Le mois de décembre est souvent, dans les grandes entreprises, l’heure des bilans. On récapitule ce qui a été fait tout au cours de l’année et on porte un jugement sur l’efficacité des uns et des autres, surtout en période de crise quand il serait, peut-être, bon de réduire un peu des effectifs pléthoriques.
Or, s’il y a une « boite » qui ne fonctionne pas bien, c’est, évidemment, le gouvernement. Il a perdu la très grande majorité de ses clients (91% d’entre eux veulent un changement) et sa production est insignifiante puisqu’elle se limite pour l’essentiel à faire de l’animation de foire avec quelques sujets dits « sociétaux », du mariage des homosexuels à la pénalisation des clients des prostituées, en passant par les violences faites aux femmes et la lutte contre le racisme.
Nous sommes donc en droit de nous demander s’il ne serait pas temps de dégraisser un peu cette bestiole qui se goberge à nos frais en somnolant dans les plus beaux hôtels particuliers du 7ème arrondissement et des alentours.
Certes, François Hollande ne veut plus entendre parler d’un remaniement ministériel. Mais qui, parmi les 65 millions de Français, connait ne serait-ce que le nom –ne parlons même pas du prénom- de Thierry Repentin (Affaires européennes), Pascal Canfin (Développement) Yamina Benguigui (Francophonie), Hélène Connay-Mouret (Français de l’étranger), George Pau-Langevin (Réussite éducative), Michèle Delaunay (Personnes âgées), François Lamy (Ville), Nicole Bricq (Commerce extérieur), Geneviève Fioraso (Enseignement supérieur), Guillaume Garot (Agroalimentaire), Anne-Marie Escoffier (Décentralisation) ou Sylvia Pinel (Tourisme) ? Personne.
Or, ils siègent tous autour de la table du Conseil des ministres qui, chaque mercredi, décide de l’avenir du pays, ils émargent tous très confortablement au budget de la République et certains d’entre eux sont chargés de dossiers qui ne sont pas sans importance. Mais, plus d’un an et demi après leur nomination, ils préfèrent, prudemment, continuer à être inexistants.
Il y a d’autres seconds couteaux qui n’ont pas eu de chance. Ils se sont fait repérer. Une bourde, une gaffe, une claque électorale les ont projetés un instant en pleine lumière : Marie-Arlette Carlotti (Handicapés) se ridiculisant à la primaire socialiste de Marseille, Kader Arif (Anciens combattants) annonçant à tort la libération de nos otages du Cameroun, Victorin Lurel (Outre-mer) faisant l’éloge d’Hugo Chavez, ou Valérie Fourneyron (Sports) confondant les deux footballeurs Ronaldo, le Brésilien et le Portugais.
Restent alors les ténors de la chorale cacophonique. Et, là aussi, il serait bon de faire un peu le bilan. Manuel Valls n’a réussi ni à faire baisser la délinquance, ni à calmer les truands marseillais ou les indépendantistes corses, mais, en jouant à sa manière les Sarkozy, il est devenu premier ministrable, voire présidentiable et, en tous les cas, le seul ministre populaire dans cette équipe rejetée par l’opinion. Certains mauvais esprits noteront que c’est le moins socialiste de la bande qui, seul, a su tirer son épingle du jeu.
L’autre iconoclaste de service, Arnaud Montebourg, a raté son coup. Le titre de son ministère, « Redressement productif », était déjà ridicule, mais il en a rajouté à force de promettre n’importe quoi à tous les salariés jetés à la rue et en brandissant l’étendard en lambeaux des nationalisations de 1981. On ne l’entend plus.
Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve, eux, se sont fait placardiser par Jean-Marc Ayrault avec sa grande réforme de la fiscalité. Un comble ! Christiane Taubira a eu de la chance. En la comparant à une guenon, certains imbéciles ont fait un peu oublier sa loi sur le mariage pour tous et surtout sa réforme du code pénal. Sauvée par une banane, la garde des Sceaux indépendantiste guyanaise ! Cécile Duflot s’accroche sans pudeur à son Logement de peur de devenir SDF. Vincent Peillon se prend les pieds dans ses rythmes scolaires et les statistiques internationales sur le niveau des élèves. Stéphane Le Foll, le Breton ministre de l’Agriculture, est conspué par les agriculteurs bretons, avec ou sans bonnets rouges. Marisol Touraine s’imagine faire du social en souriant bêtement à toutes les mauvaises nouvelles.
Surnagent Laurent Fabius qui joue les vieux messieurs blasés mais toujours content de lui, Jean-Yves Le Drian qui assure le minimum de victoires avec de moins en moins de crédits et Michel Sapin qui tremble en attendant chaque mois les chiffres du chômage. Cela ne fait pas beaucoup de monde. Sans parler du premier d’entre tous, Jean-Marc Ayrault, qui, fatigué de sombrer avec son maitre, voudrait, parait-il, se mettre à exister.
Comment alors s’étonner des malheurs du capitaine d’un tel équipage qu’il a lui-même recruté ? La gauche n’a décidément pas de chance. Elle avait pourtant deux types qu’on nous disait de valeur. Mais l’un s’appelait Strauss-Kahn et l’autre Cahuzac…

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