Nous sommes tous bouleversés par le drame de Lampedusa, ces trois cents Somaliens et Erythréens qui sont morts noyés au large de cette minuscule ile italienne proche de la Tunisie, alors qu’ils tentaient, sur une embarcation de fortune, partie de Misrata, en Libye, de gagner l’Europe pour y trouver une vie nouvelle. Le spectacle de ces corps étendus à perte de vue sur le quai de Lampedusa est, évidemment, épouvantable. Le pape François a, bien sûr, raison de dire que c’est « Une honte » et de répéter qu’il faut « Prier Dieu ». Et après ? Qui est responsable ? Qui est coupable ? Que faire ? Il faut savoir ce qu’on veut. Les Européens ne veulent plus accueillir d’immigrés. Ils ne peuvent d’ailleurs plus leur offrir une vie décente. Il n’y a plus de travail, plus de logements, plus d’écoles, plus de fonds sociaux. Et, en même temps, des millions d’Africains mais aussi d’Asiatiques, mais aussi d’habitants de l’ancienne Europe de l’Est rêvent de venir chez nous et certains, nombreux, sont prêts à risquer leur vie avec l’espoir de trouver ici un eldorado. Quand on connait un peu des pays comme le Mali, le Niger, le Tchad, la Somalie, l’Erythrée ou le Bengladesh et le Sri Lanka ou la Bulgarie et la Pologne, on comprend la volonté de tous ces gens à fuir leur pays et la misère. L’Europe occidentale a dépassé le « trop-plein » des immigrés qui débordent de partout mais ces immigrés vont continuer à déferler sur notre vieux continent exsangue, par vagues de plus en plus nombreuses. Nos gouvernements ont tout essayé, avec des accords internationaux, des aides envoyées aux pays « exportateurs » d’immigrés, des contrôles à ce qui nous reste de frontières, des surveillances maritimes, aériennes, des expulsions de clandestins, tout, et rien n’a servi à rien. Aujourd’hui, nous pleurons les morts de Lampedusa et, en même temps, nous faisons la chasse aux Roms. Nous ne nous attendrissons sur les immigrés que s’ils ne sont plus que des cadavres échoués sur nos côtes. Si les 300 morts de Lampedusa étaient arrivés sains et saufs, nous les aurions rejetés à la mer ! Ayons au moins l’honnêteté de l’avouer. Quand nous aurons séché nos larmes de crocodile, il faudra bien que nous ayons de courage de regarder en face cet immense problème qui semble totalement insoluble puisque nous n’avons plus les moyens d’être une « terre d’asile » pour « toutes les misères du monde » et que, même en nous encerclant de barbelés et de miradors, nous ne parviendrons jamais à freiner ce gigantesque déferlement de miséreux affamés du monde entier. Ceux qui nous disent qu’ils savent comment stopper l’immigration nous mentent tout autant que ceux qui nous disent que l’immigration est une chance pour nos pays. Bien sûr, si le Mali se mettait à ressembler au Luxembourg et le Bengladesh au Japon, le problème serait facile à régler. Ces gens-là ne viennent pas chez nous pour le plaisir, mais pour survivre en fuyant l’enfer, la misère, la faim, la sécheresse. Et il est absurde de croire qu’en envoyant des fonds même considérables à ces pays dévastés on pourrait en faire des régions vivables pour leurs habitants à la démographie galopante. Alors ? Alors ce XXIème siècle sera marqué par le plus gigantesque déplacement de populations de l’histoire de l’humanité. Le Sud va envahir le Nord, l’Est va envahir l’Ouest. Ce sera comme pour le changement climatique, la fonte des pôles, la montée des eaux et l’avancée du désert. Les conférences internationales n’y pourront rien. Même si, à chaque fois, nous pleurerons les victimes d’un tsunami ou celles d’une embarcation clandestine…

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