Il n’y a plus, selon le sondage YouGov pour I-Télé d’aujourd’hui, que 15% des Français à avoir un « avis favorable » sur François Hollande. Le président a encore perdu 6 points en un mois. On se demande jusqu’où il va bien pouvoir descendre dans l’opinion. Que se passera-t-il quand il aura atteint le zéro absolu ? En même temps, on apprend que le PIB du pays a baissé de 0,1% au troisième trimestre, contrairement à toutes les annonces du gouvernement et que les préfets ont adressé une note au ministre de l’Intérieur s’inquiétant d’« une société en proie à la crispation, à l’exaspération et à la colère ».
Rien de nouveau ni de surprenant dans toutes ces mauvaises nouvelles. La dégringolade du chef de l’Etat va de pair avec celle du pays et les Français après s’être, en effet, un peu « crispés », pour reprendre les jolis termes de nos préfets, sont passés de « l’exaspération » à « la colère ». Et pas seulement en Bretagne.
Comme François Hollande ne veut ni démissionner, ni dissoudre l’Assemblée, ni remanier son gouvernement, ni même changer de Premier ministre, qu’il est encore au pouvoir pour trois ans et demi et que cela ne peut évidemment pas durer comme cela bien longtemps, sauf à vouloir vraiment que la foule envahisse les rues et brûle les préfectures, il va bien falloir qu’il trouve quelque chose.
Dans son entourage, on nous laisse entendre qu’il aurait trouvé. Pour tenter de se « re-légitimiser » en face d’un pays au bord de l’insurrection générale, le président « normal » aurait, nous dit-on, l’intention de changer brusquement de registre, de braquet, de costume. Il ne s’occuperait plus de l’intendance et se réfugierait sur les sommets de l’Olympe en se déguisant en « Père de la Nation », protecteur exigeant de nos grands principes, défenseur intransigeant des libertés, des égalités et même des fraternités.
C’est d’ailleurs en principe le premier rôle du chef de l’Etat et c’est le seul qui, sur le papier pourrait lui rester puisqu’il a fait la preuve (et même par l’absurde) qu’il était totalement incapable de gérer le pays, de faire face à la crise, de définir un cap et même de tenir sa majorité.
Mais, dans les faits, cela va être beaucoup plus compliqué pour lui. D’abord, parce que la ficelle est énorme. Personne ne croit une seule seconde que le pays soit en danger parce que Minute a fait sa « une » sur Christiane Taubira, ni même parce qu’une Marine Le Pen, bottée et casquée, serait sur le point de s’emparer de quelques villes de province lors des prochaines élections municipales.
Non, la République ne vacille pas et la France n’est pas sur le point de basculer dans le pire des racismes ou le plus redoutable des fascismes et tous ceux qui veulent jouer les sauveurs de la République en face du « péril brun » sont parfaitement ridicules. Si les Français descendent dans la rue ce n’est, Dieu merci, pas pour se lancer dans la chasse aux Arabes ou aux « Nègres » et les jeter à la mer. C’est pour conspuer le pouvoir et jeter par la fenêtre aussi bien la majorité que l’opposition. A moins de considérer nos élus, de gauche et de droite, comme une « race » à part, nos compatriotes ne sont pas racistes.
Il y a, il y a toujours eu et il y aura toujours une toute petite franche de la population (comme dans tous les pays et plutôt moins qu’ailleurs) qui sera raciste. C’est très dommage mais ce n’est pas nouveau et il n’y a rien à faire pour éradiquer ce mal. Il faut d’ailleurs remarquer que l’antisémitisme a considérablement diminué depuis l’entre deux-guerres (mais la Shoah y est, bien sûr, pour quelque chose) et que vu le nombre d’Arabes et de Noirs qu’on croise désormais dans nos rues, on peut presque s’étonner, pour s’en réjouir, que le racisme n’ait pas pris davantage d’ampleur. Hollande et ses petits copains seraient donc grotesques en enfourchant le cheval de la lutte contre le racisme pour tenter de remonter dans les sondages.
A cela, il faut ajouter que François Hollande est particulièrement mal placé pour jouer les « Pères de la Nation » en prêchant les grandes valeurs de la France éternelle et en appelant à l’Union nationale voire à l’Union sacrée. Jamais, sans doute, aucun président de la République n’avait provoqué, sciemment, autant de cassures, de déchirements, de rivalités, de haines au sein de notre société. L’ancien apparatchik de la rue Solferino s’est toujours considéré comme le président du seul « peuple de gauche », déclarant la guerre aux riches et persécutant les classes moyennes soupçonnées sans doute de voter à droite. En un an et demi de règne, son seul « succès » a été de faire adopter par son assemblée de godillots une loi que rien n’imposait, le mariage des homosexuels, et qui a profondément et bien inutilement divisé avantage encore le pays déjà meurtri.
Aujourd’hui, Hollande voudrait donner des leçons de morale, de civisme, de patriotisme à tout le monde. Il veut se mettre à parler de la Patrie, de la Nation, des Grandes valeurs de la République qu’il a piétinées à plaisir depuis son entrée à l’Elysée avec son sectarisme de petit SFIO « normal ».
Il s’indigne d’avoir été conspué devant l’Arc de triomphe et accuse les nervis des ligues fascistes (dissoutes depuis très longtemps) d’être responsables de cette atteinte intolérable aux symboles de la Nation. Mais c’est lui le premier et le seul responsable de ces débordements.
Le donneur de leçons est un cancre et c’est lui qui va recevoir la pire des leçons, dès mars prochain. Il faudra qu’il trouve autre chose que d’essayer de s’affubler soudain du costume de de Gaulle, mille fois trop grand pour lui.

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