La France va de plus en plus mal et tous les Français en souffrent de plus en plus chaque jour. Or, depuis plus d’une semaine, on nous bassine avec l’affaire Léonarda, la primaire socialiste de Marseille et, maintenant, avec cette histoire d’écoutes de la NSA qui aurait espionné le pays. Mais de qui se moque-t-on ? Les malheurs de cette famille de Roms kosovaro-italiens n’ont strictement aucun intérêt. Ils relèvent tout au plus de la préfecture du Doubs qui a fait appliquer la loi et une décision de justice. Même si l’on peut trouver (un peu) choquant que la gamine ait été interpellée au cours d’une excursion scolaire, il est invraisemblable que l’expulsion de ces clandestins qui vivaient depuis cinq ans dans la plus totale illégalité en France tout en bénéficiant d’un certain nombre d’avantages soit devenue une affaire d’Etat. Qu’elle ait déclenché une bataille de chiffonniers au sein du gouvernement, de la majorité et du PS. Et encore plus invraisemblable que le président de la République, en personne, ait cru devoir intervenir sur ce sujet et même s’adresser solennellement à la Nation. Si l’on peut sourire de la naïveté des lycéens qui, manipulés par les organisations d’extrême-gauche, sont descendus dans la rue pour exprimer leur solidarité avec Léonarda et ont osé comparer son expulsion avec la rafle du Vel d‘Hiv, on ne peut qu’être sidéré que le président de la République soit tombé, à pieds joints, dans le piège. L’affaire Léonarda méritait cinq lignes en bas de page dans la presse locale. Que les socialistes marseillais se soient étripés à l’occasion de la primaire qui devait désigner leur candidat pour les municipales n’a rien d’étonnant. D’abord, parce qu’on était à Marseille où le personnel politique, toutes couleurs confondues, patauge, le couteau entre les dents, dans les scandales depuis la nuit des temps. Ensuite, parce que, par définition même, les primaires sont faites pour qu’on lave son linge sale en famille et en public. Il est surprenant que toute la presse d’aujourd’hui commente à longueur de colonnes le fait que les partisans de la candidate battue aient hué le nom du président de la République et celui du Premier ministre. Ce n’est que très anecdotique. En politique, comme ailleurs, les vaincus sont toujours mauvais perdants. L’affaire méritait deux colonnes dans la presse du midi. Quant à l’importance que prennent ce matin les écoutes auxquelles les services secrets américains auraient procédé en France, elle est aussi sidérante. Tout le monde sait parfaitement depuis toujours que tous les pays espionnent tous les pays. Cela fait partie de la vie internationale où, à juste titre, personne ne peut faire confiance à personne et même entre les meilleurs alliés du monde. Cette affaire-là ne méritait pas non plus de faire les grands titres de la presse nationale. En fait, on a bien l’impression que le pouvoir et un certain nombre de médias plus ou moins complices cherchent n’importe quoi, n’importe quel incident, n’importe quel fait divers pour tenter de faire oublier aux Français l’essentiel, les seules choses qui comptent, les vrais problèmes du pays : le chômage, les fermetures d’entreprises, les augmentations d’impôts, la dette qui se creuse, la déliquescence de l’Etat, la dégringolade du pays. Comme si, en étalant au grand jour les incohérences de sa majorité, avec l’affaire Léonarda, et avec la primaire de Marseille, et en faisant convoquer l’ambassadeur des Etats-Unis pour le gronder, François Hollande allait réussir à cacher une évidence : le fait qu’il ait démontré depuis seize mois qu’il était totalement incapable d’assumer la fonction pour laquelle il avait été élu. C’est la politique du rideau de fumée, le principe des prestidigitateurs de foire qui attirent l’attention des badauds d’un côté pendant qu’ils sortent leur lapin de l’autre. Mais même en essayant d’amuser la galerie et de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, Hollande se prend les pieds dans le tapis. Si rares sont ceux qui ont été outrés que le chef de l’Etat descende de son trône chancelant en méprisant la dignité de sa fonction pour mettre son grain de sel dans l’affaire Léonarda, tout le monde a bien été obligé de reconnaitre qu’il s’était ridiculisé en proposant à la gosse de revenir en France sans sa famille. Apparaitre dans tous les journaux télévisés ne donne aucun droit de séjour à aucun immigré et il est inconcevable de vouloir séparer une enfant de 15 ans de sa famille. C’est inquiétant. Comment un président incapable de régler un faux problème de clandestins pourrait-il s’attaquer aux vrais problèmes du pays ? Mais le plus curieux reste que, pendant ce temps-là, la « grande » presse ne nous dise plus un mot du budget en discussion à l’Assemblée, des derniers chiffres du chômage, ni même d’ailleurs de la guerre en Syrie à laquelle, si on a bien compris, finalement, Hollande ne participera pas et qui pourtant continue.

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