Certains amis de ce blog lui reprochent de verser dans la plus totale « batavophobie » après avoir longtemps pratiqué la pire des « sarkophagies ». Nous ne pouvons que plaider coupables. Mais nous revendiquons bien des circonstances atténuantes. L’actuel président de la République est pire encore que son prédécesseur qui était lui-même devenu insupportable. Les sondages d’aujourd’hui sont d’ailleurs pires pour le locataire momentané de l’Elysée que ne l’ont été les scrutins d’hier pour celui auquel il a succédé. Par définition, un chef d’Etat qui a tous les pouvoirs est jugé sur ses résultats. Or, d’un quinquennat à l’autre, la dégringolade du pays ne fait que s’accélérer dans tous les domaines. Le chômage, les déficits, la précarité, les prélèvements obligatoires augmentent chaque jour davantage et de plus en plus vite. L’Etat se délite chaque semaine de plus en plus, dans les hôpitaux, à l’Ecole, dans l’administration, partout. Sans parler de l’image de la France dans le monde. Quant à la société française, elle n’a jamais été aussi divisée, morcelée entre les riches et les pauvres, les fonctionnaires et les salariés du privé, « l’élite » et « le peuple ». Sarkozy s’affolait et changeait de cap, passant de l’ouverture à gauche, avec son premier gouvernement, à la droitisation à outrance avec le fameux discours de Grenoble. Hollande, lui, est tétanisé, recule, fait volte-face, incapable même d’arbitrer entre ses propres ministres qui tirent à hue et à dia. Sarkozy zigzaguait dans tous les sens, Hollande se laisse couler à pic. On dira que la situation est difficile, que la crise prouve que les grandes puissances d’hier sont désormais hors-jeu et reléguées au bas de tous les tableaux, que les Français, accrochés à leur « système », avec un Etat-providence, un assistanat généralisé et des avantages acquis, refusent tout changement, toute réforme. C’est vrai. Mais « le boulot » d’un chef d’Etat est, précisément, de faire face aux crises, de se débattre au milieu du chaos mondial, de mobiliser la Nation. Un chef d’Etat n’a jamais d’excuses. En 1958, la situation de la France était pire encore. Les caisses étaient vides, il y avait la guerre d’Algérie, le parti communiste et la CGT pouvaient paralyser le pays, l’extrême-droite, avec les Poujadistes, était inquiétante. Et, brusquement, tout était rentré dans l’ordre. « Simplement » parce qu’un homme d’Etat, digne de ce nom, était revenu au pouvoir et qu’en quelques semaines, de Gaulle avait su redonner espoir aux Français, en fixant un cap (ambitieux), en changeant les institutions, en reprenant en main (une main de fer) l’administration. Les temps ont changé, diront certains. Non. Ce qui a changé c’est qu’aujourd’hui nos petits pantins politicards n’ont aucune autre ambition que de s’accrocher à un pouvoir qui n’en est même pas un. Ils pensent aux prochaines élections et non pas à la France. Ils disent et promettent tout et n’importe quoi avec l’espoir de grappiller quelques voix. Ils élaborent des programmes à la lecture des sondages. N’importe quel Français, de droite comme de gauche, serait prêt à applaudir, à acclamer n’importe quel homme politique, de droite comme de gauche, qui, en ayant une vision de l’avenir et une ambition pour la France, saurait remettre le pays sur ses pieds, relancer la croissance, rétablir les comptes et redonner à tous la fierté d’être français. Sarkozy a raté son quinquennat. Il fallait le dire. Hollande est en train de rater le sien. Il faut le crier. Car à force de dégringoler la France touche le fond. Elle ne va plus « droit dans le mur ». Elle s’y écrase. Le pays était malade depuis longtemps, il est maintenant à l’agonie. Et ce n’est pas faire de l’opposition systématique que de s’en prendre à Hollande après s’en être pris à Sarkozy. Ils sont plus mauvais l’un que l’autre, chacun dans son style, et nous en crevons. Tout le monde affirme maintenant que « si ça continue comme ça, ça finira mal ». Mais ça ne peut plus continuer comme ça et on ne sait pas comment ça va finir.

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