Ce n’est qu’une anecdote mais elle est révélatrice. Jean-Marc Ayrault qui était en visite officielle en Chine doit abréger son voyage et rentrer précipitamment en France pour… rendre à Hollande l’avion présidentiel qu’il lui avait emprunté et lui permettre d’aller aux obsèques de Nelson Mandela.
C’est évidemment ridicule. Le Premier ministre jouait les commis voyageurs de la France, tentant de vendre à l’Empire du milieu des centrales nucléaires, des voitures et des avions. Et il avoue ainsi aux nouveaux maitres du monde que la République française n’a pas les moyens de s’offrir deux appareils pour balader les deux têtes de son exécutif.
Mais il y a pire. Personne ne reprochera à l’Elysée de limiter les frais. Un seul A330 est parfaitement suffisant pour les voyages officiels du président et, éventuellement, de son Premier ministre. D’autant plus que, si on se souvient bien, cet appareil a été luxueusement aménagé par Sarkozy ce que lui avait d’ailleurs reproché Hollande en personne. Et on se souvient avec nostalgie de l’époque, révolue depuis longtemps, où Hollande nous affirmait qu’il préférait voyager en train, comme tout le monde, plutôt qu’en avion officiel. Il est vrai qu’il est aussi difficile d’aller en train à Pékin qu’à Johannesburg.
Non, ce qui est invraisemblable c’est qu’Ayrault ignore totalement qu’il y a des avions de ligne qui effectuent quotidiennement la liaison Pékin-Paris, si ce n’est Pékin-Notre-Dame-des-Landes. Pourquoi n’a-t-il pas renvoyé le A330 à son propriétaire (temporaire) et n’a-t-il pas décidé de prendre lundi, son voyage officiel terminé, l’avion d’Air-France ?
Manque de confiance en la compagnie nationale ? Refus de voyager avec le populo ? Incompétence de ses collaborateurs ? On s’interroge et les Chinois rigolent.

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