Depuis quelques mois déjà, François Hollande ne déçoit plus personne car plus personne -à part peut-être son entourage le plus immédiat- ne se fait la moindre illusion. Mais il parvient encore à surprendre, à étonner, voire même à stupéfier.
Hier soir, en nous présentant ses vœux pour la nouvelle année, le chef de l’Etat était sidérant. Etait-ce de la lâcheté, de l’hypocrisie, de l’inconscience ou de l’amnésie ? Il avait totalement oublié qu’il était… président de la République depuis plus d’un an et demi. C’est-à-dire, puisqu’il a tous les pouvoirs depuis dix-neuf mois, seul et unique responsable de la situation du pays, ce qui veut dire de tous nos malheurs.
En l’écoutant, on croyait entendre un observateur lointain et détaché qui énumérait toutes les banalités, cruellement réelles, hélas, qu’on serine depuis des années sur la France.
Après nous avoir dit que l’année 2013 avait été « difficile » ce que soixante millions de nos compatriotes subodoraient pour l’avoir vécu personnellement au quotidien, il nous a « révélé » que les impôts étaient trop lourds en France, que la règlementation compliquait trop la vie des entreprises et des citoyens, qu’il fallait réduire la dépense publique en faisant des économies partout où c’était possible, que le problème de l’emploi devait être au cœur des toutes les préoccupations, qu’il fallait que la France accomplisse sa transition énergétique et même qu’il fallait aimer la France, ce qui serait, en effet, une très bonne idée.
C’était une analyse un peu succincte mais parfaitement exacte des maux les plus graves dont nous souffrons. Trop d’impôts, trop de lois, trop de dépenses publiques, trop de chômage et même ce fameux et détestable penchant à la repentance et au dénigrement systématique de notre pays.
En fait, c’était, à demi-mots, un éreintage en règle de la politique menée par nos responsables politique au plus haut niveau qui, en dépit de toutes leurs promesses, sont totalement incapables de réduire les prélèvements obligatoires qui asphyxient notre économie, d’abroger tous les textes liberticides qui étranglent les entreprises comme les citoyens, de réduire le train de vie de l’Etat et, du même coup, de relancer la croissance, seul moyen de lutter efficacement contre la drame du chômage.
L’ennui c’est que le type qui dressait cet état des lieux, en enfonçant toutes ces portes ouvertes et en découvrant l’eau tiède si ce n’est le fil à couper le beurre, n’était autre que… le chef de l’Etat him self. Ce n’étaient pas des vœux qu’il nous adressait. Il se livrait à une curieuse séance d’autoflagellation publique car c’est bien lui qui a (après beaucoup d’autres, il est vrai) augmenté les impôts (la TVA aujourd’hui même), persécuté les entreprises, multiplié la législation, embauché des fonctionnaires, multiplié les emplois bidon à la charge de l’Etat, etc.
Certains pensaient, en l’observant dans ses petits jeux de politique politicarde, que Hollande était un sadique. En vérité, il est, aussi, masochiste. Il aime, par exemple, se ridiculiser en public.
Quand à propos du chômage (dont il devait, en principe et officiellement, nous annoncer l’inversion de la courbe, hier soir) il nous déclare textuellement : « les résultats sont forcément longs à apparaitre mais ils sont là », il est évident qu’il ne peut que faire sourire très amèrement les Français pour lesquels tant que les résultats ne sont pas apparus… ils ne sont pas là.
La grande idée de ces vœux a été ce « pacte de responsabilité avec les entreprises ». Hollande adore les pactes, il en sort de toutes ses poches depuis son arrivée à l’Elysée. Ca ne mange pas de pain et surtout ça ne veut rien dire. Il précise cette fois : « Moins de charges, moins de contraintes mais, en contrepartie, plus d’embauches et plus de dialogue social ».
Non seulement il reconnait donc qu’il y a trop de charges et de contraintes mais surtout il avoue qu’il n’a strictement rien compris à la vie des entreprises. Toutes les entreprises, des plus petites aux plus grandes, rêvent de pouvoir embaucher ce qui signifierait qu’elles ont davantage de clients, qu’elles sont devenues compétitives et qu’elles se développent. Même si tous les patrons sont des « salauds », comme le croit Hollande, ils n’ont tous qu’une seule idée en tête : gagner plus en augmentant leur production et donc inévitablement en embauchant. Ils n’ont pas besoin de signer un « pacte de responsabilité » avec un Etat, généralement irresponsable, pour connaitre leurs propres responsabilités.
Bref, même si les Français n’attendaient rien de ces vœux présidentiels, rares étaient ceux qui pensaient qu’ils seraient si médiocres.

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