Certains pensaient qu’au milieu de la bande de bras cassés qui compose le gouvernement il y en avait tout de même un qui faisait son travail : Manuel Valls. On le voyait partout, sur tous les fronts, s’agitant dans tous les sens, tapant sur la table, donnant des coups de menton, promettant monts et merveilles. Avec lui les voyous, les malfrats, les loubards et même les gangsters patentés n’auraient plus qu’à bien se tenir. Le ministre de l’Intérieur caracolait en tête de tous les sondages. On l’imaginait déjà à Matignon pour sauver Hollande et, un jour, à l’Elysée pour sauver la gauche. Et puis, patatras !
Pas plus qu’Hollande n’a fait baisser le chômage, que Moscovici n’a rétabli les comptes, que Montebourg n’a redressé la production, que Peillon n’a sauvé l’Ecole, etc. Valls n’a réussi à « inverser la courbe » de la délinquance. La grande gueule se fait moucher par les chiffres.
En effet, les chiffres publiés ce matin par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, l’ONDRP, mettent fin sans pitié à son ascension fulgurante déjà compromise par ses incroyables maladresses dans l‘affaire Dieudonné.
Il n’est pas meilleur que les autres, ni que ses collègues du gouvernement ni –soyons honnêtes- que ses prédécesseurs place Beauvau. Il a eu beau jouer les petits Sarkozy, la racaille en tous genres a –comme pour Sarko- été plus forte que lui.
Les cambriolages ont augmenté en 2013 de 6,4% en ville et de 4,7% à la campagne (de 17% pour les résidences secondaires). Si les homicides volontaires ont baissé de 4,2% en zones urbaines, ils ont augmenté de 14,9% en zones rurales. Quant aux vols sans violence ils ont augmenté de 11% en zone police et de 12% en zone gendarmerie. Le bilan du « premier flic de France » est donc épouvantable.
Autant dire que la sécurité, premier droit des citoyens que l’Etat se doit de garantir, est de moins en moins assurée. Or, malgré les restrictions budgétaires actuelles, Valls a, lui, tous les moyens pour remplir sa tâche, son budget n’a pas été rogné.
On dira que, comme le chômage ou la compétitivité, la délinquance n’est pas un sujet facile à traiter, c’est vrai. Mais personne n’oblige des incapables à ambitionner les plus hautes fonctions ni même à s’engager sur l’honneur, en faisant des effets de manche, à faire mieux que les autres. Dans une entreprise privée, Valls serait viré sèchement et n’aurait plus qu’à tenter de négocier ses indemnités.
Les hasards du calendrier font bien les choses. Ce matin ont été aussi publiés les chiffres des régularisations d’immigrés clandestins. En 2013, Valls a fait régulariser 46.000 clandestins, soit 10.000 de plus qu’en 2012. Naturellement, celui qui oserait faire le moindre rapport entre l’aggravation de la délinquance et l’augmentation des régularisations de clandestins serait immédiatement taxé de xénophobie.
Il est évident que la crise qui s’éternise et que la déliquescence de tout esprit civique dans le pays incitent certains Français « de souche » à franchir la ligne rouge de la délinquance. Mais quel est l’imbécile qui pourrait nier que les régularisations massives de clandestins attirent des flots de nouveaux clandestins et que ceux-ci, sans moyens légaux de subsistance, ne peuvent que sombrer, à peine arrivés, dans la délinquance. Tous les rapports de police et de gendarmerie affirment d’ailleurs que l’augmentation des cambriolages et des vols est due, en grande partie, à l’arrivée de « gangs organisés venus des pays de l’Est ».
Valls plaisait à la droite parce qu’il se disait intransigeant à l’égard des voyous et voulait plaire à la gauche en pratiquant discrètement le pire des laxismes pour l’immigration. Mais les Français, de droite comme de gauche, sans être ni fascistes ni xénophobes, n’aiment pas se faire cambrioler.
Le survivant au milieu du désastre va rejoindre les cancres au coin de la classe. Il n’y en a décidément pas un pour sauver l’équipage du capitaine de pédalo en bordée permanente…

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