On peut penser ce qu’on veut des études d’opinion, mais le sondage Ifop que publie, ce matin, le Journal du Dimanche est tout de même étonnant.
Pour 84% des Français, la révélation par le magazine Closer de la liaison entre Français Hollande et l’actrice Julie Gayet n’aurait aucune importance et ne leur aurait pas fait changer d’opinion sur le président de la République. Pour 13% seulement des sondés, cette histoire aurait à leurs yeux davantage encore abimé l’image du chef de l’Etat. Et pour 3% elle aurait, au contraire, amélioré son image.
On dira que, vu le niveau de Hollande dans tous les sondages depuis des mois, ses dernières turpitudes pouvaient difficilement le faire dégringoler encore plus dans l’opinion de nos compatriotes. Après tout qu’il s’envoie en l’air avec n’importe qui a tout de même moins d’importance que les innombrables erreurs et les échecs en cascade de sa politique. Il n’y a aucun doute que s’il avait, en un an et demi, réduit le chômage, les impôts, la dette et l’insécurité (qui n’ont fait qu’augmenter) on pourrait parfaitement lui pardonner de se rouler dans le stupre à longueur de nuit et que, tout en rigolant un peu, tout le monde serait alors d’accord pour respecter ce qu’il appelle sa « vie privée ».
Un président de la République est jugé sur ses résultats mais aussi sur son image. Cela fait d’ailleurs quarante ans que les résultats de tous nos présidents successifs –Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy- sont catastrophiques comme le prouve, hélas, la situation de la France. Mais Giscard et Sarkozy ont été, évidemment, rejetés par les Français à cause de leur image. Les Français ne supportaient plus la morgue prétentieuse et donc ridicule de Giscard et l’agitation vibrionnante et inefficace de Sarkozy a fini par leur sortir des yeux. Mitterrand et Chirac, eux, avaient tout de même l’air d’être des chefs d’Etat même s’ils ne faisaient pas mieux que les autres. Ils sont été réélus.
Sur le plan des résultats, Hollande fait pire que tous les autres. Et question image, en voulant singer le président « normal », il affiche une médiocrité affligeante, dégotant encore plus mal que son prédécesseur. Et, jouant maintenant à l’Elysée, encore plus que Sarkozy, les pièces de Vaudeville, avec des maitresses, des concubines, des cocottes qui entrent par une porte et disparaissent dans un placard, il se rend grotesque.
Si 84% des Français lui « pardonnent » sa vie de patachon c’est sans doute parce qu’ils ne veulent plus de lui car, contrairement à ce que nous répètent inlassablement aujourd’hui tous les commentateurs patentés, personne, ni en France ni ailleurs, ne considère la vie privée d’un chef d’Etat comme sans importance et comme devant être protégée par le « secret défense ».
D’abord, parce qu’un galopin qui ne pense qu’à courir derrière les jupons ne peut guère consacrer sa vie à la France. Ensuite, parce que le monde entier a forcément les yeux braqués sur tous les chefs d’Etat de la planète et qu’au moindre dérapage la presse de toute la planète en fait ses choux gras. L’image de la France n’était déjà plus étincelante depuis quelque temps. Il faut lire la presse internationale d’aujourd’hui. A la « une » de tous les journaux, les coucheries du président de la République française l’emportent sur la mort d’Ariel Sharon.
On nous affirme que les temps ont changé, que les mœurs ne sont plus les mêmes, que « Tante Yvonne » était d’un autre siècle, qu’aujourd’hui deux hommes ou deux femmes peuvent se marier devant monsieur le maire, que le divorce ne va plus être qu’une simple formalité, qu’on va bientôt pouvoir fumer du cannabis et achever les malades incurables. Rien ne prouve que la France « profonde » apprécie cette nouvelle société.
Rien ne prouve non plus –malgré ces 84%- que la majorité des Français souhaite vraiment que l’Elysée se transforme en lupanar.

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