Après nous avoir tannés pendant quinze jours avec l’affaire Dieudonné, voici qu’on va nous bassiner avec les amours secrètes de François Hollande. Le magazine Closer révèle, ce matin, que le président de la République a une liaison avec une certaine Julie Gayet, petite actrice plus inconnue encore du grand public que ne l’était, hier, Dieudonné.
Le magazine fourmille de détails. Hollande quitte l’Elysée sur un scooter, suivi d’un seul garde du corps, passe la nuit dans le studio de la starlette et le garde du corps (payé par la République) apporte les croissants le lendemain matin.
Hollande a officiellement protesté en fin de matinée contre ce qu’il appelle « des atteintes au respect de la vie privée » et menacé d’engager des poursuites judiciaires contre Closer. Les spécialistes des « affaires de cul » du chef de l’Etat remarquent cependant qu’il n’a pas démenti cette liaison. Le débat qui s’ouvre n’est donc pas près de se terminer. Le chef de l’Etat est-il un patachon, un vieux cochon, un débauché, un dépravé, un obsédé sexuel ? Les Français commencent à se poser la question !
Mais il faut reconnaitre qu’après l’affaire Dieudonné, cette affaire Gayet oblige de se demander jusque dans quel tréfonds de bouillasse la France va dégringoler.
Le président de la République peut naturellement coucher avec qui il veut et rares seront les Français qui s’apitoieront sur le sort de Valérie Trierweiler, la dernière concubine en date connue, qui, en un rien de temps, avait su se rendre odieuse à tout le monde.
Ce qui est intéressant c’est d’observer que ce pouvoir avait, dans l’affaire Dieudonné, déclaré qu’il y avait « des limites à la liberté d’expression » alors que, pour l’affaire Gayet, il prétend qu’il faut « respecter la vie privée du chef de l’Etat ». Dans un cas comme dans l’autre, « ces messieurs qui nous gouvernent » ont « tout faux ».
Dans une véritable démocratie, il ne peut y avoir aucune limite à la liberté d’expression (mis à part, bien sûr, l’incitation à la pornographie et l’appel au meurtre). Ce n’est pas parce qu’un comique fustige, au-delà du raisonnable, dans une salle privée, la société et le régime en s’attaquant à tous les tabous, que le gouvernement peut le censurer sous prétexte qu’il représenterait un risque de troubles publics graves. Il faut être socialiste, pour, au XXIème siècle, oser censurer un humoriste, même s’il n’est pas toujours très drôle.
Mais, dans cette même démocratie, il est tout aussi évident que les hommes « publics » (qu’on confond trop souvent avec les filles publiques) n’ont pas à avoir de vie « privée ». Tous les Français ont parfaitement le droit de savoir avec qui couche le chef de l’Etat et à qui l’officier de police, chargé de la protection du président, apporte des croissants chauds tous les matins.
Les relations sexuelles d’un président de la République peuvent, en effet, avoir d’importantes conséquences sur la vie même du pays, expliquer telle ou telle décision, mieux faire comprendre tel ou tel virage politique ou diplomatique, telle ou telle subvention accordée par l’Etat, etc. Il arrive, hélas, de l’avenir du pays se décide parfois sur l’oreiller, chacun le sait.
Hollande semblait l’avoir, en partie, compris puisqu’il n’a jamais hésité à s’afficher, sans pudeur et en bafouant tout protocole, avec quelques-unes de ses maitresses.
Rien ne l’obligeait d’ailleurs à vouloir avoir une vie « publique » et il savait qu’en se présentant à nos suffrages il faisait le sacrifice de sa vie « privée ». Il aurait d’ailleurs du savoir qu’à l’époque de l’internet, les rois ne peuvent plus cacher leurs maitresses.
Mais il veut le beurre et l’argent du beurre, régner en maitre absolu et … « baiser à tout va ». C’était déjà le problème de son ami DSK. Or, le priapisme, qui affecte décidément bien des socialistes et qui, parait-il, ne se soigne pas, est incompatible avec la plus haute fonction de l’Etat.
Tout cela est désolant. Les atteintes effrontées à l’une de nos libertés les plus fondamentales au nom d’une pensée unique qui devient insupportable, ce président qui court les starlettes et se fait pincer comme un puceau de campagne par des paparazzis. Il encore il va être cruel de lire demain la presse étrangère
Le changement, oui. Tout de suite, maintenant, immédiatement. Au nom de la morale ? Peut-être un peu. Mais surtout au nom des valeurs de la République.

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