Il ne faudrait tout de même pas que nos dirigeants aient l’air surpris en découvrant les résultats (catastrophiques pour la France) de la dernière enquête de l’OCDE, publiée hier, sur le niveau des élèves de 15 ans dans 65 pays développés de la planète.
L’étude qui a lieu tous les trois ans et que personne ne conteste porte sur les connaissances de nos chères petites têtes blondes dans les domaines de la lecture, des mathématiques et des sciences. Autant dire sur ce qui est essentiel pour qu’un jeune ait la moindre chance de trouver un emploi dans l’économie du XXIème siècle et une place dans la société d’aujourd’hui.
Or, nous avons encore reculé dans ce classement international depuis la dernière enquête. Nous sommes désormais… 25ème ! Une honte absolue pour le pays de Jules Ferry et de ses « Hussards de la République », de l’Ecole laïque, obligatoire et gratuite et de la méritocratie.
Cette déliquescence de notre Ecole n’est pas nouvelle. Il y a quinze ans, l’hôte de ce modeste blog publiait un essai intitulé « Le scandale de l’Education Nationale » et sous-titré « Pourquoi et comment l’Ecole est devenue une usine à chômeurs et à illettrés ». Ce petit bouquin se faisait l’écho du cri d’alarme que lançaient, déjà, l’OCDE et les (vrais) spécialistes de l’Education en France.
Qui était alors responsable des 25% d’élèves quittant le primaire sans savoir ni lire, ni écrire, des 50% de bacheliers entrés à l’Université mais éliminés dès la fin de la première année d’enseignement supérieur, du taux de chômage des jeunes ? Evidemment, l’incroyable ribambelle de ministres, de droite comme de gauche, qui s’étaient succédé rue de Grenelle, qui, tous, avaient voulu lancer une réforme portant leur nom et qui, tous, s’étaient couchés comme des larves devant les syndicats et les gourous marxisants du ministère qui, depuis la Libération, rêvent de détruire notre société « capitaliste » en créant, à l’Ecole, un nouveau type d’homme.
Seul de tous nos ministres, René Maunoury (qui n’avait pas son bac) a tenté de lutter contre les « pédagogistes » (à ne pas confondre avec les pédagogues) adeptes de la lecture globale, de la suppression des notes, du collège unique, de « la pédagogie différenciée », de « l’éducation cognitive » et prétendant que le rôle de l’éducation n’était « pas de transmettre les connaissances mais d’éveiller les compétences ». Ce sont les dits « pédagogistes », disciples de Bourdieu, qui l’ont, naturellement, emporté.
Tant que, par idéologie, notre école refusera de former les jeunes à de futurs métiers (pour ne pas être, comme disent les gourous » « à la solde du patronat »), de leur apprendre que la vie est une éternelle compétition sans pitié et de pratiquer la sélection, elle produira des chômeurs et des illettrés et la France dégringolera inexorablement dans tous les classements.
Il ne faut pas oublier que c’est, en grande partie, l’école qui est responsable du taux de chômage des jeunes car elle ne les forme plus aux emplois vacants, des problèmes de l’immigration car elle n’assimile plus les jeunes enfants venus de l’étranger, de la violence dans les quartiers de non droit car elle ne leur apprend plus les règles élémentaires de la vie en société.
Et qu’on ne nous parle pas des « moyens ». La France dépense beaucoup plus que la plupart des pays et emploie plus d’un million de salariés pour l’éducation de ses enfants. Ce qui a pourrit l’école de Jules Ferry c’est cette idéologie qui voudrait que tous les enfants soient égaux en compétences, que la transmissions des savoirs ne soit qu’une manière de prolonger indéfiniment une société faite d’injustices et autres balivernes.
Ce n’est pas en changeant les rythmes scolaires ni même en luttant contre les violences au collège que Vincent Peillon reconstruira l’Ecole. D’ailleurs, n’est-il pas lui-même un disciple de Bourdieu ?

Mots-clefs :