Il vaut mieux tromper sa maitresse que s’en prendre à la liberté d’expression. Dans le sondage BVA pour l’Express publié aujourd’hui, François Hollande gagne 4 points (par rapport à un sondage du 3 janvier) et Manuel Valls en perd 6.
Il faut dire que le président de la République est depuis longtemps au fin fond du fin fond de toutes les enquêtes d’opinion et qu’il lui serait difficile de dégringoler encore davantage. Regagnant ces 4 points, il est toujours rejeté par 68% des Français. Quant au ministre de l’Intérieur, il caracolait dans ces mêmes sondages au-delà du raisonnable. En perdant 6 points, il obtient encore 49% d’opinions favorables et, perdant sa première place, se retrouve en deuxième position des personnalités politiques préférées de Français, derrière… Juppé.
Rien ne dit, bien sûr, que ce soit « l’affaire Gayet » qui ait (un tout petit peu) redoré le blason flétri de François Hollande. On peut imaginer que 4% de nos compatriotes sont assez naïfs pour croire en sa soudaine conversion au social-libéralisme et s’imaginer qu’il va réellement baisser les charges des entreprises pour leur permettre d’embaucher. Ils vont rapidement déchanter en s’apercevant que tous les « pactes » que nous propose le chef de l’Etat depuis son entrée à l’Elysée ne sont que des pochettes surprises totalement vides et que le camelot n’est qu’un bateleur de foire.
D’ailleurs, et on ne l’a pas assez dit, ce « pacte de responsabilité » est l’une des pires fumisteries du quinquennat. Tout le monde sait, reconnait et répète que, si l’on veut réduire le chômage, il faut permettre aux entreprises, seules capables d’embaucher, de redevenir compétitives, et donc qu’il faut, de toute urgence, alléger à la fois les charges qui les étranglent et la législation qui les asphyxie. Contrairement à ce qu’affirme la gauche, il ne s’agit en rien d’un « cadeau fait aux patrons » mais simplement d’une chance qu’on pourrait donner à notre économie de redémarrer. Il est donc absurde de vouloir, comme le fait Hollande, qu’il y ait une « contrepartie » à cette disposition qu’exigent les réalités. Quand on libère un prisonnier incarcéré par erreur, on le ibère sans condition.
Ce « pacte de responsabilité » n’est donc qu’une nouvelle blague de garçon de bains comme les aime François Hollande. D’ailleurs, il n’a pas le premier sou pour faire ces fausses générosités à nos entreprises avec cette énième usine à gaz. Et personne ne peut le croire quand il évoque des économies que ferait l’Etat. Il parlait du mille-feuilles administratif (et délirant) qui nous ruine, nous paralyse et permet à quelques millions de ronds-de-cuir, notamment dans l’administration territoriale, de pantoufler bien au chaud. Il n’a pas fallu 24 heures pour qu’il fasse machine arrière et nous annonce qu’il n’était pas question de supprimer les départements…
Ce sont donc peut-être ses nouvelles amours qui lui ont valu ces 4 points de mieux. Après tout, les Français adorent les Vaudeville et Valérie Trierweiler était souverainement antipathique.
Mais les Français aiment aussi Voltaire ce que Valls, trop familier, sans doute, de Cervantès et se prenant pour Don Quichotte, n’avait pas compris en se lançant dans son offensive contre Dieudonné. 6% des Français qui appréciaient jusqu’à présent ce « petit Sarkozy de gauche » ont été choqués par son offensive contre l’humoriste antisioniste, voire antisémite.
D’abord, parce que le ministre de l’Intérieur faisait une publicité stupéfiante à l’artiste contestable. Ensuite, parce que vouloir faire croire que le racisme ou l’antisémitisme étaient aujourd’hui des menaces pour la démocratie était évidemment absurde et relevait de l’évidente opération politicarde de bas étage. Enfin et surtout, parce que les Français sont viscéralement attachés à la liberté d’expression et qu’ils supportent de moins en moins bien la dictature de la pensée unique et de tous ces lobbies qui se sont autoproclamés défenseurs des valeurs de la République tout en les piétinant.
Un autre sondage (peut-être suggéré par l’Elysée) nous apprend aujourd’hui qu’un Français sur 2 avoue avoir trompé sa femme. Hollande gagne 4 points grâce à Feydeau, Valls en perd 6 la faute à Voltaire.

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