Après l’avoir entendu déclarer aux patrons qu’il les aimait plus que tout puisqu’ils étaient les seuls à pouvoir faire baisser le chômage et après l’avoir écouté, aujourd’hui, affirmer aux Hollandais qu’il les adorait au point de porter le nom de leur beau pays, on se demande ce que François Hollande va bien pouvoir dire au Pape vendredi.
Le face-à-face entre les deux François risque d’être croquignolet. D’un côté, le Saint Père adoré de ses ouailles, de l’autre, le président rejeté par les siennes, le pêcheur, le dévergondé qui ne croit ni en Dieu ni au Diable et qui bouffe du curé tous les matins au petit déjeuner avec les croissants que lui apporte son garde du corps, rue du Cirque, dans le lit de sa nouvelle maitresse.
François-le-grand est plutôt débonnaire mais sa fonction lui interdit de donner son absolution au premier débauché venu. François-le-petit est malin comme un singe et roublard comme pas deux.
Jusqu’à présent, le petit s’en sortait en se réfugiant derrière le secret de la vie privée. Ce sera plus difficile devant un prêtre habilité à recevoir la confession. Et même si Sa Sainteté ne lit pas régulièrement Closer, elle est évidemment au courant des dernières frasques du chef de l’Etat français.
Les successeurs de Saint Pierre n’ont décidément pas de chance avec les présidents de la Fille ainée de l’Eglise. La dernière fois, Sarkozy, fraîchement divorcé pour la deuxième fois, était arrivé avec un comique troupier de la pire des vulgarités, Bigard, et la mère de sa maitresse de l’époque, Carla qu’il n’avait pas encore épousée. L’Allemand avait fait mine si ce n’est de ne rien savoir du moins de ne rien voir. On s’interroge pour savoir par qui, cette fois, Hollande va se faire accompagner. Guy Bedos ou -pourquoi pas ?- Dieudonné ? Le papa de Mlle Gayet ? L’Argentin sera sans doute plus regardant.
Mais cette visite officielle au Vatican ne sera pas réservée à la seule presse « people ». Hollande ne vient pas ici chercher ses pénitences auxquelles il aurait droit pour ses péchés. Il tente de poursuivre sa campagne de reconquête de l’électorat français. Même si nos églises sont de plus en plus désertées, même si les pratiquants se font de plus en plus rares, la morale dite « chrétienne » est encore l’un des fondements de notre civilisation et le poids des voix catholiques pèse encore lourd dans les urnes. Beaucoup plus lourd en tous les cas que les voix de l’Islam, du moins tant que les étrangers n’auront pas le droit de vote.
Or, depuis qu‘il est à l’Elysée, en suivant à la lettre les injonctions de la franc-maçonnerie, en fêtant l’Aïd el Kébir et le Kippour mais en oubliant Noël, en pratiquant une laïcité à géométrie variable, Hollande s’est évidemment mis à dos une bonne partie des baptisés de France. Les Français n’apprécient déjà pas tous qu’il se roule dans le stupre, mais le mariage accordé aux sodomites et les projets sur l’euthanasie ont scandalisé beaucoup de ceux qui, dans leur enfance, avaient écouté le message du Christ.
Le Pape François qui s’oppose au mariage des prêtres n’est pas non plus favorable à celui des homosexuels. Il va sûrement le rappeler au Français. Quant à l’idée d’achever les mourants incurables elle ne semble pas non plus l’emballer.
Bref, si sur le plan de sa privé, Hollande confesse ses fautes et s’engage à se remettre sur le droit chemin –c’est-à-dire à épouser la mère de ses quatre enfants et à ne plus revoir aucune de ses maitresse- il pourra sans doute obtenir le pardon. Mais sur le plan politique, il ne faut pas qu’il se fasse d’illusion, il n’aura jamais la bénédiction du Pape pour la politique qu’il mène.
En fait, cette visite est tout simplement ridicule et relève même de la provocation. Il y a bien peu de chances qu’elle fasse remonter Hollande dans les sondages où il plafonne toujours à 22%.

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