Si on peut contester que l’Académie française d’aujourd’hui soit la fine fleur de l’intelligence française et ne pas être béat d’admiration devant certains de nos « immortels » dont on se demande ce qu’ils peuvent bien faire là, tout le monde reconnait que l’Académie des Sciences rassemble, elle, en son sein ce que nous avons de mieux comme scientifiques. Ses membres sont inconnus du grand public, ne sont généralement pas des rigolos mais les travaux qui les ont fait entrer sous la Coupole leur ont donné une autorité incontestable et incontestée dans toute la communauté scientifique internationale.
Or, ces grands savants publient, ce matin, un rapport demandant la reprise des recherches pour l’exploration et l’exploitation du gaz de schistes et implorent les pouvoirs publics de ne pas rejeter une chance inespérée pour la France de retrouver la croissance et de sortir de la crise.
Certains diront, sans doute, que ces scientifiques connaissent moins bien les problèmes géologiques que José Bovet, Eva Joly ou Cécile Duflot et leurs petits copains qui ont élevé des moutons sur le plateau du Larzac avant de se retrouver dans les beaux quartiers de la capitale. Mais leurs réflexions méritent tout de même une certaine attention.
D’abord, maitrisant, eux, le sujet ils affirment que « les risques associés à l’extraction du gaz de schiste peuvent être maitrisés » et que « le risque de contamination directe due à la fracturation hydraulique est peu probable » car ils savent (ce qu’ignorent sans doute nos écologistes de service) que « les gisements de gaz de schiste sont à plusieurs centaines de mètres en-dessous des nappes phréatiques ». Et ils rappellent que « le gaz de schiste est moins polluant que le charbon ». L’apocalypse que nous annoncent les Verts, les jaunes et les marrons foncés n’est donc qu’une vue de l’esprit et d’un esprit particulièrement perverti.
Nos savants poussent alors un cri d’alarme : « Les conséquences positives pour l’économie qui pourraient résulter pour la France d’un développement des gaz et huiles de schiste sont trop importantes dans la situation de crise actuelle pour qu’on puisse rejeter a priori, sans examen attentif, cette ressource potentielle ».
Ils ont fait leurs calculs. D’après leurs premières estimations, nos réserves en gaz de schiste représenteraient cent-quinze fois la consommation annuelle de gaz en France. En clair, si nous exploitions ce trésor caché nous n’aurions plus besoin d’acheter de gaz à l’étrange pendant… plus d’un siècle.
Faut-il que nous soyons particulièrement absurdes pour refuser cette richesse fabuleuse alors pourtant que « ceux qui savent » nous disent que c’est sans risque ?
Cette loi interdisant toute recherche sur le gaz de schiste a été prise en juillet 2011 par Nicolas Sarkozy. Il est bien dommage que l’anti-sarkozisme dont a fait preuve François Hollande pendant tout le début de son mandat ne l’ait pas conduit à abroger ce texte imbécile.
Seulement voilà, tout en prétendant tout mettre en œuvre pour lutter contre le chômage en faisant redémarrer notre économie, l’actuel président de la République pense avant tout à sauvegarder le semblant de majorité qui lui reste ce qui permet aux Ecologistes (2% des voix lors de la dernière présidentielle) de le mener par le bout du nez.
Cécile Duflot à la tête de sa secte de végétariens amateurs de petites fleurs a infiniment plus de poids qu’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif. Hollande est davantage préoccupé par les prochaines élections municipales que par l’avenir de la France. On voit le niveau du bonhomme. Non seulement il a déjà tout raté depuis son entrée à l’Elysée mais, là, il nous fait, en plus, rater l’une des très rares chances que nous aurions à nous en sortir et à redevenir, grâce à une sorte de miracle, un grand pays.
Il restera, sans doute, comme l’homme qui a permis le mariage des homosexuels mais il restera surtout comme celui qui, pour des raisons incroyables de basse politique politicarde, a refusé le gaz de schiste, comme d’autres avaient, jadis refusé, le chemin de fer, l’électricité ou la machine à vapeur. C’est impardonnable. Déjà condamné par l’opinion, il sera condamné par l’Histoire.
Et il est bien dommage qu’à part nos académiciens, personne en France ne s’insurge contre cette aberration.

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