Tous les journalistes qui ont accompagné François Hollande, hier, en Corrèze avec l’espoir de l’entendre annoncer sa rupture avec Valérie Trierweiler en ont été pour leurs frais. Il n’a rien dit de ses nouvelles amours. Mais tous ont été surpris de l’entendre, tout au long de cette interminable journée, répéter, à maintes reprises et à propos de n’importe quoi, qu’il n’y avait « qu’une seule France ». Au point que Le Figaro de ce matin parle de « la nouvelle anaphore » du chef de l’Etat. Visiblement, Hollande rôdait hier son nouveau slogan, le thème sur lequel lui et les siens vont maintenant essayer de jouer pour tenter de se requinquer.
Sur le papier, l’idée n’est pas mauvaise. Parler de « la France », de l’union sacrée, presque de « la Nation » ne pourrait que rassurer les Français totalement désespérés après toutes ces années pendant lesquelles tous nos gouvernants, de droite comme de gauche, n’ont fait que décrier la France en se vautrant dans la repentance, en nous affirmant que l’avenir c’était l’Europe et la mondialisation à tout-va, que l’immigration était la chance du pays, que la diversité ethnique ou culturelle était un enrichissement, qu’il fallait oublier les racines chrétiennes, etc.
Les Français savent très bien que la France n’est plus le très grand pays d’autrefois qui s’imposait à la face du monde par son histoire, par sa culture, par sa puissance économique. Ils ont aussi compris qu’ils avaient perdu leurs frontières, leur monnaie, qu’ils étaient désormais soumis à tous les diktats des technocrates de Bruxelles et des financiers de Wall street et que les Roumains et autres Bulgares pouvaient désormais venir s’installer en France comme chez eux et d’ailleurs comme tous les autres membres de l’Union européenne.
Il n’empêche que nombre d’entre nos compatriotes s’entêtent à aimer leur pays, leur drapeau, leurs villages et leurs cathédrales, ce passé où s’entrecroisent Vercingétorix, Clovis, Louis XIV, la Révolution, Napoléon, Clemenceau et de Gaulle, cette bibliothèque où se mêlent Molière, Racine, Voltaire, Baudelaire et Hugo. On a beau leur répéter que « la France, c’est fini ! », ils n’en croient rien. Bougonnant dans leur coin, ils continuent à se sentir fiers d’être français si ce n’est fiers de la France d’aujourd’hui.
Et précisons que ces Français heureux de la beauté de leurs paysages, des pages glorieuses de leur Histoire, de l’universalité de leur culture ne sont ni xénophobes, ni racistes, ni même fascistes. Curieusement d’ailleurs la France est le seul pays au monde où le patriotisme, la préférence nationale et, a fortiori, le nationalisme sont considérés comme des délits contre le politiquement correct alors pourtant qu’il est de bon ton, chez nous, d’admirer le nationalisme des autres, dès qu’il est algérien, vietnamien, voire … corse et, en tous les cas, d’envier le patriotisme allemand ou américain.
Que le président de la République française se mette à évoquer « la France » serait donc une bonne nouvelle et d’autant plus qu’il parle d’« une seule France ». On veut espérer qu’il s’agit de… la France « éternelle ». En même temps que le socialiste sectaire se serait converti au libéralisme, l’internationaliste farouche découvrirait les vertus de la Nation…
L’ennui c’est que, là aussi, Hollande dit le contraire de ce qu’il a fait, fait et fera. Pour lui, la France doit être multiculturelle, multiethnique, la diversité doit être protégée, encouragée, les communautés –c’est-à-dire le communautarisme- doivent être bichonnées, financées, mises en avant. Toutes choses auxquelles la « seule France » se refuse puisqu’elle exige évidemment que tous ses enfants quelles que soient leurs origines, leur race, leur religion, respectent les mêmes lois, la même civilisation, les mêmes modes de vie.
Hollande invoque « la seule France » or jamais la France n’a été aussi divisée, aussi morcelée en autant de « castes ». C’est pire qu’en Inde avec les Brahmanes, les Kshatriyas, les Vaishyas, les Shudras et les Intouchables. Nous avons les riches(issimes), les hauts fonctionnaires, les petits fonctionnaires, les patrons, les salariés, les chômeurs, les Français de souche, les immigrés naturalisés, pas naturalisés, clandestins, les gens de gauche, les gens de droite, les blancs, les noirs, les jaunes, les chrétiens, les musulmans, les hétéros, les homos, etc.
Autrefois, avec tout cela, on faisait « d’excellents Français », comme disait la chanson. Aujourd’hui, la France n’est plus qu’une mosaïque éclatée, qu’un patchwork en lambeaux où chacun jalouse, méprise, redoute, déteste l’autre. C’est la lutte des classes, des castes, des communautés, pauvres contre riches, jeunes contre vieux, public contre privé, noirs contre blancs, musulmans contre infidèles…
Ce délitement de notre société avait commencé avant l’arrivée de Hollande, mais il n’a fait que l’aggraver pour caresser dans le sens du poil les castes de sa clientèle en déclarant la guerre aux riches, en ne parlant que des jeunes, en embauchant de nouveaux fonctionnaires, en ressortant à des fins purement électoralistes l’épouvantail du racisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie.
Et aujourd’hui, entre une imposture idéologique et son Vaudeville personnel, il ose nous dire qu’il n’y a qu’« une seule France »…

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