Dominique Bertinotti vient de révéler qu’elle avait un cancer et qu’elle commençait à s’en sortir. Bravo !
Contrairement à ce qu’on affirme souvent, la santé de nos dirigeants ne fait pas partie de leur vie privée si tant est que les personnalités publiques puissent en revendiquer une. Nous avons eu trois présidents de la République gravement malades, Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac dans les derniers mois de son second mandat. On nous l’a caché ou on nous a menti sur la gravité de leur mal. Or, un grand malade, soumis évidemment à un traitement lourd, n’a plus toutes ses capacités de jugement et de décision. Il est aberrant qu’on ait laissé ces hommes souffrant le martyre à la tête de l’Etat, disposant de tous les pouvoirs et même de l’arme atomique.
Bien sûr, Dominique Bertinotti n’est que sous-ministre de la famille, et n’a guère de responsabilités. Elle n’a jamais été que l’ombre respectueuse de Christiane Taubira pendant le débat sur le mariage des homosexuels quand personne n’aurait pu soupçonner qu’elle apparaissait à l’Assemblée entre deux séances de chimiothérapie. Et elle a attendu d’être définitivement (du mois on veut l’espérer) sortie de Curie pour annoncer son mal.
Son « aveu » a, en fait, surtout pour objectif de « dédramatiser » ce cancer qui fait peur et que tout le monde redoute. Elle prouve qu’on peut continuer à vivre (presque) normalement avec un cancer et une perruque. C’est énorme et constitue un fantastique encouragement pour tous les malades.
Mais, en affichant publiquement sa maladie, elle brise un tabou et on voudrait que son exemple de franchise soit suivi par d’autres. Dire la vérité, même la pire de toutes, devrait être une obligation pour tous les dirigeants.
Certes, le cancer du sein se soigne de mieux en mieux mais son courage devant la maladie et plus encore devant l’opinion mérite un grand coup de chapeau.
Dominique Bertinotti n’était guère sympathique. Elle le devient.

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