Les amis de François Hollande nous répètent qu’il a parfaitement réussi son virage vers le social-libéralisme et que les Français n’attachent aucune importance aux petits dérapages de sa vie privée. Mais on peut justement se demander si le chef de l’Etat n’a pas dérapé dans son virage et si le char de l’Etat, sortant de la route, n’est pas entré dans le décor.
En reconnaissant, bien tardivement, que seules les entreprises pouvaient embaucher et donc faire réduire le chômage pour peu qu’on arrête de les étrangler, l’ancien apparatchik de la rue Solferino a découvert l’eau tiède. Le Medef qui veut faire semblant d’y croire pour le mettre au pied du mur avant de l’y fusiller estime qu’il a fait « un pas dans le bon sens ». Hollande n’a pas fait « un pas » il a ouvert un œil, ce qui n’est pas la même chose. On dira que c’est un progrès. L’aveugle n’est plus que borgne.
Malheureusement pour Hollande, les responsables politiques ne sont plus jugés sur leurs (bonnes) paroles mais sur leurs actes et, en attendant de les voir à l’œuvre, on les regarde en se souvenant de leurs antécédents et en évoquant leur pédigrée, leur ADN. Or, depuis qu’il est au pouvoir, Hollande a fait exactement le contraire de ce qu’il promet aujourd’hui et depuis qu’il a vu le jour il a toujours été foncièrement socialiste.
Comment croire qu’aujourd’hui il ait été touché par la grâce au point de renier tente ans de militantisme sectaire et –il ne faudrait pas oublier ce détail- de trahir ses électeurs ?
Les Français ne sont pas dupes. Selon un sondage Ifop pour le journal Sud-Ouest de ce dimanche, ils sont 74% à ne pas croire une seule seconde dans ce « pacte de responsabilité ». Ils ont parfaitement compris que ce virage n’était qu’une cabriole de clown et que Hollande ne baissera jamais les charges des entreprises tout simplement parce qu’il ne baissera jamais les dépenses de l’Etat qui, on ne l’a pas assez remarqué, concernent avant tout son électorat, les fonctionnaires et tous les bénéficiaires de tout le système de l’Etat-providence.
Réduire le nombre des régions et diminuer la paperasserie administrative sont deux bonnes idées mais ce ne sont pas ces deux mesures (qui s’imposent) qui permettront d’économiser les 50 milliards dont les entreprises ont besoin et qu’il leur a plus ou moins fait miroiter.
En fait, aux yeux des Français, cette semaine, Hollande n’est pas devenu un social-démocrate, ni même un social-libéral mais un… social-libertin. Ses amis, les sondeurs et la plupart des commentateurs ont tort de croire que nos concitoyens n’attachent aucune importance à « l’affaire Gayet ». Elle est dévastatrice. Le chef de l’Etat n’était déjà pas un homme d’Etat. Il est maintenant un homme à femmes qui saute sur tout ce qui bouge.
Certes, nous sommes un peuple de Gaulois, tous nos rois, ou presque, et un bon nombre de nos présidents ont eu des maitresses. Mais l’époque et plus encore la situation du pays ne permettent plus la gaudriole, les 5 à 7 à deux pas de l’Elysée, les « connaissances » (comme on disait du temps du président Félix Faure) qui s’échappent par l’escalier de service. Le Vaudeville à l’Elysée avec le premier personnage de l’Etat en caleçon ou sur un scooter est infamant pour le pays –il faut lire la presse étrangère- et insultant pour les millions de Français aujourd’hui dans le dénuement.
Les Français ne croient plus un mot de ce que peut dire ce président de la République et ne supportent plus ce coureur de jupons invétéré. Ils n’attendent plus un redémarrage de l’économie du pays, ils attendent de savoir laquelle de ses maitresses le président va finalement choisir. Avouons que c’est plus que pitoyable. Honteux. Autrefois, cela aurait sans doute amusé les Français. Aujourd’hui, cela les écoeure, les dégoute.

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