François Hollande est décidément un curieux bonhomme. Un vrai personnage de comédie. Il aurait pu servir de bouffon dans la commedia dell’arte. Le gros maladroit qui dit tout quand il ne veut rien dire et qui ne dit rien quand il a décidé de tout dire.
Sa conférence de presse d’aujourd’hui, annoncée à grands renforts de publicité, a été un numéro stupéfiant. Il s’était juré de se taire totalement à propos du sujet qui passionne tout le monde, ses nouvelles amours. On pouvait le comprendre. Mais il voulait nous expliquer en long et en large la nouvelle idée qu’il a lancée lors de ses vœux, le fameux « pacte de responsabilité » qu’il souhaite proposer aux entreprises. C’était d’ailleurs le sujet officiel de cette 3ème conférence de presse de son quinquennat.
Or, en trois phrases et en faisant la gueule, il nous a pratiquement tout avoué sur ses galipettes et, en deux heures et demie d’horloge et tout sourire, il a été totalement incapable de nous faire comprendre comment il pourrait bien mettre sur pied son « pacte ».
A propos de sa nouvelle passion pour l’actrice Julie Gayet révélée par Closer, il nous a d’abord répété « Les affaires privées se traitent en privé » (ce qui est vrai, sauf pour les personnages publics), puis il a tout lâché : « Notre couple traverse des moments douloureux, Valérie se repose, je répondrai aux questions avant mon voyage aux Etats-Unis, le 11 février ».
Autant dire qu’il a tout reconnu. Qu’il avait bel et bien une liaison avec la starlette, que Valérie Trierweiler, la concubine « officielle », n’était pas contente du tout et lui avait fait le coup de la dépression si ce n’est du suicide et qu’il hésitait encore entre les deux femmes qui doivent, évidemment, l’une et l’autre, l’une à l’hôpital, l’autre dans son nid d’amour douillet de la rue du… Cirque (ça ne s’invente pas !), menacer leur amant commun et mollasson de faire l’un des plus beaux scandales de la Vème République si jamais il choisissait « l’autre ». Après le combat Ségolène-Valérie, on pourrait bien avoir le combat Valérie-Julie. Ces dames s’étripent pour ce Don Juan de pacotille.
Le chef de l’Etat n’attendrira personne avec les « moments douloureux » de son couple. Il y a, aujourd’hui, en France, cinq millions de chômeurs qui vivent, depuis des mois, des moments encore plus « douloureux » et cette impudeur d’adolescent pleurnichard est parfaitement indécente. Et, en plus, ici aussi, ici encore, il est infoutu de décider, de trancher, de choisir. Il nous demande un délai de réflexion. Son coeur balance. Il se donne un petit mois pour décider entre la vieille Valérie et la jeune Julie. Il est vrai qu’il peut difficilement aller en voyage officiel à Washington… avec les deux.
Non, il aurait mieux fait ou de se draper dans sa dignité de président (ou ce qu’il en reste) et de répondre sur un ton un peu cassant : « Il n’est pas question que j’aborde ici des problèmes de ma vie privée » ou de jouer les hommes « normaux » et de déclarer d’un mot : « Valérie Trierweiler et moi avons décidé, d’un commun accord, de nous séparer ». Mais la franchise, voire le courage ne font pas partie de ses défauts essentiels. Ce type est un… biaiseur devant l’éternel.
D’ailleurs il a biaisé aussi avec son « pacte de responsabilité ». Le 31 décembre, il nous avait dit que ce serait du donnant-donnant. L’Etat imposerait moins de charges et moins de normes contraignantes aux entreprise qui, en contrepartie, embaucheraient et pratiqueraient davantage le dialogue social.
Aujourd’hui, il nous a dit que, d’ici à 2017, les entreprises ne paieront plus les cotisations familiales. C’est évidemment une bonne nouvelle. Ces cotisations représentent 30 milliards par an. Mais où l’Etat va-t-il récupérer ces 30 milliards ? En faisant des économies, répond Hollande. Oui, mais où, quand, comment ?
30 milliards, ça ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval et d’autant plus que le président nous a juré qu’il n’y aurait « pas de transfert des charges des entreprises sur les ménages » tout en nous annonçant qu’il y aurait « 50.000 emplois aidés de plus pour les jeunes dès cette année ». Tout cela est parfaitement incohérent. Il a raison de vouloir baisser les charges des entreprises qui en crèvent mais il faut alors qu’il ait le courage de dire qu’il va augmenter les impôts des contribuables (qui n’en peuvent plus) ou qu’il précise où il compte faire ces fameuses économies.
D’autre part, on comprend l’inquiétude de la gauche qui pense que ce « pacte de responsabilité » n’est qu’un marché de dupes. Cela veut dire quoi « embaucher » et « pratiquer le dialogue social » ? Qui contrôlera qu’il s’agit bien d’un « donnant-donnant ». Le Medef parle de l’embauche d’un million de chômeurs. Mais c’est bien flou. Rien n’est précisé dans le pacte ce qui permet à la gauche et aux syndicats de parler d’un nouveau cadeau fait au patronat et sans la moindre garantie qu’il y ait la moindre « contrepartie » ce qui fait ressembler déjà ce pacte à une usine à gaz.
Hollande a avoué ce qu’on subodorait depuis longtemps qu’il était « social-démocrate » tout en reconnaissant que « pour retrouver la croissance c’est sur l’offre qu’il faut agir » c’est-à-dire sur les entreprises qu’il faut s’appuyer. Très bien. Mais, si on l’a bien compris aujourd’hui, pour lui, la social-démocratie voudrait dire baisser les recettes et augmenter les dépenses.
Ajoutons qu’il nous a aussi annoncé, en douce, un prochain projet de loi sur ce qu’il n’ose plus appeler l’euthanasie et qui s’appelle l’assassinat des malades incurables. On aimerait qu’il y ait encore plus de monde dans la rue pour s’opposer à ce projet (cher à Hitler) qu’il n’y en a eu contre le mariage des homosexuels…

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