« L’affaire » des vœux bien discrets et bien tardifs de François Hollande aux Chrétiens de France à l’occasion de Noël n’est qu’une anecdote (de plus) mais elle est diablement révélatrice du bonhomme.
Certes, président d’une République « laïque », le chef de l’Etat n’est pas tenu de manifester sa sympathie aux croyants de telle ou telle religion lors de leurs fêtes respectives. Mais alors pourquoi diable multiplie-t-il les messages de vœux, à tout propos, à l’égard des Musulmans et des Juifs de France ? On dira que les Chrétiens de base sont infiniment moins « préoccupants » que les Musulmans et infiniment moins « actifs » que les organisations juives. Mais ce n’est tout de même pas une raison pour oublier à ce point le jour de Noël que célèbre une écrasante majorité de la population de ce pays.
La France n’est sans doute plus vraiment « la fille ainée de l’Eglise » mais, qu’on le veuille ou non, le christianisme reste le fondement essentiel de notre civilisation, de notre culture, de notre morale et, bien souvent, de notre vie quotidienne.
Noël n’est d’ailleurs plus seulement la commémoration de la naissance du Christ. La nativité d’un petit enfant nommé Jésus dans une crèche de Bethléem, il y a plus de deux mille ans, est devenue pour nous tous, chrétiens, croyants de toutes les religions, agnostiques, athées, le symbole de la fraternité, de l’espérance et de la paix. Même au Japon, on célèbre Noël. Et d’ailleurs, le Pape François lui-même s’est adressé, au cours de sa bénédiction Urbi et Orbi d’hier, non seulement aux croyants et mais aussi aux non-croyants. Preuve si besoin en était que le message de Noël ne s’adresse pas aux seuls croyants.
François Hollande aurait dû comprendre qu’en France, comme un peu partout dans le monde, Noël dépassait de beaucoup le problème de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Seulement voilà, François Hollande fait partie de ces survivants de la vieille gauche poussiéreuse formée par les rad.-soc. francs-maçons qui veulent à la fois pendre les riches à la lanterne et… bouffer du curé. On imagine que, le Vendredi Saint, il se fait servir avec délectation et sa compagne, dans la salle à manger de l’Elysée, une grosse côte de bœuf bien saignante histoire de défier « la calotte ».
Un Premier secrétaire du PS a parfaitement le droit de vénérer « le petit père Combes ». Mais un président de la République française du XXIème siècle n’a pas le droit de mépriser à ce point la foi de certains et les traditions de beaucoup d’autres.
Il est bien dommage que François Hollande n’ait toujours pas compris que Noël en France c’était, aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre, beaucoup, beaucoup plus important que l’Aïd el Kébir ou le Yom Kippour. Il prétendait réunir tous les Français en « ré-enchantant le rêve français » d’une Nation solidaire au-dessus de ses différences.
En affichant un tel mépris à l’égard de tant de Français plus ou moins « de souche » (sous prétexte, peut-être, que certains d’entre eux n’ont pas apprécié son mariage pour tous), Hollande leur fait comprendre qu’il ne veut pas être des leurs. Ils l’avaient déjà pressenti…

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