqu’il s’agissait, à l’origine, de réunir autour d’une même table un certain nombre de ministres et une grosse poignée de grands patrons pour voir ce qu’on pourrait, éventuellement, faire pour développer les investissements.
Naturellement, l’exercice s’était rapidement révélé inutile pour ne pas dire ridicule puisqu’on avait, par définition, d’un coté, des chefs d’entreprises qui réclamaient moins de charges et moins de règlementation et, de l’autre, des « gouvernants » toujours à la recherche de recettes nouvelles et obsédés par « la légifération ». Le « mal français » avait vite tué l’expérience.
Mais, pour Hollande, il s’agissait de tout autre chose. Elu en affirmant qu’il allait déclarer la guerre à la finance et matraquer les grands patrons tout en jugulant le chômage et les déficits, mais aussitôt rappelé sans pitié aux cruelles réalités de la vie, c’est pieds nus et la corde au cou qu’il devait faire son numéro de charme devant 34 patrons de grandes entreprises étrangères pesant 850 milliards, présentes dans 19 pays et employant 3 millions de salariés.
En clair, après avoir demandé pardon à ces « salauds de patrons » pour toutes les insanités qu’il avait proférées depuis son entrée à l’Elysée, après s’être roulé dans la cendre en leur jurant qu’il n’était plus socialiste et après leur avoir affirmé qu’il avait enfin compris que seul le libéralisme pouvait sauver une économie, Hollande devait leur démontrer qu’il leur fallait investir dans le pays qui… bat tous les records de prélèvements et tous les records de règlementations contraignantes pour les entreprises.
C’était à la fois pitoyable et grotesque. Pitoyable, le président de la République française faisait la manche comme un vulgaire clodo devant la terrasse du Fouquet’s. Grotesque, l’ancien apparatchik de la rue Solferino avait remplacé le couteau qu’il avait entre les dents par un faux nez et une fausse barbe pour faire croire qu’il était le père Noël.
Hollande leur a promis, entre deux contorsions et trois ondulations du nombril, qu’ils obtiendraient des visas plus facilement, qu’il y aurait, un jour, une harmonisation de la législation entre la France et l’Allemagne, et qu’ils pouvaient compter sur une véritable « stabilisation » de notre fiscalité et de notre droit social. Puis, il leur a raconté son conte de sorcière préféré : avec son « Crédit d’impôt compétitivité emploi » et son « Pacte de responsabilité », la France allait sortir de ses difficultés et reconnaitre un nouvel âge d’or.
Les grands patrons étant généralement bien élevés, ils l’ont écouté patiemment, réussissant même à ne pas éclater de rire.
Ce matin, la presse (complaisante) voudrait nous faire croire qu’Hollande « a parfaitement réussi son opération de charme » et qu’« il a su séduire ses auditeurs ».
Or ce n’est pas parce qu’en prenant les Français pour des imbéciles il a réussi à se faire élire qu’en prenant maintenant aussi les grands patrons de la planète pour des imbéciles il attirera les investissements.
Depuis très longtemps ces grands patrons reprochaient à la France son « système », unique au monde et « collectiviste », mais depuis mai 2012 tout s’est encore considérablement aggravé à leurs yeux. Ils n’attendent rien de Hollande. Ils attendent simplement 2017.

18 Fév 2014 | Comments (7)

Rien de nouveau…

Quelques jours d’hospitalisation ressemblent (un peu) à de courtes vacances. On est coupé du monde, on ne pense plus qu’à soi-même et on s’imagine qu’à son retour « en ville » les autres en auront profité pour tout arranger.
Or, qu’on soit remis sur pied ou tout bronzé, la déception est toujours la même. A croire qu’il ne se passe jamais rien de nouveau sur cette terre et, pire encore, que tout ne fait que dégringoler inexorablement dans notre cher pays.
Que découvre-t-on après avoir passé huit jours à se faire dorloter dans un service de pointe de l’hôpital Cochin ?
D’abord, quelques sondages. Hollande a encore perdu des points et donc des plumes. Il en est maintenant à 16% d’opinions favorables et bat ainsi tous les records d’impopularité de la Vème République. Dans le même temps, 34% des Français adhèrent désormais aux idées du Front National (autre record battu). Et 75% de nos compatriotes ne font plus confiance en la justice de leur pays (troisième record absolu). Même en sortant du coma, on ne peut pas être surpris par ces chiffres.
Depuis qu’ils ont élu François Hollande à la présidence de la République, les Français s’aperçoivent, chaque jour davantage, qu’ils se sont lourdement trompés. Certes, Nicolas Sarkozy n’était plus supportable avec son bling-bling, sa morgue souvent grotesque, ses coups de barre inconsidérés à gauche ou à droite et ses échecs en cascade. Mais Hollande est bien pire encore avec son sectarisme d’apparatchik, sa touche de gros plouc en goguette amateur de contre-pétries et ses airs de faux-gentil-vrai-méchant. Sans parler de ses résultats pires encore, eux aussi, que ceux de son prédécesseur. Et il y a quelque chose d’effrayant à se dire qu’en 2017 il est très vraisemblable que nous soyons, une nouvelle fois, obligés de choisir entre ces deux-là.
Que les idées du Front National gagnent du terrain n’est pas surprenant non plus. Cela fait des années que, comme l’avait fait remarquer Laurent Fabius lui-même, la famille Le Pen pose « les bonnes questions » à propos de la sécurité, de l’immigration, de l’Europe, de l’euro, de la préférence nationale. Or, toutes ces questions n’ont fait que s’aggraver au fil des décennies. Certes, le FN n’apporte pas les bonnes réponses. Mais les autres qui se sont succédé alternativement au pouvoir n’ont jamais apporté la moindre réponse à ces questions et ont même toujours refusé de se les poser.
Quant à la justice française cela fait très longtemps qu’à part les aigrefins, les margoulins et les politicards véreux plus personne n’y croit.
Pour le reste, quand on parcourt la presse avec quelques jours de retard, c’est-à-dire avec un minimum de recul, on est sidéré par la complaisance des journalistes français.
Le voyage de Hollande aux Etats-Unis ? Un succès, un triomphe. Personne n’a remarqué que, contrairement au protocole de toutes les visites d’Etat à Washington, il n’avait même pas été reçu au Congrès et que ni les Français ni les Américains n’ont osé aborder « les sujets qui fâchent ».
La situation économique du pays ? Tout va bien, Madame la Marquise ! La croissance a été de… O,3% tout le monde s’extasie et la Cour des Comptes invite Hollande à réduire les dépenses sociales.
Le « virage » vers la social-démocratie ? Une réussite absolue. Même si la gauche du PS et les syndicats contestent -et le mot est faible- le Pacte de responsabilité et que le Medef ne veut pas entendre parler des contreparties.
La Centrafrique ? Le monde entier félicite Hollande de son courage mais pas un pays ne vient à notre aide et nous sommes obligés d’envoyer de nouvelles troupes dans ce qui est désormais évidemment le pire des bourbiers.
L’Euthanasie ? Le Conseil d’Etat lui-même refuse de prendre position dans l’affaire Lambert.
Deux informations auraient, sans aucun doute, mérité davantage de commentaires : la votation suisse sur l’immigration et la décision de Washington d’autoriser Gdf/Suez à exporter du gaz de schiste.
Mais la dictature de la pensée unique a vraisemblablement interdit à nos grands organes de presse de souligner que nos voisins helvètes qui ne sont pas tous des néo-nazis ne voulaient plus d’immigrés (même français) et que les Américains avaient compris que le gaz de schiste était évidemment l’avenir. C’est dommage.
Il y a des jours où on aurait presque envie de retourner somnoler à l’hôpital…

17 Fév 2014 | Comments (35)

On en vient à regretter la IV ème !

Depuis quarante ans, l’un des drames de la droite française a souvent été, dès qu’elle était au pouvoir, de vouloir séduire la gauche. On se souvient de Giscard qui rêvait de réunir sous son panache blanc « 2 Français sur 3 » et personne n’a oublié Sarkozy qui, à peine élu, a tenté de jouer « l’ouverture » en débauchant puis en embauchant des personnages comme Kouchner, Bockel, Besson ou Fadela Amara.
Or, s’il y a une loi formelle en démocratie c’est bien celle-ci : faire la politique de son adversaire ne permet jamais de récupérer une seule voix du camp d’en face mais en fait perdre immanquablement dans le sien où ceux qui ont voté pour vous estiment –à juste titre- que vous les trahissez. Giscard et Sarkozy ont d’ailleurs payé cher leurs acrobaties impudiques.
Aujourd’hui, c’est un homme de gauche, il est vrai aux abois, François Hollande, qui se lance dans une politique de droite que certains qualifient déjà de « néo-libérale ». Il voulait massacrer la finance (et avec elle les patrons), il se met à faire la danse des voiles et du ventre devant les chefs d’entreprise et les investisseurs. Il voulait faire exploser notre société et notamment la famille. Il jure maintenant ses Grands Dieux qu’il n’a jamais eu l’intention d’instaurer la PMA ou la GPA ou de faire la promotion de la Théorie du genre. Là, il retourne sa veste, ici, il baisse son pantalon. C’est n’importe quoi et cela devient même indécent…
Naturellement, à droite, personne ne le croit un seul instant, ni les patrons ni les défenseurs de la famille. Son pseudo virage au social-libéralisme sent l’entourloupe à plein nez et son « pacte de responsabilité » n’est qu’une usine à gaz qui va exploser avant longtemps. Quant au retrait précipité du grand projet sur la famille, il n’est de toute évidence qu’une manoeuvre électoraliste, Ayrault ayant d’ailleurs déjà annoncé que ce texte allait revenir en pièces détachées devant le parlement avant longtemps.
Naturellement, à gauche, on l’accuse d’avoir cédé piteusement devant le Medef et d’avoir capitulé lamentablement devant des manifestants qu’on compare (un peu vite) aux ligues de 1934.
Hollande a donc perdu sur les deux fronts et sur tous les tableaux.
Mais avait-il le choix ? Non. Contrairement à Giscard ou à Sarkozy que rien n’obligeait à jouer « les gauchos de salon », Hollande était acculé si ce n’est au désespoir du moins à la trahison de son idéologie, de ses promesses, de son électorat.
Sur le plan économique, après un an et demi de socialisme et l’échec patent de toutes ses tentatives pour inverser la courbe du chômage, il ne pouvait que faire volte-face et reconnaitre –enfin- que seules les entreprises pouvaient créer des emplois. On ne crée pas des emplois sans croissance et ce ne sont pas les emplois « aidés » qui crée la croissance. Sur le plan « sociétal » l’ampleur des manifestations de rue ne pouvait que l’obliger à freiner des quatre fers. On ne change pas une société contre « la volonté du peuple »… même avec la force des baïonnettes.
Sous la IVème République, un président du Conseil, désavoué ainsi par les faits et par la rue, aurait évidemment été renversé depuis belle lurette. Mais nos institutions d’aujourd’hui font qu’un président qui rate tout ce qu’il entreprend, qui se désavoue jusqu’au ridicule à coup de reculades et de volte-face, qui déshonore sa fonction avec sa vie de patachon et qui, selon le sondage Sofres/ Figaro-magazine du jour, n’a plus la confiance que de… 19% des Français peut (en principe) dormir sur ses deux oreilles jusqu’à la fin de son quinquennat.
On en vient à regretter la IVème ! Certes, en 1958, Michel Debré et ceux qui écrivirent le texte de la Constitution de la Vème République pensaient à de Gaulle et n’auraient jamais pu imaginer qu’on finirait par se retrouver avec un Hollande. Mais on en est là.
« Putain, encore trois ans et demi ! » se disent- bien des Français. La situation du pays va se dégrader inexorablement de plus en plus, les fermetures d’entreprise et les licenciements vont continuer, tous les déficits et les prélèvements en tous genres vont encore augmenter, la précarité va encore s’aggraver et Hollande qui, à force de changer de pied ne sait plus sur quel pied danser, va être totalement tétanisé et parfaitement incapable de mener la moindre politique qu’elle soit ultra-libérale, néo-libérale, libérale, social-libérale, social-démocrate, ou socialiste.
79% des Français ne lui font « pas confiance » (51% « absolument pas confiance ») et il continue à dégringoler dans l’opinion. Qu’il change de politique, ou de maitresse, qu’il fasse volte-face ou qu’il capitule, rien n’y fait. Il est fini, vitrifié, carbonisé, même aux yeux d’une grande partie de l’électorat de gauche. Mais il lui reste trois ans et demi… « de bon ».
La situation est totalement bloquée, on ne sait plus où est la légitimité. Mais la Constitution de la Vème République n’avait pas prévu une telle situation de blocage. Il est vrai qu’il était difficile d’imaginer que la France se retrouverait avec de tels dirigeants…

07 Fév 2014 | Comments (67)

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