L’insurrection contre l’écotaxe ne faiblit pas. On l’a vu, hier, à Carhaix et sur de nombreuses routes du pays. Les agriculteurs, les routiers, les commerçants, les patrons de petites entreprises, leurs salariés ne désarment pas et la promesse de Jean-Marc Ayrault de se lancer dans une grande réforme de notre fiscalité ne les a pas calmés. Ils ne sont pas dupes. L’écotaxe a été la goutte d’eau de trop. Ces Français écrasés, étranglés depuis des années par la pression fiscale n’en peuvent plus, sont au bord de la faillite et ne veulent plus payer un Etat, lui-même en faillite, et, de plus, totalement incapable d’assumer ses responsabilités les plus élémentaires, la sécurité, l’Ecole, les hôpitaux, etc.
Avec ou sans bonnets rouges, ils réclament la démission de François Hollande. Mais ils savent parfaitement que c’est Nicolas Sarkozy qui a décidé l’écotaxe et que la droite est tout autant responsable que la gauche de la situation du pays. Quel qu’ait été le gouvernement, cela fait des années que la France est le pays le plus imposé du monde. D’ailleurs, l’opposition d’aujourd’hui, il est vrai en bien piteux état, n’a même pas essayé de récupérer à son profit ce vaste mouvement de mécontentement général, pour ne pas dire de révolte.
Ce n’est pas seulement contre Hollande, Ayrault et Moscovici que ces « petits Français moyens » qui sont le cœur de la France s’insurgent. C’est contre l’Etat omniprésent, omnipuissant, omni-impuissant, monstre qui dévore ses enfants, contre le système qui les fait crever, contre la caste au pouvoir, toutes couleurs confondues, qui n’a pas cessé de leur mentir en leur promettant monts et merveilles et en se montrant de plus en plus incapable de faire face à la catastrophe dont elle est responsable.
Les images du rassemblement d’hier à Carhaix étaient dramatiquement révélatrices. Personne, ce matin, ne l’a relevé. Ces 30 ou 40.000 Bonnets rouges agitaient tous des drapeaux… bretons. Pas un seul drapeau tricolore. C’est bel et bien la France elle-même dont ils ne veulent plus.
Certes, il y a toujours eu un régionalisme breton et même quelques énergumènes pour réclamer, en langue bretonne, l’indépendance de leur province d’antan. Mais, du moins depuis la guerre et une bien malheureuse expérience, cela relevait du folklore, avec les crêpes, les coiffes et les binious. Aujourd’hui, des dizaines de milliers de Bretons en ont tout simplement assez d’être français, soumis à des lois liberticides, à des prélèvements assassins et à une administration dictatoriale de technocrates parisiens et coupés de réalités.
A force d’avoir joué avec la décentralisation, la promotion des patois régionaux et la grande mode de la repentance qui consistait à dénigrer systématiquement la France et à cracher sur son drapeau, nos petits marquis prétentieux qui se sont succédé au pouvoir ont dégoûté les Français de leur propre pays. Les jeunes s’expatrient quand ils le peuvent, les autres se réfugient dans l’abstention ou les votes extrêmes, avant de descendre dans la rue.
On voudrait croire que François Hollande a vu les images de Carhaix avec les drapeaux bretons et compris tout ce qu’elles signifiaient.
La gauche a répliqué hier à cette manifestation bretonne ainsi qu’à toutes les autres à travers le pays en organisant, à Paris, une manifestation… contre le racisme et en soutien à Christiane Taubira. La chose pourrait provoquer un immense éclat de rire. D’un côté, un pays agonisant au bord de l’explosion, de l’autre, les derniers amis du trône chancelant montant en épingle quelques incidents dérisoires (une gamine présentant une banane à la Garde des Sceaux et la « une » d’un hebdomadaire confidentiel reprenant ce thème). Non, Messieurs, ne confondez pas tout, la France n’est pas raciste, la France se meurt par votre faute et celle de tous vos congénères.
L’antiracisme que voudrait aujourd’hui nous servir ce gouvernement, c’est la brioche de Marie-Antoinette. Cela nous rappelle 1789. Non, Sire, c’est une révolution qui se prépare. Et si les sans-culottes de Mélenchon ne vont, bien sûr, pas s’emparer de la Bastille de Bercy ce soir, le Tiers-Etat finira par s’en occuper.

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