On peut penser ce qu’on veut de l’Europe, se réjouir de voir disparaitre nos nations dans un magma informe, croire que, sans l’Europe, il y aurait eu une nouvelle guerre entre la France et l’Allemagne, et que, sans l’euro, nous aurions eu une crise économique catastrophique avec une montée dramatique du chômage, trouver parfaitement normal que des fonctionnaires apatrides, sans aucune légitimité et luxueusement payés nous imposent leur volonté, leur loi et leurs normes, il n’empêche que même les « Eurolâtres » les plus fanatiques qui continuent à « sauter comme des cabris sur leurs tabourets » devraient avoir l’honnêteté de reconnaitre que cette année 2014 commence en donnant une image bien dévastatrice de cette Europe qui était censée nous apporter si ce n’est le luxe, le calme et la volupté du moins la plus belle des prospérités.
Ce 1er janvier 2014 a été marqué par trois événements européens prévus de longue date. Les Roumains et les Bulgares ont désormais tous les droits de venir travailler chez nous, la Lettonie entre dans la zone euro et la Grèce prend pour six mois la présidence de l’Union européenne. Dans le genre « n’importe quoi » auquel elle nous avait pourtant habitués depuis longtemps, l’Europe se surpasse !
Tout le monde reconnait, à commencer par notre propre ministre de l’Intérieur que les Roumains et les Bulgares, en clair les Roms, posent un problème et qu’« ils ont vocation à rester ou à rentrer chez eux » (dixit Manuel Valls). Or, nous leur ouvrons, depuis hier, toutes grandes nos portes qu’ils franchissaient jusqu’à présent par effraction. Ces dizaines de milliers de Roms qui vont déferler maintenant en toute légalité chez nous, vont-ils vraiment nous apporter la tranquillité et la prospérité promise par le paradis européen ? Rien n’est moins sûr et il semble bien qu’une grande majorité de Français en doute. Mais il est vrai que cela fait belle lurette qu’on ne demande plus leur avis à nos concitoyens et que, quand ils le donnent, nos dirigeants n’en tiennent strictement aucun compte.
Peu de Français connaissent la Lettonie, pauvre petit pays de 2 millions d’habitants perdu dans les brumes de la Baltique. Que Riga soit la 18ème capitale à entrer dans la zone euro nous laisse donc totalement indifférents. La seule question que nous pourrions éventuellement nous poser serait « Et ça va nous coûter combien ? ». Ce qui est sûr c’est que 58% des Lettons étaient encore la semaine dernière hostiles à cette entrée de leur pays dans l’euro. Eux aussi d’ailleurs, craignant à juste titre des augmentations de tous les prix à cette occasion, se demandaient combien ce changement de monnaie allait leur coûter.
Enfin, cerise sur le gâteau, c’est Athènes qui prend la présidence de l’UE. Certes, la Grèce est la mère de la démocratie et de notre civilisation. Mais elle est surtout le plus mauvais élève, le cancre absolu de l’Europe. Personne n’a oublié qu’il y a quelques mois il nous a fallu la renflouer à plusieurs reprises à coups de milliards d’euros et chacun sait que rien n’ayant changé dans les mauvaises habitudes des Grecs (qui sont charmants) l’économie grecque est dans le coma et sous-perfusion. Leur confier la présidence du « machin » relève de l’inconscience si ce n’est de la provocation. On imagine sans peine le sourire de mépris d’Angela Merkel, seule véritable patronne de l’Europe.
Les « Eurosceptiques » ne sont peut-être que des réactionnaires accrochés à un passé révolu mais il faut tout de même reconnaitre que les « Eurolâtres » viennent de leur offrir pour le Nouvel an quelques arguments joliment empaquetés.
Les élections européennes de cette année vont être intéressantes à observer. Et si les électeurs ouvraient les yeux et, avant de glisser leur bulletin dans l’urne, dressaient le bilan de ce que l’Europe leur avait vraiment apporté… et fait perdre.

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