François Hollande ne manque pas d’imagination. Et encore moins de souffle, voire de culot. Le jour où l’usine mythique de PSA Peugeot-Citroën d’Aulnay-sous-Bois ferme définitivement ses portes et alors que le ministère du Travail nous apprend qu’en septembre il y a encore eu 60.000 chômeurs de plus, le président de la République, tout content de lui, sort un nouveau mot : « dé-cé-lé-ra-tion » et nous déclare les yeux dans les yeux : « Nous assistons à une évidente décélération du chômage ». Certes, il reconnait que ce n’est pas encore parfait mais il continue à nous jurer ses grands dieux que la courbe du chômage sera inversée avant la fin de l’année, c’est-à-dire dans les deux mois et six jours qui viennent. Or, les chiffres officiels de Michel Sapin sont épouvantables. Tous les records les plus abominables sont battus. En catégorie A (aucun travail) nous avons 3,295 millions de chômeurs. Si on ajoute les catégories B et C (quelques heures de travail dans le mois) on atteint 4,843 millions. Il y a maintenant 547.700 chômeurs de moins de 25 ans, plus de 2 millions de chômeurs de longue durée (plus d’un an) et les « licenciés économiques » ont augmenté de 10% en un mois. On nous raconte que cette énième explosion des chiffres du chômage est due en partie au « beug » informatique de SFR qui, le mois dernier, avait fait sortir par erreur des listes de Pôle-emploi un certain nombre de chômeurs. Les chiffres du mois d’août étaient donc faux et le gouvernement avait eu tort de se réjouir d’une baisse de 50.000 chômeurs. Mais les chiffres de septembre sont justes et sans pitié. C’est 60.000 de plus et on ne comprend pas comment François Hollande ose nous dire : « Nous avons 5.000 chômeurs de plus chaque mois, 5.000 en août, 5.000 en septembre » et lancer le mot de « décélération ». Et d’autant plus qu’il sait parfaitement qu’avec son système à la sauce socialiste, nous avons maintenant 70.000 jeunes en « emplois d’avenir » et 320.000 « emplois aidés », ce qui veut dire en clair 390.000 emplois « bidon » qui permettent sans doute de tricher sur les chiffres mais qui vont coûter une fortune à l’Etat sans créer pour autant la moindre richesse. La méthode Coué ou plus exactement le mensonge institutionnalisé n’a jamais été une stratégie économique. Au lieu de continuer à prendre les Français pour des imbéciles en sortant des rustines crevées de sa boite à outils et en lançant à la cantonade de nouveaux mots plus ou moins ronflants, Hollande ferait mieux de constater, après dix-sept mois à l’Elysée, que ses vieux remèdes de bonne femme (de gauche) n’ont fait qu’aggraver la situation du pays et qu’il serait grand temps d’en revenir aux fondamentaux de l’économie. Pour avoir un minimum de croissance (il faut 1,5% de croissance pour créer des emplois) il y a deux impératifs : permettre aux entreprises, seules créatrices de vrais emplois, de retrouver un semblant de compétitivité grâce à l’innovation et donc aux investissements et permettre aux citoyens de redevenir des consommateurs pour que les entreprises aient des clients. Tout le reste n’est que balivernes. Mais , depuis qu’il est au pouvoir, Hollande ne fait que matraquer et les entreprises et les contribuables en inventant chaque jour de nouveaux impôts et de nouvelles taxes qui maintenant, comble du raffinement, peuvent être rétroactives. Il nous avait promis, comme tous ses prédécesseurs, il faut le reconnaitre, de baisser les dépenses pour pouvoir baisser les impôts tout en tentant de réduire les déficits. Hélas, socialiste jusque dans la moelle, il augmente les dépenses et donc les impôts et donc les déficits. C’est le cercle vicieux du socialisme car… les socialistes sont vicieux. Personne ne peut espérer que l’ancien premier secrétaire du PS, devenu président de la République par un bien malheureux concours de circonstances finisse par ouvrir les yeux et se convertisse soudain aux réalités économiques. Mais on l’attend avec impatience le 31 décembre prochain, quand, au cours de ses vœux à la Nation, il devra nous expliquer pourquoi, contrairement à tous ses engagements, la courbe du chômage ne s’est pas inversée. Le mot « décélération » aura déjà été usé jusqu’à la corde. Il lui faudra trouver un autre terme. Il nous avait dit qu’il voulait être jugé sur ses résultats. Vu les résultats, le jugement sera sans doute cruel, sans appel et ne lui permettra sans doute pas, malgré la réforme Taubira, de pouvoir récidiver.

Mots-clefs : ,