Tout le monde est d’accord pour dire qu’il ne faut rien pardonner à François Hollande. Il a voulu être président, il l’est, il nous avait promis le changement et monts et merveilles, il est donc aujourd’hui et désormais le seul responsable et même le seul coupable de tous nos malheurs. Il est « normal » que nous ne lui fassions grâce de rien.
Cela dit, le vacarme du jour fait autour de la révélation qu’il a été opéré de la prostate il y a quelques années est totalement ridicule. Il n’était ni président de la République, ni candidat à l’Elysée, ni même candidat à la primaire de gauche. Il n’était, à l’époque, que candidat à la présidence du Conseil général de la Corrèze, ce qui, il faut l’admettre, n’est tout de même pas grand-chose.
Autant il est inadmissible qu’on nous cache l’état de santé d’un chef de l’Etat, d’un Premier ministre ou même d’un simple membre du gouvernement, a fortiori quand sa maladie risque d’affecter ses capacités à diriger le pays (comme ce fut le cas avec Georges Pompidou et François Mitterrand) autant un président de Conseil général peut parfaitement subir une petite intervention chirurgicale sans en informer la terre entière et sans remettre en cause les institutions de la République.
Georges Clemenceau qui était médecin et qui s’y connaissait en politique, répétait souvent qu’il y a deux choses totalement inutiles dans la vie : la prostate et la présidence de la République. Tout a changé en ce qui concerne l’hôte de l’Elysée mais la prostate est toujours aussi inutile.
C’est curieux. Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, nos députés débattent du sort des clients des prostituées et, à l’Elysée, on publie communiqué sur communiqué à propos de cette histoire de prostate. A croire que le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif n’ont aucun sujet de préoccupation en ce moment, que tout va très bien dans le pays, Madame la Marquise..
Se rendent-ils compte que l’écrasante majorité des Français se contrefout et du sort des clients des prostituées et de la prostate du président ? Contrairement aux apparences, le Palais Bourbon n’est pas une maison close (même si les habitués l’appellent « la maison sans fenêtre ») et la vessie du président n’est pas une lanterne…