Combien de temps les palabres autour du travail dominical vont-elles encore durer ? Cette affaire est caricaturale du système français et explique, à elle seule, beaucoup de nos malheurs.
Il y a, d’un côté, des chefs d’entreprise, des salariés et des clients qui souhaitent que les magasins soient ouverts le dimanche. De l’autre côté, des syndicats (qui ne sont guère plus représentatifs dans ce secteur que dans les autres) qui, sans doute au nom du respect dû aux traditions chrétiennes d’antan, s’arcboutent sur le sacrosaint principe du repos le jour du Seigneur qu’ils considèrent comme « un avantage acquis » donc intouchable. Et entre les deux, un gouvernement qui ne sait pas ce qu’il veut, qui ne veut surtout déplaire à personne, qui, comme d’habitude, demande des rapports pour mieux se cacher derrière son petit doigt et qui, dans un pays qui compte déjà plus de 600.000 lois, annonce… une nouvelle loi sur ce sujet pour l’année prochaine.
Il est vrai que, dans notre délire normatif, nous avons déjà des flopées de textes sur ce problème qui ne devrait pas en être un, autorisant ici et interdisant là l’ouverture du dimanche à certains magasins et pas à d’autres, sans qu’on puisse comprendre la différence qu’il peut y avoir entre une grande surface de bricolage et une grande surface de jardinage, entre un magasin situé sur les Champs Elysées et son concurrent situé sur les Grands Boulevards. Nos lois sont faites en France pour être incompréhensibles, contradictoires, liberticides et, de préférence, absurdes.
Personne ne tient compte, bien sûr, du fait qu’en pleine crise économique, les commerçants ont des difficultés considérables à écouler leurs marchandises et que leurs salariés ne savent plus comment « joindre les deux bouts ».
Mais, pire encore, personne n’ose rappeler que dans un pays de liberté, chacun devrait, évidemment, pouvoir travailler, vendre, acheter quand bon lui semble et notamment quand il y a des clients.
Il est parfaitement normal que nos textes garantissent aux salariés, quels qu’ils soient, le droit à un repos hebdomadaire, même dans un pays où, en principe, ils ne travaillent déjà pas plus que 35 heures par semaine, ce qui n’est pas très fatigant.
Mais il est stupéfiant que la loi interdise aux magasins d’ouvrir le dimanche, c’est-à-dire le jour où les clients potentiels peuvent aller le plus facilement faire leurs achats. Les patrons de ces magasins sont –faut-il le préciser ?- parfaitement d’accord pour accorder aux volontaires qui acceptent de travailler le dimanche et qui sont de plus en plus nombreux un supplément substantiel de salaire et, bien sûr, un, voire deux jours de repos compensatoire.
Alors que ce gouvernement prétend tout faire pour que la croissance, seul moyen de lutter contre le chômage, redémarre en France, que nous avons un ministère dit du « Redressement productif », les socialistes s’en sont déjà pris aux heures supplémentaires en supprimant leur défiscalisation et s’entêtent maintenant sur le repos dominical. A croire qu’ils veulent vraiment interdire aux Français d’essayer de redresser la production. Ce qui n’empêche pas ce même gouvernement de continuer à massacrer toujours plus, à coup de prélèvements obligatoires, aussi bien les patrons que les salariés. Sans parler des clients.
François Hollande cherche désespérément depuis des mois à « faire un coup » pour tenter de remonter sur son cheval qui l’a désarçonné dès son premier galop. La promesse d’une grande réforme de la fiscalité a fait un flop, comme l’avaient fait celle d’une simplification administrative générale ou celle d’une modification de nos institutions.
Il n’y a aucun doute que le président « normal » aurait été bien inspiré en nous annonçant tout de go que désormais en France les magasins, de la plus modeste échoppe aux plus grandes surfaces, pourraient être ouverts aux jours et aux heures qu’ils souhaiteraient. Nous aurions eu soudain l’impression que quelque chose avait changé, que « le changement » promis était bel et bien « pour maintenant » et qu’il y avait brutalement comme un petit vent de liberté qui soufflait sur le pays.
Mais il est vrai que « travailler plus pour gagner plus » et éventuellement faire redémarrer l’économie ne faisait pas partie de son programme. Il est socialiste, il préfère donc fermer boutique…

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