Nos commentateurs patentés ont beau continuer à nous affirmer que les Français ne s’intéressent pas aux « histoires de cul » du président de la République, la France entière attendait hier avec impatience le communiqué officiel annonçant la rupture entre François Hollande et Valérie Trierweiler et toutes nos chaines de télévision et de radio, sans exception, ont consacré d’interminables « émissions spéciales » au dernier acte de ce Vaudeville, avec « directs » de l’Elysée, de la Lanterne, de l’Assemblée et même « duplex » de Bombay. CNN et la BBC en ont fait autant ainsi d’ailleurs que la plupart des radios et des télévisions étrangères. Cela faisait d’ailleurs bien longtemps que la France n’avait pas fait ainsi la « une » de toute la presse mondiale !
Le plus surprenant dans l’affaire a été la flagornerie à l’égard du souverain dont a fait preuve, une fois de plus, pendant toute la soirée, la plupart des journalistes français.
Alors qu’il est évident –et toute la presse étrangère l’a abondamment souligné- que le président de la République française s’est totalement ridiculisé pendant quinze jours avec ces pantalonnades, son scooter, son casque de moto, sa starlette, ses escapades dans la garçonnière de sa poule à deux cents mètres de l’Elysée, discréditant honteusement et sans doute à jamais son image de chef d’Etat, les courtisans du petit écran se sont extasiés sur « l’honnêteté » de l’homme qui reconnaissait « une situation difficile, douloureuse » et surtout « son courage à décider » la rupture.
On a même entendu un « spécialiste » déclarer sans rire : « On a souvent reproché à Hollande d’être toujours hésitant, de ne pas savoir choisir, trancher, prendre une vraie décision. Il vient de prouver là le contraire ». Et ce type a sa carte de presse !
Hollande n’a rien avoué du tout. Totalement inconscient de sa fonction, il s’est fait pincer par un paparazzi comme un vulgaire collégien boutonneux en vadrouille allant chez les filles. Il n’a rien décidé du tout puisqu’on nous dit que cette liaison « extraconcubinale » avec la starlette dure depuis deux ans et qu’il a mis quinze jours pour reconnaitre, devant les rires du monde entier et surtout la furie de Valérie Trierweiler, que cette « bigamie » désormais publique ne pouvait plus s’éterniser.
Non, contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, en annonçant sa rupture avec sa vieille maitresse déchue, Hollande n’a pas démontré à la face du monde qu’il avait l’étoffe d’un chef d’Etat capable de prendre des décisions importantes. Il a prouvé, une fois de plus, qu’il capitulait devant des situations intenables dans lesquelles il s’était lui-même fourré.
En huit jours, Hollande nous a annoncé qu’il avait viré vers la social-démocratie et qu’il avait viré Valérie Trierweiler. Un spécialiste du virage en tous genres ! Mais, dans un cas comme dans l’autre, il n’avait pas le choix. Sa politique était catastrophique, sa vie de patachon s’étalait sur la place publique.
Aujourd’hui, on nous dit que Valérie Trierweiler était odieuse, que Julie Gayet a un talent fou et qu’il faudrait réfléchir à un statut de « la première dame de France ».
Si tout le monde savait que Valérie Trierweiler était souverainement antipathique, personne ne connait encore les talents cachés de Julie Gayet. Nous attendons pour voir, prêts à tout et même au pire. Mais pour ce qui est du statut, ce n’est pas celui de l’épouse, de la maitresse ou de la concubine du chef de l’Etat qu’il faudrait préciser mais bien celui du chef de l’Etat lui-même.
L’article 5 de la Constitution déclare que « Le président de la République veille au respect de la Constitution ; il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat ; il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités ». Il faudrait sûrement ajouter quelque chose comme : « Par sa conduite irréprochable, il sert d’exemple au peuple français et incarne aux yeux du monde l’image de la France ».
Après les affaires Strauss-Kahn et Cahuzac (déjà deux socialistes), ce ne sont pas les pitoyables galipettes de Hollande qui vont redorer l’image de la France. Son prochain voyage officiel aux Etats-Unis va être épouvantable.
Mais demander qu’un chef de l’Etat ait une conduite irréprochable est sans doute du domaine de l’utopie…

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