Archives par moisdécembre 2013



Bonne année à chacun !

Nous devons être quelques dizaines de millions de Français heureux que cette année 2013 se termine enfin. Elle a été épouvantable. La France a continué à s’enfoncer dans ce qu’« ils » appellent « la crise » mais qui n’est rien d’autre que la pire des déliquescences et les Français ont vu non seulement leurs revenus s’effondrer au-delà du supportable mais leur avenir disparaitre.
Pendant ces douze mois, nos dirigeants ont tout raté. Le chômage, la précarité, les impôts, les déficits, la dette, l’insécurité ont encore augmenté. Aucune des promesses n’a été tenue, ni à propos de la croissance, du redressement productif, ni en ce qui concerne les innombrables grandes réformes qui s’imposent. Hollande et son équipe ont continué à patauger lamentablement, arc-boutés sur leur idéologie d’un autre siècle, déniant toutes les réalités et ignorant, voire méprisant les Français.
Il faut reconnaitre que ceux qui devraient faire fonction d’opposition n’ont pas été plus brillants. Dans leur bulle, à quelques années-lumière des problèmes des Français, Fillonistes et Copéistes ont continué à s’étriper comme des chiffonniers et, au centre, Borloo et Bayrou n’ont même pas réussi leur mariage… pour tous.
En fait, la seule nouveauté de l’année a été ce qu’on pourrait considérer comme un premier réveil de la base, de la piétaille, des sans-grades. Le début d’un sursaut qui pourrait laisser espérer que la brave bête vit encore. Les Bonnets rouges, les pigeons, les tondus, les étranglés, les excédés sont descendus dans la rue, spontanément ou du moins sans suivre les mots d’ordre d’aucun syndicat officiel ou d’aucune organisation politique. Et ils ont réussi à faire reculer à plusieurs reprises le gouvernement, il est vrai, chancelant au milieu de ses querelles d’égos et dans la Berezina des sondages.
Par moments, l’atmosphère était prérévolutionnaire. Ces sans-culottes n’avaient pas de programme bien précis, n’étaient ni de droite ni de gauche, mais voulaient simplement tout faire sauter, le pouvoir, le régime, le système, quitte pour certains, les Bonnets rouges, à ne même plus vouloir du drapeau français et à arborer celui de leur province.
Les reculades de Hollande ont un peu apaisé les choses mais il est évident que le peuple ressortira bientôt de ses chaumières avec ses fourches à la main car ces « braves gens » exigent beaucoup plus que la suspension de l’écotaxe. Ils veulent une autre France, avec une autre politique, et ne supportent plus les marionnettes au pouvoir. Ils veulent ce que Hollande leur avait promis : le changement, ce qui, maintenant vu la situation du pays, signifie faire table rase et… « tout foutre en l’air ».
Le président de la République s’imagine, bien naïvement, qu’en sortant de son chapeau des chiffons rouges il fera oublier aux Français qu’il est incapable de faire face à la catastrophe. Reprenant les vieux « trucs » éculés de Mitterrand avec l’opération « Touche pas à mon pote » ou l’affaire de Carpentras, il fait mine de s’affoler devant la montée de l’extrême-droite qui menacerait la démocratie et fait d’un comique de banlieue un danger pour les valeurs de la République.
Les Français ne sont plus dupes, après l’avoir été si longtemps. Le danger fasciste, la pieuvre raciste, l’hydre antisémite, l’hyène xénophobe ne font plus recette. Et d’ailleurs cette gauche, toujours adepte de la lutte des classes et du communautarisme, est sans doute la plus mal placée pour prétendre défendre les vraies valeurs de la République.
Bref, nous sommes contents d’en avoir fini avec 2013 mais nous n’en avons pas fini avec « eux » et il n’y a aucune chance que les claques que les Français vont leur donner lors des deux élections de 2014 changeront grand-chose.
Sans avoir peur du ridicule, disons que notre (toute) petite consolation est de nous retrouver dans notre petit « club » pour râler entre nous. Sans nous être jamais rencontrés, sans être toujours d’accord entre nous, nous avons, au fil des mois, tissé des liens de complicité et même d’amitié. Entre « gens de bonne compagnie ». A tous et à chacun, tous mes vœux de bonne année… malgré tout.

31 Déc 2013 | Comments (22)

Valls s’est trouvé un nouvel épouvantail

L’affaire Dieudonné prend des proportions incroyables, sidérantes, inadmissibles. Le président de la République lui-même, en visite officielle en Arabie saoudite, a cru devoir s’en mêler en apportant son soutien à Manuel Valls qui voudrait que les préfets interdisent les spectacles de l’humoriste. Ils sont devenus fous.
Que Dieudonné tienne des propos délirants, soit antisémite et même négationniste, qu’il pleure Ben Laden et apporte son soutien au Hezbollah, à al Qaïda et à tous les terroristes islamistes est une évidence. Mais, en principe, en France, dans une démocratie, n’importe qui devrait pouvoir dire n’importe quoi et ce ne devrait être ni au ministre de l’Intérieur, ni aux préfets, ni aux magistrats de juger ce que l’on peut dire ou pas.
Manuel Valls affirme que Dieudonné risque de « mettre en danger l’ordre public ». C’est absurde. Ce faux comique n’a jamais provoqué d’émeute et ses spectacles sont infiniment moins dangereux pour « l’ordre public » que le moindre match de football entre le PSG et l’OM. Dieudonné ne peut éventuellement mettre en danger que la pensée unique et le politiquement correct, ce qui n’est pas la même chose.
On dira qu’il enfreint la loi Gayssot et toutes les lois qui condamnent désormais dans notre pays (dit « de libertés ») le négationnisme, l’antisémitisme, le racisme, et même l’homophobie. C’est vrai. Mais toutes ces lois, prises sous la pression de quelques lobbies particulièrement puissants mais peu représentatifs, sont en totale contradiction avec la Déclaration des droits de l’homme, prélude à notre Constitution, qui affirme solennellement « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement ».
Le monde entier s’est indigné quand Vladimir Poutine a envoyé en prison trois jeunes femmes, des punk-rock féministes, les Pussy riot, qui s’étaient livrées à des exhibitions provocatrices dans la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou. On avait alors parlé d’odieuse répression, d’atteinte inadmissible à la liberté d’expression, au droit fondamental de la création artistique, etc. Le Tout-Paris, de Bernard-Henri Lévy à Jeanne Moreau en passant par Frédéric Beigbeder, Antoine de Caunes et Philippe Stark, le Parti communiste, Europe-Ecologie-les-Verts s’étaient mobilisés au cours d’une « Journée mondiale » de soutien aux Pussy En envoyant en camp de travail les trois jeunes femmes (qui ont été libérées depuis), Poutine n’était plus que le digne successeur de Staline.
A force de courir derrière le fantôme de Sarkozy et l’ombre du FN, Valls va prendre des allures staliniennes.
Le Figaro de ce matin nous apprend que Dieudonné a 410.00 « fans » sur sa page Facebook, 200.000 abonnés sur son compte YouTube, 38.000 abonnés sur son compte twitter et que certaines de ses vidéos sont regardées plus de 2,5 millions de fois. Autant dire qu’il était bien inutile que Valls lui donne ce fabuleux « coup de pub ».
Grâce au ministre, cette fois bien maladroit, tous les Français connaissent aujourd’hui la signification du « geste de la quenelle » qui est, en fait, moins une inversion du salut hitlérien qu’une nouvelle version du bras d’honneur fait à tous les gouvernements, à tous les dirigeants, à tous les maîtres du monde, par toux ceux qui en « ont marre de tout ».
Manuel Valls aurait dû comprendre qu’au lendemain de la publication des nouveaux chiffres du chômage et qu’à la veille de l’augmentation de la TVA, il n’était pas judicieux de transformer brusquement un comique de banlieue en « anti-héros » national. Le geste de la quenelle va sans guère de doute se propager et même chez des gens qui ne sont ni racistes ni antisémites et nombreux seront ceux qui, bien que détestant souverainement Dieudonné, vont maintenant être obligés, au nom des grands principes, de s’opposer à ce qu’on lui interdise de s’exprimer.
Valls n’avait que 19 ans en 1981 mais il devrait tout de même se souvenir de la candidature de Coluche à l’élection présidentiel. Ayant réuni les 500 signatures nécessaires, avec le soutien de Pierre Bourdieu et de Gilles Deleuze (considérés alors –à tort- comme les deux plus grands penseurs français) et avec pour slogan « emmerder la droite jusqu’à la gauche », Coluche obtenait jusqu’à 16% d’intentions de vote dans certains sondages, avant de jeter l’éponge, sous le poids des pressions les plus inattendues.
Même s’ils sont odieux, il faut toujours se méfier des comiques qui rassemblent les mécontents. Surtout quand il y a beaucoup de mécontents.
La gauche a l’habitude d’agiter des épouvantails pour amuser la galerie et distraire l’opinion. Le racisme, l’antisémitisme font partie de ses accessoires de prédilection. Mais que ni Hollande ni Valls ne se fassent d’illusions. Les dérapages de Dieudonné, aussi scandaleux soient-ils, ne feront pas oublier aux Français la situation du pays et tous les échecs de la politique socialiste du gouvernement.
Ajoutons qu’il y avait quelque chose de surprenant à voir Hollande s’en prendre à l’antisémitisme alors qu’il se trouvait en Arabie saoudite, pays qui n’est pas réputé pour défendre les Juifs.

30 Déc 2013 | Comments (22)

La France n’a plus de personnalités

On apprend aujourd’hui que les trois personnalités préférées des Français sont Jean-Jacques Goldman, Omar Sy et Mimie Mathy et que l’humoriste Dieudonné est au cœur de toutes les préoccupations du monde politique. C’est stupéfiant, dérisoire et pitoyable.
Goldman a sans doute un vrai talent dans la chansonnette, Sy et Mimie Mathy sont certainement sympathiques et d’autant plus que lui est noir et elle naine ce qui répond parfaitement à toutes les exigences de la mode actuelle.
Cela dit, comment ne pas être –une fois de plus- un brin nostalgique. Il n’y a pas si longtemps, les personnages préférés des Français s’appelaient l’Abbé Pierre, Soeur Emmanuelle, le commandant Cousteau ou Haroun Tazieff. Cela avait tout de même plus d’allure. On peut d’ailleurs imaginer qu’il y a très longtemps, bien avant la mode des sondages, nos compatriotes auraient élu Victor Hugo, Pasteur, Eiffel ou Marie Curie.
Que les Français en soient réduits à choisir leurs « idoles » dans le monde de la variété et des comiques de la télévision est inquiétant. Nos concitoyens sont-ils devenus totalement débiles ? C’est une hypothèse qu’on ne peut pas exclure a priori. Ou, plus grave encore, n’ont-ils vraiment plus personne à admirer ? N’y aurait-il plus, dans notre pays, un seul très grand écrivain, un seul très grand savant, une seule très grande figure morale ? On cherche et, en effet, on ne trouve personne. Ni à l’Académie française qui devrait pourtant être le Panthéon vivant de nos grands hommes (et grandes femmes) ni dans les listes des best-sellers qui sont révélatrices des préférences de ceux qui lisent encore.
La liste des auteurs « les plus vendus cette semaine » est d’ailleurs sidérante : Lorant Deutsch, Laurent Baffie, Michel Drucker, Philippe Geluck, Nicolas Bedos, Stéphane Bern, Frédéric Mitterrand. On est presque surpris que le Pape François, Matthieu Ricard et Alain Finkielkraut aient réussi à se faufiler au milieu de ces starlettes du petit (tout petit) écran.
Dans ces conditions, Goldman ne peut être qu’un grand homme mais on comprend que la France n’ait plus la réputation d’être le coeur des Arts et des Lettres.
L’affaire Dieudonné est aussi symptomatique de cette dégringolade générale. Manuel Valls en personne vient d’annoncer qu’il allait tout mettre en oeuvre pour faire interdire les spectacles de l’humoriste contestataire, évidemment contestable et pour le moins contesté. Du coup, tout le monde s’y est mis. A droite comme à gauche. Dieudonné est au cœur de tous les débats !
On aurait pu penser que le ministre de l’Intérieur avait d’autres problèmes plus urgents à régler et surtout qu’il aurait été assez malin pour comprendre qu’en désignant ainsi Dieudonné M’Bala M’Bala à la vindicte générale, en le « victimisant » comme on dit désormais, il faisait son jeu et n’allait que renforcer son prestige de négationniste antisémite dans les banlieues islamisées où ce fils de Camerounais aime à se présenter en représentant officiel du Hezbollah libanais et ami inconditionnel des islamistes iraniens.
Dieudonné qui avait commencé sa petite carrière à l’extrême gauche, s’est trouvé sur le tard une clientèle « toute trouvée » en basculant dans une curieuse extrême-droite de l’extrême-droite qui lui fait fustiger pêle-mêle le sionisme, le colonialisme, l’impérialisme tout en admirant Ben Laden et tous les terroristes de la planète. Il ne fait plus rire grand monde mais il incarne, à lui seul, toute l’idéologie délirante des loubards de nos banlieues qui rêvent d’aller faire le coup de feu avec les rebelles syriens et les Talibans.
Fallait-il en faire la vedette de notre semaine politique ? Sûrement pas. Mais là encore, nous manquons sans doute de personnalités. Pauvre France, entre Goldman et Dieudonné…

30 Déc 2013 | Comments (14)

L’Islam s’est réveillé, il faudrait en faire autant

Il vaut mieux lire la presse étrangère si l’on veut savoir un peu ce qui se passe actuellement à travers le monde. On s’aperçoit alors, en découvrant notamment la situation d’aujourd’hui en Syrie, au Liban, en Egypte, au Sud-Soudan, en Afghanistan, en Irak, en Somalie, en Centrafrique et au Mali que notre terre ne tourne vraiment plus rond. Rarement, nous avons eu autant de conflits, de guerres civiles, de guerres de religions, de génocides, de massacres, de populations « déplacées », c’est-à-dire tentant de fuir l’horreur, que ces derniers mois.
Les économistes nous parlent, à juste titre, de « la crise » qui frappe, en fait achève, un certain nombre de vieux pays occidentaux, dont le nôtre. Mais il y a une autre crise, autrement plus grave encore, qui, elle, risque bien de faire basculer la planète et dont personne n’a l’air de vouloir prendre conscience.
Nos responsables politiques et nos intellectuels de service s’indignent à s’en étrangler quand on ose affirmer qu’il est évident que ce XXIème siècle sera celui du grand réveil de l’Islamisme et donc de l’affrontement inévitable entre les adeptes du Prophète, du Coran et de la Charia partant à la conquête du monde, et un Occident vieillissant, doutant de lui-même et ne voulant même pas se mettre sur la défensive. Dire qu’une 3ème guerre mondiale nous menace, voire qu’elle a déjà commencé relèverait aujourd’hui de l’islamophobie primaire, selon nos beaux esprits germanopratins.
Ils feraient bien de quitter, de temps en temps, les terrasses chauffées des Deux Magots et du Flore et d’aller se promener dans ce qui reste des souks d’Alep, aux alentours de la place des Canons à Beyrouth, à l’Université du Caire, dans la savane du Sud-Soudan, dans les marchés de Mazari-Charif, en Afghanistan, aux alentours des mosquées de Nadjaf ou de Kerbala, en Irak, et n’importe où en Somalie, en Centrafrique et au Mali.
Ils découvriraient partout, ici, au milieu de ruines encore fumantes, là, au milieu de manifestations généralement violentes, ici, dans le fracas des explosions, là, avec l’appel à la prière du muezzin, des femmes entièrement voilées de noir et des hommes barbus en grande robe blanche, aux yeux souvent rougis et aux regards parfois de haine.
Naturellement, les montagnes afghanes n’ont rien à voir avec le désert malien et la capitale égyptienne ne ressemble pas à Mogadiscio. Tout est différent le long de cette ligne zigzagante qui part, en fait, de l’Atlantique pour s’enfoncer jusqu’au cœur de l’Asie, les paysages, les peuples, les civilisations, les visages. Si ce n’est que tout est maintenant pareil. Partout, les imams, les mollahs, les cheiks prêchent la Guerre sainte contre l’Occident, les infidèles, les traitres à l’Islam et les foules fanatisées les suivent, soit en prenant les armes, soit en envahissant les rues.
Contrairement à ce qu’on nous rabâche, il ne s’agit plus du tout de quelques sectes égarées, de groupuscules terroristes ou de rivalités tribales. Nous assistons actuellement à un gigantesque soulèvement des peuples musulmans, à une véritable mobilisation générale en face de laquelle les canons d’Assad, les policiers du général al Sissi ou les parachutistes de Hollande ne peuvent remporter que de petites victoires éphémères.
Cette « révolution » a commencé en 1979 avec le triomphe de Khomeiny en Iran. Nos intellectuels avaient alors applaudi à la chute du Chah et acclamé l’ayatollah. Ils ont remis ça avec la chute de Saddam Hussein, celle de Ben Ali, celle de Moubarak, celle de Kadhafi et ce qu’on a appelé « le printemps arabe », c’est-à-dire l’arrivée au pouvoir d’Islamistes avec de vraies barbes et de faux nez de modérés.
Aujourd’hui, il faut regarder une carte du monde et arrêter de nous mentir à nous-mêmes. On s’aperçoit que le monde arabe et l’Afrique basculent dans l’Islamisme radical. Les « rebelles » syriens ne sont pas des démocrates mais bel et bien des Islamistes pur jus, les « terroristes » maliens ne sont pas des bandits de grands chemins mais bel et bien des Islamistes pur jus, les Egyptiens partisans de Morsi ne sont pas des légalistes mais bel et bien des Islamistes pur jus, comme les Talibans afghans, les Sélékas centrafricains, les tribus soudanaises ou somaliennes, les Chiites irakiens.
Partout, ils veulent imposer une république islamiste, ont déjà parfaitement manipulé la population et noyauté l’Etat. Certains disent que « c’est leur problème ». Ils oublient qu’il y a un milliard et demi de musulmans dans le monde.
Certes, ils ne sont pas tous des islamistes rêvant de voir la Charia s’imposer à leur vie quotidienne. Mais aucun d’entre eux n’acceptera jamais qu’une constitution quelle qu’elle soit l’emporte sur les paroles du Prophète ni que l’Islam puisse se dissoudre dans les règles de la démocratie. Il faut le savoir.
L’Islam s’est réveillé. Il serait temps que nous en fassions autant.

29 Déc 2013 | Comments (12)

Tricher sur les chiffres, jouer sur les mots

Après avoir essayé, en vain, de tricher sur les chiffres, en faisant rayer des chômeurs des listes de Pôle-emploi, en en faisant passer d’autres de la catégorie A aux catégories B ou C et en multipliant les contrats bidon « aidés », Hollande et sa clique se mettent maintenant à jouer sur les mots.
Depuis hier, nous avons droit au spectacle stupéfiant d’une troupe de comiques en pleine débandade qui, sous les quolibets du public, salue la foule en prenant les œufs pourris et les tomates qui s’abattent sur elle pour des bouquets de fleurs.
Il faut dire que ces artistes n’ont pas un rôle facile à interpréter puisqu’il leur faut nous expliquer pourquoi, alors que leur bon maître s’était engagé sur l’honneur à inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année, le chômage a encore augmenté.
Dans un pays normal, les responsables reconnaitraient qu’ils ont perdu le pari un peu fou qu’ils avaient pris à la légère, se rouleraient dans la cendre en jurant leurs grands dieux qu’ils étaient de bonne foi et qu’ils n’ont jamais voulu berner les citoyens et s’engageraient très solennellement à changer immédiatement de politique.
On pourrait, éventuellement, leur pardonner. Après tout, les Français ont élu des socialistes et ces socialistes n’ont fait qu’appliquer une politique typiquement socialiste en lançant la chasse aux riches, en brimant les entreprises, en augmentant les impôts, le nombre des fonctionnaires et assimilés, le nombre des lois liberticides, en creusant davantage encore tous les déficits. Comment s’étonner de la catastrophe ? Les vrais responsables ne sont pas ces doctrinaires nostalgiques du Grand soir mais bien ceux qui les ont mis au pouvoir.
Mais en France aucun président, aucun gouvernement n’a jamais reconnu qu’il s’était trompé, qu’il avait fait fausse route. Rappelons, une fois de plus, la fameuse phrase de Guy Mollet : « Ce n’est pas parce que notre politique est la mauvaise que nous allons en changer ».
Alors, après avoir raconté n’importe quoi pendant des mois en faisant des promesses totalement inconsidérées jusqu’à l’absurde, à l’heure des résultats, il faut passer au déni, au mensonge le plus éhonté, nier les réalités avec le plus grand des culots.
Hollande nous avait promis « l’inversion de la courbe du chômage ». En langue française cela voulait dire que le chômage qui n’avait fait qu’augmenter depuis des années allait, grâce à lui, diminuer. Quand une courbe qui montait s’inverse cela veut dire qu’elle baisse. En novembre nous avons eu 17.800 chômeurs de plus. Cela veut dire que la courbe –en fait une ligne droite éventuellement brisée- n’a pas baissé mais qu’elle continue à monter.
Or, Hollande, avec un aplomb à tomber à la renverse, nous déclare, les yeux dans les yeux : « L’inversion de la courbe du chômage est bel et bien engagée ».
Les « hollandologues » spécialistes, adeptes du décryptage du jargon présidentiel, nous disent que « engagée » ne veut pas dire grand-chose dans la bouche du bonhomme, lui-même s’étant « engagé » à bien des choses sans que cela ait jamais eu la moindre suite. D’autres nous expliquent que si Hollande n’a pas encore fait baisser le nombre des chômeurs, il peut se vanter d’avoir ralenti la hausse de ce nombre.
En clair, si on ose dire, il y a toujours de plus en plus de chômeurs mais il y en a un peu moins de plus qu’il y en aurait eu s’il y en avait eu encore plus…
Dans le genre, très pratiqué, « Nous prenons les Français pour des cons », aucun président n’avait, jusqu’à présent, été aussi loin. Le ralentissement d’une augmentation n’a jamais été une baisse, même si, bien sûr, on peut vouloir croire que ce petit coup de frein porté à l’accélération permet d’espérer que les choses vont moins s’aggraver que prévu, sans pour autant s’améliorer.
L’ennui n’est pas tant que le chef de l’Etat nous prenne pour des imbéciles. Nous y sommes habitués. L’ennui est qu’en niant ainsi son échec patent, Hollande va évidemment continuer cette même politique socialiste qui consiste à massacrer les riches, seuls capables d’investir, les entreprises, seules créatrices d’emplois, les classes moyennes, seules consommatrices et à « étatiser » l’économie avec ses emplois aidés qui ne créent aucune richesse et plombent davantage encore le pays.
On attend avec curiosité si ce n’est impatience les vœux que le président de la République est contraint de nous présenter dans trois jours. Il y a peu de chance, hélas, qu’il se fasse, comme il le devrait, hara-kiri en direct à la télévision en reconnaissant qu’il a eu « tout faux ».
Non, il va sans doute pontifier en nous disant que tout va de mieux en mieux et qu’il n’y a « que » 500.000 chômeurs de plus en France depuis qu’il est au pouvoir et que nous n’allons dépasser « que » les 11% de chômeurs dès janvier, ce qui est nettement mieux que 12 ou 13%.

28 Déc 2013 | Comments (10)

Le roitelet est nu, grotesque

Personne ne peut imaginer, une seule seconde, que François Hollande était assez naïf pour croire, un seul instant, qu’il gagnerait le pari qu’il avait fait d’inverser la courbe du chômage avant la fin de cette année 2013.
Non seulement tous les économistes lui répétaient, depuis des mois, qu’il fallait une croissance d’au moins 1,5% pour inverser cette maudite courbe et que cette croissance ne pourrait, bien sûr, être créée que par les entreprises, mais tous les « trucs » qu’il magouillait avec les outils rouillés de sa vieille boite à malices –ses emplois jeunes, ses contrats de génération, ses emplois aidés- ne pouvaient que plomber davantage encore les dites entreprises, seules et uniques créatrices d’emplois, puisque, en fin de compte, c’étaient, évidemment, elles qui allaient devoir payer la facture de toutes ces « générosités », en étant encore plus assassinées de charges et d’impôts.
La question qui se pose est donc de savoir pourquoi François Hollande, sachant parfaitement qu’il allait droit dans le mur et faisant tout pour s’y précipiter, s’est entêté pendant des mois à nous raconter que nous allions nous en sortir grâce à ses remèdes de perlimpinpin.
Attendait-il un miracle venu d’une fulgurante croissance économique mondiale qui lui aurait permis de ramasser par terre quelques miettes ? Pensait-il que la méthode Coué lui permettrait, en rabâchant indéfiniment des balivernes, de provoquer un petit retour de confiance qui inciterait les entrepreneurs au bord de la faillite à embaucher et les consommateurs sans le sou à consommer ? Etait-il bête à ce point ?
En politique, on peut raconter n’importe quoi. Il y a toujours quelques gogos prêts à tout gober. Le « demain, on rasera gratis » fait recette depuis des siècles. Hollande, comme la plupart de ses prédécesseurs, a su largement en profiter. Mais, en économie, c’est tout autre chose. Les laïus fumeux des bonimenteurs, les propos enflammés des bateleurs, les incantations de toutes sortes n’ont aucune prise sur les réalités. Il faut s’en tenir aux règles simples du « bon père de famille » qui sait gérer « le panier de la ménagère » et compter sur ses doigts.
L’ennui avec la gauche (et avec la droite quand elle mène, comme bien souvent, une politique de gauche) c’est que ces gens-là s’imaginent que l’Etat peut faire de l’économie. L’histoire prouve, depuis des décennies, que si l’Etat peut, en effet, paralyser, tétaniser, détruire la vie économique, avec des réglementations liberticides et des prélèvements exorbitants, il ne peut en rien créer de l’activité, des richesses, des investissements, des innovations, des marchés, des emplois.
La croissance ne se décrète pas à l’Elysée ! Elle se crée dans les entreprises, des plus petites aux plus grandes, qui, seules, peuvent créer de la richesse pour peu que l’Etat ne leur mette pas les pieds dans le béton. Faut-il être énarque, technocrate et apparatchik du PS pour ignorer cette évidence !
Le jour où nos dirigeants politiques voudront vraiment que la France s’en sorte, ils se retireront sur la pointe des pieds du monde économique, feront rentrer l’Etat dans ses casernes en le limitant à ses devoirs régaliens et laisseront les Français, les industriels, les entrepreneurs, les artisans, les agriculteurs, tout le monde vivre leur vie. Abrogation des législations dictatoriales, allégement des charges en tous genres, chacun le sait, pour redonner la moindre chance à ce pays de ressusciter, il n’y a pas d’autre moyen que de le li-bé-rer de tous les carcans dans lesquels on l’étrangle depuis plus d’un demi-siècle, au nom d’une idéologie qu’on se refuse à qualifier mais qui s’appelle tout de même le collectivisme.
Or, Hollande fait exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire. Et jusqu’à l’absurde. Il n’a pas compris que trop d’impôt tuait l’impôt, trop de lois tuait la loi, trop d’Etat tuait le pays.
Chef d’un Etat en faillite, en capilotade, en décomposition, incapable d’assumer ses devoirs les plus élémentaires et totalement discrédité sur la planète, il s’imagine, avec une naïveté stupéfiante et grotesque, que cet Etat va permettre aux entreprises qu’il écrase chaque jour davantage de devenir compétitives, innovantes, créatrices de richesses et d’emplois. Mais qu’il les écoute une fois. Elles ne lui disent qu’une seule chose : « Foutez-nous la paix, laissez-nous vivre ! »
A cinq jours de la date fatidique de ce 31 décembre qu’il avait lui-même fixée, Hollande, le roitelet, est nu comme un ver au milieu de la scène, ridicule, bouffi de certitudes, gonflé d’ignorance. Le chômage a encore augmenté. Nous en sommes à 4.876.100 chômeurs, officiels, déclarés et sans compter l’Outre-Mer. Et comme il tient à son rôle de bouffon, il répète « l’inversion de la courbe du chômage est bel et bien engagée » Est-ce encore une de ses plaisanteries de garçon-de-bain dont il a le secret ?
Tout va très bien, Madame la Marquise, il ne manque pas un bouton de guêtres à nos soldats, nous vaincrons parce que nous sommes les plus et que la route du fer est coupée. Il parait que le 14 juillet 1789, Louis XVI avait écrit sur son journal personnel : « Aujourd’hui, rien ». Hier soir, Hollande a dû noter sur son petit carnet : « Aujourd’hui, bonne nouvelle, le chômage a baissé. Il a augmenté de 0,5% »

27 Déc 2013 | Comments (9)

Un président qui veut bouffer du curé

« L’affaire » des vœux bien discrets et bien tardifs de François Hollande aux Chrétiens de France à l’occasion de Noël n’est qu’une anecdote (de plus) mais elle est diablement révélatrice du bonhomme.
Certes, président d’une République « laïque », le chef de l’Etat n’est pas tenu de manifester sa sympathie aux croyants de telle ou telle religion lors de leurs fêtes respectives. Mais alors pourquoi diable multiplie-t-il les messages de vœux, à tout propos, à l’égard des Musulmans et des Juifs de France ? On dira que les Chrétiens de base sont infiniment moins « préoccupants » que les Musulmans et infiniment moins « actifs » que les organisations juives. Mais ce n’est tout de même pas une raison pour oublier à ce point le jour de Noël que célèbre une écrasante majorité de la population de ce pays.
La France n’est sans doute plus vraiment « la fille ainée de l’Eglise » mais, qu’on le veuille ou non, le christianisme reste le fondement essentiel de notre civilisation, de notre culture, de notre morale et, bien souvent, de notre vie quotidienne.
Noël n’est d’ailleurs plus seulement la commémoration de la naissance du Christ. La nativité d’un petit enfant nommé Jésus dans une crèche de Bethléem, il y a plus de deux mille ans, est devenue pour nous tous, chrétiens, croyants de toutes les religions, agnostiques, athées, le symbole de la fraternité, de l’espérance et de la paix. Même au Japon, on célèbre Noël. Et d’ailleurs, le Pape François lui-même s’est adressé, au cours de sa bénédiction Urbi et Orbi d’hier, non seulement aux croyants et mais aussi aux non-croyants. Preuve si besoin en était que le message de Noël ne s’adresse pas aux seuls croyants.
François Hollande aurait dû comprendre qu’en France, comme un peu partout dans le monde, Noël dépassait de beaucoup le problème de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Seulement voilà, François Hollande fait partie de ces survivants de la vieille gauche poussiéreuse formée par les rad.-soc. francs-maçons qui veulent à la fois pendre les riches à la lanterne et… bouffer du curé. On imagine que, le Vendredi Saint, il se fait servir avec délectation et sa compagne, dans la salle à manger de l’Elysée, une grosse côte de bœuf bien saignante histoire de défier « la calotte ».
Un Premier secrétaire du PS a parfaitement le droit de vénérer « le petit père Combes ». Mais un président de la République française du XXIème siècle n’a pas le droit de mépriser à ce point la foi de certains et les traditions de beaucoup d’autres.
Il est bien dommage que François Hollande n’ait toujours pas compris que Noël en France c’était, aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre, beaucoup, beaucoup plus important que l’Aïd el Kébir ou le Yom Kippour. Il prétendait réunir tous les Français en « ré-enchantant le rêve français » d’une Nation solidaire au-dessus de ses différences.
En affichant un tel mépris à l’égard de tant de Français plus ou moins « de souche » (sous prétexte, peut-être, que certains d’entre eux n’ont pas apprécié son mariage pour tous), Hollande leur fait comprendre qu’il ne veut pas être des leurs. Ils l’avaient déjà pressenti…

26 Déc 2013 | Comments (8)

Le Pape a du boulot

Tout le monde en convient, le Pape François est un honnête homme. On pourrait presque dire, si on osait, « un brave type ». Il a ce qu’on appelait autrefois « la foi du charbonnier » chevillée au corps. Sa bénédiction « urbi et orbi » de ce jour de Noël était parfaite… ou presque.
Comme tous ses prédécesseurs, il a lancé un appel à la paix. Mais sur un ton plus émouvant que les autres et en détaillant les choses. Il a évoqué la Syrie, la Centrafrique, le Sud-Soudan, le Nigeria, la Palestine, l’Irak, la Corne de l’Afrique et le Congo. Il est vrai que tout va très mal dans tous ces pays. Rarement un pape avait dû faire une telle énumération de catastrophes, de massacres, de tueries, de guerres civiles ou religieuses. Et encore, il a oublié la Libye, l’Egypte et quelques autres régions du monde.
Le « brave type » a, évidemment, raison. Si la fraternité régnait sur la planète, si tous les hommes se tendaient la main, on pourrait faire une jolie ronde tout autour du monde, comme l’écrivait un poète oublié (Paul Fort).
Mais il y a quelque chose de dérisoire et donc d’insupportable dans ces appels traditionnels à la paix de tous nos souverains pontifes. Tout le monde s’agenouille devant le pape mais tout le monde s’assoit sur ce qu’il peut bien dire.
Le pape a beau en appeler à Dieu, les Sunnites et les Chiites syriens veulent s’entretuer, tout comme les Chrétiens et les Musulmans de Centrafrique, tout comme les tribus du Sud-Soudan, tout comme les Musulmans et les Chrétiens du Nigéria, les Palestiniens et les Israéliens, les Sunnites et les Chiites d’Irak, les peuplades de la Corne de l’Afrique ou du Congo. Ils ont des comptes à régler, de vieilles haines à assouvir, le pouvoir à conquérir. Et d’ailleurs c’est souvent, précisément, à propos de Dieu –il est vrai qu’ils n’ont pas le même- qu’ils s’entredéchirent depuis des siècles.
Mais il y a plus grave et c’est ici qu’on aurait aimé que François aille un peu plus loin.
Tous ces combattants assoiffés de sang et qui commettent les pires atrocités ne sont, en fait, que de vulgaires marionnettes entre les mains de quelques grandes puissances qui, elles, ne pensant qu’au pétrole, qu’’à l’uranium et à toutes les richesses encore enfouies dans les sous-sols de ces pays misérables, sont ravies de les faire s’entretuer jusqu’au dernier pour obtenir, demain, des zones d’influence, des droits d’exploitation, des matières premières à bas prix et des parts juteuses de marché.
Ce ne sont ni les rebelles d’Al Qaïda ni les fidèles d’Assad qui fabriquent des lance-roquettes ou des armes chimiques en Syrie, pas plus que ce ne sont ni les Sélékas ni les anti-Balakas, en Centrafrique, ni les tribus du Sud-Soudan, ni les Islamistes du Nigéria, ni les terroristes palestiniens, ni les nostalgiques de Saddam Hussein en Irak, ni les peuplades de la Corne de l’Afrique ou du Congo qui fabriquent les kalachnikovs, les bazookas, les bombes au phosphore ou les mines antipersonnelles.
Ces armes viennent d’ailleurs, de quelque part, des pays industriels qui ont des usines d’armement. Et ce sont ceux qui fabriquent ces armes et qui les fournissent à profusion à tous les rebelles de la terre pour qu’ils s’entretuent indéfiniment qui sont les vrais responsables, les premiers criminels.
Décrétons un réel embargo sur toutes les armes pour toutes les régions en conflit, interdisons à la Russie, aux Etats-Unis, à l’Europe d’envoyer, quotidiennement, des cargaisons de canons, de fusils et de munitions à tous les rebelles et à tous les pouvoirs installés, empêchons les pays du Golfe de continuer à financer, à coups de milliards de pétrodollars, tous les fanatiques et Dieu pourra imposer la paix et la fraternité dans tous ces pays pourris.
Le pape possède le meilleur des services de renseignements de la planète. Il sait parfaitement d’où proviennent les caisses d’armes, qui paie les bandes de tueurs et les mercenaires.
On aimerait qu’au lieu d’énoncer des vœux aussi pieux qu’inutiles, lui qui n’a personne à ménager, ait un jour le courage de dénoncer publiquement les Samaritains, les marchands du temple et de canons et tous les judas de la terre.
Au lieu de citer les victimes dans une interminable logorrhée et de s’apitoyer sur elles, il ferait mieux de pointer du doigt les véritables assassins. Son message « orbi » aurait sans aucun doute plus d’effets.

25 Déc 2013 | Comments (8)

Un plouc « même pas drôle »

Certains amis de ce blog me reprochent d’avoir été à l’article de la mort (toutes proportions gardées) pendant deux jours et, du coup, de n’avoir rien dit de la stupéfiante plaisanterie « algérienne » de François Hollande, de l’indignation (un brin excessive) des autorités algériennes et des regrets penauds exprimés, sur le tard, par le président de la République française.
Hollande prétend connaitre l’Algérie mais il ignore visiblement que les Algériens sont d’une susceptibilité exacerbée, haïssent la France au de-là du raisonnable et sont donc prêts à sauter sur la moindre occasion pour nous ressortir une guerre terminée il y a plus d’un demi-siècle.
Il est indiscutable que plaisanter sur les problèmes de sécurité en Algérie n’était pas du meilleur des goûts. Le faire lors d’une réunion des Institutions juives de France aggravait les choses. Notre président va-t-il, pour mieux détendre l’atmosphère, nous raconter des histoires juives lors de sa prochaine visite de la Grande Mosquée ? On peut le redouter car avec lui le pire est toujours prévisible.
L’ennuyeux dans cette affaire n’est pas qu’il ait froissé les dictateurs algériens qui, depuis plus de cinquante ans, nous crachent à la gueule en permanence et nous comparent aux nazis, sans craindre de ridiculiser les centaines de milliers d’Algériens qui viennent –de leur plein gré, faut-il le rappeler ?- travailler, vivre et élever leurs enfants dans l’ancienne puissance coloniale.
L’ennuyeux est qu’une fois de plus François Hollande nous a prouvé qu’il ignorait tout des bases du savoir-vivre, des us et coutumes des relations internationales et qu’il n’était, en fait, qu’un vulgaire, très vulgaire plouc.
Les Français pouvaient déjà, à juste titre, lui reprocher d’être incapable de faire face à tous les problèmes du pays et de s’accrocher désespérément à une idéologie qui a été désavouée tout au cours du siècle dernier, mais ceux qui l’ignoraient s’aperçoivent désormais qu’ils ont élu à la tête du pays un pauvre amateur de contre-pétries, un simple spécialiste des calembours les plus douteux, un piètre roitelet des « blagues à Toto » de fin de banquet pour commis-voyageurs ou comiques troupiers. Ce n’est pas vraiment ce qu’on attend d’un chef de l’Etat.
Rue Solferino, quand il n’était encore que Premier secrétaire du PS, certains se désolaient déjà de ses « blagues à deux balles » qui n’amusaient que lui. Avant de l’appeler « Petite fraise des bois », Fabius l’appelait… « Même-pas-drôle ».
Et nous en avons encore pour trois ans et demi ! Car rien n’y fera, ni des cours accélérés donnés par le service du protocole, ni quelques entrefilets un peu critiques dans la presse. Plouc je suis, plouc je demeure.
Seul changement en vue : les capitales étrangères vont se mettre à écouter attentivement le moindre de ses discours, ce qu’elles ne faisaient plus depuis très longtemps. En attendant, la salive aux coins des lèvres, la prochaine gaffe, la prochaine bourde, le prochain cuir, la prochaine bévue du… successeur de de Gaulle !
« Même-pas-drôle » ne nous amuse pas mais fait rigoler la terre entière. A nos dépens…

24 Déc 2013 | Comments (4)

C’est Noël !

C’est Noël. Autrefois, il y a très longtemps, quand nous n’avions pas honte de faire partie d’un pays « aux racines chrétiennes » et que les mots « charité », « pitié », « amour des autres » n’étaient pas considérés comme des alibis de la pire des bourgeoisies réactionnaires, nous avions, ce soir-là, une petite pensée, voire un peu plus, pour les pauvres, les délaissés, les malheureux, les malades abandonnés. Ce n’était peut-être pas grand-chose mais c’était… beaucoup. Nous pouvions encore nous offrir le luxe d’avoir, une fois par an, du… cœur, un organe qui semble avoir disparu chez nous depuis belles lurettes..
Aujourd’hui, Noël c’est, pour quelques-uns, foie gras, champagne et cotillons. Plus guère la messe de minuit. Et pourtant il n’y a sans doute jamais eu autant de pauvres, de délaissés, de malheureux et de malades abandonnés que maintenant, dans notre fameuse société de consommation et de crédits à la consommation. Il suffit de faire ses courses dans les rues pour être assailli de miséreux faisant la manche, de femmes en guenilles présentant des gosses pour avoir une pièce.
On dira que ce sont le plus souvent des étrangers venus de l’Est et qu’ils n’ont rien à faire chez nous. C’est un peu vrai mais difficile à proclamer le soir de la nativité. Il y a sûrement quelque part des « responsables » qui n’ont pas fait leur travail. Il est aberrant que dans un pays qui a davantage de policiers que les dictatures les plus autoritaires, davantage de services dits « sociaux » que le plupart des autres pays riches et où les citoyens paient davantage d’impôts que partout ailleurs, il y ait des dizaines de milliers de sans-papiers qui errent dans les rues à la recherche d’un morceau de pain, n’ayant, ce soir, que la mendicité ou la délinquance pour réveillonner.
Mais les étrangers ne sont pas les seuls à crever de faim le soir de Noël, comme tous les soirs de l’année. Les chômeurs en bout de droits, les exclus, les rejetés sur le bord de la route –et là il s’agit de millions de nos compatriotes- ne vont pas non plus manger la dinde des jours de fête.
La gauche a usurpé sa réputation en faisant croire qu’elle allait reprendre à son compte le message du Christ et qu’avec elle au pouvoir tout ne serait plus qu’amour et fraternité, qu’il n’y aurait, sans doute, plus de riches mais, en tous les cas, plus de pauvres.
Jamais le fossé, l’abîme entre les uns et les autres n’a été aussi large, aussi profond. Pire, jamais il n’y a eu un tel mépris chez les uns et une telle haine chez les autres.
Hollande nous avait promis de « ré-enchanter le rêve français ». Or, depuis un an et demi, sa politique n’a consisté qu’à dresser les uns contre les autres, en matraquant les uns comme les autres. Pas de pitié pour les riches, ces ennemis de classe, mais rien non plus pour les pauvres. Avec son sectarisme d’antan, le benêt de la rue Solferino croyait encore qu’en appauvrissant les riches il enrichirait les pauvres. Il n’avait pas compris qu’en faisant fuir les capitaux et les capitalistes il jetterait les « damnés de la terre » à la rue.
Noël, c’était la fête pour les uns et l’espérance pour les autres. La fête est finie et c’est la désespérance pour tous.
Plus personne n’a envie ni même les moyens d’inviter à sa table le pauvre qui bat la semelle sous la neige, dehors.
Même le soir de Noël, la France est devenue un pays triste, aigri, refermé sur lui-même. Dans le rafiot qui coule, au milieu du sauve-qui-peut général, c’est le chacun pour soi. Sarkozy lui avait peut-être laissé une France en faillite, mais Hollande a transformé les Français en un peuple cruel, se détestant lui-même, dans une ambiance délétère c’est-à-dire mortifère.
Bon Noël à tous les amis de ce modeste blog, malgré tout. Nous sommes encore quelques amis…

24 Déc 2013 | Comments (8)

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