Après avoir essayé, en vain, de tricher sur les chiffres, en faisant rayer des chômeurs des listes de Pôle-emploi, en en faisant passer d’autres de la catégorie A aux catégories B ou C et en multipliant les contrats bidon « aidés », Hollande et sa clique se mettent maintenant à jouer sur les mots.
Depuis hier, nous avons droit au spectacle stupéfiant d’une troupe de comiques en pleine débandade qui, sous les quolibets du public, salue la foule en prenant les œufs pourris et les tomates qui s’abattent sur elle pour des bouquets de fleurs.
Il faut dire que ces artistes n’ont pas un rôle facile à interpréter puisqu’il leur faut nous expliquer pourquoi, alors que leur bon maître s’était engagé sur l’honneur à inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année, le chômage a encore augmenté.
Dans un pays normal, les responsables reconnaitraient qu’ils ont perdu le pari un peu fou qu’ils avaient pris à la légère, se rouleraient dans la cendre en jurant leurs grands dieux qu’ils étaient de bonne foi et qu’ils n’ont jamais voulu berner les citoyens et s’engageraient très solennellement à changer immédiatement de politique.
On pourrait, éventuellement, leur pardonner. Après tout, les Français ont élu des socialistes et ces socialistes n’ont fait qu’appliquer une politique typiquement socialiste en lançant la chasse aux riches, en brimant les entreprises, en augmentant les impôts, le nombre des fonctionnaires et assimilés, le nombre des lois liberticides, en creusant davantage encore tous les déficits. Comment s’étonner de la catastrophe ? Les vrais responsables ne sont pas ces doctrinaires nostalgiques du Grand soir mais bien ceux qui les ont mis au pouvoir.
Mais en France aucun président, aucun gouvernement n’a jamais reconnu qu’il s’était trompé, qu’il avait fait fausse route. Rappelons, une fois de plus, la fameuse phrase de Guy Mollet : « Ce n’est pas parce que notre politique est la mauvaise que nous allons en changer ».
Alors, après avoir raconté n’importe quoi pendant des mois en faisant des promesses totalement inconsidérées jusqu’à l’absurde, à l’heure des résultats, il faut passer au déni, au mensonge le plus éhonté, nier les réalités avec le plus grand des culots.
Hollande nous avait promis « l’inversion de la courbe du chômage ». En langue française cela voulait dire que le chômage qui n’avait fait qu’augmenter depuis des années allait, grâce à lui, diminuer. Quand une courbe qui montait s’inverse cela veut dire qu’elle baisse. En novembre nous avons eu 17.800 chômeurs de plus. Cela veut dire que la courbe –en fait une ligne droite éventuellement brisée- n’a pas baissé mais qu’elle continue à monter.
Or, Hollande, avec un aplomb à tomber à la renverse, nous déclare, les yeux dans les yeux : « L’inversion de la courbe du chômage est bel et bien engagée ».
Les « hollandologues » spécialistes, adeptes du décryptage du jargon présidentiel, nous disent que « engagée » ne veut pas dire grand-chose dans la bouche du bonhomme, lui-même s’étant « engagé » à bien des choses sans que cela ait jamais eu la moindre suite. D’autres nous expliquent que si Hollande n’a pas encore fait baisser le nombre des chômeurs, il peut se vanter d’avoir ralenti la hausse de ce nombre.
En clair, si on ose dire, il y a toujours de plus en plus de chômeurs mais il y en a un peu moins de plus qu’il y en aurait eu s’il y en avait eu encore plus…
Dans le genre, très pratiqué, « Nous prenons les Français pour des cons », aucun président n’avait, jusqu’à présent, été aussi loin. Le ralentissement d’une augmentation n’a jamais été une baisse, même si, bien sûr, on peut vouloir croire que ce petit coup de frein porté à l’accélération permet d’espérer que les choses vont moins s’aggraver que prévu, sans pour autant s’améliorer.
L’ennui n’est pas tant que le chef de l’Etat nous prenne pour des imbéciles. Nous y sommes habitués. L’ennui est qu’en niant ainsi son échec patent, Hollande va évidemment continuer cette même politique socialiste qui consiste à massacrer les riches, seuls capables d’investir, les entreprises, seules créatrices d’emplois, les classes moyennes, seules consommatrices et à « étatiser » l’économie avec ses emplois aidés qui ne créent aucune richesse et plombent davantage encore le pays.
On attend avec curiosité si ce n’est impatience les vœux que le président de la République est contraint de nous présenter dans trois jours. Il y a peu de chance, hélas, qu’il se fasse, comme il le devrait, hara-kiri en direct à la télévision en reconnaissant qu’il a eu « tout faux ».
Non, il va sans doute pontifier en nous disant que tout va de mieux en mieux et qu’il n’y a « que » 500.000 chômeurs de plus en France depuis qu’il est au pouvoir et que nous n’allons dépasser « que » les 11% de chômeurs dès janvier, ce qui est nettement mieux que 12 ou 13%.

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