Archives par moisnovembre 2013



Chômage: une baisse en trompe-l’oeil

François Hollande va-t-il gagner son pari (fou) d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année, dans un mois ? Un chiffre publié hier soir pourraient presque le laisser espérer aux plus naïfs. Il y a eu, en octobre, 20.500 chômeurs de moins, soit -0,6%. Ce n’est pas grand-chose, nous avons encore 3.270.000 chômeurs inscrits à Pôle-emploi. Mais cela nous change évidemment des dramatiques augmentations mensuelles habituelles et on aurait mauvaise grâce à ne pas apprécier ce tout petit frémissement.
Mais attention ! Cette petite baisse est en trompe-l’œil et ne concerne que les chômeurs de catégorie A (chômage total). Les chômeurs de catégories B et C (activité réduite) ont, eux, continué à augmenter, 39.600 de plus, +0,8%. Et puis, surtout, il ne faut pas oublier que le gouvernement triche d’une manière éhontée. D’abord, en faisant radier à tour de bras certains chômeurs des listes officielles, 11.000 radiations administratives de plus. Ensuite, en transformant, par un tour de passe-passe incroyable, des chômeurs de catégorie A en chômeurs de catégories B ou C, sous prétexte qu’ils suivent un vague stage de formation. C’est ce qui est arrivé à 60.000 d’entre eux, en octobre. Enfin, bien sûr, en multipliant à l’infini –mais c’est toute la politique du gouvernement- les embauches bidon à coup d’emplois d’avenir ou de génération et d’emplois « aidés », c’est-à-dire payés par les entreprises et les contribuables.
Nous avons encore 11,1% de chômeurs alors que l’Allemagne n’en a plus que 5,2% et les Etats-Unis 7,2%. Sans parler, bien sûr, de la Suisse, 3,2% ou de l’Autriche, 4,9%. Mais on peut toujours évoquer l’Espagne, 26,6% ou la Grèce, 27,3%. Est-ce vraiment une consolation ?
En jouant sur les chiffres, Hollande joue aussi sur les mots. En fait, ce qui compte ce n’est pas le nombre de chômeurs mais bien le nombre d’emplois réels, marchands qui sont créés. Cette année, la France a encore perdu plus de 110.000 emplois. Quelques soient les entourloupes auxquelles se livrent les socialistes, les réalités sont têtues. On ne pourra vraiment inverser la courbe du chômage, c’est-à-dire créer des emplois qu’avec une croissance d’au moins 1,5%. On en est très loin.
Rechercher la croissance cela ne consiste pas à attendre, le nez au vent et les bras croisés, que l’économie mondiale redémarre et que nous puissions en récolter quelques miettes. Cela veut dire permettre aux entreprises de se développer en investissant et en innovant pour créer de la richesse et conquérir des marchés intérieurs comme extérieurs, tout en permettant aux citoyens de consommer.
Or, toute la politique menée par Hollande pour maquiller les chiffres avec ses emplois aidés l’oblige à augmenter toujours plus les prélèvements et à oppresser davantage encore les entreprises et les consommateurs. C’est toute l’absurdité de cette politique. Pour faire baisser artificiellement le nombre des chômeurs, il massacre à la tronçonneuse toutes les possibilités de créer des emplois.
Les Français commencent à s’apercevoir que ce n’est pas la courbe du chômage qu’il faut observer mais bien celle des créations d’emplois. Ils pensaient naïvement que si la première baissait un jour ce serait parce que la seconde augmenterait. Ils comprennent qu’Hollande va sans doute, peut-être, réussir l’exploit de faire baisser les deux en même temps. Moins de chômeurs, moins d’emplois. C’est évidemment suicidaire car avant longtemps, faute de la moindre croissance qu’il paralyse lui-même, Hollande ne pourra plus s’offrir ses emplois bidon.
Il va peut-être faire baisser le nombre des chômeurs mais il va, paradoxalement, multiplier le nombre des fermetures d’entreprises. Comment s’en étonner ? Une politique socialiste ne peut que conduire à une économie socialiste. L’Etat-providence devient l‘Etat-catastrophe.

29 Nov 2013 | Comments (8)

Les trois vrais scandales de l’affaire Varin

La presse de ce matin fait, bien sûr, ses gros titres sur ce qu’il faut désormais appeler « l’affaire Varin ». Chacun semble découvrir avec effroi que les grands patrons touchent plus, beaucoup plus que les ouvriers de base et crie au scandale. Cette naïveté est confondante.
Le problème ici est tout autre. Ce qui est choquant c’est que Philippe Varin n’est précisément pas un « grand » patron mais… « un gros mauvais ».
Un patron qui est incapable d’innover, de proposer des modèles de voitures répondant aux désirs de la clientèle, qui perd des marchés sur tous les continents, qui met son entreprise au bord de la faillite et est donc obligé de fermer des usines et de jeter à la rue ses salariés est, évidemment, « un nul » qui ne mérite ni son salaire pharamineux ni la moindre retraite dorée sur tranche. Tout est là.
Dans n’importe quel pays « capitaliste » -on pense aux Etats-Unis, par exemple- Varin aurait été viré sans ménagement depuis longtemps. Il n’aurait d’ailleurs même pas été engagé. Les actionnaires ou leurs représentants qui l’ont nommé à ce poste clé portent, et eux seuls, une très lourde responsabilité. Il est vrai qu’en France on aime bien « les gros mauvais ». Jean-Marie Messier, Alain Minc ou Jacques Attali, pour n’en citer que quelques-uns, qui ont toujours tout raté ont fait et font encore figures d’icônes de la pensée économique française.
On ne sait pas combien touchent les patrons de Mercedes, de Volkswagen, de BMW ou d’Audi mais quand on voyage un peu à travers le monde, on ne serait pas outré qu’ils aient des salaires dépassant toute décence car ils savent, eux, diriger de main de maitre leur entreprise.
Certains nous disent, en rappelant que Renault n’est pas dans une situation beaucoup plus florissante, que ce n’est pas Varin qui est responsable des malheurs de Peugeot mais « le système français », avec son poids des charges, sa législation du travail et la toute puissance des syndicats, qui a cassé toute l’industrie française en anéantissant notre compétitivité. L’argument ne tient pas. D’ailleurs, les voitures allemandes sont beaucoup plus chères que les nôtres ce qui ne les empêchent pas de se vendre sur tous les continents.
Le deuxième scandale dans cette affaire Varin est la mauvaise foi des syndicats qui ont dénoncé la chose et la médiocrité de la presse qui a repris leurs arguments sans même essayer de vérifier un peu les chiffres. Tout le monde nous parle de 21 millions que Varin aurait pu toucher. Or, si Peugeot a bien « provisionné » 21 millions pour la retraite dorée de Varin, Varin lui-même n’aurait, en fait, touché « que » 7,750 millions, en annuités, sur 25 ans, le reste revenant… à l’Etat. Quand on parle du salaire ou de la retraite que touche quelqu’un on n’y ajoute jamais les charges que paie l’entreprise. Nos journalistes devraient faire attention à ce qu’ils écrivent. Il est d’ailleurs aberrant que quand un salarié –fut-il patron- touche 7, 50 millions cela en coûte 21 à son entreprise.
Le troisième scandale est pire encore. Le président de la République en personne et un bon nombre de ses ministres se sont permis de commenter cette affaire, oubliant totalement que Peugeot était une entreprise « privée », gérant comme elle l’entendait -et mal en l’occurrence- ses affaires. Que l’Etat ait dû un peu la renflouer n’y change rien.
Les socialistes ne veulent toujours comprendre qu’une entreprise privée est, par définition, libre de ses mouvements. Ce matin, plusieurs députés PS vont jusqu’à demander une loi pour limiter les salaires des patrons du privé en rappelant qu’une telle loi a déjà été prise pour limiter les salaires des dirigeants des entreprises publiques. Autant dire qu’ils rêvent de nationaliser nos entreprises privées, rêve qu’avait d’ailleurs déjà caressé Arnaud Montebourg à propos d’Arcelor-Mittal et, justement, d’Aulnay-sous-Bois.
Cette « affaire Varin » est donc terriblement révélatrice. Elle démontre à la fois à quel point notre capitalisme peut devenir incompétent, embourbé qu’il est dans ses copinages de castes et sa frilosité, voire sa médiocrité et à quel point nos socialistes sont incurables en s’imaginant encore et toujours que l’Etat peut gérer l’économie avec ses technocrates, ses ronds de cuir et ses textes liberticides.
La France se meurt parce qu’elle réunit tous les vices du pire des capitalismes et toutes les tares du sectarisme socialiste d’antan. Des patrons incompétents et des dirigeants qui croient encore au grand soir et aux aubes prometteuses avec des nationalisations…

28 Nov 2013 | Comments (10)

L’art de la diversion

Tous les Français sont, bien sûr, désolés d’apprendre que la République Centrafricaine, petit pays perdu quelque part au cœur du continent noir, deux fois grand comme la France mais peuplé de moins de cinq millions d’habitants, sombre dans le chaos le plus absolu, avec des bandes de brigands de grands chemins qui volent, violent, massacrent la population et un Etat qui n’en est pas, dirigé depuis mars dernier par d’anciens rebelles plus ou moins islamistes venus de l‘est du pays, les Sélékas.
Est-ce une raison pour que François Hollande, fier de sa victoire au Mali où il a pu empêcher d’autres islamistes de s’emparer du pays mais furieux de n’avoir pas pu faire sa petite guerre de Syrie, envoie un millier d’hommes à Bangui ?
Ce type, totalement incapable de mener les combats pour lesquels il a été élu (le chômage, les déficits, l’effondrement économique, social, moral de la France, etc.) ne va tout de même pas se mettre à guerroyer à travers toute la planète pour tenter de faire oublier tous ses échecs.
On sait que « les gens de gauche », de Jules Ferry à Mitterrand, en passant par Léon Blum et Guy Mollet, ont toujours été foncièrement colonialistes, convaincus, en leur âme et conscience, que les pays dits « civilisés » se devaient d’apporter aux « sauvages » le progrès et la démocratie, comme l’avait d’ailleurs déclaré lui-même le héros du Front Populaire.
Mais les temps ont changé. La France n’a plus ni les moyens ni surtout vocation à être le gendarme de son ancien empire, indépendant maintenant depuis plus d’un demi-siècle. Les tueries et les guerres tribales centrafricaines sont désolantes mais ne nous concernent pas. Depuis des dizaines d’années, tous nos présidents, y compris Hollande, nous ont dit et répété que la « Françafrique » n’existait plus. Vu ce qu’elle nous coûte et le peu qu’elle nous rapporte, on aurait voulu les croire et acquérir, nous aussi, notre indépendance. Hollande rêverait-il soudain de recevoir des diamants pour les offrir à sa compagne, comme à la bonne époque de Sa Majesté Impériale l’Empereur Bokassa 1er ?
Laurent Fabius nous dit que la Centrafrique est « au bord du génocide » et Jean-Yves Le Drian ajoute qu’on assiste à « l’effondrement d’un Etat avec une tendance à l’affrontement confessionnel ». C’est sans doute vrai et c’est très dommage pour les Centrafricains.
Mais on a surtout l’impression que François Hollande cherche désespérément quelque chose d’un peu « distrayant » à nous raconter lors de son allocution obligée du 31 décembre prochain. On sait qu’il avait pris rendez-vous avec nous à la fin de cette année et qu’il devait nous annoncer que la courbe du chômage était, enfin, inversée. Ce rendez-vous sera raté.
Alors, faute de pouvoir nous dire que, grâce à lui, à sa clairvoyance et à sa détermination, la croissance repart, l’économie redémarre, les entreprises embauche à nouveau, il va nous raconter que, grâce à son courage et à son génie géostratégique, l’armée française a commencé à stabiliser la situation en Centrafrique ce dont la France entière « se fout » complètement, des chômeurs aux agriculteurs en passant par les petits commerçants, les victimes des plans sociaux, les retraités, les jeunes, les Bonnets rouges, les pigeons et les contribuables lambda.
Au fond, notre petit Néron local assiste à l’incendie du pays et veut nous offrir si ce n’est du pain (il commence à manquer) du moins des jeux pour nos distraire à tous les sens du terme. C’est ce qui s’appelle l’art de la diversion.
Après le mariage des homosexuels qui a choqué beaucoup de monde mais ne concernait réellement qu’une infime minorité de la population, on nous bassine maintenant avec la pénalisation des clients des prostituées, le harcèlement à l’école, la légalisation du cannabis, la protection des femmes battues et toute une flopée de sujets dits « sociétaux » sans doute intéressants mais dérisoires dans un pays qui, avec 2.000 milliards de dettes et battant tous les records d’imposition, compte plus de cinq millions de chômeurs, dix millions de gens qui vivent sous la ligne de pauvreté et où, pour beaucoup, l’avenir se limite à choisir entre la résignation devant le chômage ou le courage de l’exil.
Il ne faudrait pas que nous soyons dupes. Le sort des Centrafricains et celui de ceux qui « vont aux putes » ne sont pas au coeur des préoccupations angoissantes des Français qui savent d’ailleurs parfaitement qu’on ne règlera jamais d’un coup de menton les problèmes de l’Afrique ni d’un texte de loi ceux de la prostitution. Pas plus d’ailleurs qu’on ne libérera les entreprises pour leur redonner leur chance dans la compétition internationale en modifiant vaguement trois articles du Code général des impôts.
Les Français en ont assez de voir le chef de l’Etat jouer au bonneteau devant eux tout en sortant de ses poches (trouées) tantôt un génocide au fin fond de l’Afrique, tantôt un projet fumeux de grande réforme fiscale, tantôt une fausse solution pour régler le plus vieux métier du monde.
La diversion, ça suffit !

27 Nov 2013 | Comments (10)

Excès de zèle ou tentative de putsch ?

François Hollande avait demandé à Jean-Marc Ayrault d’essayer de trouver « un truc » pour tenter de le sortir du gouffre dans lequel il sombre inexorablement. L’obsession du président de la République n’est plus d’inverser la courbe du chômage, il a compris que c’était « foutu », mais d’inverser la courbe des sondages, comme si ces deux courbes n’allaient pas de pair. L’idée du chef de l’Etat était, en fait, de faire monter en première ligne son Premier ministre pour le transformer de l’ombre bien pâlotte qu’il était depuis le début du quinquennat en un véritable fusible, conformément d’ailleurs à l’esprit de la Vème République et donc capable de sauter le jour venu.
Les deux hommes étaient d’accord pour penser qu’il fallait, de toute urgence, répondre au grand « ras-le-bol fiscal » qui commençait à dégénérer dangereusement à travers tout le pays.
Totalement inconscient, Ayrault a cru que son patron lui demandait de s’émanciper pour se mettre à exister et prendre les coups à sa place, quitte à se démarquer et à provoquer une nouvelle et énième facture au sein de l’équipe gouvernementale.
Il a annoncé avec fracas le lancement d’une grande réforme de notre fiscalité et un coup de balai dans l’état-major de Bercy avec le limogeage du directeur du Trésor, Ramon Fernandez, et celui, en fait déjà prévu, du directeur du Budget, Julien Dubertret. L’éléphanteau chargeait, tête baissée, dans le magasin de porcelaines.
Hollande ne lui en avait, évidemment, pas demandé autant. Et le résultat est, bien sûr, catastrophique. D’abord, le chef de l’Etat apparait, une fois de plus, totalement dépassé par ses troupes. Il ne « contrôlait » déjà plus son ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, sa ministre du Logement, Cécile Duflot, son ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, son président de l’Assemblée, Claude Bartolone, voici qu’il ne tient même plus son Premier ministre qui s’est élancé à corps perdu dans un nouveau marécage.
Ensuite, en voulant soudain jouer les grands chefs et prendre en main de dossier explosif de la fiscalité, Ayrault a totalement oublié qu’il y avait un ministre de l’Economie et des Finances du nom de Pierre Moscovici qu’il n’a ni consulté ni même informé avant de se lancer dans l’aventure. Certes, « Mosco » n’a pas fait d’étincelle depuis qu’il est l’un des (nombreux) maitres de Bercy mais il a sans doute un pouvoir de nuisance qu’Ayrault a eu tort de sous-estimer.
Enfin et surtout, personne ne croit une seule seconde en cette grande réforme de la fiscalité, vieux serpent de mer de la République, qui va déclencher d’innombrables tirs de barrage de tous les lobbies du pays, qui ne pourrait se faire que par un gouvernement porté par l’opinion, et en pleine croissance, et qui, de plus, ne répond en rien, aujourd’hui, aux exigences des Français qui veulent non pas des amendements au code des impôts mais une baisse radicale de ces impôts devenus totalement insupportables aussi bien pour l’économie du pays que pour les plus modestes citoyens eux-mêmes. Ce n’est pas en réformant la CSG qu’on fera oublier l’écotaxe ni surtout la hausse de la TVA qui font déborder le vase.
On se perd en conjectures. Le petit soldat Ayrault a-t-il fait un excès de zèle pour tenter de sauver son adjudant pris dans la mitraille ? Ou le vizir se prenant pour le calife, la minuscule grenouille se prenant pour un taureau châtré, a-t-il voulu faire un putsch pour sauver sa peau qu’il savait menacée ?
En voulant forcer la main éternellement tremblotante du président, le Premier ministre pense qu’il ne peut plus se faire virer de Matignon dans l’immédiat même si cette opération de communication et plus encore de diversion va encore coûter quelques points dans tous les sondages aux deux têtes chancelantes de l’exécutif. Mais ils n’en sont plus à cela près.
Après avoir sombré dans la médiocrité (et les sondages) ce régime sombre maintenant dans le ridicule en lançant ainsi, et dans le désordre le plus complet, ses signaux de détresse qui ne sont que des pétards mouillés.

26 Nov 2013 | Comments (10)

Ils amusent le tapis…

C’est curieux. Ce matin, à lire la presse, tout le monde se réjouit de l’accord qui a été signé à Genève sur le nucléaire iranien et tout le monde se félicite des consultations qu’entame Jean-Marc Ayrault sur la grande réforme de notre fiscalité. C’est l’euphorie générale. Or, et chacun le sait, tout cela est totalement… bidon.
Il est vrai que le nucléaire –qu’il soit iranien ou autre- est redoutable et qu’il était dangereux de laisser l’Iran des ayatollahs hors de la communauté internationale et capable dans son isolement (relatif) de toutes les provocations. Il est vrai aussi que la fiscalité française est une aberration, en grande partie, responsable de la situation catastrophique de notre économie avec des entreprises écrasées de charges et donc incapables d’innover ou d’embaucher et des contribuables étranglés de prélèvements et ne pouvant donc plus consommer.
Mais personne n’est assez inconscient pour croire une seule seconde ni que l’Iran renoncera à se doter de l’arme atomique ni qu’un vague tripatouillage de notre code des impôts nous permettra de sortir du gouffre.
La non-prolifération des armes nucléaires est une vue de l’esprit. Il est- évident (et naturel) que tous les pays qui en ont les moyens rêvent de se doter de l’arme de dissuasion et, a fortiori, ceux qui sont dans des régions dites « à risques ». Les Coréens, les Indiens et les Pakistanais, les Israéliens, pour ne citer que les plus célèbres, ont leur bombe. Comment croire que les Iraniens, fiers de leur grandeur passée et convaincus qu’ils sont à la tête d’une nouvelle croisade conquérante islamique, pourraient renoncer, pour les beaux yeux de l’Occident, à se hisser au niveau des grandes puissances nucléaires ?
Vu de Téhéran, il est d’ailleurs stupéfiant que ces grandes puissances nucléaires aient le culot d’interdire aux autres de jouer dans la même cour qu’eux. Aujourd’hui, le « classement » des puissances ne se fait plus en fonction du nombre d’habitants de chacun ou de son éventuel prestige culturel mais selon des critères économiques et la possession, ou non, de la bombe atomique. La France, malgré ses 60 petits millions d’habitants et son économie en capilotade, est encore considérée comme une vraie puissance non pas grâce à son passé prestigieux mais parce qu’elle possède l’arme atomique.
L’« accord » qui remplit de joie nos bons esprits n’est d’ailleurs pas un « accord » mais un « plan d’action intérimaire » (la nuance est plus que d’importance) qui doit conduire à un accord véritable dans les six mois. En attendant, l’Iran s’engage à ne plus enrichir son uranium à plus de 5% et, en échange, certaines sanctions seront « suspendues ». Tout cela est bien flou.
D’autant plus que ceux qui applaudissent cet « accord historique » et rendent hommage à Hassan Rohani, le nouveau président iranien dont ils font un démocrate modéré plein de bonne volonté oublient simplement que le Rohani en question est un ayatollah pur jus ayant fait ses études au séminaire de Qom, disciple, dès la première heure, de Khomeiny qu’il a même suivi dans son exil de Neauphle-le-Château avant d’occuper des postes très importants dans l’Iran islamique de l’Imam. S’il est un « modéré » il ne l’est que par rapport à son prédécesseur Mahmoud Amadinejad qui, lui, était un fou furieux. Rohani est d’ailleurs toujours soumis à l’autorité du « guide suprême » Ali Khamenei qui n’a rien d’un modéré.
On a oublié que d’octobre 2003 à août 2005, ce même Rohani avait mené avec l’Occident de premières discussions (qui avaient échoué) sur le nucléaire iranien et qu’il s’était alors vanté de savoir « rouler l’Occident dans la farine ».
On peut se demander si les Israéliens n’ont pas raison quand ils affirment que cet « accord historique » est, en fait, « une erreur historique ». En suspendant les sanctions, l’Occident permet à l’Iran de respirer un peu et, mieux encore, aux grandes entreprises occidentales de refaire des affaires avec Téhéran. Mais qu’on ne nous raconte pas que le « péril iranien » n’existe plus. C’est nous prendre pour beaucoup plus naïfs que nous ne le sommes et on veut espérer que les « 5+1 » qui ont signé ce « plan d’action » à Genève savent très bien que ce n’est que pour amuser le tapis.
Même chose sur le plan national avec les discussions qui commencent à Matignon sur la réforme de notre fiscalité. Affolé par le début de révolte contre le poids des prélèvements qui font crever le pays, Jean-Marc Ayrault joue les imbéciles. Il veut faire croire qu’il a entendu les « pigeons », les « poussins », les Bonnets rouges et tous les autres et qu’il a parfaitement compris que ce que demandaient tous ces Français au bord de l’asphyxie n’était pas une baisse généralisée des impôts de toutes sortes -comme on aurait pu le croire- mais… une réforme du code des impôts. Il va donc s’y atteler. L’ennui, c’est que ce n’est pas le sujet.
Incapable de réduire le train de vie de l’Etat et de réduire les dépenses, ou s’y refusant, il espère amuser le tapis, faute de pouvoir épater la galerie, avec des palabres sans fin.
Combien de temps faudra-t-il à nos commentateurs pour s’apercevoir que l’Iran continuera à préparer sa bombe atomique, accord ou pas, et que les Français seront de plus en plus furieux contre l’oppression fiscale qu’ils subissent, réforme de la fiscalité ou pas ?
Mais qu’ils arrêtent d’essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! L’euphorie d’aujourd’hui ne trompe personne.

25 Nov 2013 | Comments (4)

Peillon ou la démagogie triomphante

On en apprend chaque jour de belles sur la réforme de l’Education nationale que Vincent Peillon veut nous imposer. Voici que ce dingo idéologue qui règne rue de Grenelle veut maintenant s’en prendre aux classes préparatoires, les khâgnes, les taupes, qui, dans les lycées les plus prestigieux, préparent les meilleurs élèves à affronter les concours de nos grandes écoles.
Il a parfaitement raison. Les grandes écoles (Polytechnique, Normale Sup et quelques autres) restant, devant la décomposition de nos universités, l’unique formation française un peu compétitive sur le plan international et formant encore le peu d’élite un brin cultivée que nous pouvons mettre sur le marché, il est de toute urgence de les massacrer. A mort les élites ! Au pilori les brillants sujets ! Vive le nivellement par le bas, toujours plus bas ! Vive les analphabètes, les cancres et les crétins ! D’ailleurs ne deviennent-ils pas largement majoritaires dans le pays ?
Peillon s’attaque aux 8.000 professeurs de classes préparatoires de France. Il veut diminuer leur salaire pour augmenter celui des professeurs des Zones d’Education Prioritaire. Prendre aux quartiers « bourgeois », aux « fils de riches » pour donner aux banlieues pourries, aux « gosses de pauvres ».
Tout le monde est d’accord pour reconnaitre qu’il faudrait faire un effort supplémentaire dans les zones de non-droit où les élèves, souvent issus de l’immigration, ne savent ni lire ni écrire ni même parfois parler français et sont voués au chômage quand ce n’est pas à la délinquance. Et il est vrai que l’évolution de notre système a mis hors d’usage l’ascenseur social et que la méritocratie, chère à notre République d’antan et qui permettait, parfois, à des fils d’ouvriers d’entrer à l’X ou rue l’Ulm, n’est plus qu’un lointain souvenir. Mais ce n’est évidemment pas une raison pour pendre à la lanterne l’aristocratie de notre jeunesse.
L’agrégé de philosophie Peillon (mais qui n’a pas pu faire Normale ce qui explique, sans doute, sa haine des grandes écoles) est scandalisé que les professeurs de prépas touchent plus de 100.000€ par an, soit 28% de plus que les professeurs agrégés de lycées, lesquels touchent 30% de plus que les professeurs simplement certifiés. On se demande, en effet, pourquoi un professeur au Collège de France toucherait davantage qu‘un appariteur déambulant dans ce même Collège de France. Visiblement, Peillon n’a pas la réponse.
On peut, par démagogie, décapiter les élites, promener leurs têtes au bout d’une pique, fermer Henri IV et Louis-le-Grand, faire fuir nos meilleurs élèves vers des universités étrangères et transformer la France en un pays du Tiers-monde. Cela fera plaisir aux syndicats. Hollande et ses complices s’y emploient visiblement avec acharnement.
Mais si les profs de prépas ne descendront pas dans la rue –ce n’est pas leur genre- on veut encore espérer qu’un certain nombre de Français, nostalgiques de l’époque où la France produisait son lot de Prix Nobel, auront le courage de s’insurger contre la politique suicidaire engagée, dans tous les domaines, par ce régime. Après avoir détruit sciemment la famille, ils veulent maintenant achever l’Ecole déjà moribonde.

24 Nov 2013 | Comments (17)

Chapeau, Madame Bertinotti !

Dominique Bertinotti vient de révéler qu’elle avait un cancer et qu’elle commençait à s’en sortir. Bravo !
Contrairement à ce qu’on affirme souvent, la santé de nos dirigeants ne fait pas partie de leur vie privée si tant est que les personnalités publiques puissent en revendiquer une. Nous avons eu trois présidents de la République gravement malades, Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac dans les derniers mois de son second mandat. On nous l’a caché ou on nous a menti sur la gravité de leur mal. Or, un grand malade, soumis évidemment à un traitement lourd, n’a plus toutes ses capacités de jugement et de décision. Il est aberrant qu’on ait laissé ces hommes souffrant le martyre à la tête de l’Etat, disposant de tous les pouvoirs et même de l’arme atomique.
Bien sûr, Dominique Bertinotti n’est que sous-ministre de la famille, et n’a guère de responsabilités. Elle n’a jamais été que l’ombre respectueuse de Christiane Taubira pendant le débat sur le mariage des homosexuels quand personne n’aurait pu soupçonner qu’elle apparaissait à l’Assemblée entre deux séances de chimiothérapie. Et elle a attendu d’être définitivement (du mois on veut l’espérer) sortie de Curie pour annoncer son mal.
Son « aveu » a, en fait, surtout pour objectif de « dédramatiser » ce cancer qui fait peur et que tout le monde redoute. Elle prouve qu’on peut continuer à vivre (presque) normalement avec un cancer et une perruque. C’est énorme et constitue un fantastique encouragement pour tous les malades.
Mais, en affichant publiquement sa maladie, elle brise un tabou et on voudrait que son exemple de franchise soit suivi par d’autres. Dire la vérité, même la pire de toutes, devrait être une obligation pour tous les dirigeants.
Certes, le cancer du sein se soigne de mieux en mieux mais son courage devant la maladie et plus encore devant l’opinion mérite un grand coup de chapeau.
Dominique Bertinotti n’était guère sympathique. Elle le devient.

23 Nov 2013 | Comments (11)

L’Académie contre les Ecolos

Si on peut contester que l’Académie française d’aujourd’hui soit la fine fleur de l’intelligence française et ne pas être béat d’admiration devant certains de nos « immortels » dont on se demande ce qu’ils peuvent bien faire là, tout le monde reconnait que l’Académie des Sciences rassemble, elle, en son sein ce que nous avons de mieux comme scientifiques. Ses membres sont inconnus du grand public, ne sont généralement pas des rigolos mais les travaux qui les ont fait entrer sous la Coupole leur ont donné une autorité incontestable et incontestée dans toute la communauté scientifique internationale.
Or, ces grands savants publient, ce matin, un rapport demandant la reprise des recherches pour l’exploration et l’exploitation du gaz de schistes et implorent les pouvoirs publics de ne pas rejeter une chance inespérée pour la France de retrouver la croissance et de sortir de la crise.
Certains diront, sans doute, que ces scientifiques connaissent moins bien les problèmes géologiques que José Bovet, Eva Joly ou Cécile Duflot et leurs petits copains qui ont élevé des moutons sur le plateau du Larzac avant de se retrouver dans les beaux quartiers de la capitale. Mais leurs réflexions méritent tout de même une certaine attention.
D’abord, maitrisant, eux, le sujet ils affirment que « les risques associés à l’extraction du gaz de schiste peuvent être maitrisés » et que « le risque de contamination directe due à la fracturation hydraulique est peu probable » car ils savent (ce qu’ignorent sans doute nos écologistes de service) que « les gisements de gaz de schiste sont à plusieurs centaines de mètres en-dessous des nappes phréatiques ». Et ils rappellent que « le gaz de schiste est moins polluant que le charbon ». L’apocalypse que nous annoncent les Verts, les jaunes et les marrons foncés n’est donc qu’une vue de l’esprit et d’un esprit particulièrement perverti.
Nos savants poussent alors un cri d’alarme : « Les conséquences positives pour l’économie qui pourraient résulter pour la France d’un développement des gaz et huiles de schiste sont trop importantes dans la situation de crise actuelle pour qu’on puisse rejeter a priori, sans examen attentif, cette ressource potentielle ».
Ils ont fait leurs calculs. D’après leurs premières estimations, nos réserves en gaz de schiste représenteraient cent-quinze fois la consommation annuelle de gaz en France. En clair, si nous exploitions ce trésor caché nous n’aurions plus besoin d’acheter de gaz à l’étrange pendant… plus d’un siècle.
Faut-il que nous soyons particulièrement absurdes pour refuser cette richesse fabuleuse alors pourtant que « ceux qui savent » nous disent que c’est sans risque ?
Cette loi interdisant toute recherche sur le gaz de schiste a été prise en juillet 2011 par Nicolas Sarkozy. Il est bien dommage que l’anti-sarkozisme dont a fait preuve François Hollande pendant tout le début de son mandat ne l’ait pas conduit à abroger ce texte imbécile.
Seulement voilà, tout en prétendant tout mettre en œuvre pour lutter contre le chômage en faisant redémarrer notre économie, l’actuel président de la République pense avant tout à sauvegarder le semblant de majorité qui lui reste ce qui permet aux Ecologistes (2% des voix lors de la dernière présidentielle) de le mener par le bout du nez.
Cécile Duflot à la tête de sa secte de végétariens amateurs de petites fleurs a infiniment plus de poids qu’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif. Hollande est davantage préoccupé par les prochaines élections municipales que par l’avenir de la France. On voit le niveau du bonhomme. Non seulement il a déjà tout raté depuis son entrée à l’Elysée mais, là, il nous fait, en plus, rater l’une des très rares chances que nous aurions à nous en sortir et à redevenir, grâce à une sorte de miracle, un grand pays.
Il restera, sans doute, comme l’homme qui a permis le mariage des homosexuels mais il restera surtout comme celui qui, pour des raisons incroyables de basse politique politicarde, a refusé le gaz de schiste, comme d’autres avaient, jadis refusé, le chemin de fer, l’électricité ou la machine à vapeur. C’est impardonnable. Déjà condamné par l’opinion, il sera condamné par l’Histoire.
Et il est bien dommage qu’à part nos académiciens, personne en France ne s’insurge contre cette aberration.

22 Nov 2013 | Comments (14)

Les chrysanthèmes et le cambouis

Il parait que Jean-Marc Ayrault a décidé, à la demande de François Hollande, de « s’émanciper » pour essayer de commencer à exister. Et on nous dit que François Hollande qui préfère visiblement se faire applaudir à l’étranger plutôt que d’être hué en France souhaiterait maintenant s’installer sur un petit nuage, bien au-dessus des contingences quotidiennes, et laisser son Premier ministre se dépatouiller, les mains dans le cambouis, avec tous les problèmes du jour.
A l’Elysée, on nous affirme que c’est d’ailleurs là l’esprit même de la Constitution de la Vème République qui voudrait que le chef de l’Etat fixe les grands axes de la politique du pays et que le Premier ministre mène cette politique au jour le jour.
C’est oublier que ce système est « présidentiel », même s’il n’a jamais voulu l’admettre, et que les rares Premiers ministres qui ont tenté de s’affranchir de leur président (Chirac avec Giscard, Chaban avec Pompidou ou Rocard avec Mitterrand) se sont toujours cassé les dents. Tout simplement parce que le président est élu au suffrage universel alors que le Premier ministre ne doit sa légitimité qu’à sa nomination en vertu du bon plaisir du souverain.
On comprend, naturellement, que François Hollande ne sache plus quoi faire pour sortir de la spirale infernale qui le fait inexorablement plonger dans tous les sondages depuis plus d’un an. Il ne veut pas dissoudre l’Assemblée car ce serait, évidemment, la pire des Berezina, même si une cohabitation d’un peu plus de trois ans avec Fillon ou Copé (voire Bayrou ou Borloo) lui assurerait, peut-être, sa réélection en 2017. Il ne veut pas non plus changer de Premier ministre car nommer Martine Aubry ou Manuel Valls à Matignon serait pour lui le plus cruel des désaveux. Il sait aussi qu’un remaniement du gouvernement avec le traditionnel petit jeu des chaises musicales ne servirait strictement à rien.
Alors le changement (indispensable) consisterait à garder la même distribution en changeant un peu les rôles, ce qui lui permettrait de se contenter d’inaugurer les chrysanthèmes, bien au chaud, dans la douceur feutrée de l’Elysée, en offrant Ayrault en pâture à tous les fauves qui montrent les dents dans le pays.
Premier signe de ce nouveau scénario, Ayrault va lancer lui-même la grande réforme de la fiscalité qui va durer tout le quinquennat, provoquer d’interminables débats, sans doute, pour le moins houleux et n’aboutir, bien sûr, à rien. Il est curieux le président de la République ait ainsi « refilé le bébé » de cette réforme qui devrait être en principe (avec le mariage homosexuel) la grandes réforme du quinquennat à son Premier ministre et que Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve, les deux maitres de Bercy, aient été oubliés.
Cela dit, personne ne sera dupe. Ce n’est pas en se faisant plus discret, en multipliant les excursions touristiques à l’étranger et en envoyant son sous-fifre au feu qu’Hollande parviendra à se faire oublier. Un Premier ministre peut servir de fusible, pas de casque lourd. Surtout quand les deux têtes de l’exécutif dégringolent les marches du trône à la même vitesse.
Ceux qui le connaissent bien affirment que François Hollande ne supporte pas les difficultés et est allergique aux problèmes. Dans ce cas, il n’aurait jamais pu être candidat à la présidence de la République. Qu’il se cherche un suppléant pour le remplacer dans la tempête et lui faire porter le chapeau de tous ses échecs, toutes ses contradictions, toutes ses incohérences est d’autant plus dérisoire que le suppléant en question lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Même manque d’envergure, même sectarisme, même déni permanent des réalités.
Ce n’est pas en essayant de se mettre aux abonnés absents que François Hollande s’en tirera. Il lui faut trouver autre chose…

21 Nov 2013 | Comments (4)

N’est pas Deschamps qui veut…

Personne n’imaginait une seule seconde que l’équipe de France de football pourrait l’emporter, hier, contre l’Ukraine et avec les trois buts d’avance nécessaires pour se qualifier pour le Mondial de Rio. Tous les commentateurs affirmaient que cette équipe symbolisait, à elle seule, tous les malheurs de la France d’aujourd’hui en pleine déroute. Ils comparaient Didier Deschamps à François Hollande, incapable de définir un cap, de donner un souffle, de tenir ses hommes. Et le « miracle » –certains préfèrent employer le mot d’« exploit »- est arrivé. Ce matin, les mêmes commentateurs ne tarissent pas d’éloges pour le même Deschamps, très grand footballeur, merveilleux meneur d’hommes, fin stratège, etc.
Il est vraisemblable que le président de la République, amateur du ballon rond, se dit, depuis hier soir, que les « miracles » peuvent donc toujours avoir lieu. Il lui reste un mois et dix jours pour accomplir son « exploit » personnel, inverser la courbe du chômage et se qualifier.
Il faut bien dire que, jusqu’à présent, il a perdu tous ses matchs face, il est vrai, à des adversaires redoutables qui s’appellent le chômage, les déficits, la désindustrialisation du pays et une opinion publique qui lui reproche aussi bien son sectarisme que ses démis des réalités et ses indécisions.
Dribleur invétéré, il a essayé de tromper le public en jouant le « sociétal » et en tirant dans les coins ce qui lui a valu un bon nombre de cartons rouges et l’a mis hors-jeu.
Son idée du jour –une grande réforme de notre fiscalité- a bien peu de chances de le faire remonter dans le classement. C’était une promesse de campagne, quand il n’était pas encore sur le terrain. Un engagement qu’avaient, d’ailleurs, pris tous ses prédécesseurs et qui s’impose depuis des décennies dans un pays où 50% de la population ne paie pas l’impôt sur le revenu (alors que nous n’avons tout de même pas, et heureusement, 50% de « pauvres ») où les créateurs d’emplois sont massacrés et où les ronds de cuir de Bercy ont multiplié comme à plaisir des incohérences avec tout un jeu de paliers, de niches et d’exceptions. Il faut, en effet, tout remettre à plat pour que les Français, les entreprises comme les simples contribuables, comprennent qui paie quoi et pourquoi.
Mais le vrai problème aujourd’hui n’est pas là. Jean-Marc Ayrault a annoncé cette grande réforme dans la précipitation et pour tenter de calmer la colère de nos concitoyens, toutes classes sociales confondues, et leur immense « ras-le-bol fiscal » incarné par les Bonnets rouges, les pigeons, les tondus, les agriculteurs, les petits patrons, et les grands, les salariés, les retraités et… tous les autres.
Or, ce ne sont pas les incohérences et les injustices de notre système fiscal qui ont déclenché cette insurrection généralisée et cette atmosphère prérévolutionnaire. C’est simplement et uniquement le poids désormais totalement insupportable de tous les prélèvements obligatoires, avec, en plus, la conviction que ces sommes considérables qui font crever le pays sont jetées par les fenêtres et à fonds perdus.
On nous dit que ces impôts en tous genres qui font des Français les contribuables les plus oppressés de la planète nous permettent de bénéficier du fameux « système français », avec une protection sociale incomparable, des services publics hors pair, des infrastructures que le monde entier nous envie.
Mais de qui se moquent-ils ? La misère la plus épouvantable envahit nos villes et nos campagnes avec de plus en plus d’exclus survivant sous la ligne de pauvreté, rien ne va plus à l’Ecole, nos hôpitaux sont débordés de malades, nos routes se délabrent, l’armée n’a plus de crédits, la justice non plus, l’Etat n’est plus capable d’assumer ses fonctions les plus essentielles. Où passe l’argent ? Comment nos responsables gèrent-ils le pays ? C’est là le vrai problème.
Avant de mettre à plat notre système fiscal, c’est évidemment le « système français » dans son ensemble et sa gestion par l’administration elle-même qu’il faut revoir de fond en comble pour pouvoir non pas amender, rénover, simplifier le code des impôts, mais pour réduire considérablement le poids de tous les prélèvements et donner une ultime chance à la France de se redresser.
Une fois de plus, Hollande tire à côté du but. On peut même se demander s’il ne tire pas carrément contre son camp car annoncer à grands renforts de tam-tam cette réforme tout en répétant que l’écotaxe et l’augmentation de la TVA au premier janvier sont maintenues c’est évidemment faire de la provocation. N’est pas Deschamps qui veut…

20 Nov 2013 | Comments (7)

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