Tous les Français sont, bien sûr, désolés d’apprendre que la République Centrafricaine, petit pays perdu quelque part au cœur du continent noir, deux fois grand comme la France mais peuplé de moins de cinq millions d’habitants, sombre dans le chaos le plus absolu, avec des bandes de brigands de grands chemins qui volent, violent, massacrent la population et un Etat qui n’en est pas, dirigé depuis mars dernier par d’anciens rebelles plus ou moins islamistes venus de l‘est du pays, les Sélékas.
Est-ce une raison pour que François Hollande, fier de sa victoire au Mali où il a pu empêcher d’autres islamistes de s’emparer du pays mais furieux de n’avoir pas pu faire sa petite guerre de Syrie, envoie un millier d’hommes à Bangui ?
Ce type, totalement incapable de mener les combats pour lesquels il a été élu (le chômage, les déficits, l’effondrement économique, social, moral de la France, etc.) ne va tout de même pas se mettre à guerroyer à travers toute la planète pour tenter de faire oublier tous ses échecs.
On sait que « les gens de gauche », de Jules Ferry à Mitterrand, en passant par Léon Blum et Guy Mollet, ont toujours été foncièrement colonialistes, convaincus, en leur âme et conscience, que les pays dits « civilisés » se devaient d’apporter aux « sauvages » le progrès et la démocratie, comme l’avait d’ailleurs déclaré lui-même le héros du Front Populaire.
Mais les temps ont changé. La France n’a plus ni les moyens ni surtout vocation à être le gendarme de son ancien empire, indépendant maintenant depuis plus d’un demi-siècle. Les tueries et les guerres tribales centrafricaines sont désolantes mais ne nous concernent pas. Depuis des dizaines d’années, tous nos présidents, y compris Hollande, nous ont dit et répété que la « Françafrique » n’existait plus. Vu ce qu’elle nous coûte et le peu qu’elle nous rapporte, on aurait voulu les croire et acquérir, nous aussi, notre indépendance. Hollande rêverait-il soudain de recevoir des diamants pour les offrir à sa compagne, comme à la bonne époque de Sa Majesté Impériale l’Empereur Bokassa 1er ?
Laurent Fabius nous dit que la Centrafrique est « au bord du génocide » et Jean-Yves Le Drian ajoute qu’on assiste à « l’effondrement d’un Etat avec une tendance à l’affrontement confessionnel ». C’est sans doute vrai et c’est très dommage pour les Centrafricains.
Mais on a surtout l’impression que François Hollande cherche désespérément quelque chose d’un peu « distrayant » à nous raconter lors de son allocution obligée du 31 décembre prochain. On sait qu’il avait pris rendez-vous avec nous à la fin de cette année et qu’il devait nous annoncer que la courbe du chômage était, enfin, inversée. Ce rendez-vous sera raté.
Alors, faute de pouvoir nous dire que, grâce à lui, à sa clairvoyance et à sa détermination, la croissance repart, l’économie redémarre, les entreprises embauche à nouveau, il va nous raconter que, grâce à son courage et à son génie géostratégique, l’armée française a commencé à stabiliser la situation en Centrafrique ce dont la France entière « se fout » complètement, des chômeurs aux agriculteurs en passant par les petits commerçants, les victimes des plans sociaux, les retraités, les jeunes, les Bonnets rouges, les pigeons et les contribuables lambda.
Au fond, notre petit Néron local assiste à l’incendie du pays et veut nous offrir si ce n’est du pain (il commence à manquer) du moins des jeux pour nos distraire à tous les sens du terme. C’est ce qui s’appelle l’art de la diversion.
Après le mariage des homosexuels qui a choqué beaucoup de monde mais ne concernait réellement qu’une infime minorité de la population, on nous bassine maintenant avec la pénalisation des clients des prostituées, le harcèlement à l’école, la légalisation du cannabis, la protection des femmes battues et toute une flopée de sujets dits « sociétaux » sans doute intéressants mais dérisoires dans un pays qui, avec 2.000 milliards de dettes et battant tous les records d’imposition, compte plus de cinq millions de chômeurs, dix millions de gens qui vivent sous la ligne de pauvreté et où, pour beaucoup, l’avenir se limite à choisir entre la résignation devant le chômage ou le courage de l’exil.
Il ne faudrait pas que nous soyons dupes. Le sort des Centrafricains et celui de ceux qui « vont aux putes » ne sont pas au coeur des préoccupations angoissantes des Français qui savent d’ailleurs parfaitement qu’on ne règlera jamais d’un coup de menton les problèmes de l’Afrique ni d’un texte de loi ceux de la prostitution. Pas plus d’ailleurs qu’on ne libérera les entreprises pour leur redonner leur chance dans la compétition internationale en modifiant vaguement trois articles du Code général des impôts.
Les Français en ont assez de voir le chef de l’Etat jouer au bonneteau devant eux tout en sortant de ses poches (trouées) tantôt un génocide au fin fond de l’Afrique, tantôt un projet fumeux de grande réforme fiscale, tantôt une fausse solution pour régler le plus vieux métier du monde.
La diversion, ça suffit !

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