Archives par moisjanvier 2014



La rumeur, les soupçons, le boomerang

La rumeur est vieille comme le monde. Elle ressemble à s’y méprendre à la calomnie, chère au Barbier. D’abord, un bruit léger, rasant le sol, pianissimo, elle germe, elle rampe, elle chemine, rinforzando, puis, tout à coup, se dresse, siffle, s’enfle, grandit, s’élance, tourbillonne, éclate et tonne et devient, crescendo, un cri général, comme le racontait Beaumarchais.
Les progrès de la technologie ont transformé les rumeurs susurrées dans les arrière-salles des bistrots en un vacarme tonitruant à coup de SMS, de mails et de blogs divers. L’affaire de « la théorie du genre » en est le dernier exemple.
On connait l’histoire. Le ministère de l’Education Nationale et le ministère des Droits de la femme ont lancé un programme intitulé « ABCD de l’égalité » et testé dans dix académies sur les enfants de 3 à 15 ans. Selon les deux ministères, il s’agit de lutter contre les discriminations sexistes et d’apprendre aux enfants, dès leur plus jeune âge, qu’une fille peut devenir pompier (pompière ?) et un garçon infirmier (infirmière ?), voire qu’un petit mâle peut jouer à la poupée et une petite femelle aux soldats de plomb. Pourquoi pas ? On aimerait mieux qu’un petit garçon et une petite fille apprennent à lire, écrire, compter et rien ne dit qu’un homme ayant été habillé en fille et ayant joué à la poupée devienne un père de famille exemplaire. Mais on est habitué aux élucubrations et aux expérimentations bien souvent catastrophiques de nos gourous marxistes de la rue de Grenelle.
Certains militants d’extrême-droite se sont affolés et ont vu dans ce programme la volonté du gouvernement d’imposer à nos enfants « la théorie du genre » qui nie le déterminisme biologique et affirme qu’on ne nait ni garçon ni fille mais qu’on le devient. La toile a soudain été envahie de textes incendiaires affirmant que le ministère de l’Education Nationale faisait la promotion de l’homosexualité, organisait des cours d’éducation sexuelle dès l’âge de 3 ans, avec travaux pratiques et entrainement à la masturbation.
C’était évidemment excessif. Mais, on le sait, plus c’est gros mieux ça marche, et des parents ont répondu à l’appel d’un groupuscule intitulé « La Journée de Retrait de l’Ecole » et n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école pendant cette journée de protestation.
Vincent Peillon, le maladroit ministre de l’Education, s’est affolé à son tour et a envoyé à tous les directeurs de tous les établissements scolaires de France et de Navarre une circulaire leur intimant l’ordre de « convoquer » tous les parents ayant participé à cette « grève des enfants » pour leur rappeler que l’école était obligatoire (ce qui n’est pas vrai, c’est l’éducation qui est obligatoire, on peut éduquer son enfant chez soi) et leur préciser que le programme « ABCD pour l’égalité » n’avait rien à voir avec la moindre éducation sexuelle. L’affaire devenait une affaire d’Etat !
Il est évident que ces groupuscules d’extrême-droite en ont beaucoup rajouté et que tous nos professeurs d’école (puisqu’on ne doit plus dire instituteurs) ne sont pas obligés d’inciter nos bambins à devenir tous des homosexuels. Mais il faut bien reconnaitre que la « rumeur » s’appuyant sur des « soupçons » pour le moins légitimes, on comprend qu’elle ait eu un tel succès.
Faute de pouvoir régler les vrais problèmes du pays, ce gouvernement veut visiblement chambouler toute notre société. Il a instauré le mariage homosexuel ce qui est, évidemment, l’acte suprême pour nier les « genres » et il poursuit avec une obsession qui dépasse le raisonnable sa politique de « diversité », niant farouchement qu’un homme puisse, éventuellement, être différent d’une femme. Voilà qui a de quoi inquiéter certains parents qui ne sont pas forcément néo-nazis, ou homophobes.
Peillon accuse l’’extrême-droite de propager une rumeur scandaleuse. En fait, il reçoit en pleine tête le boomerang que ses amis et lui ont lancé. On peut soupçonner l’extrême-droite d’être prête à tout pour attaquer le gouvernement. Mais on peut soupçonner ce gouvernement du pire…

30 Jan 2014 | Comments (27)

Paris vaut bien… mieux que cela

Tout le monde attend avec impatience les élections municipales pour voir si les Français rejettent vraiment, autant que l’affirment tous les sondages, les socialistes. Depuis qu’ils sont au pouvoir, ils ont amplement démontré qu’ils étaient totalement incapables de faire face aux grands problèmes du pays (chômage, paupérisation généralisée, désindustrialisation du pays, déficits, poids des prélèvements, etc.) tout en provoquant de graves fractures au sein de la société française avec toute une série de réformes dites « sociétales » que rien n’imposait. Rien, si ce n’est, sans doute, une volonté délibérée de réveiller de vieilles querelles enterrées, comme si la gauche socialo-communiste, n’ayant plus rien à proposer, se croyait obligée d’en revenir au petit père Combes, à l’affaire Dreyfus et au programme de la franc-maçonnerie pour raviver le clivage droite-gauche et se remettre ainsi elle-même à exister.
Naturellement, les municipales sont d’abord des élections locales où chacun se choisit un maire, à la tête du client, en fonction d’un bilan ou d’un programme. Mais elles sont aussi un « sondage » en grandeur réelle. Or, on sait que tous les scrutins « intermédiaires » sont généralement mauvais pour le pouvoir en place, que le bilan des municipalités socialistes est rarement époustouflant, que François Hollande et ses amis sont rejetés par les trois-quarts des Français et que la gauche détenait jusqu’à présent une large majorité des villes grandes ou moyennes. On devrait donc, en toute logique, assister à un véritable raz-de-marée de la droite, même si celle-ci, c’est vrai, n’est pas particulièrement brillante dans son rôle l’opposition. Mais rien n’est sûr, évidemment. On commence même à se poser des questions
La bataille de Paris sera sans conteste la plus spectaculaire, la plus observée.
D’abord, parce que c’est Paris.
Ensuite, parce que Delanoë a incarné jusqu’à la caricature ce qu’est devenue la gauche française en privilégiant les bobos fortunés, les homosexuels militants, les amateurs de bicyclettes et de patins à roulettes et les joueurs de tam-tam, tout en oubliant, voire en méprisant la petite bourgeoisie, les modestes artisans, les commerçants du coin de la rue, tissu historique de la capitale. Le bilan de ses deux mandats se limite au triomphe de la Gay Pride, au tintamarre de la Techno-parade, au succès de la Nuit blanche, à Paris-plage, à vélib’, à un tramway et à la transformation des berges de la Seine en un pitoyable Luna Park. On ne peut plus circuler dans Paris, les jeunes couples et les petits vieux doivent émigrer en grande banlieue, on manque cruellement de crèches pour les enfants, l’insécurité et la saleté ont envahi même les « beaux » quartiers et la « Ville lumière » s’est éteinte, laissant la place de capitale intellectuelle de l’Europe à Londres ou à Berlin.
Enfin, parce que le hasard (ou la mode) fait que ce sont deux femmes qui s’affrontent sur le ring. A ma gauche, une héritière bien pâlotte mais sectaire comme on n’en fait plus beaucoup et qui semble avoir la bave aux lèvres chaque fois qu’elle ouvre la bouche. A ma droite, une ambitieuse flamboyante, prête à tout dévorer mais qui risque de manger son chapeau parce qu’elle est sans doute trop belle et trop intelligente, et surtout qu’elle le sait.
Anne Hidalgo c’est la grisaille militante façon Guy Mollet, Jospin ou Ayrault, des faux-gentils-vrais-méchants. Nathalie Kosciusko-Morizet qui aimerait être Chirac, c’est Giscard, ce genre de polytechniciens qui aiment l’accordéon ou le métro, reçoivent les éboueurs au petit déjeuner ou fument, devant les photographes, une clop avec les clochards. La première est dangereuse, venimeuse, la seconde pourrait rapidement devenir insupportable. Paris méritait sans doute beaucoup mieux.
Tous les sondages donnent Hidalgo largement victorieuse. C’est incompréhensible. Le bilan de Delanoë est dérisoire pour ne pas dire catastrophique, les socialistes sont rejetés et la créature de Delanoë, pasionaria socialiste et fière de l’être, l’emporterait ! Certes, NKM a raté sa campagne, accumulé les maladresses, provoqué des dissidences et l’UMP n’apparait toujours pas comme une alternative crédible. Mais tout de même ! Il faut reconnaitre qu’elle a une autre allure et un autre programme que la pétroleuse qui veut implanter des logements sociaux avenue Foch parce qu’elle n’a, sans doute, elle aussi, que la finance comme ennemie.
Ce soir, nous avons eu droit, sur LCI et Europe, au premier débat entre les cinq candidats parisiens. L’UMP, le PS, le Front de gauche, les Verts et le Front national. Les trois « petits » n’ont guère eu la parole. C’était déjà le deuxième tour. Mais NKM n’a pratiquement pas eu la parole non plus. Il faut dire que les deux animateurs, Michel Field et Jean-Pierre Elkabbach ne cachaient, ni l’un ni l’autre, leurs préférences. On connait les sympathies du premier et l’opportunisme du second. Ils étaient tout sourire devant le triomphe de la socialiste qu’ils avaient eux-mêmes programmé. Et la pauvre Nathalie avait déjà la mine résignée de la vaincue d’avance.
C’est dommage. Paris ne vaut sans doute plus une messe mais vaut tout de même bien mieux que ce duel féminin où les dés semblent pipés. NKM avait ce soir une occasion de faire exploser Hidalgo. Elle n’a pas su la saisir. C’est regrettable pour quelqu’un qui vise aussi l’Elysée…

29 Jan 2014 | Comments (6)

Il ose parler de « stabilisation »!

Il parait que François Hollande a obtenu son certificat d’études. On a peine à le croire. Pour décrocher ce diplôme prestigieux, il faut, en effet, en principe, avoir un minimum de connaissances en français et en arithmétique. On doit, par exemple, savoir que quand quelque chose augmente cela veut dire qu’il y en a davantage, que quand quelque chose baisse cela veut dire qu’il y en a moins et que quand quelque chose se stabilise cela veut dire qu’il n’y en a ni plus ni moins. Il n’est pas non plus inutile de savoir qu’inverser une courbe qui monte signifie la faire baisser.
Or, nous venons d’apprendre que le chômage avait encore augmenté au mois de décembre dernier. 10.200 chômeurs de plus. Ce n’est pas rien. Et Hollande nous a déclaré, depuis Ankara il est vrai, qu’il avait réussi à… « stabiliser » le chômage ! Les 10.200 pauvres types qui viennent d’être jetés à la rue, à la veille des fêtes, apprécieront sûrement. Le président de la République les prend pour quantité négligeable.
Certes, quand on en est à plus de 3,300 millions de chômeurs en ne comptant que la seule catégorie A (4,900 millions toutes catégories confondues et 5,900 millions en comptant l’Outre-mer) et qu’on a fait augmenter le nombre de ces chômeurs de cette catégorie A de 177.800 (de 278.700 toutes catégories) au cours de la seule année 2013, c’est-à-dire qu’on a battu tous les records historiques, on n’en est pas à 10.200 de plus ou de moins. Mais Hollande a tout de même un sacré culot !
Ce matin, la presse-aux-ordres (pardon pour cette tautologie) se permet une petite critique. Elle ne s’indigne pas, bien sûr, que le chef de l’Etat nous prenne pour des imbéciles en nous parlant de « stabilisation », non, elle se contente de reprocher à demi-mots à François Hollande de nous avoir raconter pendant des mois qu’il allait « inverser » cette fameuse courbe du chômage qui ne fait que grimper. Pourquoi, se demandent nos commentateurs, s’est-il ainsi engagé sur une promesse aussi difficile à tenir ?
Le problème n’est pas là, nous sommes habitués aux balivernes de nos dirigeants. La question est : pourquoi diable, alors que les choses s’arrangent nettement chez tous nos voisins, alors que la croissance semble redémarrer à travers la planète, alors qu’il a tous les pouvoirs, la France continue-t-elle à s’enfoncer dans la crise, dans le marasme, dans le chômage ?
Le pauvre Michel Sapin qui devient de plus en plus pitoyable chaque mois, au moment de la publication des chiffres de Pôle-emploi, nous déclare, tout fier de lui, que cela va beaucoup mieux pour les jeunes puisqu’il y a eu 2.300 jeunes chômeurs de moins en décembre dernier et 25.000 de moins au cours des huit derniers mois.
Sapin a tort de se vanter de cette (petite) baisse du chômage des jeunes. Tout le monde sait, en effet, que les moins de 25 ans bénéficient de toutes les « magouilles » gouvernementales pour truquer les chiffres, les emplois d’avenir, les contrats de génération, les emplois aidés, autant d’emplois précaires qui ne créent aucune richesse, ne donnent aucune formation aux jeunes en question et coutent une fortune à l’Etat en plombant davantage encore les finances publiques.
D’après les chiffres du ministère du Travail, 100.000 emplois d’avenir et 20.000 contrats de génération auraient été signés en 2013 ce qui signifie que cette baisse du chômage des jeunes est totalement artificielle.
Certes, grâce à tous ces tours de passe-passe, « la hausse a baissé », comme disait déjà Sarkozy, puisque au cours de l’année 2013 nous avions eu, au premier trimestre, 33.000 chômeurs de plus par mois, au deuxième trimestre, 18.000 de plus, au troisième trimestre, 5.500 et au quatrième trimestre « seulement » 2.500 de plus. Mais, tant que Hollande n’aura pas vraiment compris que seules les entreprises sont capables de créer de vrais emplois, il sera inutile de tricher sur les chiffres et de jouer sur les mots.
Il nous raconte maintenant –bien tardivement- qu’il l’a enfin compris et que son « pacte de responsabilité » qu’il propose aux entreprises en est la preuve. En observant les débuts de discussions que mène Jean-Marc Ayrault sur cette usine à gaz qui ne tient pas debout, on ne peut qu’être pessimiste. On nous dit aussi que Hollande va appeler à ses côtés Peter Hartz, le père des réformes de Gerhard Schröder qui ont sorti l’Allemagne de la crise dans les années 90. On tombe à la renverse ! N’y a-t-il pas un seul économiste français capable de rappeler quelques vérités premières au chef de l’Etat ? C’est vraiment n’importe quoi !
Cela dit, l’opposition ou ce qui en tient lieu n’est pas plus brillante. Jean-François Copé exige la démission de Michel Sapin. C’est grotesque. Il sait parfaitement que Sapin ne démissionnera pas. Le patron de l’UMP se croit dans une cour de récréation. Et d’ailleurs si on démissionnait tous les ministres ayant échoué, il y a bien longtemps qu’il n’y aurait plus eu de gouvernement.
Les uns nous mentent effrontément, les autres se ridiculisent. Nous ne sommes pas sortis du trou !

28 Jan 2014 | Comments (18)

La France bleue-rouge-noire

Qu’ils aient été 17.000, comme l’affirme la police, ou 160.000, comme le prétendent les organisateurs (ils ont sans doute été environ 60.000) n’est pas le plus important. Ce qui est essentiel c’est que ces dizaines de milliers de Français qui ont défilé, hier, pendant des heures à travers Paris, de la Bastille aux Invalides, aux cris de « Hollande démission », venaient de tous les milieux, de toutes les régions du pays, de tous les horizons politiques, de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche, qu’il y avait des catholiques intégristes mais aussi des partisans de Dieudonné, des « bonnets rouges » bretons mais aussi des « pigeons » parisiens, des chômeurs mais aussi de « petits bourgeois », des vieux et des jeunes, « des ouvriers et des paysans », comme disait autrefois le parti communiste, et que c’était un peu « le métro à 18 heures », comme disait jadis Malraux en parlant des gaullistes.
C’était la France bleue de la tradition, rouge de la révolution, noire de l’anarchie. Jamais sans doute dans notre histoire récente une manifestation n’avait réuni un tel mélange avec autant de gens si différents, si opposés mais qui tous marchaient soudain dans le même sens et criant tous « Hollande démission ».
Certes, ce « Jour de colère » a été organisé par la droite dure, ceux qu’on appelle maintenant « l’ultra-droite », les gens du « Printemps français » issus de la « Manifestation pour tous ». Tout est donc parti des opposants les plus radicaux au mariage des homosexuels. Mais ce vaste mouvement qui avait réuni des centaines de milliers de nos compatriotes et n’avait pas pu arrêter le projet de Christiane Taubira a pris de l’ampleur au fil des mois, attirant tous ceux que la politique du gouvernement scandalise, dans des domaines aussi différents que l’assouplissement de la loi sur l’IVG, la censure imposée à Dieudonné, l’augmentation des prélèvements et notamment de la TVA, ou les projets sur l’euthanasie.
Les gens qui défilaient hier n’avaient qu’un point commun : ils ne supportent plus Hollande. Ils lui reprochent son incapacité face au chômage, face aux déficits, face à la baisse des revenus des Français, face au délitement de l’Etat mais aussi, et sans doute plus encore, sa volonté de changer nos lois, nos mœurs, notre morale.
A-t-il vraiment été élu pour détruire systématiquement la famille telle qu’elle existait depuis quelques siècles en instaurant le mariage des homosexuels, pour banaliser à l’extrême l’avortement en faisant supprimer la notion de « détresse » dans les textes, pour légaliser l’euthanasie ? C’est-à-dire pour mettre à bas les grands principes (judéo-chrétiens) qui encadraient notre civilisation avec le sacro-saint respect de la vie ?
Tout le monde acceptait plus ou moins que les homosexuels vivent en couple, qu’en situation de détresse absolue une femme puisse avorter, que, dans des circonstances exceptionnelles, les médecins laissent mourir un malade incurable et agonisant. Mais en officialisant, légitimant, légalisant ces cas marginaux, Hollande chamboule notre univers. Quoi qu’en disent les sondages, il n’est pas sûr que l’écrasante majorité de nos compatriotes accepte cette révolution imposée.
Ce qui est grave c’est que l’opposition n’a visiblement rien compris. Paralysée par ses querelles de chefaillons, tétanisée par ses complexes, coupée des réalités du pays et ayant surtout perdu toutes ses « valeurs », elle n’a pas vu cette vague populaire qui se soulevait, annonçant peut-être la tempête. Du coup, ces foules « en colère » réclamant aussi bien du travail (pour les chômeurs), que la liberté d’expression (pour Dieudonné) ou que le droit à la vie (pour les grands malades) sont à la merci du premier venu et de la moindre organisation de dingues illuminés. On a entendu, hier, des slogans antisémites qui, bien sûr, ne peuvent que discréditer cette colère.
La marche s’est terminée par des débordements avec 250 interpellations de casseurs et 19 policiers blessés.
Il ne semble pas que le pouvoir ait pris conscience de la gravité de cette colère. La presse de ce matin nous parle des manifestations de Kiev où les Ukrainiens conspuent Ianoukovitch, de celles du Caire où les Egyptiens conspuent le général al Sissi, mais elle ne consacre que quelques lignes à celle de Paris où des Français ont conspué Hollande, préférant s’étendre sur le voyage à Bombay de la maitresse répudiée, la visite totalement inutile de Hollande en Turquie ou les débuts de la mise en place du « pacte de responsabilité », énième gadget présidentiel déjà voué à l’échec.
Le 14 juillet 1789, Louis XVI avait écrit sur son journal personnel : « Aujourd’hui, rien »

27 Jan 2014 | Comments (17)

C’est le statut du président qu’il faudrait préciser

Nos commentateurs patentés ont beau continuer à nous affirmer que les Français ne s’intéressent pas aux « histoires de cul » du président de la République, la France entière attendait hier avec impatience le communiqué officiel annonçant la rupture entre François Hollande et Valérie Trierweiler et toutes nos chaines de télévision et de radio, sans exception, ont consacré d’interminables « émissions spéciales » au dernier acte de ce Vaudeville, avec « directs » de l’Elysée, de la Lanterne, de l’Assemblée et même « duplex » de Bombay. CNN et la BBC en ont fait autant ainsi d’ailleurs que la plupart des radios et des télévisions étrangères. Cela faisait d’ailleurs bien longtemps que la France n’avait pas fait ainsi la « une » de toute la presse mondiale !
Le plus surprenant dans l’affaire a été la flagornerie à l’égard du souverain dont a fait preuve, une fois de plus, pendant toute la soirée, la plupart des journalistes français.
Alors qu’il est évident –et toute la presse étrangère l’a abondamment souligné- que le président de la République française s’est totalement ridiculisé pendant quinze jours avec ces pantalonnades, son scooter, son casque de moto, sa starlette, ses escapades dans la garçonnière de sa poule à deux cents mètres de l’Elysée, discréditant honteusement et sans doute à jamais son image de chef d’Etat, les courtisans du petit écran se sont extasiés sur « l’honnêteté » de l’homme qui reconnaissait « une situation difficile, douloureuse » et surtout « son courage à décider » la rupture.
On a même entendu un « spécialiste » déclarer sans rire : « On a souvent reproché à Hollande d’être toujours hésitant, de ne pas savoir choisir, trancher, prendre une vraie décision. Il vient de prouver là le contraire ». Et ce type a sa carte de presse !
Hollande n’a rien avoué du tout. Totalement inconscient de sa fonction, il s’est fait pincer par un paparazzi comme un vulgaire collégien boutonneux en vadrouille allant chez les filles. Il n’a rien décidé du tout puisqu’on nous dit que cette liaison « extraconcubinale » avec la starlette dure depuis deux ans et qu’il a mis quinze jours pour reconnaitre, devant les rires du monde entier et surtout la furie de Valérie Trierweiler, que cette « bigamie » désormais publique ne pouvait plus s’éterniser.
Non, contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, en annonçant sa rupture avec sa vieille maitresse déchue, Hollande n’a pas démontré à la face du monde qu’il avait l’étoffe d’un chef d’Etat capable de prendre des décisions importantes. Il a prouvé, une fois de plus, qu’il capitulait devant des situations intenables dans lesquelles il s’était lui-même fourré.
En huit jours, Hollande nous a annoncé qu’il avait viré vers la social-démocratie et qu’il avait viré Valérie Trierweiler. Un spécialiste du virage en tous genres ! Mais, dans un cas comme dans l’autre, il n’avait pas le choix. Sa politique était catastrophique, sa vie de patachon s’étalait sur la place publique.
Aujourd’hui, on nous dit que Valérie Trierweiler était odieuse, que Julie Gayet a un talent fou et qu’il faudrait réfléchir à un statut de « la première dame de France ».
Si tout le monde savait que Valérie Trierweiler était souverainement antipathique, personne ne connait encore les talents cachés de Julie Gayet. Nous attendons pour voir, prêts à tout et même au pire. Mais pour ce qui est du statut, ce n’est pas celui de l’épouse, de la maitresse ou de la concubine du chef de l’Etat qu’il faudrait préciser mais bien celui du chef de l’Etat lui-même.
L’article 5 de la Constitution déclare que « Le président de la République veille au respect de la Constitution ; il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat ; il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités ». Il faudrait sûrement ajouter quelque chose comme : « Par sa conduite irréprochable, il sert d’exemple au peuple français et incarne aux yeux du monde l’image de la France ».
Après les affaires Strauss-Kahn et Cahuzac (déjà deux socialistes), ce ne sont pas les pitoyables galipettes de Hollande qui vont redorer l’image de la France. Son prochain voyage officiel aux Etats-Unis va être épouvantable.
Mais demander qu’un chef de l’Etat ait une conduite irréprochable est sans doute du domaine de l’utopie…

26 Jan 2014 | Comments (16)

Les Verts: 30 ans d’incohérences

« A quoi servent encore les Verts ? » C’est la question que pose, ce matin, Libération, journal pourtant peu suspect d’être hostile à tous les soixante-huitards attardés partis élever des chèvres sur le Larzac et reconvertis depuis longtemps dans tous les business les plus juteux.
Cette interrogation est, d’ailleurs, à l’ordre du jour puisque non seulement les Verts vont célébrer, la semaine prochaine, leurs trente ans d’existence mais aussi et surtout parce que tout le monde se demande ce qu’ils vont bien pouvoir peser lors des municipales et des européennes.
Il faut dire que, depuis qu’ils sont au gouvernement, on les a un peu perdus de vue et que personne n’imagine qu’ils puissent refaire leur score des européennes de 2009, 16,3%, quand ils avaient Daniel Cohn-Bendit comme ténor emblématique.
Leur docile soumission aux socialistes et leur volonté affichée de s’accrocher aux charmes du pouvoir en avalant toutes les couleuvres les ont déconsidérés. Ils nous avaient raconté qu’ils acceptaient, en se bouchant le nez, de s’assoir à la table du Conseil des ministres pour faire démanteler nos centrales nucléaires et promouvoir les énergies renouvelables. Ces deux thèmes de campagne ont été depuis longtemps totalement oubliés. Et s’ils ont sans doute poussé le pouvoir à l’absurdité de rejeter l’exploitation du gaz de schiste –rare espoir de sortir la France de son marasme- on voit mal ce qu’ils ont pu faire d’autre depuis qu’ils sont « aux affaires », confortablement installés dans les palais de la République.
Mais, en réalité, le problème des Verts est plus fondamental. Les Français se sont –enfin- aperçus qu’ils étaient totalement incohérents et donc inaudibles.
Sur le papier, c’est-à-dire sur les tracts qu’ils nous distribuaient, l’écologie est plutôt séduisante. Il s’agit de sauver la planète, de sauvegarder la nature, de protéger la vie, de lutter contre ceux qui, jouant aux apprentis sorciers, font fondre les pôles, avancer les déserts, massacrent nos forêts, pourrissent notre air, polluent notre eau. On leur donnerait facilement raison même si, parfois, entrainés par leurs logorrhées, ils dérapent dans l’excès, notamment quand ils veulent croire que le charbon est moins polluant que l’atome, que les éoliennes pourront remplacer le pétrole ou que le gaz de schiste est un danger épouvantable alors qu’ils refusent même qu’on étudie le dossier.
Mais il faut les regarder dans l’action, ou du moins dans l’hémicycle et sur tous les plateaux de télévision. Qu’au nom de l’équilibre de la planète et des règles de la nature, ils demandent le retour des ours et des loups dans nos montagnes, quitte à sacrifier les moutons et même les bergers, est évidemment étonnant mais correspond à une certaine logique. Mais où on ne les comprend plus du tout et qu’on commence à se demander s’ils ne sont pas tombés sur la tête c’est quand, toujours en grands défenseurs des lois de la nature et en protecteurs vigilants de la vie, ils se mettent à glapir au premier rang des partisans du mariage pour tous, de l’avortement ou de l’euthanasie.
Or, de deux choses l’une. Ou on défend farouchement les lois immuables de la nature en affirmant que tous ceux qui y contreviennent mettent la planète en danger ou, en vertu des modes du jour et des alliances politiques, on prône le mariage entre homosexuels ce qui est –peut-être ??- un progrès pour l’espèce humaine mais ne correspond sûrement pas aux sacro-saintes lois immuables de la nature qu’ils prétendent défendre bec et ongles, rares étant les baleines (l’un de leurs animaux de prédilection) se livrant fréquemment à la sodomie.
Ou on défend passionnément la vie, son mystère, sa beauté, la vie des scarabées prunes (ils ont bloqué pendant des années la construction de l’autoroute Le Mans-Tours pour sauvegarder une dizaine d’arbres morts, refuge préféré des scarabées en question, les Osmoderma eremita, ou scarabées prunes), et on ressemble aux Jaïns indiens qui portent un voile devant la bouche pour ne pas avaler par mégarde un moustique, ou on trouve parfaitement normal de sacrifier la vie des embryons humains et d’achever d’une petit piqure bien placée les malades incurables ou gênants.
Il faut avoir un minimum de logique. On ne peut pas, à la fois, se battre pour sauvegarder l’équilibre des lois de la nature et vouloir accoupler des êtres humains du même sexe. On ne peut pas, à la fois, prétendre qu’il faut sauvegarder la vie, même celle du moindre insecte, et prôner l’avortement et l’euthanasie.
L’écologie française est un curieux mélange. Créée par le gouvernement de Vichy sous prétexte que « la terre, elle, ne ment pas » elle a été récupérée par les gauchistes fatigués par leur idéologie révolutionnaire dépassée. On comprend qu’entre Pétain et Trotski, ils puissent être incohérents.
Mais les Français n’en veulent plus et Libération a raison, les Verts ne servent plus à rien. Si tant est qu’ils aient jamais servi à quelque chose…
Que les bobos se mettent à manger bio ne gêne personne mais que, pour ménager les 2% qu’Eva Joly avait recueillis en 2012, le gouvernement refuse d’exploiter le gaz de schiste, contrairement aux recommandations que vient de donner Bruxelles, est aberrant.

25 Jan 2014 | Comments (3)

Le pape tirait la gueule…

Tout le monde est d’accord pour reconnaitre que le pape François a un très beau sourire. On voit que cet homme est foncièrement bon et prêt à accueillir, bras ouverts, tous les malheureux de la planète et même à pardonner bien des choses aux pauvres pécheurs que nous sommes.
Mais, ce matin, François faisait visiblement la gueule en recevant Hollande. Certains diront qu’il avait sans doute passé une mauvaise nuit en faisant un épouvantable cauchemar. Quel cauchemar ? Il rêvait qu’il allait être obligé de recevoir un mécréant irrécupérable.
Le mécréant arriva à l’heure dite et n’en menait pas large. Il savait parfaitement que, dans ces somptueuses salles de marbre du Vatican en enfilade qu’il traversait, il avançait, pieds nus et le corde au cou, sur un terrain miné.
Il se doutait qu’il allait évidemment se faire engueuler comme le pire des cancres et qu’il n’aurait jamais l’absolution du Saint Père. Mais le « malin » (au sens ancien du terme) se consolait en sachant que le secret le plus absolu entour ait toujours les audiences du pape et en espérant surtout que cette visite, totalement inutile, permettrait -peut-être- de faire croire à l’électorat catholique français qu’il avait obtenu si ce n’est cette absolution du moins une petite bénédiction, vite fait bien fait.
On ne saura donc jamais vraiment ce que les deux François ont pu se dire et on veut espérer que « l’explication de gravures » n’a pas dégénéré comme celle à laquelle le président de la République vient d’avoir droit dans son propre bureau avec Valéry Trierweiler.
Ce qui est frappant c’est que les deux récits édulcorés de la rencontre qu’on nous a offerts sont diamétralement opposés.
Dans sa conférence de presse, Hollande nous a raconté qu’ils avaient parlé de la situation internationale et notamment de la Syrie, de l’écologie, de la dignité humaine et qu’il avait lui-même longuement -pour ne pas dire lourdement- insisté sur la laïcité telle que la conçoit la République française. Et Hollande d’ajouter qu’ils avaient été d’accord sur tout.
Il n’y a aucun doute, le pape est un farouche partisan de la paix dans le monde. Pour ce qui est de la Syrie, il est prêt à tout mettre en œuvre pour faciliter une issue à ce conflit qui dévaste ce malheureux pays depuis trois ans. Mais il n’a sûrement pas pu s’empêcher de rappeler à Hollande ses délires guerriers de l’année dernière quand le petit Français, montant sur ses ergots, voulait partir en guerre contre Assad pour le punir et annonçait son soutien inconditionnel aux rebelles… islamistes.
Il n’est pas sûr non plus que Sa Sainteté apprécie à leur juste valeur les opérations guerrières lancées par le même Hollande aussi bien au Mali qu’en Centrafrique.
Le communiqué officiel publié par le Vatican à l’issue de la rencontre est totalement différent. A croire qu’il y a eu, en fait, deux rencontres distinctes. Pour le service de presse du pape, les deux hommes ont surtout parlé de la famille et de l’éthique. En clair, du mariage des homosexuels et de l’euthanasie. Les sujets qui fâchent. Et le Vatican n’évoque aucun accord entre les deux hommes.
Si le pape est bel et bien un chef d’Etat, comme le rappellent indéfiniment l’entourage de Hollande pour justifier ce voyage, son Etat est minuscule (Hollande compte-t-il aller à San Marin ou au Lichtenstein ?) il est surtout le chef de l’Eglise catholique et de son milliard de fidèles c’est-à-dire le gardien vigilant de ce qu’on peut appeler la morale chrétienne. C’est à ce titre que sa voix peut porter et qu’il peut avoir éventuellement un (petit) rôle à jouer dans la diplomatie internationale.
L’essentiel de son « job » c’est donc, bien sûr, l’éthique, la morale, la protection des « lois de Dieu » et de la nature, la sauvegarde de la famille et de la vie. Son domaine de prédilection c’est ce que Hollande et se amis appellent « le sociétal ».
Là, l’entretien ne pouvait que mal se passer et tourner court. D’un côté de la table, le Saint Père, attaché viscéralement à la famille, au mariage, au père, à la mère, aux enfants et à la vie au-delà même de l’extrême onction. De l’autre côté, un chef d’Etat, pire que le pire des anciens dirigeants du Kremlin puisqu’il a instauré le mariage entre personnes du même sexe et qu’il veut maintenant qu’on achève les malades incurables. Les murs du grand bureau ont dû trembler.
On imagine le pape s’écriant : « Ce n’est pas la peine, mon fils, que vous me fassiez la danse des voiles. Moi, je peux vous faire une démonstration de tango ».
Bref, ce fut un voyage peut-être obligé mais en tous les cas inutile. François-le-saint-homme n’a pas remis François-le-débauché sur le droit chemin et le débauché n’a pas converti le saint homme à sa révolution « sociétale ».
Plus personne n’est dupe de Hollande en France et il n’y a aucune chance pour que les catholiques français tombent dans ce panneau. Encore un truc de raté…

24 Jan 2014 | Comments (6)

Quand Valls dit n’importe quoi

Pour tenter de sauver la face devant les chiffres très mauvais qui viennent d’être rendus publics et qui démontrent que la délinquance a encore augmenté, Manuel Valls n’a rien trouvé de mieux que de déclarer, hier au journal de 20 heures de France 2, « La sécurité n’est ni de droite ni de gauche ». Encore un qui prend les Français pour des imbéciles !
Naturellement, on peut affirmer que le chômage, la dette, la compétitivité de nos entreprises, la baisse du revenu des Français, le délitement de l’Etat, le naufrage de l’Ecole, etc. ne sont des problèmes « ni de droite ni de gauche » puisque les Français, de droite comme de gauche, en sont les victimes et que les gouvernements, de droite comme de gauche, doivent s’y attaquer. Les problèmes ne sont ni de droite ni de gauche. Mais les solutions à ces problèmes, elles, sont, évidemment, ou de droite ou de gauche.
Or, Valls est un homme de gauche, même si certains de ses amis le contestent. Il appartient à un gouvernement de gauche, même si Hollande se dit maintenant social-démocrate. Et cela fait plus d’un an et demi que ces gens-là sont au pouvoir, un pouvoir absolu, avec une majorité absolue. D’ailleurs, Valls lui-même n’a-t-il pas condamné, souvent en termes violents, la politique de droite menée par ses prédécesseurs Place Beauvau ?
Le ministre de l’Intérieur qu’on appelle « le petit Sarkozy », mène, c’est vrai et il faut le lui accorder, parfois une politique de droite, voire d’extrême-droite, notamment dans sa « chasse aux Roms ». Mais il oublie que le problème de la délinquance dépend, aussi, en très grande partie, du ministère de la Justice. Et il se trouve que la collègue de Valls place Vendôme, l’inénarrable Christiane Taubira, la pétroleuse indépendantiste guyanaise, mène, elle, ostensiblement une politique de gauche, hostile à l’incarcération des délinquants, à la sévérité pour les récidivistes et ayant créé ce qu’elle appelle les peines… « probatoires » pour permettre aux voyous invétérés de « prouver » qu’ils étaient des agneaux venant de naitre.
Pour tenter de se dédouaner, Valls accuse des bandes organisées venues de pays de l’Est d’être responsables de cette recrudescence de la délinquance. C’est sans doute vrai, dans une large mesure. Mais deux choses : d’abord, en stigmatisant nos amis roumains, bulgares ou polonais, le ministre de l’Intérieur fait ce que toutes les organisations « droits-de-l’hommistes » et la gauche bien-pensante qualifient de xénophobie. Il y a des gens de droite qui ont été trainés devant les tribunaux pour moins que cela.
Ensuite et surtout, il fait mine d’ignorer que le ministre de l’Intérieur (qu’il est) est chargé de lutter contre l’immigration sauvage. Or, en régularisant à tour de bras les clandestins et en distribuant à la volée les naturalisations comme il le fait, Valls actionne la pompe à aspirer de tous les malfrats de la planète.
Les gendarmes et les policiers font ce qu’ils peuvent mais quand ils savent que leur propre ministre fait venir en France la pègre internationale et que la Garde des Sceaux donne aux magistrats des instructions pour qu’ils se montrent indulgents, compréhensifs voire amicaux avec les délinquants, il ne faut pas s’étonner que les cambriolages se multiplient.
Oui, l’insécurité est un problème national de plus en plus mal ressenti par les Français, de droite comme de gauche, mais la politique de sécurité menée par le gouvernement socialiste depuis des mois est évidemment une politique de gauche. Et on en voit les résultats. Même si, c’est vrai, la droite ne faisait guère mieux. Mais était-ce vraiment la droite ?

24 Jan 2014 | Comments (7)

Valls: patatras !

Certains pensaient qu’au milieu de la bande de bras cassés qui compose le gouvernement il y en avait tout de même un qui faisait son travail : Manuel Valls. On le voyait partout, sur tous les fronts, s’agitant dans tous les sens, tapant sur la table, donnant des coups de menton, promettant monts et merveilles. Avec lui les voyous, les malfrats, les loubards et même les gangsters patentés n’auraient plus qu’à bien se tenir. Le ministre de l’Intérieur caracolait en tête de tous les sondages. On l’imaginait déjà à Matignon pour sauver Hollande et, un jour, à l’Elysée pour sauver la gauche. Et puis, patatras !
Pas plus qu’Hollande n’a fait baisser le chômage, que Moscovici n’a rétabli les comptes, que Montebourg n’a redressé la production, que Peillon n’a sauvé l’Ecole, etc. Valls n’a réussi à « inverser la courbe » de la délinquance. La grande gueule se fait moucher par les chiffres.
En effet, les chiffres publiés ce matin par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, l’ONDRP, mettent fin sans pitié à son ascension fulgurante déjà compromise par ses incroyables maladresses dans l‘affaire Dieudonné.
Il n’est pas meilleur que les autres, ni que ses collègues du gouvernement ni –soyons honnêtes- que ses prédécesseurs place Beauvau. Il a eu beau jouer les petits Sarkozy, la racaille en tous genres a –comme pour Sarko- été plus forte que lui.
Les cambriolages ont augmenté en 2013 de 6,4% en ville et de 4,7% à la campagne (de 17% pour les résidences secondaires). Si les homicides volontaires ont baissé de 4,2% en zones urbaines, ils ont augmenté de 14,9% en zones rurales. Quant aux vols sans violence ils ont augmenté de 11% en zone police et de 12% en zone gendarmerie. Le bilan du « premier flic de France » est donc épouvantable.
Autant dire que la sécurité, premier droit des citoyens que l’Etat se doit de garantir, est de moins en moins assurée. Or, malgré les restrictions budgétaires actuelles, Valls a, lui, tous les moyens pour remplir sa tâche, son budget n’a pas été rogné.
On dira que, comme le chômage ou la compétitivité, la délinquance n’est pas un sujet facile à traiter, c’est vrai. Mais personne n’oblige des incapables à ambitionner les plus hautes fonctions ni même à s’engager sur l’honneur, en faisant des effets de manche, à faire mieux que les autres. Dans une entreprise privée, Valls serait viré sèchement et n’aurait plus qu’à tenter de négocier ses indemnités.
Les hasards du calendrier font bien les choses. Ce matin ont été aussi publiés les chiffres des régularisations d’immigrés clandestins. En 2013, Valls a fait régulariser 46.000 clandestins, soit 10.000 de plus qu’en 2012. Naturellement, celui qui oserait faire le moindre rapport entre l’aggravation de la délinquance et l’augmentation des régularisations de clandestins serait immédiatement taxé de xénophobie.
Il est évident que la crise qui s’éternise et que la déliquescence de tout esprit civique dans le pays incitent certains Français « de souche » à franchir la ligne rouge de la délinquance. Mais quel est l’imbécile qui pourrait nier que les régularisations massives de clandestins attirent des flots de nouveaux clandestins et que ceux-ci, sans moyens légaux de subsistance, ne peuvent que sombrer, à peine arrivés, dans la délinquance. Tous les rapports de police et de gendarmerie affirment d’ailleurs que l’augmentation des cambriolages et des vols est due, en grande partie, à l’arrivée de « gangs organisés venus des pays de l’Est ».
Valls plaisait à la droite parce qu’il se disait intransigeant à l’égard des voyous et voulait plaire à la gauche en pratiquant discrètement le pire des laxismes pour l’immigration. Mais les Français, de droite comme de gauche, sans être ni fascistes ni xénophobes, n’aiment pas se faire cambrioler.
Le survivant au milieu du désastre va rejoindre les cancres au coin de la classe. Il n’y en a décidément pas un pour sauver l’équipage du capitaine de pédalo en bordée permanente…

23 Jan 2014 | Comments (7)

Défiance ou désespoir?

Faute de pouvoir descendre dans la rue tous les jours pour crier leur colère, les Français ne ratent pas une occasion de l’exprimer. L’Ipsos a pris l’habitude de faire, chaque année, pour Le Monde et France-Inter, une vaste enquête d’opinion intitulée « Fractures françaises ». Le quotidien du soir la publie dans son édition datée d’aujourd’hui. C’est épouvantable. Et si on compare les chiffes de cette année à ceux de l’année dernière c’est une condamnation sans pitié pour Hollande et ses compères.
Avec sa pudeur habituelle, Le Monde titre les résultats de l’enquête par « L’extrême défiance de la société française » avec pour sous-titre « Notre enquête montre la profondeur des crispations au sein de l’opinion ». Qu’en termes galants ces choses-là sont dites ! En fait, il ne s’agit ni de « défiance » ni de « crispations » mais bien de désespoir et de rage.
En vrac : 78% des Français estiment que « le système démocratique fonctionne mal en France » (6 points de plus qu’en 2013 !), 68% que « le rayonnement de la France a décliné ces dix dernières années (plus 5 points par rapport à 2013 !), 56% que le chômage est l’un des problèmes les plus préoccupants (comme l’année dernière) mais 43% que les impôts le sont aussi (16% de plus que l’année dernière !). L’insécurité (+3%, à 23%), les inégalités sociales (+2% à 21%) et l’immigration (+5% à 21%) inquiètent aussi de plus en plus les Français.
Personne ne peut s’étonner de ces résultats. Hollande qui nous avait promis « le changement » et qui voulait être jugé sur ses résultats n’a rien fait contre le chômage à part lancer quelques gadgets aussi inutiles que coûteux, a considérablement augmenté les impôts, n’a réduit ni l’insécurité ni les inégalités sociales et a totalement oublié le problème de l’immigration.
Mais le chiffre le plus inquiétant reste, bien sûr, celui de ces 78% de Français qui estiment que notre démocratie fonctionne mal, chiffre confirmé par ces 8% seulement de Français qui font « tout à fait ou plutôt » confiance aux partis politiques. Ce qui veut dire que 92% de nos compatriotes ne font « pas ou pas du tout » confiance ni au PS, ni à l’UMP, ni aux autres !
Les Français rejettent non seulement Hollande, son gouvernement et sa majorité mais aussi l’opposition sans véritable chef, sans programme et qui bafouille à propos de tout et de n’importe quoi.
Tout cela ne pourra pas durer indéfiniment. Cela fait des mois que nous cherchons « l’homme providentiel » mais sœur Anne ne voit rien venir à l’horizon. Marine Le Pen qui incarne plus ou moins le coup de balai nécessaire baisse dans les sondages n’ayant guère de crédibilité, faute de programme plausible et l’équipe nécessaire. Mélenchon a disparu.
Reste alors la rue. Les bonnets rouges y sont descendus, les adversaires du mariage homosexuel aussi.
On a d’ailleurs l’impression que le pouvoir joue la provocation. Pourquoi diable avoir ressorti le dossier délicat de l’avortement ? Nier qu’une femme qui veut avorter est dans « un état de détresse », comme le soulignait la loi Veil, est évident absurde. Ce n’est jamais de gaité de cœur qu’une femme interrompt une grossesse et l’IVG, quoi que nous racontent aujourd’hui certaines pasionarias du féminisme le plus échevelé, n’est pas une partie de plaisir.
Pourquoi diable sortir aujourd’hui le problème de l’euthanasie ? Il se traitait, pour les cas les plus douloureux, dans le secret des hôpitaux entre le médecin et la famille, souvent d’un simple regard embué de larmes.
Visiblement le pouvoir aux abois cherche à diviser davantage encore les Français, à exacerber les passions, à raviver les haines, les rancoeurs, à « cliver » comme disent les politologues. Ayant enfin compris que sa politique dite « de gauche » était un fiasco et que son électorat l’abandonnait, Hollande, entre deux galipettes, agite désespérément tous les chiffons rouges devant la droite pour qu’elle réagisse et tenter alors de remobiliser ce qui reste de gauche.
C’est totalement irresponsable de sa part. Le capitaine du pédalo qui coule voudrait sauver son rafiot en poussant ses passagers à s’entredéchirer.

22 Jan 2014 | Comments (11)

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