Manuel Valls (qui commence à être sifflé dans la rue) vient de recevoir la première grande claque de sa brillante carrière. Il ne l’a pas volée. Le tribunal administratif de Nantes a rejeté l’arrêté du préfet qui, à la demande du ministre, interdisait le spectacle de Dieudonné. Mais pourquoi diable Valls s’est-il lancé dans cette « affaire » Dieudonné ?
Ce matin, il déclarait qu’en politique il fallait « savoir prendre des risques ». C’est parfaitement vrai et cette vérité première ne pouvait que plaire à l’opinion qui commence à en avoir plus qu’assez de cette faune politique, toutes couleurs confondues, qui, tétanisée par la pense unique et le politiquement correct, se contente désormais de bredouiller des lieux communs et des vœux pieux pour justifier son immobilisme suicidaire.
En voulant interdire les spectacles de l’humoriste, le fringuant ministre de l’Intérieur pensait à la fois se refaire une vertu à gauche et continuer ses opérations de charme vers la droite. Il caressait dans le sens du poil toutes les officines « droits-de-l’hommiste » et, en même temps, s’en prenait à la clientèle de Dieudonné qu’un de ses prédécesseurs avait qualifiée de « racaille ». Mais la censure est plus difficile à manier que le Karcher. « Prendre des risques » ne veut pas dire jeter des allumettes dans un baril de poudre. Si, ce soir ou demain, il y a des incidents en marge du spectacle de Dieudonné, le responsable de ces « troubles à l’ordre public » ne sera pas l’humoriste mais bel et bien le ministre qui lui aura fait une telle publicité en faisant de lui le défenseur de toutes les libertés.
Quand on veut faire de la démagogie (et qu’on est ministre de l’Intérieur) il faut s’en tenir aux grands principes de la République. Et le premier de ces grands principes est le respect de la liberté d’expression. Contrairement à ce que pense la plupart de nos dirigeants, cette liberté d’expression n’est pas réservée aux seuls courtisans, aux seuls flagorneurs, aux seuls lécheurs en tous genres. Elle doit être aussi accordée à ceux qui agacent, qui choquent, qui scandalisent. Sinon, elle n’existe pas.
Valls a fait une énorme bourde en montant sur ses grands chevaux pour jouer les moralistes, les donneurs de leçons et les pourfendeurs du racisme. Il savait que les préfets auxquels il avait adressé sa circulaire obéiraient, le petit doigt sur la couture du pantalon, à ses souhaits. Les préfets exécutent toujours les instructions de leur ministre. Ils l’ont fait avec assiduité entre 1940 et 1944 sans que cela ne nuise à la suite de leurs carrières.
Mais il avait oublié que, dans un état de droit, il existait des recours contre les décisions administratives devant les tribunaux administratifs eux aussi et que les relations entre la Place Beauvau et la Place Vendôme étant ce qu’elles sont, les juges allaient de toute évidence, pour bien montrer leur fameuse indépendance, s’offrir avec délectation le luxe de désavouer et les préfets et surtout le ministre de l’Intérieur, au nom justement des grands principes que bafouait allègrement Valls.
La grande gueule d’hier avait, cet après-midi, des allures de tout petit garçon en annonçant qu’il allait porter l’affaire devant le Conseil d’Etat. Il s’était fait moucher et, à tant jouer avec le feu, s’était brûlé les doigts.
Cela dit, tout le monde semble avoir totalement oublié le calendrier. Pourquoi Valls (qui rêve de Matignon) a-t-il aujourd’hui seulement découvert que Dieudonné faisait, depuis des années, de la provocation en jonglant avec l’antisionisme et même parfois antisémitisme ?
Tout simplement parce que nous sommes à moins de deux mois et demi des élections municipales et qu’elles s’annoncent pour le moins difficiles pour le PS. C’est un grand classique de la gauche quand elle a besoin de se requinquer. Faute de pouvoir présenter le moindre résultat sur le plan économique ou social, elle sort et agite le drapeau de l’antiracisme pour se présenter en défenseur des valeurs de la République. On se souvient de l’affaire du cimetière de Carpentras.
Hollande et les candidats socialistes aux municipales ne pourront évoquer au cours de la campagne ni la baisse du chômage, ni le renflouement de nos comptes, ni une réduction du train de vie de l’Etat, ni le moindre réveil du pays. Alors ils vont nous raconter que nous sommes tous des racistes et qu’heureusement ils sont là pour nous remettre sur le droit chemin.
Aujourd’hui, la couverture scandaleuse du Nouvel Observateur (qui est en train de tomber entre les mains du trio infernal capitaliste qui possède déjà Le Monde) est révélatrice. En énorme « La haine », en sous-titre « antisémitisme, racisme, voyage dans la France xénophobe » et trois grandes photos : Dieudonné, l’écrivain Renaud Camus et… Eric Zemmour. Grâce à cette gauche bien-pensante, le noir Dieudonné est devenu raciste et le juif Zemmour antisémite.
On voit que, dans leur affolement, les gens de gauche sont prêts à taper fort et à dire n’importe quoi. Dans le même numéro, on trouve aussi une grande enquête sur « Le milliardaire et les flingueurs » (Dassault) et un long article sur « Paris : le chemin de croix de NKM ».
Cette campagne des municipales promet…

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