Il vaut mieux lire la presse étrangère si l’on veut savoir un peu ce qui se passe actuellement à travers le monde. On s’aperçoit alors, en découvrant notamment la situation d’aujourd’hui en Syrie, au Liban, en Egypte, au Sud-Soudan, en Afghanistan, en Irak, en Somalie, en Centrafrique et au Mali que notre terre ne tourne vraiment plus rond. Rarement, nous avons eu autant de conflits, de guerres civiles, de guerres de religions, de génocides, de massacres, de populations « déplacées », c’est-à-dire tentant de fuir l’horreur, que ces derniers mois.
Les économistes nous parlent, à juste titre, de « la crise » qui frappe, en fait achève, un certain nombre de vieux pays occidentaux, dont le nôtre. Mais il y a une autre crise, autrement plus grave encore, qui, elle, risque bien de faire basculer la planète et dont personne n’a l’air de vouloir prendre conscience.
Nos responsables politiques et nos intellectuels de service s’indignent à s’en étrangler quand on ose affirmer qu’il est évident que ce XXIème siècle sera celui du grand réveil de l’Islamisme et donc de l’affrontement inévitable entre les adeptes du Prophète, du Coran et de la Charia partant à la conquête du monde, et un Occident vieillissant, doutant de lui-même et ne voulant même pas se mettre sur la défensive. Dire qu’une 3ème guerre mondiale nous menace, voire qu’elle a déjà commencé relèverait aujourd’hui de l’islamophobie primaire, selon nos beaux esprits germanopratins.
Ils feraient bien de quitter, de temps en temps, les terrasses chauffées des Deux Magots et du Flore et d’aller se promener dans ce qui reste des souks d’Alep, aux alentours de la place des Canons à Beyrouth, à l’Université du Caire, dans la savane du Sud-Soudan, dans les marchés de Mazari-Charif, en Afghanistan, aux alentours des mosquées de Nadjaf ou de Kerbala, en Irak, et n’importe où en Somalie, en Centrafrique et au Mali.
Ils découvriraient partout, ici, au milieu de ruines encore fumantes, là, au milieu de manifestations généralement violentes, ici, dans le fracas des explosions, là, avec l’appel à la prière du muezzin, des femmes entièrement voilées de noir et des hommes barbus en grande robe blanche, aux yeux souvent rougis et aux regards parfois de haine.
Naturellement, les montagnes afghanes n’ont rien à voir avec le désert malien et la capitale égyptienne ne ressemble pas à Mogadiscio. Tout est différent le long de cette ligne zigzagante qui part, en fait, de l’Atlantique pour s’enfoncer jusqu’au cœur de l’Asie, les paysages, les peuples, les civilisations, les visages. Si ce n’est que tout est maintenant pareil. Partout, les imams, les mollahs, les cheiks prêchent la Guerre sainte contre l’Occident, les infidèles, les traitres à l’Islam et les foules fanatisées les suivent, soit en prenant les armes, soit en envahissant les rues.
Contrairement à ce qu’on nous rabâche, il ne s’agit plus du tout de quelques sectes égarées, de groupuscules terroristes ou de rivalités tribales. Nous assistons actuellement à un gigantesque soulèvement des peuples musulmans, à une véritable mobilisation générale en face de laquelle les canons d’Assad, les policiers du général al Sissi ou les parachutistes de Hollande ne peuvent remporter que de petites victoires éphémères.
Cette « révolution » a commencé en 1979 avec le triomphe de Khomeiny en Iran. Nos intellectuels avaient alors applaudi à la chute du Chah et acclamé l’ayatollah. Ils ont remis ça avec la chute de Saddam Hussein, celle de Ben Ali, celle de Moubarak, celle de Kadhafi et ce qu’on a appelé « le printemps arabe », c’est-à-dire l’arrivée au pouvoir d’Islamistes avec de vraies barbes et de faux nez de modérés.
Aujourd’hui, il faut regarder une carte du monde et arrêter de nous mentir à nous-mêmes. On s’aperçoit que le monde arabe et l’Afrique basculent dans l’Islamisme radical. Les « rebelles » syriens ne sont pas des démocrates mais bel et bien des Islamistes pur jus, les « terroristes » maliens ne sont pas des bandits de grands chemins mais bel et bien des Islamistes pur jus, les Egyptiens partisans de Morsi ne sont pas des légalistes mais bel et bien des Islamistes pur jus, comme les Talibans afghans, les Sélékas centrafricains, les tribus soudanaises ou somaliennes, les Chiites irakiens.
Partout, ils veulent imposer une république islamiste, ont déjà parfaitement manipulé la population et noyauté l’Etat. Certains disent que « c’est leur problème ». Ils oublient qu’il y a un milliard et demi de musulmans dans le monde.
Certes, ils ne sont pas tous des islamistes rêvant de voir la Charia s’imposer à leur vie quotidienne. Mais aucun d’entre eux n’acceptera jamais qu’une constitution quelle qu’elle soit l’emporte sur les paroles du Prophète ni que l’Islam puisse se dissoudre dans les règles de la démocratie. Il faut le savoir.
L’Islam s’est réveillé. Il serait temps que nous en fassions autant.

Mots-clefs :