François Hollande poursuit sa descente vertigineuse dans les sondages, battant de semaine en semaine tous les records d’impopularité. Selon le sondage BVA pour l’Express publié ce matin, 73% des Français ont désormais une « mauvaise opinion » de lui. Cela fait 7% de plus que le mois dernier. Pire encore, 84% de nos compatriotes estiment que la politique qu’il mène est « mauvaise ». Jamais aucun président de la République n’avait été rejeté avec une telle violence. Pour la majorité des commentateurs, le « ras-le-bol fiscal » serait la cause de cette nouvelle dégringolade et la reculade du jour sur l’écotaxe après celle sur la sur-taxation de l’épargne ne va rien changer, au contraire. D’autres évoquent l’affaire Léonarda traitée en dépit du bon sens. En fait, dix-huit mois après l‘avoir élu, par défaut et relativement de justesse, les Français s’aperçoivent qu’ils ont parié sur un tocard. La moitié de ceux qui ont voté pour lui au second tour de la présidentielle le regrettent aujourd’hui amèrement et pensent qu’ils ont mis un « gros mauvais » à la tête de l’Etat. Il voulait être jugé sur ses résultats. Ils sont catastrophiques dans tous les domaines. Le chômage, les déficits, les prélèvements obligatoires, tout augmente et d’innombrables Français ne peuvent plus finir leur fin de mois. Quand ils n’ont pas carrément basculé dans la précarité. Le ras-le-bol n’est pas seulement fiscal. Il est général. Et la crise n’est plus une excuse puisqu’on nous raconte tous les jours que cela va plutôt mieux chez tous nos voisins. En vérité, c’est la personnalité même de François Hollande que les Français ne supportent plus. Tout chez lui les horripile maintenant. Son petit sourire benêt, son entêtement à nous répéter, contre toute évidence, que les choses vont s’arranger, que la courbe du chômage va s’inverser, son incapacité à fixer un cap, à trancher, à tenir sa majorité, ses volte-face, ses reculades. On lui reproche à la fois son sectarisme de vieux militant du PS pour ne pas dire de la SFIO et ses indécisions d’apparatchik mollasson. En 2012, les Français avaient déjà rejeté Nicolas Sarkozy sur sa personnalité beaucoup plus que pour sa politique. Ils ne supportaient plus son agitation permanente, son autoritarisme tous azimuts, ses zigzag idéologiques, son manque d’allure, son bling-bling insupportable. Il ne « faisait » pas président. Hollande le fait encore moins Les Français rêvent d’avoir un chef d’Etat. Après avoir eu un chef de gang, ils ont un chef de clan. On a envie de reprendre la fameuse phrase de de Gaulle à propos d’Albert Lebrun : « Il se croyait chef d’Etat, mais il n’était pas un chef et il n’y avait plus d’Etat ». Quand on est ainsi rejeté, presque physiquement, il n’y a plus rien à faire. Hollande peut remanier son gouvernement, changer de Premier ministre, annoncer n’importe quoi, rien n’y fera. On l’accusera toujours d’être ce qu’il est. Les Français sont aujourd’hui dans le désarroi le plus désespéré. Le même sondage BVA le prouve. Interrogés sur les partis politiques, 44% d’entre eux disent avoir une « bonne opinion » de l’UDI de Jean-Louis Borloo, 42% du MoDem de François Bayrou, alors que l’UMP n’obtient que 36% d’opinions favorables et le PS 28%, à égalité avec le Front National. Qui peut croire une seule seconde que Borloo, même acoquiné avec Bayrou, puisse faire rêver les Français ? Aujourd’hui, tous les sondages le répètent, les Français n’ont d’yeux que pour Manuel Valls (70% d’entre eux dans le sondage BVA). Un socialiste pur jus qui mène une politique de droite décomplexée. Pourtant Marseille ressemble de plus en plus au Chicago d’antan, la Corse repart à la dérive et la criminalité et la délinquance battent de nouveaux records comme le révèlent les chiffres officiels publiés aujourd’hui. Mais Valls parle net, a l’air de savoir ce qu’il veut et, malgré ses allures de petit coquelet nerveux, a les tonalités d’un chef. Pendant ce temps-là, curieusement, à droite, c’est Alain Juppé qui revient, sur la pointe des pieds, au-devant de la scène. Faut-il que Copé et Fillon se soient déconsidérés pour que la droite soit obligée de ressortir de sa boite bordelaise celui que Chirac avait qualifié de « meilleur d’entre nous », il y a vingt ans, mais qui était devenu peu après « l’homme le plus détesté de France ». En fait, la France passe actuellement une petite annonce : « Pays désemparé cherche désespérément chef d’Etat. Minimum de compétences requis mais les candidats seront surtout appréciés sur leurs qualités personnelles. CDD éventuellement renouvelable. Logé, nourri et nombreux avantages ». Pour l’instant, l’emploi est vacant…

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